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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 13:59

Le rapport annuel de la Cour des comptes consacre une large place à la fiscalité, une thématique au cœur de la campagne présidentielle. Et il y a de quoi faire.

La loi Girardin, dispositif d'aide fiscale à l'investissement outre-mer, a eu pour effet de voir fleurir des appartements neufs inadaptés à la population locale, au détriment de logements sociaux.

La loi Girardin, dispositif d'aide fiscale à l'investissement outre-mer, a eu pour effet de voir fleurir des appartements neufs inadaptés à la population locale, au détriment de logements sociaux. (AFP THOMAS COEX)

Entre 25 et 50 milliards d'euros. D'une évaluation à l'autre, les chiffres varient parfois du simple au double. Mais en dépit de ces écarts, le constat ne souffre guère la contestation. La fraude fiscale se porte comme un charme dans l'Hexagone, bien que les effectifs dédiés aux vérifications (14 100 agents) soient épargnés par la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. À l'heure où les déficits publics ne cessent de se creuser, l'administration fiscale n'est pas en ordre de bataille pour répondre au défi d'une fraude multiforme et de plus en plus complexe.

Dans son rapport annuel, dévoilé hier, la Cour des comptes plaide pour une « refonte en profondeur de l'organisation du contrôle fiscal ». En 2010, la juridiction financière relevait déjà que priorité était donnée « aux erreurs et aux fraudes les plus faciles à détecter et à sanctionner ». Deux ans plus tard, le diagnostic s'inscrit toujours dans la même tonalité. Les limiers du fisc ne donnent guère la migraine aux 150 000 Français les plus aisés. La probabilité pour un contribuable fortuné de faire l'objet d'un examen approfondi de sa situation fiscale personnelle est d'une fois tous les quarante ans !

 

Énorme fraude à la TVA

 

Pilotage défaillant, outils informatiques dépassés, querelles de chapelles, rigidité des services… Le scanner de la Cour des comptes est sans grande complaisance. Le contrôle fiscal se heurte certes à l'opacité des paradis fiscaux et au refus de coopération de certains pays étrangers. Mais, fondamentalement, ses structures et ses méthodes de travail qui datent des années 1980 ne sont plus adaptées à l'internationalisation et à la dématérialisation des échanges. Comme en témoigne l'énorme arnaque à la TVA sur les quotas de carbone.

« C'est la fraude fiscale la plus importante jamais enregistrée en France en un temps aussi bref », déplore la Cour des comptes. En l'espace de neuf mois, l'administration fiscale a versé à des sociétés, qui ont aussitôt disparu, près de 1,6 milliard d'euros de crédits de TVA totalement indus. Ces « restitutions » s'effectuaient par le canal de Bluenext, la Bourse des quotas de carbone créée à Paris et qui a notamment pour actionnaire la Caisse des dépôts et consignations, le bras séculier de l'État français.

 

Carrousels

 

Le système mis en place s'inscrivait dans le cadre du protocole de Kyoto et des engagements pris en matière de limitation des gaz à effet de serre. Les 11 000 entreprises européennes les plus polluantes s'étaient vu attribuer un plafond annuel de rejets. Celles qui le dépassaient devaient acheter sur le marché les quotas manquants mis en vente notamment par les « bons élèves » qui détenaient des droits d'émission. Mais les conditions de perception de la TVA n'ayant pas été sécurisées par l'Union européenne, des escroqueries à grande échelle sont alors apparues sous la forme traditionnelle de « carrousels ».

 

Une société A achetait des quotas dans un État membre puis les revendait, hors taxes, à une société B immatriculée en France, celle-ci les cédant ensuite à une société C en lui facturant la TVA. À la fin, C réclamait au fisc la TVA que B n'avait pas versée. Le manège pouvait se répéter plusieurs fois, les sommes détournées étant ensuite transférées électroniquement, sans espoir de retour, en Géorgie, au Monténégro ou à Hongkong ! Cette fraude massive a été rendue possible par un défaut de réglementation et l'absence de vigilance, commune aux différentes autorités. Mais elle illustre aussi cruellement l'incapacité du fisc à la prévenir et la lenteur coupable de son temps de réaction.

 

Le gouffre de l'outre-mer

 

La TVA perdue corps et biens des quotas de CO2, les défaillances récurrentes du contrôle fiscal ne sont pas les seuls boulets à lester les caisses de L'État. Soucieuse d'équilibre, la Cour des comptes sonne aussi la charge contre la niche fiscale Girardin, l'une des plus ruineuses pour les finances publiques… Votée en 2003 et destinée à relancer l'investissement productif outre-mer, elle a ensoleillé les déclarations de revenus des contribuables aisés de la métropole qui ont pu certaines années réduire leurs impôts de 50 %, voire davantage. Mais à quel prix pour la collectivité !

 

Entre 2005 et 2011, la niche Girardin a privé le budget national de près de 7 milliards d'euros de recettes. Avec le sens de la litote qui les caractérise, les magistrats de la Cour des comptes évoquent l'efficacité « incertaine » de ces mesures qui privilégient souvent la rentabilité sur les besoins réels des populations locales. L'excès d'investissement défiscalisé s'est ainsi traduit par l'accroissement inutile du parc des camions aux Antilles, l'apparition de cimetières d'hôtels et d'une offre excédentaire de bateaux de plaisance. Pis, en renchérissant le coût du foncier, la construction de logements sociaux s'est tarie au profit d'appartements neufs totalement inadaptés à la population locale.

 

D'où l'urgence, selon la Cour des comptes, de renvoyer le dispositif Girardin… à la niche

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 10:05

 

  
Hier, à Marseiille, Ségolène Royal tenait un meeting en soutien à François HOLLANDE.

Sereine, sourire aux lèvres, on a retrouvé la Ségolène de 2007, ses accents de sincérité, ses émotions, ses convictions fortes, son enthousiasme pour les jeunes qui doivent travailler dur,  son appel à la population métissée qui " n'est pas un problème pour la France, mais le commencement de la solution." Non seulement pour être des citoyens à part entière, mais pour " redresser la France. " 

Premier meerting que Ségolène ne fait pas pour elle même, mais pour le candidat Hollande .
Une Ségolène qui surmonte les épreuves qu'elle a subies, et qui rentre de toutes ses forces dans la campagne, pour faire gagner la Gauche. Une Ségolène  sans concession a vis à vis d'un Sarkozy  déboussolé qui ne trouve pas d'autre solution que de draguer les voix du Front National et de  se battre, candidat mais pas encore candidat, sur les thèmes chers au Front National: immigration, sécurité, les civilisations qui ne se valent pas toutes.

Ce meeting fut un grand moment de bonheur, mais aussi de tristesse parce qu'elle était notre candidate, qu'elle était la meilleure pour présider la France et que nous sommes contraints de la retrouver dans un combat pour un aurtre, avec courage et abnégation.


Très applaudie, Ségolène ROYAL a formidablement mobilisé au cours de ce meeting.

"Nous sommes à 75 jours du premier tour de de l'élection présidentielle. 75 Jours. Et ce changement nous devons le réussir....

Je suis très heureuse de revenir ici à Marseille... Marseille, ville ouverte sur le Monde, ville ouverte sur la Méditerranée, ville d'intégration, ville de métissage, ville de chaleur, ville de fraternité, ville de dialogue entre les civilisations. Cette ville, votre ville...où chacun, quel qu'il soit, quelle que soit la couleur de sa peau, quelle que soit son histoire, quelle que soit son origine, d'ailleurs, on ne leur demande pas quelle est leur origine, on leur demande où ils veulent aller ensemble, quelle que soit sa culture, quelle que soit sa religion, peut se sentir chez lui.

Marseille... où au printemps 2007,  les socialistes avaient chanté ensemble  pour la première fois la Marseillaise et repris le drapeau tricolore, celui que les socialistes n'osaient pas revendiquer, tellement ce drapeau avait été marqué par la droite et par le Front National.

Et aujourd'hui, les socialistes se sont réappropriés, non seulement la Marseillaise, mais aussi la Nation, et le drapeau tricolore parce qu'il n'y a pas d'opposition entre le drapeau rouge, celui  des luttes ouvrières et le drapeau tricolore, celui de notre Nation

Au contraire l'un ne va pas sans l'autre. Et 2012, l'année du combat, 2012, l'année du changement, 2012, c'est l'année d'un nouveau destin, c'est l'année d'une nouvelle espérance, c'est l'année du combat, du combat populaire, c'est l'année du combat de tous les Français qui en ont assez des dégâts de 10 ans de droite, c'est l'année du combat et c'est l'année de la victoire de François Hollande.

Et je suis venue à Marseille, pour m'adresser plus particulièrement, au delà de cette salle, au delà même des quartiers que j'ai visites tout à l'heure, pour m'adresser à tous les quartiers populaires, aux jeunes de ces quartiers, mais aussi à leurs parents et à leurs grands parents, à tous ceux qui sont venus massivement voter pour moi en 2007. Disons très simplement les choses les choses.93% dans le quartier nord dde Marseille.

Et puis entre les deux, il s'est passé tant de promesses, tant de désenchantement, ce plan Marschal pour les banlieues, promis par Sarkozy et qui n'est jamais venu . Et on a vu dans les scrutins partiels depuis 2007 un détournement des  urnes, une montée de l'abstention et aussi une montée des extrêmes.

Et Bien je suis venue vous dire et dire à tous ceux qui sont venus voter en 2007 qu'ils doivent à nouvau faire mouvement, qu'ils doivent revenir vers les urnes., car ils ont été tenus pendant  5 ans , tenus à l'abandon par un pouvoir qui n'a pas tenu ses promesses.

*Après les émeutes de 2005, rien n'a été fait par la droite pour arrimer plus solidement les quartiers populaires à une république de plus en plus  indifférente.

*Qu'ont ils fait à droite? Qu'ont ils fait pour venir en aide aux maires qui s'épuisent sur le terrain face à un désarroi croissant. Ils n'ont rien fait.

*Qu'ont ils fait pour redonner espoir aux jeunes qui vivent sans avenir, parfois sans diplômes et parfois sans emplois malgré le diplôme? Ils n'ont rien fait.

*Qu'ont ils fait pour épauler les familles en difficulté convaincues trop vite d'être démissionnaires.? Ils n'ont rien fait.

*Qu'ont ils fait pour mieux garantir le droit , à la sécurité, à la tranquillité  des habitants des quartiers, premières victimes des incivilités et des délinquances? Ils n'ont rien fait.

*Ils n'ont rien fait à droite. Ils n'ont rien fait la haut. Rien, pour éteindre le feu de la désespérance qui couve sous la cendre des illusions perdues. 

Et c'est pourquoi la question des quartiers est devenue une question centrale dans l'enjeu de la réussite du pays tout entier.

*Et c'est pourquoi François Hollande dans son discours du Bourget a dit qu'il n'ignorait rien  de ces quartiers de relégation où se mêlent la colère, le désespoir et malgré tout le talent et la volonté de réussite.

*Et c'est pourquoi notre candidat a mis en avant, en tout premier lieu la question  de la jeunesse et le respect .

Et la question de la jeunesse, c'est d'abord l'emploi, bien évidemment.C'est ensuite l'education, toujours l'éducation, encore l'éducation  qui se trouve au coeur de ce  projet présidentiel.

Et nous devrons réparer ce qu'ils ont fait, ce qu'ils ont détruit avec des dizaines de milliers d'emplois supprimés en cinq ans.....".

Formidable discours en direction des jeunes, des populations métissées mais aussi en direction de la réforme financière et de la réforme des banques.
Preuve que bien des idées de Ségolène, notre leader, se retrouvent dans le programme présidentiel du candidat Hollande.
MAIS CE DISCOURS EST AUSSI UNE REPONSE  A LA POLITIQUE RACISTE DE SARKO ET DE SES SBIRES.

Ce discours est en effet le bien venu à l'heure ou l'incompétent, Claude Guéant, ancré sur les thèmes favoris de l'extrme droite ose dire: " toutes les civilisations ne se valent pas" et provoquer un incident inédit dans une séance de questions au gouvernement; un gouvernement qui se lève et prend ses clics et ses clacs, se retirant tout simplement de l'enceinte de l'Assemblée Nationale.

C'est la première fois qu'un gouvernement a une attitude aussi indigne.  

Ségolène ROYAL a réagi avec vigueur à ce comportement insupportable:

" C'est la première fois que ça arrive et c'est très choquant, dans le fonctionnement des institutions. Puisque l'Assemblée Nationale c'est le lieu , c'est le coeur battant de la République, c'est là où les parlementaires ont le droit, au nom du peuple français, les élus du peuple ont le droit d'exprimer en toute liberté l'avis qui est le leur; c'est le lieu même du débat parlementaire , de la confrontation des idées, avec intelligence et hauteur de vue.
Un premier ministre, un chef de gouvernement, qui est Chef de la Majorité parlementaire, n'a pas le droit de quitter l'hémicycle. C'est contraire mme à l'esprit de notre constitution....

"Lorsqu'en plus le parlementaire qui s'adresse au premier ministre s'appelle Serger LETCHIMI....le Maire de FORT DE FRANCE, celui qui avait succédé à Aimé Cesaire; Aimé Césaire qui a écrit cet texte magnifique, cette lettre sur le colonialisme, Aimé Césaire qui a écrit des poêmes magnifiques, dans une langue française magnifique, comme le retour au Pays Natal, Aimé Césaire qui a mené des combats, des combats de toute une vie, Aimé Césaire, ami de Léopold  Singor qui a inventé la négritude et son successeur, Serge Letchimi, député de FORT DE FRANCE, Président de la Région Martinique,n'aurait pas le droit?
Si, il a le droit, Serge Letchimi, descendant d'une esclave, il a droit de poser une question sur la portée du sens des civilisations: Il a le droit de porter ce débat, il a le droit d'interroger un gouvernement qui cautionne cette thèse absurde du choc des civilisations.

Le choc des civilisations, c'est le nationalisme et le nationalisme, comme disait François Mitterrand, c'est la guerre et la guerre nous n'en voulons pas.
Nous voulons le dialogue des civilisations. Nous voulons le respect entre les civilisations et nous voulons un premier ministre qui a le courage  de rester à l'Assemblée Nationale pour répondre aux questions qui lui sont posées. Et bien, puisqu'il a pris la porte, qu'il y reste.

Le changement c'est maintenant."

Il faut dire que lorsqu'un gouvernement professe le nationalisme, qu'il rejette les étrangers, les rend responsables de tous ses échecs, qu'il pratique la discriminations, se permet d'évaluer les civilisations qui ne se valent pas...il y a danger.

A quand la race pure?

C'est comme cela qu'en 1939, des juifs ont été pourchassés, obligés de porter une étoile jeune parce qu'ils n'appartenaient pas à la race pure...C'est comme cela que ça a commencé  pour se terminer par une guerre mondiale, des camps de concentration, des chambres à gaz et des morts par millions.

Quand on commence à tenir ce genre de langage, le péril est imminent.

Heureusement, il y a des élections ou l'on ne laissera pas l'infame Sarkozy envahir les média avec la sécurité, l'immigration, le choc des civilisations et tous les sujets qui divisent les Français entre eux.
Les socialistes parleront Jeunesse, Pouvoir d'Achat, Logement, Chmage, réindustrialisation du pays, réforme des banques, fiscalité alourdie pour les riches...en bref, on parlera des sujets qui intéressent les Français...François Hollande et Jean Luc Mélenchon s'y sont engagés.

Et puisqu'il y a des élections, profitons en pour chasser l'équipe au pouvoir.

Il le faut, parce qu'après 5 ans de Sarkozysme:
              *Nos libertés se sont envolées comme neige au soleil.

              *Notre protection sociale a été détruite.

*Les inégalités se sont accrues dans des proportions faramineuses. 45 taxes nouvelles ont été crées par ce Président qui prétend, mensonge de plus, qu'il n'a pas augmenté les impôts.
 
Nous ne sommes déjà plus en démocraties tant nous sommes fichés, surveillés; tant les interdictions se multiplient. Tant il devient impossible de respirer.

Alors le moment de l'alternance est venu.

Comme le ditle slogan de campagne de François Hollande: LE CHANGEMENT
 C' EST MAINTENANT."

Si le peuple le veut LE CHANGEMENT C' EST EN 2012...HOLLANDE OU MELENCHON...MAIS A GAUCHE...PLUS QUE 70 JOURS A ATTENDRE LE PREMIER TOUR DES PRESIDENTIELLES; LE VOTE DE L'ESPOIR ET DE LA DELIVRANCE.
ET QUE L'ON EN REVIENNE ENFIN AUX FONDAMENTAUX DE LA DEMOCRATIE: LE POUVOIR DU PEUPLE, PAR LE PEUPLE POUR LE PEUPLE

            VIVE LA REPUBLIQUE CITOYENNE.
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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 15:30
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Le Ségotour de Marseillephoto:Guillaume Binet/M.Y.O.P

Ségolène Royal est en route pour Marseille. Je suis bien sûre d’être en février 2012. Le candidat du PS s’appelle François Hollande. Et pourtant, c’est comme un flashback de la primaire. Comme la campagne de 2007 que les confrères du PS m’ont racontée, à Marseille, notamment, il y a cinq ans. La gestion du temps, une candidate qui vous file entre les doigts, les images de cohue, la meute des journalistes, les gens qui crient « Ségolène, Ségolène », le discours de la Présidente de Poitou-Charentes sur le travail des jeunes à l’école, le drapeau, la Marseillaise, la nation qu’il ne faut pas laisser à d’autres partis.

 

Quand je regarde Ségolène Royal dans le train, en train de parler à une vingtaine de rédacteurs, assise à côté de son fidèle soutien Guillaume Garot, en face de sa proche Dominique Bertinotti, je suis comme prise de ce vertige. Le temps a disparu. On pourrait être hier, avant-hier, il y a quelques mois, fin 2011. Elle pourrait être la candidate, elle pourrait faire sa campagne. Les journalistes l’écoutent en demi-cercle tandis que les clients essayent de se frayer un chemin jusqu’au bar. Certains la reconnaissent, amusés. D’autres, affamés, tracent leur route. Elle élude les questions qui la gênent, elle s’attarde sur celle qui lui plaisent.


Dans ce décor qui bouge, au gré des sursauts du TGV, elle jongle avec les époques, fait des aller-retours entre la campagne de 2007, la primaire, la bataille de 2012. Elle ne commente pas son avenir mais dit aux journalistes « c’est bien tenté mais c’est peine perdue. Vous connaissez la réponse». Comprendre : la présidence de l’Assemblée nationale, en cas de victoire de François Hollande. Car c’est bien pour soutenir sa campagne à la présidentielle, qu’elle est venue à Marseille, en choisissant les quartiers populaires de la ville, dans lesquels elle avait réalisé en 2007, dans certains d’entre eux, un score soviétique de 93%. Elle sera donc en terrain très ami ce mardi…

 

Fin de cette conversation dans la voiture-bar du train de 14h27. Il est à peu près 13h. C’est le dernier moment où je la vois assise en face de moi. Ensuite, Ségolène Royal va devenir un petit point brun qui bouge dans la meute. Qui échappe au programme. A l’organisation. Aux horaires.

 

A notre sortie du train, ça y est, la meute des caméras-photographes l’entoure. Je la devine plus que je ne la vois. A certains moments, au gré des flux de la vague, je la distingue plus nettement. Sur le parvis de la gare Saint-Charles, un car nous attend.

Vite, vite, il faut monter. Elle est en voiture. Mais on est si nombreux, que certains doivent rester debout. 14H45. Le Ségotour peut donc commencer. Loupé… Il se prend un panneau en tôle d’un mètre 90 sous laquelle il reste coincé et doit se dégager en reculant sous des grincements métalliques. Hhhhhhiiiiiiiiii. Stupéfaction des journalistes. Rires. Tweets. Photos. Le car se met à reculer sur 70 mètres pour essayer de sortir de la gare par un autre chemin.

 

Le temps passe, la candidate est déjà arrivée sur place… Autant dire qu’on a loupé la première visite. Heureusement, le car est chauffé…

 

Devant le désarroi des journalistes, et sa connaissance de la communication, Ségolène Royal recommence un point presse. Énervement entre les caméras pour le placement. Cohue. Bousculades. Énervement. Chacun veut être devant. Je me prends un bon coup de pied à l’ancienne, façon cour d’école, d’un cameraman qui pensait que je le bloquais et l’empêchais de filmer. Les habitants eux sont totalement indifférents à nos accrochages.

 

Tant mieux. Ils regardent Ségolène Royal les yeux grands ouverts. Boivent ses paroles. L’applaudissent quand elle insiste sur l’énergie qui existe dans les quartiers populaires, les talents, les compétences de la jeunesse. « Les quartiers, c’est une chance pour la France ! ». « Bravo Ségolène », lancent plusieurs jeunes black-blanc-beur, disposés derrière elle à sa demande. Ils l’applaudissent franchement. L’ex-candidate est réjouie. Flashback encore. Ca me rappelle le suivi de Ségolène Royal dans les quartiers populaires pendant la primaire. Mêmes intonations. Mêmes discours. Mêmes images. Elle, devant des tours d’immeubles, les habitants heureux d’avoir un politique qui vient les voir, le tout sous le regard de la presse.

 

Il fait plus doux qu’à Paris. Enfin je crois. Ni elle, ni moi n’avons vraiment le temps de s’en soucier. Je remonte dans le car. Elle dans sa voiture. Après une visite du collège Stéphane Mallarmé, et un passage dans un cours de 4ème physique-chimie, partiellement ouvert aux médias, la presse s’en va retrouver Ségolène Royal, au croisement du cours Belsunce et de la rue Colbert, dans le 1er arrondissement de Marseille. Là encore, on est en retard ! Elle est encore arrivée avant nous !

 

La voilà qui nous attend patiemment depuis dix minutes dans sa voiture, avec son fils Thomas Hollande – véritable coqueluche de ce déplacement, qui enchaîne les interviews. Patrick Menucci ouvre enfin la porte du véhicule : « C’est bon ! » En effet, c’est bon, elle peut sortir. Les reporters de la presse nationale sont arrivés.

 

Encore faut-il là voir. Plus d’une centaine de personnes forment un cercle autour d’elle. Je me demande comment elle arrive à voir ses pieds. Je me fraye un chemin. Une photographe lance : « Attention aux poteaux ». Une vieille dame, affolée, s’énerve : « Laissez-moi sortir de cette connerie ». Un photographe lui répond : « Fallait pas y entrer ». Patrick Menucci chuchote à Ségolène Royal : « Linda va te driver ». Je me prends des coups mais au moins j’entends ce qu’elle dit. C’est toujours un peu pareil.

 

Elle salue les gens, entre dans les magasins, s’inquiète de ceux qu’elle n’a pas salué là-bas… « Ils vont venir avec nous », rassurer Patrick Menucci s’en en savoir rien. Au fur et à mesure, je suis extraite de la vague. Je me laisse extraire aussi, pour prendre du champ. Du temps. Mais elle, file encore. Elle redevient un point dans une meute : « Mais si tu vois ses cheveux, là ! », lance une dame à son amie. La propriétaire d’un restaurant aurait aimé lui offrir un thé. Trop tard, Ségolène Royal a déjà disparu.

 

Dans la rue commerçante qu’elle remonte, les gens la prennent en photos, se mettent aux fenêtres, lui disent de « dégager Sarko », la complimentent. « On vous aime beaucoup ! », lance une jeune femme d’une trentaine d’années, bonnet en laine noir sur la tête. « C’est vrai ? », demande Ségolène Royal. « On est très contente que vous soyez là ». La venue de la politique provoque un bouchon dans la rue. Les gens klaxonnent. Certains ont du mal à comprendre ce qui se passe. « C’est impressionnant », glisse Thomas Hollande, qui revoit là quelques images de ferveur de 2007. « Ah je vous vois mieux-là », s’amuse Ségolène Royal sur une petite marche en regardant avec gourmandise ses supporters qui l’attendent à la sortie d’une boucherie-rôtisserie.

 

Elle savoure. Patrick Menucci, bon copain, lance : « On peut dire bravo à Ségolène Royal ». Les gens applaudissent. Le candidat du PS s’appelle François Hollande.

 

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 10:29

 

 "La responsabilité d'un premier ministre c'est de répondre à l'interpellation d'un élu du peuple"

 
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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 09:40

REPORTAGE - Elle est de retour au premier plan. Ségolène Royal était à Marseille, mardi soir, à la rencontre des banlieues, avant de tenir un meeting de soutien à François Hollande.

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Ségolène Royal est de retour au devant de la scène. (Reuters)

 

C'est la première fois qu'elle repart en campagne. Et la première fois qu'elle le fait pour un autre. Ségolène Royal a passé la journée à Marseille et elle a enchainé visite dans les quartiers, conférence de presse express et meeting pour François Hollande. Le soir, sur la scène de la Maison Arménienne de la jeunesse, l'ancienne candidate de 2007 a fait de 2012 "l'année du combat, l'année de la victoire de Francois Hollande".

 

Celle qui avait soulevé l'enthousiasme des banlieues en 2007 et qui se veut toujours la "voix des sans voix" a délivré son message... et esquissé le rôle qu'elle entend jouer pour François Hollande : "Je suis venue pour parler aux jeunes des quartiers, à leurs parents, à leurs grands parents, à ceux qui ont vote massivement pour moi en 2007, disons les choses très simplement." Et Ségolène Royal se penche vers Patrick Mennucci, qu'on appelait "segolin" en 2007 : " j'ai fait combien ici?" "Près de 90 %". Et Ségolène Royal, tout sourire, de poursuivre son réquisitoire contre Sarkozy :

 

"Je suis venue dire à tous ceux qui sont venus voter en 2007 qu'ils reviennent, car ils ont été déçus, ils ont été laissés sur le côté, ils n'ont rien fait à droite, ils n'ont rien fait là-haut pour éteindre le feu qui couve sous la cendre des illusions perdues".

 

Royal reprend parfois ses accents de 2007, son ode à la "France métissée" ou ses diatribes de maitresse d'école : "Je ne suis pas là pour plaindre les jeunes, les quartiers ou pour vous tenir un discours misérabiliste. Oui il faut travailler dur à l'école, on n'a rien sans effort, dites le à vos frères et sœurs". La salle est petite mais bondée, et Ségolène Royal semble heureuse de retrouver son public. Elle lance des "le changement c'est..."maintenant" répond la salle criant "Hollande président" ou "François président".

"Je la sens bien cette élection, c'est bien parti"

Ségolène Royal qui s'était présenté en "femme debout" aux Antilles en pleine présidentielle profite du meeting pour revenir sur la polémique née des propos du député de Fort de France, Serge Letchimy contre Claude Guéant. "Il y a eu cet après midi (mardi, Ndlr), un incident, le gouvernement et le premier ministre ont quitté l'assemblée nationale". La salle hue. "C'est la première fois et c'est très choquant qu'un Premier ministre quitte l'Assemblée nationale", poursuivant : "C'est contraire même à l'esprit de la Vème République". Ségolène Royal reconnaît à "Serge Letchimy descendant des esclaves" le droit de poser une question et lance 


"Nous voulons un Premier ministre qui reste à l'Assemblée nationale pour écouter les questions, et puisqu'il a pris la porte, qu'il y reste, le changement c'est le 6 mai".
 

 

Accélérant le temps, Ségolène Royal prédit que "dans 70 jours nous devons mettre fin à cette longue nuit du Fouquets. Dans 70 jours, nous devons gagner pour vous rendre le pouvoir à vous peuple de France, dans 70 jours les sans voix retrouveront la voix". Ségolène Royal conclut par : " Le changement c'est maintenant, maintenant c'est le changement, en avant et battez vous". Avant de chanter avec la salle la Marseillaise.

 

Au milieu du public, son fils Thomas Hollande qui reprend du service pour la campagne de son père et qui a accompagné sa mère toute la journée. Quand il observe les scènes que déclenchent Ségolène Royal dans les commerces de la rue Nationale, quand il entend ses "elle est belle", "Ségolène, on est content de vous voir" et quand il la voit si heureuse, il se souvient :

 

"Ca me rappelle 2007." Et avoue : "Aujourd'hui la campagne est plus rationnelle, c'est dû à la personnalité du candidat et à la crise". Dans le TGV, le matin, Thomas Hollande écoutait sagement Ségolène Royal confier aux journalistes : "je la sens bien cette élection, c'est bien parti"

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 19:27
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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 14:43

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Quel rôle pour Royal dans la campagne de François Hollande?

REUTERS

Elle part en campagne et sera, ce mardi soir, à Marseille dans des quartiers populaires. A fond derrière François Hollande, quel rôle peut-elle remplir? 

Ca y est, Ségolène Royal revient. Plus forte, plus aguerrie? Peut-être.

 

En tout cas, les larmes de la défaite à la primaire ont séché. Et elle assure, au Monde, avoir "intégré" le fait qu'elle ne sera pas candidate à la présidentielle, comme en 2007.  

 

Cette année, c'est le père de ses quatre enfants, François Hollande, qui représente la famille socialiste. "Et elle le soutient sans ambiguïté", veut croire Jean-Louis Bianco, député proche de Ségolène Royal.  

 

La présidente de la région Poitou-Charentes, qui se montre "disponible", démarre ainsi sa campagne. Avant le bouquet final, un meeting avec François Hollande, le 22 mars à Rennes, l'ex-candidate se rend, ce mardi soir, à Marseille, dans des quartiers populaires.  

 

Elle y tiendra une réunion de soutien au candidat socialiste, auprès de "ces gens qui ne votent plus, ces citoyens les plus éloignés de la politique", selon Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de François Hollande, très proche de Royal. 

Voilà l'atout majeur de Ségolène Royal, sa popularité dans les classes populaires, dans les quartiers sensibles. 

 

"C'est la socialiste qui passe le mieux auprès des ouvriers, confirme Jean-Louis Bianco, ancien co-directeur de sa campagne de 2007, qui songe à son idée de bloquer les prix de l'essence. "La vie chère, les loyers trop coûteux, elle connaît", ajoute la députée Dominique Bertinotti, également soutien de Ségolène Royal. 

Pour "le triomphe de François Hollande"

 

Elle participera ainsi "au Grenelle des quartiers populaires" que veut mettre en place François Hollande en mars. A la manette: l'ancien secrétaire général de Désirs d'Avenir, Kamel Chibli.  

L'association "ségolâtre", justement, peut aussi servir François Hollande. Lors de son assemblée générale, samedi dernier, Ségolène Royal a exhorté ses troupes à soutenir le candidat désigné. Ce qui n'était pas gagné d'avance.

 

"Certains ont souffert de la défaite de Ségolène Royal au congrès de Reims et à la primaire", admet Jean-Louis Bianco.  

 

Mais peu importe, maintenant. Pour parvenir au "triomphe de François Hollande", comme l'espère Dominique Bertinotti, Désirs d'Avenir a son rôle à jouer. "L'association touche une frange de la population plus large que le PS, affirme Bianco. Les adhérents sont, en moyenne, plus jeunes que les militants socialistes et on y trouve davantage de chefs d'entreprise, de cadres." 

"La guerre des tranchées"

 

Le club de Ségolène Royal "agit comme une courroie de transmission avec le terrain", assure le président du conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, il s'agit de remonter des idées, des critiques." Et ces 'royalistes' peuvent, explique Bertinotti, "participer aux porte-à-porte pour inciter les personnes à voter". Tant mieux: les abstentionnistes sont nombreux dans les quartiers populaires. 

 

Ségolène Royal, un atout, donc, pour la campagne de François Hollande? "Son expérience d'une campagne sera déterminante", pense Dominique Bertinotti, selon laquelle sa candidate a échoué, il y a cinq ans, en raison du manque de solidarité entre camarades. "Elle sait que c'est dur et qu'il faut rester uni", affirme Jean-Louis Bianco.  

 

Et c'est ainsi qu'elle assure vouloir défendre le candidat, en utilisant, le sourire aux lèvres, un langage un brin guerrier: "Il nous reste la baïonnette et la guerre des tranchées", balance-t-elle dans Libération. "Elle pourra nous aider dans la confrontation directe avec Sarkozy", espère Najat Vallaud-Belkacem. 

 

Soutenir le candidat. Et apporter des solutions, "comme celles qu'elle a proposées en 2007, qui ont été, selon Bianco et Bertinotti, reprises par le candidat Hollande. Ils citent, en choeur, le drapeau national et la Marseillaise, la sécurité et le monde de la finance.

 

Bianco en est convaincu, Ségolène Royal est "une femme écoutée". Y compris lorsqu'elle critique son propre camp.

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 10:19

 

 

 Alors que la chancelière allemande a annoncé lundi son soutien à Nicolas Sarkozy,

 

Ségolène Royal a rappelé ce même jour dans l'émission le Club LCI qu'Angela Merkel "fera avec ce que le peuple français voudra".

 

L'ancien candidate à la présidentielle a aussi indiqué qu'il n'y avait pas de raison que la chancelière ne reçoive pas François Hollande.

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 10:03

Ségolène en Campagne à Marseille ou Royal la Courageuse 

Ségolène Royal avec Jean-Louis Bianco et Najat Vallaud-Belkacem, le 4 février 2012 à l'AG de Désirs d'Avenir - © Razak

Ségolène Royal avec Jean-Louis Bianco et Najat Vallaud-Belkacem, le 4 février 2012 à l'AG de Désirs d'Avenir - © Razak

 

On pourra tout lui reprocher :

 

un goût inné de l’improvisation,vue jouissance réelle à provoquer, à parler cash comme elle le dit au JDD, un sens aigu de l’opportunisme médiatique et politique. On pourra revenir à l’infini sur son caractère, souvent cassant, tranchant, et qui laisse entrevoir parfois une réelle sensibilité. On pourra gloser sur ses bourdes ou supposées telles, son allure tantôt martiale tantôt maternelle. On pourra disserter à l’infini sur sa complexité.

 

En revanche, personne ne pourra enlever à Ségolène Royal son courage et sa loyauté.

 

À la fois mélange d’amour propre, d’éducation rigide, militaire et discipliné à outrance, et sens des valeurs de l’honneur porté à son summum, probablement du à son militaire de père et à la dureté d’une vie familiale ou rien n’était autorisé à affleurer sous l’écorce âpre, à part les bonnes notes et les silences à table. 

 

Et du courage, il en a fallu pour accepter sans broncher une défaite en 2007 qui n’aurait probablement pas eu lieu si les éléphants qui se trompent énormément, avait accepté à minima la désignation de cette femme étrange, charismatique et solitaire. Il en fallu du courage pour accepter de se faire chiper un congrès gagné, par une coalition petite ou dont ex compagnon ne fut pas le dernier à tenir le couteau. Il en a fallu enfin du courage pour encaisser ces 7% qui ne sont avant tout que le résultat non pas de son talent, mais de cet assassinat, au quotidien, jour après jour, de tout desir chez les électeurs de Royal. Royal née du desir d’un peuple et rejetée par l’absence de désir de ce peuple.

 

Entre les deux, une entreprise de démolition à laquelle, je l’avoue, j’ai moi aussi participé de temps à autres tant il était facile de tirer sur la cible qui souvent, donna elle même quelques armes pour se faire abattre. Trop facile à dire vrai, de se laisser entraîner dans cette facilité mais nous fûmes des dizaines à nous y laisser aller, par paresse ou pour la joie d’un bon mot.  

 

Et Ségolène Royal résista, à ses propres faiblesses, à nos propres férocités, et un soir, elle pleura

 

Des larmes sincères qui soudain nous ramènent toutes et tous à ce pourquoi nous l’avions aimé en 2007 et si mal jugée en 2011.

Car cet animal politique un peu magique, charismatique et prodigieusement intelligent à tellement changé, tellement progressé, tellement épaissi que nous ne pouvons aujourd’hui qu’avoir quelques regrets.

 

Surtout lorsqu’on voit avec quelle loyauté, qu’elle ardeur elle se lance dans la campagne de son ex compagnon. À cœur battant, à cœur vaillant. Elle pourrait se contenter de faire une peu moins, ce serait toujours plus que ce qu ‘ ils firent en 2007. Mais non, elle repart au combat, comme l’écrit si bien Libération et s’apprête à décocher des flèches que personne d’autre, dans la vie politique française, ne saurait tirer aussi sûrement au cœur de la cible. Trahie, trompée, et probablement fatiguée, Royal ne cède rien, comme toujours et repart à la guerre.

 

Est ce pour le perchoir ou un quelconque maroquin ? Même pas sûr. La guerre pour le goût du combat, de la gagne, de la politique, un art dangereux qu ‘elle pratique sans armures et sans filets.

 

Et en l’écoutant défendre la cohérence du projet Hollande, les qualités du probable Chef d’Etat, on se dit qu’entre ces deux là demeure une alliance mystérieuse, insécable qui échappe à tous les regards.

 

Avec cette loyauté et ce courage, Ségolène Royal nous rassure ailleurs que dans le champs politique : elle dit qu’une mère une femme font décidément de la politique autrement et pense certainement un peu plus aux autres qu’à elles mêmes. Au fond, par son attitude irréprochable à l’égard de son ex compagnon qui manque parfois de délicatesse, Royal ouvre à nouveau une voie, de par sa condition si particulière d’ex candidate battue par son ex compagnon : les femmes ne sont pas des hommes politiques comme les autres et méritent un jour d’accéder enfin au pouvoir suprême.


Peut être y pense-t-elle dans un recoin de sa tête mais est-ce cela qui la guidera ce mardi soir, lors de cette réunion publique à Marseille ? Non.

 

Elle pensera à cette France métissée, qu’ elle encourageait, en mars 2007 à Marseille, à cette jeunesse qui vota massivement pour elle en 2007, à cette marseillaise qu’elle fit chanter sous les cris de ses camarades socialistes, à ces valeurs républicaines et fraternelles qu’elle porta si fort en en être moquée, caricaturée, détruite. De cette blessure est peut être née le retour de la gauche à l’Elysée en 2012.

 

Chacun peut lui dire merci. Quant à son avenir… Il s’écrit probablement aujourd’hui dans cette violente défaite qui appelle une reconstruction totale et… Un autre rêve… Peut être.

 

http://zeredac.com/2012/02/07/segolene-en-campagne-a-marseille-ou-royal-la-courageuse/

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 20:34

Claude Guéant ne pouvait croire que ses propos ne seraient pas rapportés. Le contraire aurait été une sale hypocrisie. Le ministre de l'Intérieur mérite mieux. Il l'a fait exprès. Nicolas Sarkozy, pour sa campagne, n'a plus que ça. Cliver le pays sur la question nationale.

Guéant défriche...
Vendredi dernier, Claude Guéant s'est égaré dans un meeting de ... l'UNI. Cette organisation étudiante fricote avec l'extrême droite depuis sa création. Elle n'est pas simplement « associée » à l'UMP. Les observateurs attentifs savent combien elle sert de passerelle estudiantine vers l'extrême droite. Le blog Droites Extrêmes nous rappelait dimanche ce qu'était véritablement l'UNI.

Samedi 4 février, elle recevait Claude Guéant dans les bureaux de l'Assemblée nationale pour sa « convergence annuelle » avec 300 cadres de l'assocation. L'ancien secrétaire général de l'Elysée devenu ministre confia sa théorie:

Or, il y a des comportements , qui n’ont pas leur place dans notre pays, non pas parce qu’ils sont étrangers, mais parce que nous ne les jugeons pas conformes à notre vision du monde, à celle, en particulier de la dignité de la femme et de l’homme. Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique. En tout état de cause, nous devons protéger notre civilisation.

Ces propos furent relayés par un étudiant en journalisme.

Quelques heures à peine plus tard, un conseiller du ministre répliqua : « il s'agissait de condamner celles qui ne respectent pas la liberté de conscience, d expression et l égalité hommes/femmes ». On expliqua aussi qu'il fallait replacer les propos du ministre dans le contexte, une réunion sur le prétendu relativisme de la gauche. Un porte-parole de l'UNI expliqua que Claude Guéant avait eu raison d'opposer les civilisations de la liberté à celles de la dictature.... Tout était dans la finesse...

... pour le candidat Sarkozy
Cette sortie de Guéant n'est pas une coïncidence. Le ministre savait que le lendemain matin, dimanche, un opportun sondage IFOP pour le JDD, plaçait Nicolas Sarkozy à égalité de premier tour avec François Hollande... si Marine Le Pen ne pouvait se présenter faute d'avoir obtenu ses 500 signatures.

La semaine dernière, elle expliquait n'avoir que 360 promesses de parrainages. Le même sondage créditait aussi François Bayrou d'un meilleur score que les enquêtes habituelles. Le même sondage évitait de sonder une quelconque hypothèse de second tour.

La journaliste Françoise Fressoz du Monde signala sa surprise sur son blog. La ficelle était bien grosse. Ce sondage était n'importe quoi. Certains candidats avaient été retirés, mais pas tous. Ils avaient ainsi conservé Dupont-Aignant mais retiré Le Pen. Allez comprendre. Les sondeurs sont autant déboussolés que l'Elysée

Mais ceci n'empêcha pas le journaliste Bruno Jeudy de commenter: « Nicolas Sarkozy et François Bayrou seraient les grands bénéficiaires de l’absence de la candidate du FN si celle-ci ne parvenait pas à réunir les 500 parrainages. ». Le même journaliste aurait pu se documenter. En 2007 déjà, début mars, le même institut IFOP avait testé l'hypothèse d'une non-candidature de Jean-Marie Le Pen. Nicolas Sarkozy et François Bayrou obtenaient alors de bien meilleurs scores, respectivement 34,5% et 25%. En 5 ans, on peut donc raisonnablement constater que leur efficacité sondagière s'est donc affaiblie.


Ce weekend, Claude Guéant ouvrait maladroitement la campagne de Nicolas Sarkozy. Ce dernier a peu d'options. Il taclera sur la grande crise et sur les sujets identitaires. Certains prédisent que le Monarque taclera la gauche sur le droit de vote des étrangers aux élections locales et, plus largement, l'identité nationale. Sans doute.

La blitzkrieg sera de toute façon d'envergure.

Nicolas Sarkozy est aux abois et sans idées.

 

http://sarkofrance.blogspot.com/

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