Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 22:48

A l'approche du premier tour, Laurence Parisot fait des avances au candidat socialiste et annonce que le patronat est tout prêt à négocier avec le nouveau pouvoir. La girouette a tourné avec le vent ?

 
(Laurence Parisot, présidente du Medef, le 14 février à Paris - PRM/SIPA)
C'était ce matin l'Assemblée générale annuelle du Medef, et le temps maussade sur Paris semblait s'inscrire sur les mines des patrons, qui devaient se résoudre au constat suivant : leur champion préféré, Nicolas Sarkozy, a moins de chance de rester à l'Elysée que François Hollande en a d'y rentrer. A l'occasion de la conférence de presse traditionnelle de Laurence Parisot, les journalistes ont donc assisté, amusés, au difficile exercice de prise de virage politique. Il était plus que temps : à cinq jours seulement du premier tour, le mur approchait à grande vitesse.

La présidente du Medef a donc tenu des propos les plus amènes à l'égard du « prochain » président : « Notre travail est d'exprimer la voix des entrepreneurs, nous ne sommes pas dans un esprit partisan. » Mieux encore : « Nous sommes prêts à travailler avec le prochain gouvernementquel qu'il soitqui sortira des urnes le 6 mai. » Ce n'est plus une résignation, c'est presque une offre de services !

Même l'idée d'un coup de pouce au Smic, annoncé le matin même par Français Hollande sur RTL, et qui fait d'ordinaire dresser les cheveux patronaux, est prise avec une surprenante équanimité : « Une évolution du Smic qui ne serait pas liée à une hausse de la productivité du travail ou de l'inflation pourrait provoquer une hausse de la masse salariale dommageable pour l'emploi », se permet juste d'indiquer poliment la patronne des patrons. Et d'ajouter : « Ce qui me rassure, c'est que cela fera l'objet d'une concertation. » On a connu le patronat de plus méchante humeur avec la gauche.

D'ailleurs les archivistes du Medef ont déterré des écrits du candidat socialistes qui le rendrait presque « Medef friendly », datant de 2011 et dans lesquels celui qui n'était encore que candidat à la primaire socialiste soutenait l'idée d'une « constitutionnalisation du dialogue social », une vieille revendication du Medef, et de la CFDT. « Dommage que depuis il n'en parle plus », regrette Laurence Parisot...

Le soutien à Nicolas Sarkozy, pourtant constant depuis cinq ans, est remisé aux oubliettes. Les propos laudatifs sont relativisés. Ainsi Laurence Parisot tient à préciser ce qu'elle entend par « bilan extraordinaire » du président sortant : « Il était extraordinaire parce que les circonstances (la crise, ndlr.) étaient extraordinaires. » Quand le Medef se permet de renvoyer Sarkozy à la banalité, c'est qu'une page est en train de tourner. Au rugby on dit : « Les mouches ont changé d'âne...»
 
Source : Marianne
Repost 0
19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 17:58

 

 

François Hollande était l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC jeudi 19 avril. Il est notamment revenu sur son parcours, racontant son enfance, sa découverte de la politique, le 21 avril 2002 et sa campagne depuis sa candidature aux primaires socialistes.

 

L'intégralité de l'échange entre François Hollande et Jean-Jacques Bourdin

 

Jean-Jacques BOURDIN

J -3, dans trois jours le premier tour de la présidentielle. Nos entretiens d’embauche s’achèvent sur RMC et BFM TV : demain Marine LE PEN, 8 heures 20 / 9 heures, et ce matin François HOLLANDE est notre invité. Bonjour.

François HOLLANDE

Bonjour.

Jean-Jacques BOURDIN

Il y a une phrase que vous avez prononcée plusieurs fois François HOLLANDE et qui m’intéresse. « Ne pas faire carrière est la meilleure façon de réussir. »

François HOLLANDE

Oui.

Jean-Jacques BOURDIN

Oui ?

François HOLLANDE

Je me suis dit ça tout au début de ma vie. C'est-à-dire que j’avais la volonté de faire de la politique. J’avais fait ce choix très tôt. J’ai eu un engagement pour la gauche, le Parti socialiste, celui de François MITTERRAND très jeune.

Jean-Jacques BOURDIN

On va en parler.

François HOLLANDE

Mais je ne me suis pas dit, voilà : « Un jour, je serai candidat à l’élection présidentielle et je vais y mettre tous les moyens. » J’ai fait en sorte de franchir toutes les étapes. Je voulais être élu député, je considérais que c’était le mandat qui me permettait de faire de la vie politique en définitive mon accomplissement, et puis ensuite, chaque fois que j’ai eu une mission, un mandat, je l’ai accompli pour le réussir de façon à ce que je puisse un jour prétendre, sans être obsédé par ça.

Jean-Jacques BOURDIN

Alors nous allons parler de votre carrière. Vous êtes né à Rouen, août 1954. Famille bourgeoise, catholique, un père médecin ORL, une mère assistante sociale. Votre père a fait un jour de la politique, un peu de politique, puis il était très engagé à droite – extrême droite même…

François HOLLANDE

L’Algérie française, mon père.

Jean-Jacques BOURDIN

L’Algérie française, oui. Il défendait l’OAS.

François HOLLANDE

Oui.

Jean-Jacques BOURDIN

Et vous aviez cinq ans en 1959 : il est battu aux municipales à Rouen, je crois. Quatorze ans : la famille déménage à Neuilly. Le lycée, le bac, licence de droit, vous êtes à la tête de l’UNEF. Science Po, HEC, en 1974 vingt ans. Là, je m’arrête sur un moment de votre jeunesse : le service militaire. Est-il vrai que vous avez voulu faire votre service militaire pour ne pas nuire justement à une future carrière politique ?

François HOLLANDE

J’avais été dispensé de service national à cause d’une vue qui n’était pas suffisamment garantie, donc lorsque je suis entré à l’ENA, j’ai demandé à repasser la visite médicale pour faire mon service. Ça m’a été accordé et la visite a reconnu que je pouvais faire le service. Pourquoi je me suis mis…

Jean-Jacques BOURDIN

Oui. Vous aviez dans la tête l’idée d’une carrière politique.

François HOLLANDE

Oui. Je ne suis pas sûr qu’aujourd'hui dire : « J’ai fait mon service militaire » alors qu’il a été supprimé est un argument électoral de poids. Mais je rentrais dans l’administration, je devenais fonctionnaire, j’allais être membre de la haute fonction publique. J’avais un devoir de faire en sorte que, si je pouvais physiquement faire mon service national, je l’effectue. Alors quand j’ai été voir, pour tout vous dire, le général ou le colonel pour demander cette dérogation, il m’a dit : « Mais écoutez, profitez de votre chance. Vous allez gagner un an dans la vie. Vous allez pouvoir faire une carrière encore plus longue. » J’ai dit : « Non. Je veux faire ce service national. » Et je l’ai fait dans les conditions, j’allais dire, de tous les autres élèves de l’ENA. Je suis parti à Coëtquidan, puis après à Angers, puis après à Rouen. Et j’ai été très heureux de cette période. J’ai beaucoup appris, et pas simplement pour savoir ce qu’était l’armée mais ce qu’étaient les hommes, en l’occurrence qui étaient sous mes ordres et qui étaient des gens très modestes qui, eux, n’avaient pas eu le choix. Qui venaient faire le service parce que c’était la règle. Ils n’avaient pas de dispense possible et ceux-là ils m’ont donné le témoignage de leur engagement et de leur courage.

Jean-Jacques BOURDIN

L’ENA, la rencontre avec Ségolène ROYAL. Quatre enfants, vous devenez conseiller à l’Élysée en 1981 – vous avez vingt-sept ans. Vous vous lancez en politique vraiment, ce qui ne vous empêche pas d’enseigner à Sciences Po de 88 à 92. Elu député de Corrèze donc en 1988 et vous n’entrez pas au gouvernement car Ségolène ROYAL devient ministre et François MITTERRAND refuse de voir un couple au gouvernement. C’est cela ?

François HOLLANDE

Oui, c’est ce qui a été dit, mais je ne pense pas que c’était juste, d’ailleurs. François MITTERRAND n’était pas complètement convaincu que je puisse rentrer au gouvernement. J’avais critiqué l’entrée de TAPIE.

Jean-Jacques BOURDIN

Ah bon ?

François HOLLANDE

Oui, dans le gouvernement.

Jean-Jacques BOURDIN

Et pourquoi ?

François HOLLANDE

Parce que je considérais que ce n’était pas sa place d’être dans un gouvernement de gauche. Et comme en plus…

Jean-Jacques BOURDIN

Vous ne vouliez pas être dans le même gouvernement que Bernard TAPIE ?

François HOLLANDE

On ne m’avait pas proposé de rentrer au gouvernement…

Jean-Jacques BOURDIN

Oui.

François HOLLANDE

Donc je considérais tout simplement que ce n’était pas ce que j’avais voulu justement comme engagement à gauche que d’avoir TAPIE dans un gouvernement. Et en plus, JOSPIN sortait du gouvernement et je considérais que, au moment où TAPIE rentrait et JOSPIN sortait, c’était un mauvais symbole.

Jean-Jacques BOURDIN

Mais Lionel JOSPIN qui devient Premier ministre plus tard ne vous propose pas non plus d’entrer au gouvernement ?

François HOLLANDE

Ah ! alors là, ça a été – nous sommes en 97, la dissolution a eu lieu, j’étais porte-parole du Parti socialiste, nous étions très liés Lionel JOSPIN et moi.

Jean-Jacques BOURDIN

Vous choisissez le Parti socialiste, là.

François HOLLANDE

Lionel JOSPIN me dit : « Voilà. Je te propose d’être Premier secrétaire. C’est la plus belle mission que je puisse t’offrir parce que tu vas travailler avec moi, Premier ministre. On va être l’un et l’autre associé. » Nous sommes dans une période de cohabitation ; nul ne sait comment ça va se terminer. Il m’a dit : « Si tu ne le souhaites pas, si tu veux un autre destin, tu entres au gouvernement Tu choisis. Est-ce que tu veux être le Premier secrétaire qui va avoir une mission pendant cette période élevée ? ou tu vas être un bon ministre du gouvernement. » J’ai choisi d’être Premier secrétaire.

Jean-Jacques BOURDIN

Bien. 21 avril 202. Il y a cette défaite de Lionel JOSPIN au premier tour. [Il tousse] Pardon, ça arrive, je perds ma voix. Je sais que vous avez des problèmes de voix aussi.

François HOLLANDE

J’ai des problèmes. Je vous donnerai quelques conseils.

Jean-Jacques BOURDIN

D’accord, d’accord. 21 avril 2002 donc, Lionel JOSPIN est éliminé au premier tour. Ça vous a profondément marqué.

François HOLLANDE

Imaginez cette situation – je crois que vous pouvez le faire. Je suis proche de Lionel JOSPIN. Je l’accompagne jusqu’au moment de l’élection présidentielle. À aucun moment, et je vous l’assure, nous ne voyons surgir LE PEN à ce niveau. C’est pourquoi dix ans après : méfiance.

Jean-Jacques BOURDIN

C’est pour ça que je posais la question.

François HOLLANDE

Personne ne voit. Tous les sondages… On parle beaucoup…

Jean-Jacques BOURDIN

Aujourd'hui personne ne voit ce qui va se passer dimanche, François HOLLANDE ?

François HOLLANDE

Mais bien sûr que personne ne voit. Vous vous rendez compte ? Je vais donner cette information aux auditeurs.

Jean-Jacques BOURDIN

Oui.

François HOLLANDE

J’avais des enquêtes d’opinion jusqu’au jeudi avant le premier tour qui mettaient Lionel JOSPIN à 18 et LE PEN à 13 ou à 14. Ça se finit Lionel JOSPIN à 16 – et un peu plus – et LE PEN à 17. Trois points qui ont bougé dans un sens et trois points dans un autre : ça fait que LE PEN est qualifié au second tour, pas JOSPIN.

Jean-Jacques BOURDIN

Ça veut dire que les sondages d’aujourd'hui ne veulent rien dire ?

François HOLLANDE

Ça veut dire qu’ils donnent une indication qui peut finalement être faussée de trois ou quatre points. Si celui qui est supposé être au premier tour perd trois ou quatre points, et celle qui n’est pas supposée être au second tour en gagner trois au quatre, eh bien vous savez…

Jean-Jacques BOURDIN

Vous n’êtes assuré de rien.

François HOLLANDE

Je ne suis assuré de rien et personne – tant mieux d’ailleurs – personne ne peut dire ce que va être ni l’ordre d’arrivée, ni le niveau des uns et des autres. Et je ne parle pas du troisième ou du quatrième.

Jean-Jacques BOURDIN

On va en parler.

François HOLLANDE

Mais je reviens sur cette soirée-là.

Jean-Jacques BOURDIN

Oui.

François HOLLANDE

À vingt heures, parce qu’on l’a su très tard, quand Lionel JOSPIN me confie que non seulement il vit cette situation avec douleur – on peut l’imaginer – mais qu’il va arrêter la vie politique et qu’il va l’annoncer le soir même aux Français, je suis Premier secrétaire, je sais ce qui va arriver : je vais être seul. Et j’ai été seul pour assumer toute la suite. Seul parce qu’il fallait bien dire le soir ou le lendemain que j’allais appeler mon Parti à voter Jacques CHIRAC, parce que c’était le candidat de la République contre l’ennemi de la République, l’extrême droite, celui qui mettait en cause ses valeurs. Et puis je me retrouve à la tête d’un Parti pleinement, avec, vous imaginez, une déception, une désillusion, une peur même de l’avenir. Eh bien j’ai redressé tout ça et je me suis forgé une conviction. C'est-à-dire que face à l’adversité, ce qui compte c’est de tenir bon et de ne rien lâcher.

Jean-Jacques BOURDIN

Alors 2005, moment difficile…

François HOLLANDE

Oui.

Jean-Jacques BOURDIN

Parce qu’une partie du Parti socialiste vote non au traité d’européen et là, après, vous ne les sanctionnez pas. Vous ne sanctionnez pas ceux qui ont voté non. Pourquoi ?

François HOLLANDE

Je les écarte de la direction, mais pourquoi je ne l’ai pas fait ?

Jean-Jacques BOURDIN

Pourquoi, oui ?

François HOLLANDE

Et pourquoi je ne le regrette pas ? parce que rien n’est pire qu’un Parti qui se divise et qui ensuite se sépare. Le Parti socialiste, c’est la force d’alternance. S’il n’était pas là, finalement face à l’UMP ou face au Front National, qui pourrait aujourd'hui représenter l’avenir ? On peut aimer ce Parti, on peut dire que la gauche n’a pas fait tout bien mais l’alternance, elle est profondément inscrite dans notre vie politique. Donc en ne séparant pas les uns par rapport aux autres, en ne faisant pas une scission, j’assume cette décision parce qu’elle me permet aujourd'hui d’être le candidat du Parti socialiste. De ceux qui ont voté oui et de ceux qui ont voté non. Autour de moi dans cette campagne –j’ai voté oui, donc j’assume cette décision – j’ai Laurent FABIUS, j’ai Jean-Pierre CHEVENEMENT, j’ai Robert HUE : ils avaient tous voté non. Eh bien aujourd'hui, ils sont derrière moi pour la campagne présidentielle.

Jean-Jacques BOURDIN

François HOLLANDE, j’ai une question directe à vous poser.

François HOLLANDE

Allez-y.

Jean-Jacques BOURDIN

Est-ce qu’en 2007, vous vous êtes effacé devant Ségolène ROYAL ?

François HOLLANDE

Je ne me suis pas effacé devant Ségolène ROYAL parce qu’elle était à l’époque ma compagne. Je me suis effacé devant Ségolène ROYAL parce que je considérais que les Français voulaient Ségolène ROYAL, et ils l’ont montré dans la primaire à l’époque réduite, mais ils voulaient Ségolène ROYAL comme candidate et que je n’avais pas pu l’être moi-même à cause de ce qui s’était produit lors du référendum de 2005. Il y a un moment, c’est le rôle d’un responsable politique de savoir s’il est en situation ou s’il n’est pas en situation. Je n’étais pas en situation. Je le suis aujourd'hui.

Jean-Jacques BOURDIN

Il y a un an, un peu plus d’un an, vous vous déclarez candidat. Est-ce que vous vous souvenez des moqueries il y a un an ? de ceux qui disaient : « Ah, ah ! François HOLLANDE candidat ? Non mais c’est Dominique STRAUSS-KAHN qui sera notre candidat ! » Vous vous souvenez de cela ?

François HOLLANDE

Je n’oublie rien.

Jean-Jacques BOURDIN

Oui.

François HOLLANDE

C'est-à-dire que cette idée que c’était forcément Dominique STRAUSS-KAHN qui devait être le candidat, je n’y ai jamais pensé. Non pas parce que j’avais en tête - je ne sais ce qui allait se produire – mais parce que…

Jean-Jacques BOURDIN

Vous ne saviez rien.

François HOLLANDE

Rien, à l’évidence.

Jean-Jacques BOURDIN

Vous n’aviez aucune indication, aucune information. Rien !

François HOLLANDE

Aucune. Mais personne ne l’avait, sinon c’eût été communiqué. Mais parce que j’étais convaincu à tort, à raison, que dans les primaires citoyennes j’aurais gagné. Je ne me suis pas lancé dans la campagne présidentielle pour figurer, pour négocier. Je me suis lancé dans la campagne présidentielle parce que je pensais que je pouvais gagner l’élection présidentielle.

Jean-Jacques BOURDIN

François HOLLANDE, il y a une phrase aussi que j’ai remarquée et qui a été beaucoup commentée : « Je n’aime pas les riches. Je n’aime pas les riches, j’en conviens. » Vous diriez toujours la même chose aujourd'hui ? 

François HOLLANDE

Non. Je ne le dirais pas de la même manière. Je n’aime pas la richesse indécente. Je n’aime pas la richesse héritée. Je n’aime pas la richesse arrogante.

Jean-Jacques BOURDIN

Mais vous, le représentant de la gauche caviar : c’est ce que disait Nicolas SARKOZY hier encore. Vous êtes le représentant de la gauche caviar ?

François HOLLANDE

Mais vous vous rendez compte… Je l’ai entendu bien sûr.

Jean-Jacques BOURDIN

Oui. Oui.

François HOLLANDE

Moi, vous avez dit, moi mes racines sont la petite bourgeoisie, la bourgeoisie. Mon père était médecin, ma mère assistante sociale. Je n’ai hérité de rien, ma mère est morte il y a maintenant deux ans : elle ne m’a pas laissé une fortune. J’habite un quartier, le XVème arrondissement…

Jean-Jacques BOURDIN

Vous payez quoi ? 6-7 000 euros d’impôt par an ? 10 000 euros à peu près.

François HOLLANDE

Oui, un peu moins. Une permanence à Tulle, voilà ma situation. J’ai d’ailleurs donné toute ma fortune – enfin, mon patrimoine ! - l’état de mes revenus, tout. Et je me fais appeler gauche caviar ? Regardez où d’autres habitent. Regardez comment ils vivent. Regardez leur train de vie, leurs revenus, leur patrimoine. Je n’accepte pas. Je reconnais ce que je suis. Je ne suis pas une personne de catégorie modeste, je ne suis pas comme les autres Français. J’ai un revenu de parlementaire, je suis une personne aisée, mais me faire traiter de gauche caviar par celui qui aujourd'hui est l’incarnation de la richesse insolente ? Non. Et qui a ses amis… Les amis ça compte beaucoup dans la vie. On les choisit, ses amis.

Jean-Jacques BOURDIN

On va en parler.

François HOLLANDE

Regardez avec qui je suis et regardez, si je puis m’exprimer, avec qui il est.

Jean-Jacques BOURDIN

On va en parler de vos nouveaux amis. Ils reviennent, là.

François HOLLANDE

Ce ne sont pas des amis, ceux-là.

Jean-Jacques BOURDIN

« Ce ne sont pas des amis. » Alors justement, tiens, tous ceux qui reviennent : Fadela AMARA, Martin HIRSCH il a toujours été socialiste, mais d’autres qui reviennent vers, qui viennent vers vous, qui se tournent vers vous. « Transhumance saisonnière des moutons », vous savez qui a dit ça ?

François HOLLANDE

Oui.

Jean-Jacques BOURDIN

C’est François BAYROU. Il a raison ?

François HOLLANDE

D’abord je n’ai rien sollicité, rien demandé, rien négocié. Ces personnes veulent voter pour moi ; et je vais dire quoi ? « Ne venez pas surtout. Ecartez-vous, laissez-moi tranquille. » Mais réfléchissons une seconde. Nous avons perdu les élections présidentielles en 2007. Ça veut dire que les Français majoritairement ils ont voté Nicolas SARKOZY. C’est un fait. Est-ce que je vais dire aux Français qui ont voté Nicolas SARKOZY la dernière et qui n’ont plus envie de le faire – ils sont un certain nombre : « Surtout ne venez pas. Surtout ne venez pas gêner le mouvement que j’organise parmi la gauche parce que je ne veux rester qu’avec des électeurs qui la dernière fois ont voté Ségolène ROYAL. » Ce serait absurde de le dire : aucune chance de gagner l’élection présidentielle. Pour que je devienne – je ne sais ce qu’il va se produire – pour que je devienne le prochain président, il convient que des électeurs qui ont pu se tromper en votant Nicolas SARKOZY la dernière fois fassent un autre choix cette fois-ci. Et moi je ne repousse personne. En revanche, je suis socialiste, je suis de gauche et je gouvernerai avec la gauche.

Jean-Jacques BOURDIN

On va en parler.

François HOLLANDE

Il n’y aura pas d’ouverture.

Jean-Jacques BOURDIN

Il n’y aura pas d’ouverture ?

François HOLLANDE

Non pas que je veuille ici écarter un certain nombre de…

Jean-Jacques BOURDIN

Votre Premier ministre sera un Premier ministre de gauche.

François HOLLANDE

Mon Premier ministre sera socialiste.

Jean-Jacques BOURDIN

Il sera socialiste. C’est clair.

François HOLLANDE

Voilà. Donc je dis tout, je ne cache rien. Et en même temps…

Jean-Jacques BOURDIN

Est-ce que vous pensez que… Oui. Allez-y. Allez-y.

François HOLLANDE

Le lendemain de l’élection présidentielle, si je suis élu, il y aura 48-49 % des Français qui n’auront pas voté pour moi. Je ne vais pas leur jeter un sort, les montrer du doigt, leur dire que je les stigmatise. Non. Je les associerai aussi non pas par un gouvernement, mais je les associerai aussi à la reconstruction et au redressement du pays.

Jean-Jacques BOURDIN

Est-ce que vous pensez que François BAYROU se prépare à être le Premier ministre de Nicolas SARKOZY ?

François HOLLANDE

Je n’en sais rien. Ça le regarde et s’il le fait, je ne le jugerai pas mal. Ça veut dire qu’il se sera retrouvé dans la démarche, dans les idées, dans les propositions de Nicolas SARKOZY. C’est son problème.

Jean-Jacques BOURDIN

Et Jacques CHIRAC. Est-ce que ça ne vous choque pas qu’on fasse voter Jacques CHIRAC alors que lui-même ne dit rien ?

François HOLLANDE

Moi, écoutez, je n’ai pas non plus sollicité ce type de…

Jean-Jacques BOURDIN

Vous n’avez aucun signe ? Aucun signe ?

François HOLLANDE

Je n’ai aucun signe. Je n’ai pas rencontré Jacques CHIRAC depuis…

Jean-Jacques BOURDIN

Ni sa fille, ni ses proches ?

François HOLLANDE

Personne. Vous vous rappelez de cette fameuse scène, que j’avais d’ailleurs plutôt regardée comme un trait d’humour, et pas comme un engagement. Je n’ai jamais voulu instrumentaliser, récupérer. Jacques CHIRAC, je l’ai combattu pendant toute une partie de ma vie. La première élection…

Jean-Jacques BOURDIN

Vous vouliez même fermer son musée.

François HOLLANDE

La première élection à laquelle…

Jean-Jacques BOURDIN

Non, c’est vrai ?

François HOLLANDE

Non. Je trouvais que le musée avait coûté fort cher.

Jean-Jacques BOURDIN

Il coûte toujours fort cher.

François HOLLANDE

Oui, et c’est le conseil général de la Corrèze qui l’assume. Voilà, mais on a fait des économies…

Jean-Jacques BOURDIN

C'est vous qui payez, oui. Et vous allez le fermer ou non ?

François HOLLANDE

Non, sûrement pas. C’est un équipement d’ailleurs très beau avec des œuvres qui sont tout à fait intéressantes mais la première élection à laquelle je me suis présenté en 1981, j’avais vingt-six ans, le candidat qui était en face de moi c’était Jacques CHIRAC. Et tout au long de ma vie, j’ai été souvent confronté à lui et quand j’étais Premier secrétaire du Parti socialiste avec Lionel JOSPIN Premier ministre, nous avions en face de nous Jacques CHIRAC président de la République. Mais j’ai toujours respecté la personne, parce que je considère que dans la vie politique, on peut ne pas être d’accord, on peut avoir quelquefois des mots qui dépassent les pensées, mais il y a un respect qui doit être dit à la personne qui a dirigé la France. Et si Nicolas SARKOZY avait eu le même respect à l’égard de Jacques CHIRAC, il n’y aurait pas aujourd'hui ces insinuations ou suppositions.

Jean-Jacques BOURDIN

Hier à votre place, ici-même, Nicolas SARKOZY a reproposé l’organisation de deux débats entre les deux tours, deux face à face. Vous êtes toujours contre ?

François HOLLANDE

D’abord j’ai dit qu’avant un premier tour, mieux vaut s’occuper du premier tour.

Jean-Jacques BOURDIN

Entre les deux qualifiés, évidemment. 

François HOLLANDE

Oui, mais personne ne sait qui seront les deux qualifiés. Vous vous imaginez ? Je vous répondrais en disant : « D’accord. Faisons deux débats, trois débats, quatre débats », je ne sais combien, et puis je ne suis pas au second tour. J’aurais l’air de quoi ?

Jean-Jacques BOURDIN

Non mais si vous êtes au second tour ?

François HOLLANDE

Si je suis au second tour, il y aura un grand débat.

Jean-Jacques BOURDIN

C'est tout ?

François HOLLANDE

C’est tout. Mais un grand débat qui durera le temps qu’il sera nécessaire.

Jean-Jacques BOURDIN

Mais pourquoi pas deux débats ?

François HOLLANDE

Mais pourquoi pas trois ?

Jean-Jacques BOURDIN

Ce qui permettrait d’éclairer les Français, mieux peut-être.

François HOLLANDE

Mais pourquoi pas trois ? pourquoi pas quatre ? Moi j’ai toujours été favorable à ce qu’il y ait des débats avant le premier tour. Si Nicolas SARKOZY avait voulu débattre avec moi, y compris dans cette campagne du premier tour, nous aurions pu le faire. Rien ne nous gênait. Il y aurait eu sans doute des temps d’antenne qui auraient dû être répartis différemment pour les autres. Donc pourquoi aller dans un mouvement de panique, parce qu’il doit sentir que ce n’est pas forcément bon pour lui dans cette dernière période, inventer je ne sais quel rendez-vous supplémentaire ? Mais nous prendrons tout le temps nécessaire, tous les sujets seront abordés, tous les grands enjeux seront précisés. Moi, je suis prêt à ce débat.

Jean-Jacques BOURDIN

Bien. François HOLLANDE, entre les deux tours, vous… Vous avez choisi déjà votre Premier ministre ?

François HOLLANDE

Non.

Jean-Jacques BOURDIN

Pas encore ?

François HOLLANDE

Non, parce que…

Jean-Jacques BOURDIN

Vous avez quelques idées, mais pas encore.

François HOLLANDE

J’ai des idées, mais parce que je considère qu’un choix de Premier ministre, c’est un choix qui est lié à une victoire politique.

Jean-Jacques BOURDIN

Bien.

François HOLLANDE

Je ne connais pas encore les conditions de l’élection donc je reste silencieux.

Jean-Jacques BOURDIN

Alors entre les deux tours, est-ce que vous donnerez le nom ?

François HOLLANDE

Non.

Jean-Jacques BOURDIN

Non ?

François HOLLANDE

Non. Alors ça, c'est un point très important…

Jean-Jacques BOURDIN

Je vous pose la question, François HOLLANDE, parce qu’il y a beaucoup de Français, beaucoup d’auditeurs de RMC qui nous demandent et qui nous disent : « Mais pourquoi est-ce qu’on ne connaîtrait pas l’équipe qui va gouverner la France, président, Premier ministre, entre les deux tours ? »

François HOLLANDE

Pour deux raisons. La logique de l’élection présidentielle, c'est que les Français choisissent une personne. Pas deux : une. Et que c'est cette personne-là qui décidera du nom du Premier ministre. Si je donnais un nom de Premier ministre, ça voudrait dire que les Français auraient voté aussi pour ce Premier ministre, et que d’une certaine façon il serait lié à moi et moi à lui pendant les cinq ans. Je m’y refuse. Je veux garder cette liberté non seulement de nommer le Premier ministre après l’élection, mais d’en nommer un autre au cours du mandat. Je n’exclus rien. Et la deuxième raison, c'est qu’il y a des élections législatives qui vont suivre l’élection présidentielle et ce sont ces élections législatives là aussi qui vont déterminer la majorité politique. Moi, je ne sais pas ce qu’elle sera. Ce sont les Français qui vont en décider, donc je ne donnerai pas le nom du Premier ministre parce que je le choisirai après le second tour et, si nécessaire, après les élections législatives.

Jean-Jacques BOURDIN

 

François HOLLANDE, le SMIC, hier sur France Inter vous disiez que vous étiez favorable à un coup de pouce pour le SMIC ?

François HOLLANDE

 

Oui ! C’était la tradition.

Jean-Jacques BOURDIN

 

Quand et combien ?

François HOLLANDE

 

Il y avait chaque année, après une évaluation, un coup de pouce qui était donné, depuis quatre ans plus rien, donc, au lendemain de l’élection présidentielle, ma méthode sera très simple : je réunirai une conférence sociale avec les partenaires sociaux et puis nous regarderons la situation économique, elle est difficile pour beaucoup de PME…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Oui ! C’est le moins que l’on puisse dire.

François HOLLANDE

 

Donc on ne peut pas augmenter le SMIC de manière inconsidérée…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Non ! Non.

François HOLLANDE

 

Non !

Jean-Jacques BOURDIN

 

Parce que tous les salaires qui sont légèrement au-dessus du SMIC…

François HOLLANDE

 

Oui !

Jean-Jacques BOURDIN

 

Doivent être augmentés aussi ?

François HOLLANDE

 

Oui ! Et puis, s’ils ne le sont, ça écrase…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Parce que comment fait-on…

François HOLLANDE

 

Et s’ils ne le sont pas, ça écrase la hiérarchie salariale…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Eh oui ! Eh oui.

François HOLLANDE

 

Donc… Voilà ! Nous ne pouvons pas faire autant qu’il serait souhaitable. Donc ce que je dirais c’est que nous allons faire un coup de pouce qui rattrapera un peu ce qui n’a pas été fait dans le passé, mais dans les limites de la situation économique - je l’entendrai cette situation économique de la part des partenaires sociaux – et je fixerai une règle pour l’avenir, c'est-à-dire que le SMIC sera chaque année non seulement réévalué par rapport aux prix pour éviter la perte de pouvoir d’achat mais lié à la croissance, si la croissance a été bonne il est légitime que les salariés y retrouvent une part, s’il n’y a pas eu de croissance, ça peut arriver, par exemple cette année la croissance va être de 0,5 – 0,7, on ne peut pas non plus donner un coup…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Donc on augmente de 0,7 le SMIC en plus ?

François HOLLANDE

 

Non ! Une part d’ailleurs de ce 0,5…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Une part même !

François HOLLANDE

 

Puisque les salaires…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Oui ! Ca ne fait pas grand-chose.

François HOLLANDE

 

Eh bien !

Jean-Jacques BOURDIN

 

Jean-Luc MELENCHON a calculé, il dit 2,70 euros par mois.

François HOLLANDE

 

Oui ! Mais quand on fait ça on ne fait plus rien alors ? On dit c’est 20% ou c’est 3%. Non ! On peut trouver, je pense, des règles. Ce qui compte c’est qu’il y ait des mécanismes qui soient connus d’avance, que ça ne soit pas le bon vouloir, l’arbitraire, c'est-à-dire qu’on puisse avoir de manière claire – et pour les salariés et pour les employeurs - une augmentation du SMIC qui tienne compte des prix, ça c’est le principe de base, et de la croissance, parce quand il y a de l’activité économique, quand il y a des bénéfices, il est normal que les salariés trouvent leur part.

Jean-Jacques BOURDIN

 

Bien !

Tout vous sépare, j’ai regardé vos deux programmes de très près, mais tout vous sépare de Jean-Luc MELENCHON, beaucoup : le SMIC à 1.700 euros net pour lui, une Europe… des barrières douanières aux frontières...

François HOLLANDE

 

Oh ! On peut regarder ce qui nous sépare.

Jean-Jacques BOURDIN

 

Enfin il y a tant de choses qui vous séparent.

François HOLLANDE

 

On peut…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Est-ce que vous pouvez gouverner ensemble ?

François HOLLANDE

 

On peut regarder ce qui nous sépare, on peut regarder ce qui rapproche.

Jean-Jacques BOURDIN

 

Oui ! Ce qui vous rapproche, oui.

François HOLLANDE

 

J’ai été dans le même parti que Jean-Luc MELENCHON…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Oui ! Eh bien oui, oui, oui.

François HOLLANDE

 

Donc il y avait beaucoup de choses qui nous unissaient.

Jean-Jacques BOURDIN

 

Oui ! Oui, oui.

François HOLLANDE

 

Mais prenons ces deux points…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Oui !

François HOLLANDE

 

Le SMIC c’est une question non pas de principe…

Jean-Jacques BOURDIN

 

De raison !

François HOLLANDE

 

Je voudrais augmenter autant qu’il serait possible les salaires mais j’ai une obligation moi, si je deviens le prochain président de la République, je dois réussir, je ne suis pas là simplement pour faire une belle élection, pour faire un beau premier tour, en disant : « Regardez ! J’ai fait une très belle préparation d’élection présidentielle, une très belle campagne », non je dois réussir, je ne dois pas simplement gagner l’élection présidentielle. Ce n’est pas… Tout à l’heure vous me posiez la question : est-ce que c’est une obsession ou est-ce que c’est une volonté que vous avez d’avoir enfin la présidence de la République comme trophée ? Moi je ne cherche pas un trophée, je cherche à améliorer la vie de mes concitoyens et à faire avancer la France.

Sur le second sujet, les barrières, bien sûr que je veux une Europe qui soit ferme et qui ne soit pas ouverte, qui ne soit pas offerte, mais, en même temps, je ne la veux pas fermée, fermer les frontières… d’ailleurs faudrait-il encore que les autres pays nous suivent, mais enfin nous nous mettrions dans une situation impossible au plan international, nous avons besoin de commercer, de vendre nos produits à l’extérieur et, en plus, 2/3 de nos échanges se font dans l’Union européenne, donc ça ne servirait même pas à nous protéger suffisamment. En revanche, là encore nous avons un point commun avec Jean-Luc MELENCHON, pas forcément exprimé de la même manière, je n’accepterai pas le traité budgétaire tel qu’il a été signé au mois de mars, je ne l’accepterai pas…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Comment ferez-vous ?

François HOLLANDE

 

Non pas parce que…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Comment ferez-vous ?

François HOLLANDE

 

Eh bien je dirai – et je pense que mon message a été entendu – donc que j’accepte les disciplines, que je fais en sorte, que je ferai en sorte que la dette de la France soit diminuée et je dirai, s’il n’y a pas un volet de croissance, si nous ne mettons pas des moyens, si nous ne levons pas des emprunts pour soutenir des grands projets d’infrastructures, des projets industriels, écologiques en Europe, eh bien nous aurons, et l’austérité, et la dette, c'est-à-dire que sans croissance il n’est pas possible de réduire la dette.

Jean-Jacques BOURDIN

 

Mais la croissance, la croissance on peut l’encourager…

François HOLLANDE

 

L’encourager !

Jean-Jacques BOURDIN

 

On peut l’accompagner, on peut… mais elle ne se décrète pas la croissance.

François HOLLANDE

 

L’ai-je dit ?

Jean-Jacques BOURDIN

 

Vous avez vu le FMI !

François HOLLANDE

 

L’ai-je dit ?

Jean-Jacques BOURDIN

 

1%, vous prévoyez 1,7 en 2013, comme Nicolas SARKOZY d’ailleurs, vous avez la même prévision de croissance et vous vous basez sur la…

François HOLLANDE

 

Oui ! Parce que je pense que c’est la plus…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Oui !

François HOLLANDE

 

La plus sérieuse. Mais…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Mais n’est-ce pas optimiste ? N’est-ce pas…

François HOLLANDE

 

Mais si, si, je renonçais à l’objectif de croissance…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Oui !

François HOLLANDE

 

Si je disais : « Eh bien, finalement, mettons en place partout en Europe des politiques d’austérité, celles qui sont pour l’Espagne, en Italie, je ne vous parle même pas de la Grèce, au Pays Bas »… Bon ! Et alors nous serions dans une croissance qui ne serait pas simplement faible, mais nulle, vous savez que pour le premier semestre de l’année 2012 nous sommes en récession en Europe, l’économie américaine a repris une progression de 2% en commerce...

Jean-Jacques BOURDIN

 

En France nous ne sommes pas en récession !

François HOLLANDE

 

Nous sommes à  0,5 !

Jean-Jacques BOURDIN

 

Oui ! 0,5.

François HOLLANDE

 

Le commerce mondial progresse de 3,5, il n’y a qu’en Europe, il n’y a qu’en Europe qu’il y a cette faible croissance. Et je vais me présenter dans une élection présidentielle, en disant : « Vous voyez ce n’est pas de chance, ce n’est pas de notre faute, mais il n’y a qu’un continent où ça ne va pas, c’est l’Europe », moi je suis candidat à la présidence de la République pour que ça change aussi en Europe. Et vous savez il y a beaucoup de chefs de gouvernement, qui sont plutôt conservateurs, qui espèrent la victoire...

Jean-Jacques BOURDIN

 

J’ai même vu le Financial Times qui…

François HOLLANDE

 

Qui espèrent la victoire, en se disant...

Jean-Jacques BOURDIN

 

Qui estimait que vous aviez raison.

François HOLLANDE

 

Parce qu’ils se disent : « Ca va enfin changer et bouger en Europe ».

Jean-Jacques BOURDIN

 

Bon ! Oui, mais avez-vous entendu dans cette campagne, vous l’avez entendu, cette résignation des Français : «  de toute façon, quel que soit l‘élu, ça ne changera rien «, vous l’avez entendu ça ? 

François HOLLANDE

 

Mais si je ne l’avais pas entendu, je n’aurais pas fait campagne.

Jean-Jacques BOURDIN

 

Oui ! Oui.

François HOLLANDE

 

Car j’ai eu tant de témoignages de ces hommes et de ces femmes, parfaitement d’ailleurs accueillants, qui m’ont dit : « Eh bien on vous aime bien ou… enfin on vous aime moins bien, ça peut arriver, mais est-ce que vous pourrez ? Est-ce que ce n’est pas trop dur ? » et puis même certains qui votent à gauche, qui me disent : « Eh bien, si gnous gagnons, est-ce que nous allons pouvoir y parvenir ? Est-ce que ce n’est pas, maintenant face à une mondialisation qui est libérale, une Europe qui est affaiblie, une France qui est amoindrie, est-ce qu’il y a encore une possibilité d’agir ? Eh bien oui ! Et donc tout ce que je propose est sur le redressement productif, l’industrie et ce que je propose sur l’éducation, l’éducation c’est à notre portée, c’est nous qui décidons, on me dit : « Oh ! La, la, vous allez créer 60.000 postes, vous vous rendez compte, on n’a pas les moyens », mais je regarde la situation des écoles, partout, dans les quartiers les plus difficiles, dans les zones rurales, dans nos centres villes, mais il y a un espoir considérable qui est donné à l’école et, hélas, c’est un découragement et donc ces 2 milliards et demi à la fin du quinquennat ce n’est pas de l’argent perdu, c’est un investissement. Je compare souvent ces chiffres au bouclier fiscal de Nicolas SARKOZY, il a coûté 2 milliards et demi, ma proposition sur l’école elle représente 2 milliards et demi, moi je protège les enfants, lui il a protégé les plus fortunés.

Jean-Jacques BOURDIN

 

Cotisations retraite qui vont augmenter, hein ?

François HOLLANDE

 

Hum !

Jean-Jacques BOURDIN

 

Beaucoup d’impôts d’ailleurs qui vont…

François HOLLANDE

 

Non !

Jean-Jacques BOURDIN

 

Avec votre programme, François HOLLANDE ?

François HOLLANDE

 

Les impôts des plus favorisés, je l’admets.

Jean-Jacques BOURDIN

 

Oui ! Mais les autres aussi ?

François HOLLANDE

 

Il n’y a qu’un seul prélèvement qui touchera tous les Français, c’est les 0,1%, je dis bien 0,1% de cotisations supplémentaires pour financer le départ à 60 ans de ceux qui ont cotisé 41 années.

Jean-Jacques BOURDIN

 

Est-ce qu’il y a trop d’assistés en France ?

François HOLLANDE

 

Il y a trop…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Toutes les enquêtes le disent ?

François HOLLANDE

 

Il y a trop de personnes qui sont sans travail, il y a trop de personnes qui sont démunies, il y a 8 millions de pauvres dans notre pays, pas tous d’ailleurs des assistés…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Non !

François HOLLANDE

 

Des travailleurs pauvres, des femmes qui élèvent seules leurs enfants, qui travaillent à temps partiel, 80% du temps partiel ce sont des femmes qui les exercent ces contrats là. Donc, quand on dit assistés, c’est ceux qui touchent une prestation ? Mais beaucoup de Français touchent une prestation ! Y compris même les plus favorisés, ils touchent…l

Jean-Jacques BOURDIN

 

Mais qu’est-ce que vous demandez pour eux ?

François HOLLANDE

 

Et donc quel est mon devoir ?

Jean-Jacques BOURDIN

 

Pour équilibrer les choses…

François HOLLANDE

 

Mon devoir c’est de faire en sorte…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Parce que mettez-vous à la place du Français qui travaille, qui gagne le SMIC, qui gagne 1.093 euros par mois net le SMIC et qui, à côté, voit quelqu’un qui ne travaille pas mais qui touche plus que lui, ça peut arriver…

François HOLLANDE

 

C’est très rare ! Mais…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Ca peut arriver ! C’est ça.

François HOLLANDE

 

Ce qui compte ce n’est pas tellement la réalité, c’est l’impression.

Jean-Jacques BOURDIN

 

Oui !

François HOLLANDE

 

L’impression que certains…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Mais oui !

François HOLLANDE

 

Vivent de prestations quand d’autres…

Jean-Jacques BOURDIN

 

D’autres travaillent.

François HOLLANDE

 

Ne vivent que de leur travail et que, en plus, ceux qui vivent de leur travail…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Oui !

François HOLLANDE

 

Vont payer plus d’impôts que les autres…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Oui !

François HOLLANDE

 

Ils vont avoir moins de bourse que les autres…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Oui !

François HOLLANDE

 

Ils vont avoir moins d’avantages pour leurs enfants.

Jean-Jacques BOURDIN

 

Et comment faites-vous ?

François HOLLANDE

 

Alors ce que je fais c’est que… d’abord je permets à ceux qui sont au travail d’avoir une amélioration de leurs conditions de vie et puis ceux qui sont prestataires, je ne les laisse pas dans cette situation, donc chômeur aura un contrat avec Pôle Emploi qui l’amènera à partir d’une formation, à partir d’un suivi et d’un accompagnement, à retrouver dans les meilleurs délais possibles un emploi. Je ne propose pas un référendum, j’agirai tout de suite, pas la peine d’aller opposer les Français entre eux. Deuxième… le RSA qui est versé, il doit y avoir non pas 8 heures, 7 heures ou 1 journée de travail qui est demandée à ceux qui le touchent, mais il doit y avoir un parcours là encore d’insertion, j’augmenterai considérablement le nombre de contrats d’insertion, c'est-à-dire que celui qui a le RSA, eh bien, il aura une proposition si on n’a pas pu le raccompagner vers l’emploi de contrat d’insertion pour qu’il puisse travailler…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Et une obligation ?

François HOLLANDE

 

Eh bien il aura forcément cette…

Jean-Jacques BOURDIN

 

Forcément !

François HOLLANDE

 

Parce que vous savez ce n’est pas non plus facile de vivre peut-être avec une prestation, mais, sans dignité liée au travail, sans le regard des autres qui vous considèrent… donc moi je pense aussi à ces Français là, qui doutent même de leur place dans la société, donc ceux-là ils seront accompagnés dans un parcours d’insertion.

Jean-Jacques BOURDIN

 

Je vais terminer, comme j’ai terminé hier avec Nicolas SARKOZY, sur l’Afghanistan. Pourquoi, parce que la France est en guerre – et on oublie complètement, on oublie totalement que la France est en guerre…

François HOLLANDE

 

Moi je ne l’ai pas oublié !

Jean-Jacques BOURDIN

 

Tiens ! On a perdu des soldats, d’ailleurs rappelez-nous combien de soldats avons-nous perdus ?

François HOLLANDE

 

83 !

Jean-Jacques BOURDIN

 

83 ! Vous avez révisé ?

François HOLLANDE

 

Non ! Mais je le savais. Je voulais dire 82, mais il y en a un dernier qui, hélas, vient de mourir.

Jean-Jacques BOURDIN

 

Exactement ! François HOLLANDE, est-ce que vous promettez… vous promettez que la France va quitter l’Afghanistan avant la fin 2012, mais est-ce possible ? Est-ce possible ?

François HOLLANDE

 

Il y a toujours des experts qui vous disent : « Vous ne pourrez pas. »

Jean-Jacques BOURDIN

 

Mais matériellement ?

François HOLLANDE

 

Il y a un moment, il y a une volonté politique. Dès l’élection présidentielle, le premier rendez-vous international qu’aura le prochain président, ce sera le Sommet de Chicago, Sommet de l’OTAN.

Jean-Jacques BOURDIN

 

Sommet de l’OTAN ! 20 mai.

François HOLLANDE

 

Je n’ai pas là non plus caché mon jeu, je n’ai rien dissimulé, j’ai prévenu. J’irai donc au Sommet de l’OTAN, je ne connais pas Barack OBAMA, je dirai à ceux qui sont là et à Barack OBAMA qui sera donc en face de moi, je dirai : « J’ai dit aux Français que je retirais les soldats Français d’Afghanistan d’ici la fin de l’année et je le fais dès à présent. », alors peut-être que le 31 décembre il en restera encore quelques-uns et que ce sera au mois de janvier, mais je me mets l’objectif qu’il n’en reste plus à la fin du mois de décembre. Est-ce que je le fais simplement par calcul politique ? Non ! Je l’ai fait parce que j’ai, dès 2008, dit que la mission de la France en Afghanistan, à mes yeux, était terminée et que d’avoir décidé, comme Nicolas SARKOZY, de renvoyer mille soldats français de plus en Afghanistan était une faute, donc cette faute sera réparée.

Jean-Jacques BOURDIN

 

Une dernière question, François HOLLANDE. Vous faites partie du paysage politique depuis bien longtemps. On a la sensation que les Français ne vous connaissent pas, pourquoi selon vous ?

François HOLLANDE

 

Parce que je ne suis pas dans l’exhibition ! Jamais. J’ai une certaine retenue, une certaine réserve.

Jean-Jacques BOURDIN

 

Pudeur ?

François HOLLANDE

 

Pudeur, on peut le dire. Tout le monde connaît ma vie, y compris ma vie personnelle aujourd'hui - et j’en suis très heureux de cette vie - mais je ne fais rien qui puisse être une façon de m’inviter chez les autres, je n’aime pas l’intrusion, je n’aime pas donner une intimité à voir. Si les Français me connaissent mieux maintenant, ils connaissent mieux ma démarche, ma conception, ma méthode. J’avais dit, ça avait fait gausser aussi, vous vous rappelez j’avais dit : « Je veux être un candidat normal », eh bien oui  je serai, si les Français le décident, un président normal.

Jean-Jacques BOURDIN

 

Bien ! François HOLLANDE était notre invité ce matin. Merci. 

 

Repost 0
Désirs d'Avenir 86 - Campagne F Hollande - dans Présidentielles 2012
commenter cet article
19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 17:40

 

Rapide conférence de presse avant de monter sur scène.

Rapide conférence de presse avant de monter sur scène.

Photo Stéphane Duclet

 

Souriante. Et en avance.

 

Une Ségolène Royal détendue aux côtés d'un Jean-Louis Bianco serein. L'image de la quiétude à moins d'une heure de son meeting et à quatre jours du premier tour. La candidate de 2007 n'a évidemment pas oublié l'enthousiasme d'un meeting qui, au lendemain d'une élection perdue, avait généré un enthousiasme explosif. "Ici, à Digne, aux côtés de Jean-Louis Bianco : je ne pouvais pas être à meilleur endroit."

Référence immédiate au "glocal", concept qui, à mi-chemin entre global et local, prend tout son sens dans un département rural mais aux côtés d'une "personnalité engagée dans des missions diplomatiques internationales. C'est un enjeu majeur pour les socialistes que d'affirmer notre autonomie diplomatique".

 

Jean-Louis et Ségolène sont sur la même longueur d'onde. Et le président du Conseil général enchaîne sur la nécessité de "retrouver la voix de la France et d'arrêter le mépris de l'Afrique. Être allié aux États-Unis ne doit pas signifier être aligné !"


Inverser les priorités et l'ordre des choses et aller au-devant des évidences… Ségolène Royal a mis moins de trente minutes pour pointer du doigt ce qui "ne tourne pas rond dans notre pays où, désormais, on vole le carburant parce qu'il est trop cher". Et de rappeler que François Hollande a annoncé le gel des prix à la pompe pendant trois mois. Car dans un contexte de crise, il est désormais "nécessaire d'aller vite et de réformer rapidement. Et avec la présidence, le sénat et l'Assemblée nationale, nous aurons les moyens d'éviter les blocages."


Pas de triomphalisme pour autant dans les propos de Ségolène Royal qui a tenu à lancer un appel "à ceux qui seraient tentés par l'abstention : c'est le seul moment où la voix d'un ouvrier ou d'une caissière a la même valeur que celle d'un patron ou d'un banquier. Que les gens votent ce qu'ils veulent, mais qu'ils ne se laissent pas voler leur vote en restant chez eux !"

 

Pas d'euphorie donc mais, au contraire, la volonté d'afficher une "certaine gravité" qui rimerait alors avec "sens des responsabilités".

 

Damien FROSSARD

Repost 0
19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 11:02

 

 

 

 

Sarkozy face à Bourdin - capture FranceSoir

Sarkozy face à Bourdin - capture FranceSoir

 

 

Qu’elles sont dures ces émissions de télé et de radio depuis quelques jours ! Cela faisait presque dix ans que Nicolas Sarkozy n’avait pas eu à subir un tel feu médiatique et le moins qu’on puisse dire c’est que le retour sur terre est difficile.


Pendant cinq années au Ministère de l’Intérieur, il a certes été régulièrement confronté aux médias mais de manière de plus en plus conciliante au fur et à mesure que son étoile prenait de l’éclat. 


A l’Elysée, c’était encore mieux. Là, on est sûr de ne pas se retrouver nez à nez avec un journaliste – il y en a toujours un… – qui aurait une question désagréable à poser. Ils sont toujours tenus à distance raisonnable, au château comme dans les déplacements présidentiels. Pour éviter tout désagrément, c’est l’Elysée qui fournit les images des interventions du président, On n’est jamais mieux servi que par soi-même.


Le président de la République n’essuie jamais le moindre refus lorsqu’il convie pour des off à sa table ou dans Air Sarko One des journalistes vedettes ou qu’il souhaite promouvoir.

Et cerise sur le gâteau, c’est lui qui décide de tout pour les interviews destinées à passer à la télé lorsqu’il consent à s’adresser au peuple : lieu, durée, chaînes concernées – cela peut aller de deux à six selon le bon vouloir présidentiel –, définition des thèmes, choix des journalistes qui feront l’interview, qu’on imagine ainsi très enclin à l’impertinence… Ils ne l’ont pas trop été sous l’ère Sarkozy pas plus qu’avant d’ailleurs, et les rares qui s’y sont risqués s’en souviennent encore. N’est-ce pas PPDA ?


Du coup, pourquoi s’embêter à faire des conférences de presse avec de nombreux journalistes présents et donc beaucoup de sujets pouvant être abordés ? Nicolas Sarkozy a été d’autant moins incité à en organiser que sa seule expérience en la matière, en janvier 2008, s’est soldée par son premier dévissage dans les sondages.


Et puis la campagne est arrivée, le président est devenu, hors la parenthèse du douloureux épisode Merah, candidat. Un candidat presque comme les autres, en tous cas soumis aux mêmes règles démocratiques que les autres, avec son cortège d’interviews sur toutes les télés et les radios.


Confronté à des journalistes habitués à pratiquer quotidiennement le questionnement politique et qui, reconnaissons-le, sont d’autant plus incisifs que le président sortant ne semble plus en situation de pouvoir l’emporter, ne pouvant échapper aux questions sur tel ou tel aspect de son bilan au gré de l’actualité, Nicolas Sarkozy subit désormais sur la défensive les interviews.

Il fallait le voir, mardi matin sur France Inter et mercredi sur BFM TV RMC face à un Jean-Jacques Bourdin pratiquant avec lui comme avec n’importe quel autre invité, se défendre sur la mise en cause du juge Courroye dans l’affaire des fadettes, sur le Premier Cercle des financeurs de l’UMP réuni  pour un lunch au Crillon avant le meeting de la Concorde, sur sa tentative de vendre la technologie nucléaire à la Libye de Kadhafi.


Contraint à la retenue pour ne pas expédier, comme il l’aurait fait au moment de sa toute puissance présidentielle, le journaliste outrecuidant. Mais un peu las aussi, presque étonné d’être obligé de se justifier, embarrassé face à la réalité des faits et empêtré dans des explications contradictoires sur la question libyenne.

Une première étape sur le chemin du retour à la vraie vie.

 

 

Par Beaumarchais

 

 

Repost 0
19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 09:48

taxe

 

En décembre 2011, la Banque centrale européenne (BCE) a déversé une manne financière exceptionnelle dans le circuit bancaire, au motif d’éviter une nouvelle crise. Les banques privées de la zone euro ont ainsi empoché plus de 1 000 milliards d’euros de prêts, à un taux historiquement bas de 1 %. Que sont devenues ces liquidités ?

Le capitalisme financier regorge d’idées pour tirer profit de la dette publique des États européens. Le système bancaire européen peut remercier l"un de ses éminents représentants, Mario Draghi, président de la Banque centrale européen (BCE) et ancien de Goldman Sachs, banque qui s’est fait une spécialité de spéculer sur la dette des pays en difficulté. Car le système bancaire européen a bénéficié, fin décembre 2011 et fin février de 1 018 milliards d’euros de prêts à trois ans de la BCE, à un taux historiquement bas de 1 %, ce qui a mis en appétit les marchés financiers.


Mardi 17 avril, l’Espagne est en effet parvenue à emprunter avec succès plus de 3 milliards d’euros, soit plus qu’escompté. Mais à quel prix ?

 

Les taux d’intérêt exigés par les marchés financiers sont en nette hausse. Par exemple, le rendement moyen de l’emprunt à 18 mois a atteint 3,1 % contre 1,7 % précédemment. Cela signifie que l’Espagne alourdit au fil des mois la charge de sa dette publique, laquelle devrait s’envoler cette année, grimpant de 68,5 % du PIB à la fin de l’année 2011 à 79,8 % à la fin de l’année 2012, selon les prévisions du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy.

Pour tenter de réduire les déficits dès cette année, le même gouvernement cherche à récupérer 27,3 milliards d’euros. Il s’agit de ramener le déficit public à 5,3 % du PIB cette année puis à 3 % en 2013, après 8,51 % en 2011. Résultat : le pays est frappé par un chômage record et a renoué avec la récession au premier trimestre, selon la Banque d’Espagne. Après une faible croissance, de 0,7 %, en 2011, le gouvernement a prévu un recul du 1,7 % du PIB sur l’ensemble de 2012. Selon ses prévisions, le taux de chômage devrait bondir jusqu’à 24,3 % à la fin 2012

.

Ainsi, les seules sommes qui seront engouffrées cette année dans les intérêts de la dette, soit 28,8 milliards d’euros, ou encore dans le montant des indemnités chômage (28,5 milliards) sont équivalentes aux économies promises par l’Espagne. Difficile dans ces conditions de redresser la barre de l’économie. Depuis quelques mois, les objectifs gouvernementaux ont donc été jugés peu réalistes par les marchés qui ont fait de la dette espagnole un produit spéculatif, certes à risque.


Pour les marchés, la France est logée à la même enseigne : la dette publique française augmente toujours.

 

Le 5 avril, le taux d’intérêt des emprunts d’État (OAT à dix ans) a grimpé à 3,05 %, et ces derniers jours, il était encore à plus de 3 %. Conséquence, la prévision du montant des intérêts des emprunts doit être revue à la hausse par le ministère du Budget. Une hausse non négligeable : la première estimation était fixée à 45 milliards d’intérêts à acquitter pour l’année 2011. Aujourd’hui, les experts tablent sur 49 milliards.


La dette souveraine européenne ne cesse d’augmenter du fait aussi de la spéculation sur les marchés obligataires, laquelle a été relancée en grande partie par… la BCE de Mario Draghi, qui a injecté plus de 1 000 milliards d’euros dans le système bancaire privé européen. Parallèlement, le Pacte Sarkozy-Merkel de décembre 2011 (pour l’instant ratifié par deux pays, la Grèce et le Portugal, sur douze) n’a pas amélioré la situation des États en difficulté : le plan impose la mise en œuvre simultanée de politiques budgétaires restrictives dans l’ensemble des pays de l’Union européenne, qui se traduisent par une chute de la production, une baisse des recettes fiscales et… une dégradation de la dette publique. Il faut y ajouter d’autres facteurs aggravant les déficits publics, notamment les cadeaux fiscaux successifs aux entreprises et aux contribuables les plus riches et… l’interdiction que les gouvernements se sont imposés de faire financer les déficits publics par la BCE, laquelle a pourtant refinancé les banques de la zone euro.


Les pays de la zone euro étant toujours englués dans la crise de la dette, que font donc les banques de la manne exceptionnelle de la BCE ?

 

« Les plus frileuses replacent ces liquidités aux guichets de la BCE à un taux peu attractif plutôt que de prendre le risque de financer des entreprises, des ménages ou d’autres banques. Cependant, d’autres banques se livrent à des opérations de “carry trade” beaucoup plus juteuses. Elles empruntent à 1 % auprès de la BCE et prêtent ensuite aux gouvernements à des taux plus élevés" », analyse l’Expansion.

A ce jeu les banques espagnoles sont les plus actives : elles ont acheté 32 milliards d’euros d’actifs publics en janvier et 22 milliards en décembre. De leur côté, les banques italiennes ont aussi été très actives. Elles ont accru leurs achats d’obligations souveraines de la zone euro en février. Les obligations françaises deviennent un produit attractif. Ainsi,Eurex, l’un des plus importants marchés de produits financiers dérivés du monde a anticipé de futurs mouvements spéculatifs de grande ampleur de la part des investisseurs et des banques en créant un contrat à terme sur la dette française. Eurex parie en quelque sorte sur une demande importante d’obligations françaises en raison de la montée des taux d’intérêt et des futures décisions du prochain Président de la République.


Dans cette activité intense des marchés, l’économie réelle est restée la grande oubliée du système bancaire européen, qui dispose pourtant de 1 000 milliards d’euros de prêts accordés par la BCE. Si l’on examine les données publiées par la même banque centrale, le flux de prêts aux entreprises non financières a… diminué de 3 milliards d’euros en février, tandis que le flux de prêts aux ménages n’a pas changé. En réalité, les banques ont plutôt durci leurs conditions d’accès au crédit.

Les prêts de la BCE ont cependant servis à racheter des titres de dette publique (entre 10 et 20 % de cette dette étant refinancés chaque année), ce qui a conduit à une réduction, certes provisoire, des tensions au sein de la zone euro. En période électorale en France, cette bouffée d’air frais n’a rien d’anodin mais n’a pas réglé les problèmes.

L’objectif de restriction budgétaire des États de la zone euro entraînant la récession, selon les perspectives économiques pour l’économie mondiale pour 2012 et 2013, intitulées « Qui sème la restriction récolte la récession » de l’Observatoire français des conjonctures économiques, ceux-ci sont contraint à une rigueur toujours plus grande… qui ne fait qu’alimenter la spéculation et l’incertitude sur les marchés financiers.


Grâce aux prêts sans condition de la BCE, les marchés financiers parient à nouveau sur le risque que dans les prochains mois un pays de la zone euro ne puisse augmenter son déficit en raison de la crainte que les agences de notation ne le dégradent et que les marchés ne provoquent une hausse des taux d’intérêt.


Ainsi, les politiques économiques peuvent être paralysées du fait de la spéculation sur le risque de faillite de certains pays de la zone euro. La BCE peut pourtant envisager une autre politique, souvent réclamée par les économistes non orthodoxes, qui réduirait considérablement la spéculation sur les marchés financiers. Elle consiste à faire en sorte qu’un État puisse se financer auprès de sa banque centrale, même dans la zone euro

Repost 0
18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 13:40

Quel bulletin les électeurs glisseront-ils dans l'urne dimanche ? Malgré le désintérêt et la lassitude de bon nombre de Français pour la campagne, l'enjeu est de taille. Claude Nicolet – qui apporte son soutien à François Hollande – explique pourquoi le résultat d'un scrutin a rarement été aussi décisif pour l'avenir du pays.


(Mise sous pli du matériel de campagne pour la presidentielle - POL EMILE/SIPA)
(Mise sous pli du matériel de campagne pour la presidentielle - POL EMILE/SIPA)
Dans quelques jours, le premier tour de l'élection présidentielle sera derrière nous. Moment paradoxal de la vie politique française où le choix se conjugue à l'élimination. Moment de cristallisation des réflexes politiques et de la nécessaire mise en perspective pour l'avenir du pays. Moment particulier dans une période elle-même décisive. Jamais depuis aussi longtemps le pays n'a été confronté à un choix d'une telle importance. Alors que la campagne s'enfonce dans l'invective et l'insulte, alors que la droite française aux abois, en particulier l'UMP, affiche sans même plus s'en rendre compte son mépris pour l'intelligence du peuple français, les votes que nous ferons les 22 avril et 6 mai prochains nous engagent comme cela n'a pas été le cas depuis longtemps. Trois raisons essentielles à cela.

Recomposition de l'échiquier politique

Tout d'abord le futur président de la République devra faire face à une situation de recomposition politique interne à la France de grande ampleur. Ni la droite ni la gauche ne seront les mêmes au lendemain de la présidentielle. Parce que le « système turbule », comme disait Jean-Pierre Chevènement il y a dix ans déjà, preuve une fois de plus de sa clairvoyance. La droite ne pourra faire l'impasse de son alliance politique et stratégique avec un Front national « relooké ». Plus l'ampleur de la victoire souhaitable de François Hollande sera grande, plus le choc sera rude. Les positionnements de Claude Guéant et de la Droite populaire n'y feront rien pour tenter de s'affranchir de cette perspective. La question de la refondation des droites est en réalité déjà posée, y compris avec la fin probable de l'UMP dans sa forme actuelle.

Un echec de Nicolas Sarkozy ne peut qu'entraîner la fin d'un appareil crée par lui et pour lui, avec comme seule perspective la conquête du pouvoir, sa préservation et la domination idéologique d'un « néo-conservatisme européo-transatlantique ». Une politique de classes clairement assumée, violente, brutale et grossière. Mais le président-candidat a profondément choqué les Français. Dans son comportement, son projet, son exercice du pouvoir, sa façon d'être. Le bilan de la révolution sarkozienne et de son impact sur la société française sera un énorme chantier politique en ruine. On pourrait se dire « c'est le problème de la droite » ! Mais se sera aussi le problème de la France, dont seul l'intérêt doit nous guider.

La gauche également ne sera plus la même. En premier lieu parce qu'un nouvel espace politique s'ouvre pour elle. Nous sommes d'ores et déjà entrés dans une nouvelle période historique. La crise d'août 2007 en a été le révélateur puissant. Mais un certain nombre de conditions étaient déjà réunies. Effondrement du mur de Berlin, traité de Maastricht, élection présidentielle de 2002, rejet du traité constitutionnel européen du 29 mai 2005... Pour ne citer que quelques évènements.

Les choses se cristallisent. Il faut du temps pour cela mais aussi que les situations historiques le permettent. C'est le cas aujourd'hui. Un premier constat qui s'impose, c'est pour le moins « la prise de distance » par toute la gauche française avec la construction européenne. Prise de distance plus ou moins nette, plus ou moins franche, avec toutes les nuances possibles certes, mais la réalité est là, incontournable, le dogme européen vacille. De l'extrême gauche au Parti socialiste, de ceux qui veulent sortir de l'euro jusqu'au plus modéré, la force des évènements et le combat de celles et ceux (dont nous sommes au MRC) qui ont toujours mis en garde. Ensuite le paysage politique s'éclaircit. L'extême gauche est marginalisée, mais autre fait marquant c'est la situation d'Europe Ecologie-les Verts. Il convient toujours de dire que l'élection présidentielle n'est pas facile pour les écologistes. C'est vrai pour des raisons qui tiennent à la nature de cette élection. Il est difficile pour eux d'entrer dans la logique de la rencontre d'un homme ou d'une femme avec la Nation quand, par ailleurs, les écologistes issus de la tradition libérale-libertaire de mai (qu'on ne peut résumer à cela) s'opposent à ces notions au nom des régionalismes d'une part et de l'Europe d'autre part. Mais surtout Jean-Luc Mélenchon réalise une synthèse entre la tradition du socialisme démocratique et les préoccupations écologistes. Leur articulation crée une perspective politique que les Verts étaient incapables de réaliser et la déclaration d'amour républicaine d'Eva Joly, lors de son meeting de Grenoble, n'y changera rien. Il est trop tard. Les vrais perdants de la poussée de Mélenchon se sont les Verts et pas François Hollande qui reste très élevé dans intentions de votes du premier tour.

Fonction présidentielle dégradée

Parce que la France a été bousculée, brinquebalée, chahutée pendant cinq ans. La stratégie de la tension, les oppositions entre « communautés », entre « catégories », ont fait du mal et laissent des traces. Rien n'a pu faire oublier les premiers instants du Fouquet's, les vacances sur le yatch de Bolloré, les insultes du salon de l'agriculture, ou les mises en scène amoureuses « Carla et moi c'est du sérieux ». La stupéfaction passée, l'indignation n'a cessé de monter. La fonction présidentielle à laquelle les Français sont attachés a été profondément dégradée ainsi que le fonctionnement des institutions. Le Premier ministre considéré comme un « collaborateur », le Parlement aux ordres devant fonctionner quasi-systématiquement en procédure d'urgence et faisant des lois en fonction de l'actualité et des faits divers. Alors que la question sociale se fait chaque jour plus pressante et nécessite sang froid, vision, mise en perspective pour le long terme. Les fondamentaux qui structurent l'identité politique française ont été attaqués de front. Le premier d'entre-eux, l'égalité, a subi d'incessantes attaques. Il ne faut pas avoir peur de le dire, le 6 mai c'est aussi une certaine idée de la France et de la République qu'il faudra remettre à l'Elysée et seul François Hollande, aujourd'hui est en capacité de la faire.

Renégociation du traité Merkozy

Parce que l'Europe est à refaire et que la crise de l'euro vient de se réinviter dans la campagne présidentielle. Les dettes publiques une fois de plus ne sont que le résultats de politiques anciennes et en particulier du décrochage des politiques budgétaires et monétaires de la souveraineté politique. François Hollande a donc entièrement raison d'exiger la renégociation du traité Merkel-Sarkozy du 2 mars, qui est une folie financière et démocratique. Là encore, il faut être clair : il ne veut pas le « compléter » mais le « renégocier », je renvoie à son interview du 13 avril dans les Echos. Il sait que rien ne pourra se faire sans la France, que son poids et son influence sont déterminants. Face à cette situation exceptionnelle, il convient de placer l'intérêt du pays au premier rang. La question européenne est en réalité centrale. Elle surdétermine tout. L'enjeu de cette négociation déterminera en grande partie notre avenir. Pour cela il faut que François Hollande puisse s'adresser à l'Allemagne dans les meilleures conditions. Pour ce faire le résultat de son élections sera essentiel. Plus son score sera élevé, plus sa légitimité sera grande et sa parole forte. Plus le peuple français sera rassemblé, plus les marges de manoeuvres seront disponibles dans le rapport de forces qui ne manquera pas de s'installer en Europe. Comme la écrit Jean-Pierre Chevènement en 1996 déjà : « France-Allemagne, parlons franc. » Voilà la vraie bataille qui est devant nous. C'est avec François Hollande qu'il faudra la livrer.
http://www.marianne2.fr/La-revolution-sarkozienne-Un-enorme-chantier-politique-en-ruine_a216993.html
Repost 0
Désirs d'Avenir 86 - Campagne F Hollande - dans Présidentielles 2012
commenter cet article
18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 10:26
SR-vincennes8.jpg
Mercredi 18 /04

Déplacement à Digne

17h30 : Point presse

18h30 : Réunion publique au Palais des Congrès de Digne avec Jean-Louis Bianco (Alpes-de-Hautes-Provence)

Samedi 21 /04

Charente-Maritime

Dimanche 22/04

1er tour de l'élection présidentielle

10h00 : La Rochelle – vote
(bureau de vote de la salle de l'Oratoire, rue Albert 1er)

Tournée des bureaux de vote de la Rochelle
avec le Maire de la Rochelle

Après midi : Retour Paris

20h00 : Invitée de France 2

20h30 : Invitée de TF1

En soirée : Passage au PS, 10 rue de Solférino

lundi 23/04

22h30 : Invitée de « Soir 3 » sur France 3
Repost 0
17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 23:18

François Hollande dans les rues de Albi, 16 avril 2012. Photo cc Benjamin Géminel.

François Hollande dans les rues de Albi, 16 avril 2012. Photo cc Benjamin Géminel.

Par Renaudot

A cinq jours du premier tour de la Présidentielle, alors que les sondages donnent toujours François Hollande large vainqueur de la Présidentielle, ceci expliquant peut-être cela, une rafale d’appels à voter pour lui et de confidences sur un vote en sa faveur, viennent décorner encore un peu plus la campagne de Nicolas Sarkozy.

Déjà, il y a avait eu, événement rare, ces prises de position syndicales appelant plus ou moins explicitement les électeurs à balayer le président sortant.

Il y a aussi depuis quelques jours Laurence Parisot, patronne du MEDEF, qui nous fait beaucoup de peine. La pauvre, en effet, rame durement par vent contraire pour tenter d’atténuer ses propos, qu’elle doit juger aujourd’hui un peu prématuré, sur Nicolas Sarkozy qui a accompli, rien que ça, « un boulot extraordinaire ». Au cours d’une conférence de presse, elle a réitéré ce matin sa demande de rendez-vous avec le candidat socialiste – qui ne semble pas pressé de la recevoir – et a affirmé qu’elle se sentait « plus proche de François Hollande sur certains points ». On n’a pas de doute sur le côté où penche le cœur de Mme Parisot, on lui conseillera simplement d’être, la prochaine fois, dans l’intérêt de l’organisation qu’elle représente, plus attentive au sens du vent de l’histoire.

Hier, c’étaient trois responsables du MODEM, dont un membre du Conseil national, qui, dans une tribune à Libération, appelaient François Bayrou à dire d’ores et déjà qu’il voterait François Hollande au second tour. Jean-Luc Benhamias, député européen et vice-président du MODEM, n’a pas attendu pour déclarer son choix du 6 mai en faveur du candidat socialiste.

Corinne Lepage, Présidente de CAP 21, ancienne Ministre de l’environnement de Jacques Chirac, empêchée de se présenter à la Présidentielle faute d’avoir obtenu les 500 parrainages, a, ce matin, appelé à voter dès le premier tour pour François Hollande afin d’empêcher la réélection de Nicolas Sarkozy.

Quant au clan Chirac, hormis Bernadette qui fait le job pour le président sortant tout en prenant soin d’épargner son collègue président du Conseil général de la Corrèze, il semble avoir pris parti pour François Hollande.

Hugues Ranson, très proche collaborateur de l’ancien président, a expliqué que le socialiste incarne le mieux les « valeurs de tolérance et de respect » auxquelles il est attaché. Comprenez : ces valeurs ne sont pas portées par le candidat de la droite.

Des indiscrétions relayées par la presse indiquent que Claude Chirac et son mari l’ancien secrétaire général de l’Elysée, penchent en faveur de François Hollande. Ils se sont bien gardés de démentir.

L’ex-judoka Thierry Rey, ex-gendre de Jacques Chirac, a œuvré à visage découvert pour rallié une partie du monde sportif de haut niveau à la cause du champion socialiste. Une liste de 100 noms sera très prochainement diffusée.

Quant à Jacques Chirac lui-même, chacun se souvient de sa déclaration de l’année dernière sur sa préférence présidentielle. Son entourage avait alors parlé « d’humour corrézien » mais son absence de soutien à son successeur atteste qu’il ne plaisantait pas, ce que vient de confirmer son biographe attitré.

Toutes ces prises de position qu’on pourrait pour certaines qualifier de « contre-nature » montrent deux choses.

La force va à la force et lorsque le vent de la victoire souffle, il crée un appel d’air se transformant en appels au vote qu’il n’appartient pas au candidat bénéficiaire de sélectionner, l’essentiel étant qu’il ne varie pas de sa trajectoire.

La puissance de l’anti-sarkozysme, la répulsion que provoque le président sortant, sont si violents qu’ils parviennent à balayer sur leur passage des habitudes et des clivages profondément inscrits dans l’histoire politique française et dans des parcours personnels.

Nicolas Sarkozy doit subir cette vague avant le premier tour. Les vannes sont ouvertes. Qu’il se prépare à affronter une véritable marée après le 22 avril.

Source : http://zeredac.com/2012/04/17/les-vannes-du-ralliement-a-hollande-sont-ouvertes/

et blog DA Val de Saintonge : http://desirsdavenirvalsdesaintonge.over-blog.fr/article-les-vannes-du-ralliement-a-hollande-sont-ouvertes-103576692.html

Repost 0
17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 19:09

557691_3695910924187_1467755058_33251309_1468178242_n-1-.jpgNotre objectif premier pour ces présidentielles est d’empêcher le président actuel de repartir pour un mandat supplémentaire. Sa politique inégalitaire faite exclusivement d’austérité et de remise en cause des solidarités en est la raison. Sa façon permanente de dresser les uns contre les autres et de manipuler le sujet de l’immigration à des fins partisanes et malsaines en est une autre. Inutile d’égrener aujourd’hui les motifs de notre position, ils sont si nombreux.

Et puis ce temps-là est passé.

 

Il s’agit maintenant de voter et de gagner !

 

La tendance semble bonne, la victoire semble accessible mais ce ne sont que des suppositions et seuls les bulletins de vote déposés dans les urnes concrétiseront cette hypothèse tant souhaitée.

 

C’est pourquoi,  il est à mon sens indispensable de voter dès le premier tour pour François Hollande. Pourquoi en effet faire compliquer lorsque nous pouvons faire simple et aller droit au but en soutenant le candidat qui rassemble le mieux.

Le vote Hollande est le chemin qui mène le plus directement au départ du président-candidat, notre objectif premier.

 

Le séisme de 2002 est encore dans nos esprits, la désunion autour de Ségolène Royal en 2007 tout autant : Essayons de contribuer à mettre les priorités dans le bon ordre. Voter pour François Hollande dès le premier tour, c’est créer une dynamique et un élan qui compteront considérablement pour le second tour et qui lui permettront de réussir un résultat très élevé le 6 mai, pourquoi pas 54 ou 55 %. Un tel succès lui donnera alors beaucoup de poids et d’influence en France, en Europe et dans le reste du monde pour amener tous les acteurs de la vie sociale et économique à engager une autre politique, enfin juste et motivante. Il faut d’urgence retrouver une vision et un espoir que trop de politiques de part le monde ont perdu.

 

Alors, certes, en tant que Ségolénistes, nous apprécions beaucoup d’idées défendues par d’autres candidats : la radicalité économique par exemple ou bien la transformation écologique de notre société - et je respecte évidemment, c’est d’ailleurs la moindre des choses, ces candidats et tous leurs soutiens - mais il me semble inopportun de passer par ces chemins de traverse.

 

De toute façon, et même si la victoire de François Hollande se réalise, le temps de l’initiative et de la vigilance citoyennes restera toujours fondamental tant les problèmes sont complexes et les pressions antisociales fortes. Or notre  mobilisation citoyenne est une voie nouvelle de concevoir la politique. Cette tâche est immense et va très au-delà du 6 mai mais sur cette route, la victoire large de François Hollande sera un atout déterminant

 

Patrick Ardoin

 

http://www.segoleneroyal-meag.com/article-le-22-avril-faisons-simple-103570998.html

Repost 0
Désirs d'Avenir 86 - Campagne F Hollande - dans Présidentielles 2012
commenter cet article
17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 17:53

 

Martin Hirsch en 2009, rue de Ségur, au haut-commissariat à la Jeunesse - © Razak

Martin Hirsch en 2009, rue de Ségur, au haut-commissariat à la Jeunesse - © Razak

 

 

Souvenez-vous, c’était il y a cinq ans. A peine élu et dans la foulée de sa campagne durant laquelle il citait ad nauseam Jaurès, Blum et Guy Môquet à longueur de discours, Nicolas Sarkozy « ouvrait » son gouvernement à des personnalités issues de la gauche : Fadela Amara, Jean-Marie Bockel, Bernard Kouchner, Eric Besson, Martin Hirsch, Frédéric Mitterrand et Jean-Pierre Jouyet. 


Cinq années plus tard, cette « ouverture » qui devait régénérer la démocratie française en montrant que des femmes et des hommes politiques venus d’horizon divers pouvaient travailler au bien commun au-delà des clivages partisans, se termine en jus de boudin.


Fadela Amara, ex-présidente de « Ni putes ni soumises », qui avait signé pour un « plan Marshall des banlieues », s’est heurtée au mur de l’indifférence du président, de son gouvernement et de sa majorité parlementaire à l’égard des quartiers en difficultés de notre pays, incapables qu’ils étaient de les considérer autrement que sous l’angle sécuritaire. Elle a disparu du gouvernement, dans l’indifférence générale, au cours d’un remaniement de l’année 2010, non sans avoir assuré son avenir en devenant inspectrice générale des affaires sociales. Elle n’aura pas tout perdu dans l’aventure.


Jean-Marie Bockel, ex député-maire socialiste de Mulhouse, a cédé lui aussi aux sirènes du sarkozysme triomphant. Malheureusement pour lui, il n’a jamais réussi à dépasser le stade de secrétaire d’Etat. D’abord à la Coopération et à la Francophonie, il a été pris d’une vieille lubie socialisante et a demandé publiquement la fin de la Françafrique. Le résultat ne se fit pas attendre : débarqué, il échoua aux Anciens combattants. L’humiliation n’étant pas suffisante, lui échurent au remaniement suivant les prisons. Pour finir le travail, Sarkozy et Fillon le sortirent du gouvernement en 2010. Lui non plus n’eut pas à s’inquiéter pour son avenir personnel puisqu’il retrouva immédiatement son siège de sénateur. Pas rancunier, il a renouvelé son soutien à Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2012. Celui-ci en est fort aise… Les observateurs attentifs pensent que l’impact électoral de ce soutien ne devrait pas dépasser les scores qu’il faisait naguère dans les congrès du parti socialiste, c’est-à-dire à peine plus que zéro.


Le cas Kouchner fut une réussite équivalente. Notoriété oblige, l’ancien French doctor reçut dans la corbeille de la transgression partisane un très beau ministère, celui des affaires étrangères. Las ! Il n’en eut que le titre. Nicolas Sarkozy n’était pas du style à lui laisser le terrain de jeu international libre, et Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée non plus. Après trois années d’humiliation permanente et de nombreuses couleuvres avalées, le remaniement de 2010 lui fut également fatal. Bernard Kouchner n’étant pas homme à sauter dans le vide sans filet de sécurité, il a su mettre à profit les relations ainsi créées pour fonder une société de consulting pour les grandes entreprises et les gouvernements étrangers, activité qu’il avait déjà expérimenté par le passé en réalisant un rapport sur le merveilleux travail réalisé par le groupe Total dans la Birmanie d’avant l’ouverture. Probablement trop accaparé par ses affaires, le docteur Kouchner n’a pour le moment pas pris le temps de faire part de son soutien à la candidature du président sortant.


Eric Besson restera dans l’histoire comme celui qui, dans la première partie du 21ème siècle, incarne le mieux la figure du traitre en politique. Peut-être lassé de ce rôle, il songe désormais à une carrière de président de club de football et a carrément déserté le terrain de la présidentielle.


Nous faisons crédit à Martin Hirsch d’une sincérité et d’un désintéressement plus grand que ses compagnons d’ouverture, lors de son entrée dans le gouvernement Fillon – comme Haut commissaire aux solidarités actives – qu’il est le seul parmi eux à avoir quitté de son plein gré lorsque la coexistence avec des ministres amalgamant sans cesse la solidarité et l’assistanat tout en pratiquant allègrement le conflit d’intérêt, lui est devenue insupportable. S’il nous avait demandé, on l’aurait prévenu…  

 

Il n’empêche qu’il a pu, à force d’opiniâtreté, créer le service civique et le Revenu de Solidarité Active même si celui-ci a été vidé de sa substance par une droite revancharde.  Sans cracher dans la soupe, Martin Hirsch vient d’annoncer qu’il voterait pour François Hollande le 22 avril prochain.


Nous pourrions ajouter à cette liste Frédéric Mitterrand mais qui n’a de socialiste que le nom, et Jean-Pierre Jouyet dont l’expérience ministérielle de secrétaire d’Etat aux affaires européennes s’est limitée à la préparation de la présidence française de l’Union européenne en 2008 et qui a quitté le gouvernement dès qu’il l’a pu pour prendre la présidence de l’Autorité des Marchés Financiers. Ami de longue date de François Hollande, en quarantaine durant cette période, il en est redevenu très proche et figure aujourd’hui parmi ses conseillers discrets.


Comme sur le reste, le bilan de Nicolas Sarkozy dans ce domaine est déplorable. Ce n’est pas du côté de ses « ministres d’ouverture » qu’il pourra trouver un appui solide pour assurer sa réélection. Le piège de l’ouverture qu’il avait tendu à la gauche, se referme sur lui.

 

Par Beaumarchais

Repost 0
Désirs d'Avenir 86 - Campagne F Hollande - dans Présidentielles 2012
commenter cet article

Recherche

Pages