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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 14:13

Un Châtelleraudais va tenter de se rendre en Cisjordanie avec 1.200 autres militants de la cause palestinienne, dimanche 15 avril.


Abdel Bouhassoun, chez lui, mardi après-midi. Abdel Bouhassoun, chez lui, mardi après-midi.

Abdel Bouhassoun ne veut pas revivre la mésaventure de l'an dernier. En partance pour Roissy vers la Palestine, par l'Italie et Tel Aviv, ce Châtelleraudais de 54 ans avait été empêché d'embarquer comme 300 autres personnes. Les CRS avaient évacué l'aéroport.


Le but de ce voyage collectif, organisé sous l'égide de l'association (pro-palestinienne) CAPJO (Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient) « Euro-palestine », se voulait symbolique : il s'agissait de « tenter de forcer pacifiquement le blocus israélien sur la Cisjordanie et Jérusalem-Est », selon les termes de l'association.

 

" Cette fois, on a médiatisé l'affaire "


Le même mouvement, baptisé « Bienvenue en Palestine », remet ça. Dimanche 15 avril, il doit rassembler 1.200 personnes de tous les pays (dont 500 Français) pour un nouveau voyage vers la Cisjordanie (via Munich).


Toujours avec le même objectif : dénoncer la politique d'Israël, jugée (sans nuance) « coloniale et meurtrière » et exiger « la liberté de circulation des Palestiniens et des Européens qui veulent leur rendre visite ».


Évidemment, si toutefois ils arrivent jusque-là, les participants au voyage devraient être logiquement refoulés par les autorités israéliennes à l'aéroport de Tel Aviv. Elle ne le dit pas comme ça mais c'est un des buts recherchés par l'association afin de donner un coup de projecteur sur sa cause.


« L'an dernier, Sarkozy a fait envoyer les " robocops " à Roissy. Cette fois, on a médiatisé l'affaire avec internet, sur les réseaux sociaux, explique Abdel Bouhassoun. On emmène des avocats avec nous, ainsi que des journalistes ».


Pour lui, cette action se veut uniquement symbolique même si elle est forcément aussi très politique. « Moi, c'est mon rêve d'aller à Jérusalem, souligne-t-il. Par ailleurs, j'ai toujours été intéressé par la cause palestinienne. Ça fait 25 ans que je milite là-dedans. Rien ne justifie qu'Israël ne respecte pas le droit international. Si avec des actions comme ça, on peut faire bouger les choses, il faut le faire ». La suite dimanche.


Franck Bastard
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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 11:37
Par Nicolas Kssis| 13 avril 2012
 

Le sport n’est pas seulement un loisir démocratisé. Baromètre politique, le sport est un excellent moyen d’observer la lente dérive des plaques géopolitique, économique et diplomatique.


Le Baron de Coubertin avait parfaitement senti que les nations européennes, qui se partageaient les bouts de continents, auraient besoin d’un espace d’affrontements policé et pacifié, à défaut d’être pacifique. Toutefois, ce nationaliste convaincu de la suprématie, à ses yeux « naturelle », de l’Europe n’aurait évidemment pu imaginer que l’année 2012, et les jeux de Londres marqueraient aussi peut-être le dernier élan d’un vieux continent en train de perdre son emprise et son ascendant sur son dernier trésor  : le sport. Peut-être ne faut-il pas d’ailleurs interpréter autrement le saut d’humeur, apparemment en « état second » pour rester poli, de Dave Richards, vice-président de la Football Association, et président de la première league, lors d’un colloque à Doha au Qatar : « L’Angleterre a donné le football au monde. Pendant 50 ans nous possédions ce jeu. Et puis 50 ans plus tard, un gars est arrivé et a dit “Vous êtes des menteurs”et nous a volé ce jeu. Il s’appelait Fifa. Et 50 ans plus tard, un autre gang appelé UEFA est arrivé et a volé encore un peu plus. » Signalons au passage, pour mieux appréhender cette embardée si peu courtoise, que la perfide Albion avait perdu l’organisation du mondial 2022 au profit du petit émirat du Golfe. Tout un symbole effectivement. De fait, la liste des pays accueillant les prochains grands événements sportifs internationaux illustre, mieux qu’une lecture assidue du Financial Times, à quel point le sport, – dont le marché ne connaît pas la crise, avec 146.5 milliards de dollars en 2014 et une croissance de 7.5 % par an – est sensible au nouvel équilibre des forces : Sotchi en 2014, le mondial au Brésil en 2014, les JO de Rio en 2016 puis de nouveau la coupe du monde en Russie en 2018. Pour résumer, les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) s’attribuent dans le champ sportif les premiers rôles qu’ils occupent déjà dans les domaines financier et parfois politique.


Dans le même temps la crise économique frappait de plein fouet le vieux continent, où la puissance publique n’avait cessé de reculer, y compris devant les véritables maîtres du sport international que sont la FIFA ou le CIO aux exigences de plus en plus « impérialistes » (notamment concernant les infrastructures ou encore le « respect » hégémonique de leurs sponsors). De fait, la tenue des grandes compétitions s’y est révélée problématique (porté par la logique perverse des coûts publics vs bénéfices privés). Ainsi la Grèce ne s’est toujours pas remise des JO de 2004 à Athènes, ce qui prend une tournure dramatique dans le contexte actuel. L’explosion du budget des JO de Londres, dont la préparation s’est effectuée en pleine tourmente financière, a même fini par inquiéter le parlement : les 11,1 milliards d’euros initiaux étant d’ores et déjà dépensés.


Les députés s’inquiètent surtout du faible retour sur investissement pour le sport anglais  : absence de club résidant pour le stade rénové de Wembley et un nombre très faible de nouveaux pratiquants chez les amateurs. Frilosité aussi en France où certaines municipalités, de droite comme de gauche (Nantes, Metz, Nancy, etc.) ont fini par se retirer de l’organisation de l’euro 2016, refusant d’assumer le coût faramineux des dépenses au regard de leurs finances et de la situation globale (et de l’envol des budgets sociaux).


Dès lors, l’arrivée de ces nouveaux acteurs dans le sport semble sonner le glas d’une certaine arrogance européenne (les USA sont encore un peu protégés) qui s’aperçoit que les carnets de chèques ont un peu changé de main, dans le sport comme pour les bons du trésor.

Le Qatar, grace à son réseau Al-Jazira, a ainsi décidé de muer son or noir, tant qu’il coule, en soft power, c’est-à-dire en un puissant levier d’influence culturel et médiatique. L’hexagone a ainsi découvert avec l’achat du PSG et surtout des droits télé de la L1 (et également de la Ligue des champions, de la Ligue Europa, des Euro 2012 et 2016, en attendant, le basket, le golf, la boxe, etc.) que désormais CNN et BBC World n’étaient plus les seules à contrôler les écrans mondiaux. Pas pire que Disney ou un fonds de pension américain (ancien propriétaire du club parisien), juste un choc en terme de représentations sociales de l’ordre mondial, amplifié par certains débats électoraux.

Redistribution des cartes  ?

Du côté de la Chine et de l’Inde, les logiques sont radicalement différentes et nous nous retrouvons face à des cas plus classiques d’utilisation sport au service de la grandeur nationale. Notons néanmoins que l’apparition de ces deux pays dans le monde du football, certes à une échelle modeste pour le moment, témoigne d’une nette volonté de passer du statut de consommateurs (programmes télés et paris sportifs) à celui d’acteur au sein du premier loisir mondial (le cricket indien ne semblant pas appelé à dépasser son statut de passion locale, avec malgré tout son milliard et demi de fans potentiels).


Le Brésil doit être regardé en revanche avec attention. Cette démocratie inscrite dans le vent de fronde qui souffle en Amérique du sud, vient d’infliger quelques déconvenues surprenantes à l’omnipotente FIFA. Cela faisait longtemps en effet que la Fédération internationale, basée en Suisse, n’avait pas été obligée de céder devant la résistance d’un pays « hôte ». Le gouvernement brésilien a ainsi refusé d’accéder à toutes ses requêtes, plutôt des ultimatums, notamment sur le prix des places pour les étudiants ou les personnes âgées ou encore sur les droits télé (même s’il a tout de même fini par accorder le retour de l’alcool dans les stades afin de satisfaire l’américain Budweiser, gros sponsor du ballon rond). Le secrétaire général de la Fifa, Jérôme Valcke, a dû s’excuser pour avoir trop durement critiqué le pays organisateur. Le foot brésilien a aussi procédé à un grand nettoyage au sein de la Fédération locale, très liée à la FIFA (l’héritage d’Havelange). Même s’il faut bien admettre que les retards et les difficultés sont réels, de l’aveu de Romario, ancien joueur et député socialiste, et que les affaires de corruption empoisonnent les préparatifs de la coupe du monde (en témoigne la démission de l’ancien ministre communiste des sports).


Assistons-nous à une nouvelle redistribution des cartes ? Quelques petits signes semblent l’indiquer, même au cœur de l’actuelle nation leader du foot, l’Espagne, où les députés réclament que les richissimes clubs pro règlent leurs dettes au fisc. La place occupée par la question sportive dans les programmes des candidats de gauche peut être aussi perçue comme un signe encourageant, même seulement à 75 %.

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 10:55



le 10 avril 2012

Les plus favorisés sont aussi assistés que les autres. La leçon d’assistanat donnée à la France d’en-bas est moralement inacceptable et politiquement risquée. Un point de vue de Noam Leandri et Louis Maurin, de l’Observatoire des inégalités.



« Comment vous vivez l’idée d’être un assisté, ça vous gêne pas de vivre sur le dos des autres ? ». « Ca va merci. Et vous ? » Ce dialogue entre François Cluzet, riche handicapé assisté d’une kyrielle d’aides et Omar Sy, demandeur d’emploi, tiré du film Intouchables d’Olivier Nakache et Eric Toledano, en dit long sur la société française. La France est pour partie un pays « d’assistés ». Dans l’immense majorité des cas, il s’agit d’aider les plus démunis à ne pas verser dans la misère. Mais le soutien de la collectivité ne se résume pas aux plus pauvres, loin s’en faut. Le problème, c’est qu’en haut de la hiérarchie sociale, on se permet de faire la leçon à une France qui peine à boucler ses fins de mois.


Comment évaluer le nombre d’"assistés" ? Si l’on adopte une vision restrictive, on peut y inclure les titulaires des prestations sociales, qu’elles soient universelles (comme les allocations familiales) ou ciblées sur les plus modestes (comme les allocations logement). En 2010, les minima sociaux font vivre 6,3 millions de personnes – soit 10 % de la population - d’après le ministère de la santé. De plus, huit millions de salariés à faibles revenus perçoivent la prime pour l’emploi ou le RSA activité [1] d’après les dernières données en 2011. Quelque 4,5 millions de foyers ont bénéficié des allocations familiales et 2,5 millions des allocations logement versés par les Caisses d’allocations familiales (CAF) en 2010 [2]. Il faut encore y ajouter les aides sociales aux démunis, que ce soit pour l’hébergement, la santé, la garde d’enfants, versées au cas par cas par les CAF, l’assurance maladie et les collectivités locales.

Ces données n’ont rien d’original, et la critique de « l’Etat providence » - qui repose sur ce système développé de protection sociale - remonte à la seconde moitié du XIXe. Mais les pauvres sont loin d’être les seuls à bénéficier du système. Retraites, soins, allocations chômage ou allocations familiales : les catégories aisées bénéficient très largement de l’argent public. Parmi les trois millions de chômeurs et les 15 millions de retraités, on ne compte pas uniquement des catégories populaires.


Certaines aides sont même ciblées sur les plus riches. C’est le cas par exemple des très nombreuses réductions d’impôt (aussi appelées « niches fiscales »). Elles vont coûter en 2012 la bagatelle de 66 milliards d’euros à la collectivité en pertes de recettes fiscales. Ainsi, les femmes de ménage et autres personnels à domicile - comme ceux qui entourent François Cluzet dans le film Intouchables - sont largement subventionnés. En 2008, cette niche fiscale a coûté 2,3 milliards d’euros de recettes à l’Etat. Des travaux à domicile en passant par les investissements dans les Dom-Tom ou l’immobilier locatif, ces niches vont pour l’essentiel aux plus aisés. Ainsi, les deux tiers des baisses d’impôt pour l’emploi de personnel à domicile sont allés aux 10 % des contribuables les plus favorisés selon un rapport officiel d’évaluation des niches fiscales paru en juin 2011 (consulter en ligne). Le mécanisme du quotient familial de l’impôt sur le revenu, même plafonné, procure un avantage qui augmente avec le niveau de vie et le nombre d’enfants : 10 milliards sont ainsi distribués [3]. L’avantage se monte à 2 300 euros annuels à partir de 5 000 euros de revenus mensuels, pour les familles avec deux enfants, à 4 600 euros au maximum à partir de 6 000 euros mensuels, pour les familles avec trois enfants et atteint 9 000 euros à partir de 7 500 euros mensuels.


En plus des niches fiscales, une grande partie des services publics financés par la collectivité bénéficie davantage aux riches qu’aux pauvres. Il en est ainsi de l’école : compte tenu des inégalités sociales qui existent dans l’enseignement supérieur, l’Etat dépense bien davantage pour les enfants de cadres supérieurs que pour ceux d’ouvriers. Les premiers ont deux fois plus de chances de suivre des études supérieures révèle l’Insee (voir l’article), d’autant plus si elles sont longues et élitistes. Une scolarité jusqu’au master (bac+5) coûte presque deux fois plus chère aux finances publiques qu’un BEP-CAP selon le ministère de l’Éducation. En gros, la formation d’un élève jusqu’au BEP coûte 100 000 euros à la collectivité, un étudiant en licence 140 000 euros et un élève de grande école près de 200 000 euros… Au sommet, dans les écoles les plus prestigieuses du pays que sont l’Ena, l’Ecole normale supérieure et Polytechnique notamment, les élèves quasiment tous issus des familles les plus aisées du pays, sont… payés pour étudier. Sans compter que les enfants de familles aisées fréquentent plus volontiers les établissements bien dotés en enseignants expérimentés, et donc mieux payés que leurs jeunes collègues envoyés dans un établissement dit « d’éducation prioritaire ».


On retrouve le même phénomène dans bien d’autres domaines de l’intervention publique, comme en matière de politique culturelle. Musées, théâtres, opéras ou conservatoires de musique : les loisirs des riches sont massivement subventionnés, alors qu’ils sont fréquentés pour une grande partie par une minorité très diplômée.


Au-delà de la seule sphère publique, les plus aisés savent très bien comment profiter de soutiens très variés. Des voitures de fonction à usage personnel aux invitations (concerts, spectacles, représentations sportives, etc.) distribuées gracieusement en toute légalité par des entreprises ou des institutions publiques, en passant par des congés tous frais payés par un tiers… Le premier ministre François Fillon lui-même s’était fait payer une partie de ses congés de l’hiver 2010-2011 par les autorités égyptiennes… Dans l’univers de l’entreprise, une partie des plus favorisés arrivent à faire prendre en charge une partie de leurs dépenses privées, du téléphone à la voiture de fonction en passant par certains déplacements. Jean-Marie Messier, ancien PDG de Vivendi avait, par exemple, bénéficié d’un appartement de fonction dans le plus beau quartier de New-York aux frais de l’entreprise et continué à l’occuper un an après son limogeage en 2002.


Tout en critiquant le niveau de protection sociale dont disposent les plus faibles, les hauts dirigeants négocient pour eux-mêmes des protections financées par l’entreprise, qui les mettent à l’abri pour plusieurs générations en cas de départ involontaire. Ainsi par exemple, Anne Lauvergeon, débarquée d’Areva (nucléaire) l’an dernier, recevra 1,5 million d’indemnités de départ, plus d’un siècle de Smic. Elle touchait déjà un revenu d’un million par an. Au-delà, les revenus qu’ils s’octroient suffisent à se protéger du besoin pour plusieurs générations. Ainsi, à 70 ans, Maurice Levy, président du directoire de l’agence de publicité Publicis va recevoir pas moins de 16 millions d’euros de rémunération différée (bonus) pour avoir « rempli ses objectifs »… L’équivalent de 1 300 ans de Smic.

 

Lutter contre les profiteurs


Ceux qui contestent le principe même d’allocations pour les plus démunis d’un côté ou la gratuité de l’enseignement de l’autre sont peu nombreux. Les fondements de la protection sociale sont très largement partagés dans notre pays. Les personnes montrées du doigt sont celles qui profitent indûment de ce système. Dans un système développé de protection sociale et de services publics, les abus existent inévitablement. De même que la criminalité existe dans tous les pays, tous les systèmes publics entraînent leur lot de « profiteurs ». Ainsi, selon la Cour des comptes, les fraudes aux prestations sociales coûteraient environ 1,5 milliard d’euros qui se décomposent en 0,8 milliard d’allocations chômageindument perçues en 2007 et 0,7 milliard de prestations des CAF en 2009. L’histoire montre pourtant que, comme Omar Sy et François Cluzet, ces profiteurs sont répartis dans tous les milieux de la société, riches ou pauvres. Pour un titulaire du RSA (ancien Rmiste) qui assure ses fins de mois « au noir », combien de familles ne déclarent pas leurs employés de maison pour ne pas payer de charges sociales ? Pour une femme seule qui ne signale pas immédiatement un nouveau compagnon pour continuer à toucher l’allocation parent isolé, combien de milliardaires se soustraient à l’impôt par des techniques d’évasion à la limite de la légalité ? Combien d’emplois de complaisance pour ne pas dire fictifs sont octroyés dans les entreprises, les cabinets ministériels ou les collectivités locales pour employer des amis ou de la famille ? Cas extrême, on se rappelle de la condamnation en 2008 de la fille du milliardaire François Pinault qui avait indument perçu un RMI pendant six ans tout en s’acquittant de l’impôt sur la fortune… A bien plus petite échelle, Delphine Batho, députée et porte-parole du parti socialiste occupe un appartement de la Régie immobilière de la ville de Paris de 108 m² pour 1 500 euros, soit 30 % de moins que le prix du marché.


A l’opposé, on oublie très souvent qu’une partie des bénéficiaires potentiels ne demande rien et rase les murs pour ne pas être stigmatisée. Seulement 32 % des ménages pouvant bénéficier du RSA activité y ont recours et 65 % des potentiels rmistes (RSA de base), laissant ainsi près de 2 milliards d’euros inemployés au budget de l’Etat, d’après le rapport du comité d’évaluation du RSA. De même, 1,7 million de personnes ne recouraient pas à la CMU complémentaire à laquelle ils ont droit (voir notre article sur le non recours). La complexité des démarches et les discours culpabilisants sur les « assistés » y sont pour beaucoup.

Tous assistés ?


Alors, sommes-nous tous des assistés ? Oui. C’est une bonne chose. Pour partie, notre système social soutient davantage ceux qui en ont le plus besoin : c’est l’expression de la solidarité nationale, de la « fraternité » de notre devise nationale, valeur largement partagée. Pour partie, notre système offre des services publics de qualité à tous, par souci d’universalité : il protège ainsi des aléas de la vie. Si l’on veut maintenir un système où les plus aisés contribuent davantage que les autres, on ne peut restreindre les droits aux plus démunis : il n’aurait plus de légitimité aux yeux de l’ensemble des contributeurs. C’est pour cela, par exemple, que la plus grande partie des allocations familiales est du même montant pour toutes les familles. Leur rôle n’est pas de réduire les inégalités de revenus, mais de soutenir les familles dans leur ensemble. De façon bien plus large, la gratuité de l’école ou le financement des musées et des bibliothèques sont destinés à les rendre plus accessibles et favoriser leur démocratisation. Il faut la préserver.


Tout est question de dosage. Trop de prestations sous conditions de ressources alimentent une critique du système par ceux qui se situent au-delà de ces conditions mais qui ne disposent pas des autres protections dont bénéficient les plus riches. C’est actuellement le cas, par exemple, auprès de catégories qui se situent juste au-dessus du plafond de revenu qui permet de toucher les allocations logement, juste au-dessus du Smic. Une partie de la classe politique pointe du doigt « l’assistanat » des plus démunis, pour tenter de séduire les couches moyennes qui se situent un cran au-dessus… tout en fermant les yeux sur l’ensemble des avantages dont bénéficient les couches aisées.


La critique des différents avantages dont profitent les plus aisés est aujourd’hui de plus en plus fréquemment mise en avant, à droite comme à gauche… sans grand effet. Dans la sphère publique les niches fiscales, coûteuses et inefficaces, sont largement dénoncées mais à peine réduites. Les privilèges dont jouissent les enfants de diplômés à l’école sont connus, mais rien n’est proposé pour transformer réellement le système. Une bourgeoisie culturellement favorisée de droite et de gauche défend son « élitisme républicain » transformé en élitisme social. Au nom de la création, la politique culturelle française (des musées aux conservatoires en passant par l’opéra) se soucie peu de démocratiser le public (voir l’article d’Olivier Donnat « Démocratisation de la culture : fin… et suite ? »). Dans la sphère de l’entreprise aussi les protections et les niveaux de rémunérations démesurés sont aujourd’hui très largement discutés, parfois par les intéressés eux-mêmes… Ainsi, par exemple, Maurice Levy avait revendiqué en août 2011 une plus forte contribution des plus fortunés… Sans que les actionnaires n’interviennent pour remettre en cause les niveaux astronomiques distribués aux dirigeants.


La leçon d’assistanat donné par des couches sociales qui profitent des largesses de l’Etat providence et de l’entreprise bien plus que les autres, qui sont tout autant présents parmi les fraudeurs, est à la fois moralement inacceptable et politiquement risquée. Tout en croyant rassurer la France populaire, celle qui se lève tôt, elle engendre un décalage dévastateur entre les discours et les actes, qui attise un populisme qui ne peut que profiter à l’extrême droite qui l’utilise au mieux.


Noam Leandri, président de l’Observatoire des inégalités.

Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. Auteur de "Déchiffrer la société", éd. La découverte, 2009.

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 20:07

 

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La France n’est peut-être pas un pays comme tous les autres… Sous la Vè. République, du Général de Gaulle à Jacques Chirac, en passant par George Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand, de gauche comme de droite, tous les Présidents, qui se sont succédés, ont toujours su porter cet amour de la culture. Les arts et les lettres c’est notre identité nationale.

 

Mais depuis 2007, la France souffre. La France ne se sent pas représentée à sa hauteur. On lui a volé son identité, ca culture. Il manque cette dimension essentielle, cet amour de la culture, de toutes les cultures qui fait que la France a pu parfois porter des idées universelles pour défendre les droits de l’homme contre toutes les tyrannies dans le monde.

 

Il a osé, croyant que le pouvoir permettait tout, il a osé s’attaquer à notre identité. Par deux fois, Nicolas Sarkozy s’en est pris à l’œuvre marquante La Princesse de Clèves de Madame de Lafayette.

 

La première fois c’était en février 2006, lors d’une réunion publique, Nicolas Sarkozy déclarait : «L’autre jour, je m’amusais, on s’amuse comme on peu, à regarder le programme du concours d’attaché d’administration. Un sadique, ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur la Princesse de Clèves. Je sais pas si ça vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de la Princesse de Clèves, imaginez un peu le spectacle…»

 

Monstrueuse pensée … la culture ne serait donc pas pour le peuple … Nicolas Sarkozy venait de renier toute l’identité de la France.

 

Plus grave encore, en 2008, Nicolas Sarkozy, Président de la République, s’attaquait une seconde fois à Madame de Lafayette pour les concours administratifs, «ça vaut autant que de savoir par cœur “La Princesse de Clèves”». Après un silence, sur un ton moqueur, jouant le coquin, le Président ajoutait : «Enfin… j'ai rien contre, mais enfin, mais enfin… parce que j'avais beaucoup souffert sur elle. » Hou ! Hou! Hou! 

 

Monstrueuse pensée … de celui qui devrait représenter la France et qui se fait la voix du cancre. Il y avait erreur, cet homme ne pouvait pas représenter la France. 

 

Pourtant que dit cette œuvre importante. C’est l’histoire après tout d’une vie, d’une parole, d’un engagement. Un choix difficile, un choix qui nous bouscule, celui d’une femme qui va refuser la passion pour respecter sa parole.

Il n’a pas compris, mais alors que peut-il comprendre des hommes et des femmes qu’il doit représenter ? La culture c’est tout simplement ce qui nous ouvre aux autres, ce qui nous permet de regarder et d’accepter les autres. 

 

2012, le 6 mai, la France va tourner cette triste page, cette erreur.

 

2012, le 6 mai, pour nous rendre notre identité, notre culture : François Hollande

 

Philippe Allard

 

http://www.segoleneroyal-meag.com/article-pour-mme-de-lafayette-pour-la-culture-pour-la-france-fran-ois-hollande-103303272

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 16:16

 

 

 

Le Point. 11.04.2012

 

François Hollande peut compter sur les Anglo-Saxons pour soutenir une politique de soutien de la demande en Europe.

François Hollande peut compter sur les Anglo-Saxons pour soutenir une politique de soutien de la demande en Europe. © Karine Villalonga / Sipa

Voilà qui ne devrait pas manquer d'être utilisé par l'équipe de François Hollande en cette fin de campagne. Le Financial Times (FT), très lu dans les salles de marchés, a salué dans un éditorial, lundi 9 avril (accès payant), la prise de position du candidat socialiste en faveur de l'adoption d'une stratégie de croissance en Europe.


Moqué par l'UMP pour avoir affiché sa volonté de renégocier le pacte budgétaire impulsé par Angela Merkel, qui met uniquement l'accent sur la réduction des déficits publics, François Hollande pourra compter sur "un nombre croissant de politiciens", favorable à ce véritable renversement de stratégie, se félicite le célèbre quotidien britannique.

Échec de l'austérité

C'est que l'austérité généralisée comme seul programme se révèle être une impasse, constate-t-il : "La baisse de la croissance fait baisser les rentrées fiscales" et empêche "les pays de la périphérie" d'"atteindre leurs objectifs de réduction des déficits, malgré un serrage de ceinture sévère". Pire, le ressentiment qu'elle génère parmi la population retient les gouvernements italien et espagnol de se lancer dans des réformes structurelles (marché du travail, dérégulation des professions réglementées...) plus ambitieuses.


Les marchés, eux, perdent patience. Les taux réclamés pour financer la dette espagnole remontent à vive allure, malgré les 1 000 milliards d'euros déversés sur les banques européennes, espagnoles notamment, pour leur permettre de réinvestir sur la dette de leur État, preuve que les investisseurs ne croient pas dans les promesses sans cesse renouvelées du gouvernement Rajoy de rogner sur les dépenses, quitte à tailler dans l'éducation et la santé pour 10 milliards d'euros supplémentaires.

Augmenter la taxation du travail en Allemagne

Le Financial Times appelle donc les Européens à augmenter les investissements, dans une logique proprement keynésienne de relance par la demande. Les pays qui en ont les moyens, comme l'Allemagne, devraient même accroître le volume de leurs investissements publics, tout comme la Commission européenne devrait favoriser des dépenses d'infrastructures à l'échelle de l'Union européenne. Certains à la Commission, comme Michel Barnier, se sont prononcés plusieurs fois en faveur d'une "initiative de croissance européenne", fondée sur l'émission commune d'obligations destinées à financer des projets communs. En vain, pour l'instant.


L'Allemagne, notamment, fait de la résistance. Elle n'est pas non plus prête à participer à la réduction des déséquilibres entre pays excédentaires et pays déficitaires, une autre solution évoquée par FT pour relancer la machine européenne. Selon le journal, si Rome et Madrid doivent transférer une partie de la fiscalité qui pèse sur le travail vers la consommation pour regagner en compétitivité vis-à-vis de leurs partenaires, Berlin serait bien inspiré de faire l'inverse, ce qui reviendrait à relancer la consommation et à réévaluer le prix des produits allemands par rapport à ceux des pays voisins.

 

http://coeur-a-gauche.over-blog.com/article-le-financial-times-estime-que-l-europe-doit-relancer-la-croissance-et-ne-pas-s-en-tenir-a-une-auster-103339100.html

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Désirs d'Avenir 86 - Campagne F Hollande - dans Présidentielles 2012
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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 08:45

Par Yves Paccalet

Marine Le Pen rêve de jeter à la mer six millions de mauvais Français. Nicolas Sarkozy fait des risettes au Front National et présente la principale mesure de son éventuel second quinquennat : faire passer le permis de conduire au lycée. François Bayrou plonge dans la piscine avec une grosse femme énervée par la maladresse des centristes. François Hollande esquive et « retient son humour » pour ne pas accabler le sortant. Jean-Luc Mélenchon se prend pour « le bruit et la fureur », mais peine à démontrer qu’il est le Jupiter foudroyant de la « révolution par les urnes ». Les « petits » candidats attendent leur minute de parole à la télé. Eva Joly traite des vrais problèmes, mais tout le monde regarde ses lunettes.


Pendant ce temps, la situation globale évolue gentiment vers le désastre. Prenons les pesticides : tout le monde s’en moque, puisque le « bio » est réputé « bobo ». Or, ces produits chimiques sont conçus pour donner la mort – même si les firmes qui les vendent voudraient qu’on les nomme « phytosanitaires ». « Médicaments des plantes »… Les pesticides envoient en enfer (ou à ce qui en tient lieu pour les athées), non seulement les « mauvaises » herbes, les champignons « parasites » ou les insectes « nuisibles » (Marine Le Pen adore les trois adjectifs), mais les agriculteurs qui les répandent et les consommateurs qui les mangent. Sans oublier les abeilles, qui sont le symbole d’une planète riche de mille fleurs parfumées – mais qui disparaissent à une vitesse épouvantable. Une équipe de l’Institut National de la Recherche Agronomique (Inra), dirigée par le Pr Mickaël Henry, vient de prouver ce que tout le monde savait, mais que les fabricants de « phytosanitaires » ont toujours farouchement nié : les pesticides constituent bel et bien la cause essentielle de l’effondrement des populations de butineuses. Même si les acariens varroas, les frelons asiatiques, le réchauffement climatique et d’autres facteurs jouent leur rôle…


En équipant les abeilles de puces électroniques miniaturisées, et en leur faisant absorber une dose (bien inférieure à la dose létale) des trop fameux pesticides Gaucho ou Cruiser, les scientifiques ont expliqué par quel mécanisme pervers ces poisons chimiques tuent les ouvrières : ils affectent leur cerveau et leur font perdre le sens de l’orientation. Les butineuses s’envolent, mais ne retrouvent pas leur ruche. Elles tombent au sol et meurent. Si vous aimez les abeilles, les fleurs, les fruits, le miel et la gelée royale ; si vous préférez les équilibres écologiques aux mixtures de la chimie ; si vous en avez par-dessus la tête des engagements souffreteux d’au moins neuf candidats sur dix à la présidentielle, alors faites un saut chez votre libraire. Achetez le dernier Jean-Marie Pelt, intitulé Cessons de tuer la terre pour nourrir l’homme !, et sous-titré « Pour en finir avec les pesticides » (chez Fayard). Vous y apprendrez pourquoi les pesticides sont néfastes pour les êtres vivants quels qu’ils soient, à commencer par les abeilles et nos enfants. Vous y lirez comment on pourrait, grâce à la science écologique, inventer une nouvelle agriculture aux rendements excellents. Vous y découvrirez que les plantes s’entraident et se respectent ; que les unes nourrissent les autres ; et qu’elles se défendent très bien toutes seules contre leurs ennemis. Vous aurez encore la surprise d’y découvrir que les végétaux ont une sensibilité ; et que, d’une certaine façon, les fleurs « écoutent » la musique du vent ou celle des hommes…


Jean-Marie Pelt incarne à la fois l’écologiste outré par la folie productiviste de notre société, et le savant capable de nous suggérer des solutions sensées, pour le coup vraiment durables. Nous n’avons nul besoin de pesticides. Nous avons besoin de Jean-Marie Pelt. C’est un sage et un homme bon. Un poète, aussi. Je suis fier d’être son ami, et de contribuer modestement, par ce billet, à faire connaître son dernier ouvrage. En s’y ébrouant, ceux qui vont voter pourront au moins butiner autre chose que les fleurs trop vite fanées des promesses électorales.

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Désirs d'Avenir 86 - Campagne F Hollande - dans Présidentielles 2012
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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 08:24

 

   

 

 

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Certains auront beaucoup de mal à l’admettre tant le simple nom de Ségolène Royal provoque encore en eux des poussées d’urticaire et des bouffées délirantes. Et pourtant, il fait bien admettre que le meeting de Rennes a reboosté la campagne de François Hollande dont les actions repartent à la hausse en continu depuis une semaine. 

Un meeting à deux points, disaient les amis de Hollande et de Royal avant le grand rassemblent breton. Ils ne croyaient pas si bien dire. Depuis mercredi dernier, la dynamique de Hollande semble reprendre. Au point de repasser devant le candidat de l’UMP timidement au premier tour mais de manière plus large au second comme l’indique l’institut BVA par exemple.


Rennes a bel et bien enclenché une nouvelle dynamique avec la reconstitution, même éphémère de ce duo un peu mythique de la vie politique française, qui, en quelques secondes s’est réformé, et dans les mots et dans l’image. Comme si le chapitre des divisions était clos, ces divisions qui ont dévasté le camp socialiste depuis le naufrage de Jospin en 2002, le oui et le non en 2005,  la défaite de Royal en 2007 et le paroxysme : le congrès de Reims en 2009.


Dix ans de tourments, de cruauté, de déchirures personnelles et publiques, entre tous les protagonistes dont Hollande et Royal, couple clé de voûte d’un équilibre socialiste qui semble être à nouveau retrouvé.

La force des images de Rennes, leur impact dans l’imaginaire collectif, la joie qui semblait émaner des acteurs eux-mêmes et des militants, la multidiffusion de ces photos et les flots de commentaires ont semble-t-il ré-enclenché le cercle vertueux dans une campagne qui patinait un peu.

Et malgré  tous les empêchements, en coulisses, dont on connaîtra certainement après le 6 mai, tous les tenants et les aboutissants, malgré les grincements personnels, que nous révéleront probablement les journalistes après la victoire socialiste,  l’attelage Royal-Hollande a tenu bon et Rennes en est une démonstration exemplaire.


Aujourd’hui, plus que jamais, Ségolène Royal est incontournable dans cette fin de campagne et dans l’histoire qui va commencer après le 6 mai.


On entend bien, en sourdine, les oppositions à son accession au perchoir. On perçoit déjà les manœuvres mises en place pour tenter de barrer la route à la présidente de Poitou-Charentes, dans cet aveuglement collectif du tout sauf Royal. Mais le futur président  sait aussi qu’on peut remporter ou perdre un quinquennat sur les premiers jours d’un exercice du pouvoir. Sarkozy n’a-t-il pas ruiné sa victoire en deux photos : le Fouquet’s et le yacht de Bolloré.?


Ne pas respecter Royal qui occupe une place si particulière dans la psyché des français, équivaudrait à se tirer une balle dans le pied dès les premiers mois de gouvernance.

Hollande est trop fin politique pour ne pas en avoir conscience.


Royal l’indispensable, titre cette semaine VSD.


Plus que jamais : pour terminer une campagne victorieuse et tenter de remettre à flots un pays désarticulé, épuisé, par 5 ans de Sarkozysme

 

Par Dante

 

 

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 22:25
 

 Alors que la droite française prédit une avalanche d'attaques spéculatives sur la France en cas d'élection de François Hollande, les économistes étrangers, eux, sont moins catastrophistes. Si certains s'attendent à quelques turbulences si le candidat socialiste est élu, la plupart estiment que l'avion France ne se crashera pas.


Copyright Reuters
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Alors que la crise de la dette s'est rappelée au bon souvenir des candidats, la droite française y a vu un nouvel argument à saisir contre François Hollande. Depuis deux jours, les ténors de la majorité et le président-candidat lui-même agitent à l'envi le spectre d'attaques spéculatives sur la France dès le lendemain de l'élection si le candidat socialiste est élu. En cause : sa volonté de "renégocier" le pacte budgétaire européen pour y ajouter un volet en faveur de la croissance, et son intention d'atteindre l'équilibre des finances publiques en 2017, un an plus tard que promis par le président sortant.

Mais les économistes étrangers, eux, se montrent moins catastrophistes. Certes, une victoire de François Hollande pourrait causer des soubresauts sur les marchés, estiment-ils. Mais sans pour autant enfoncer l'euro dans le chaos comme le prédit la droite.


Des turbulences pendant quelques semaines


Parmi les économistes étrangers qui observent la campagne électorale française, certains s'attendent à quelques turbulences si le candidat socialiste est élu. Robert Halver, analyste chez Baader Bank à Francfort, prévoit ainsi une "baisse" de la Bourse de Paris et "éventuellement une fuite des investisseurs vers des marchés considérés comme plus stables". Mais "cela ne durera que quelques semaines", précise-t-il aussitôt à Agence France Presse (AFP). De même, Jörg Krämer, le chef économiste de la Commerzbank, juge qu'une victoire du socialiste figure "parmi les éléments qui pourraient déclencher une nouvelle phase d'incertitudes".


Ce n'est pas le désendettement qui inquiète les économistes. La plupart relèvent que M. Hollande a globalement fait siens les engagements de la France, hormis les analystes de Forex.com qui craignent qu'il fasse voler en éclats les règles budgétaires européennes. La surveillance de ses partenaires interdirait d'ailleurs à Paris de sortir des rails de l'austérité, expliquent les analystes de Citigroup.


Les économistes ne croient pas à un "clash" avec Angela Merkel


Ce qui préoccupe certains observateurs, c'est surtout la "renégociation" du traité européen promise par François Hollande. "Ce serait potentiellement perturbateur", prévient Deutsche Bank, tandis que Jörg Krämer redoute un bras de fer avec la chancelière allemande Angela Merkel. "Cela rend plus difficile la définition d'une vision commune de l'avenir de la zone euro par la France et l'Allemagne", estime cet économiste. "Or sans une telle vision, la crise de la dette ne peut être résolue", ajoute-t-il.


En réalité, la plupart des économistes doutent de la volonté du socialiste d'aller au "clash" avec Berlin. Jörg Krämer lui-même a noté que le candidat ne parlait plus de "renégocier" mais plutôt de "compléter" le traité. "Il ne rejette pas purement et simplement le pacte budgétaire mais veut l'amender avec des clauses sur la croissance", renchérissent les analystes de Citigroup. Selon eux, un compromis possible serait l'adoption d'un "protocole" ouvrant par exemple la porte, à terme, à des euro-obligations, mais "sans caractère contraignant"

.

Certains économistes séduits par les propositions de François Hollande sur la croissance


Outre ces "eurobonds" pour investir dans les infrastructures ou les énergies nouvelles, le candidat socialiste plaide pour une implication accrue de la Banque centrale européenne (BCE) dans la résolution de la crise, une "mobilisation exceptionnelle des fonds structurels" et des prêts de la Banque européenne d'investissement (BEI). Et un tel projet séduit plusieurs économistes.


"Compléter le pacte budgétaire avec une initiative significative pour la croissance serait probablement positif", estiment les analystes de Deutsche Bank. Le Financial Times a appelé de ses voeux "une agenda de croissance pour la zone euro", jugeant "encourageant" l'appel du socialiste français. Le chef économiste d'Unicredit, Erik Nielsen, espère même que de cette initiative naisse un "nouvel et meilleur équilibre", avec l'Italie de Mario Monti, favorable à des mesures pour la croissance, invitée à rejoindre le directoire franco-allemand.


Depuis des décennies, affirme-t-il, les alternances politiques en Europe n'ont pas fait dérailler la construction européenne, et "il est peu probable que cela change, quel que soit le résultat de la présidentielle française".

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 09:44

 

 

 

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                                                                Ségolène Royal en visite à Sartouville signe des autographes - © N. Gaborit

 

 

Incognito, loin de la presse nationale pour éviter les cohues, Ségolène Royal est revenue ce matin sur le plateau des Indes, à Sartrouville, l’un des quartiers les plus déshérités d’île de France.

Moins célèbre que la dalle du Val Fouré à Mantes-la-Jolie ou celle d’Argenteuil, les Indes, 23.000 habitants, est un quartier pourtant très représentatif des banlieues.  France métissée, taux de chômage au dessus de 20%, peu de perspectives d’emploi … Un ascenseur social en panne et toujours la même joie lorsque l’ex-candidate arrive accueillie par une foule importante.


Les mamas se pressent… saluent ” madame Ségolène, les enfants courent comme des moineaux, devant derrière elle, veulent des photos des autographes “. Un bisou, un salut de la main, des encouragements. Royal déambule dans les allées, pressée par la foule compacte et joyeuse. Dans son sillage, les militants distribuent des tracts pour le meeting de Vincennes qui se déroule dimanche. Une chorale s’improvise ” merci Ségolène, merci François ” tout le monde chante en cœur ” On va voter, on va gagner …“.


Un élan, fort, pour cette personnalité dont l’aura continue de briller auprès de ces citoyens qui ne se sont pas déplacés pour aller voter aux primaires. C’était son pari. Ils ne se sont pas saisis de cette élection. Mais ils doivent se saisir de la présidentielle. C’est ce qu’elle leur répétera pendant cette heure de visite : ” vous avez voté pour moi, alors votez pour François Hollande, votez pour le changement . Je vous donne la parole que cette fois, les promesses seront tenues “.


Une heure de dialogue avec les habitants en leur rappelant qu’une voix d’ouvrier vaut la  voix d’un patron du CAC 40.

La campagne… Jusqu’au bout.

 

 

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 20:50
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