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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 19:40

Nicolas Demorand a reçu dans le 6h30/10h de France Inter, Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes (08h20 - 16 Avril 2010) :

 

 
Ségolène Royal répond aux questions de Nicolas Demorand, Bernard Guetta, Thomas Legrand et des auditeurs dans Interactiv' sur France Inter (08h40 - 16 Avril 2010) :

 

 
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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 22:56
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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 00:06


Ce MERCREDI 31 mars à 19h05 : Ségolène Royal sera l'invitée du Grand Journal présenté par Michel Denisot et son équipe Canal Plus .

CANAL+ 
http://www.canalplus.fr/

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Rediffusion :
http://www.canalplus.fr/pid3349.html

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JEUDI 1er avril à 8h35 : Ségolène Royal sera l'invitée de Jean-Jacques Bourdin sur

RMC 
http://www.rmc.fr/

BFMTV 
http://www.bfmtv.com/

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Rediffusion :


http://www.rmc.fr/blogs/bourdinandco.php?category/L-INVITE-DU-JOUR

http://www.bfmtv.com/video-infos-actualite/bourdin/

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 12:14
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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 18:39


Dans un communiqué publié mercredi, Ségolène Royal est revenue sur les propos de Dominique Bussereau, son adversaire UMP pour les régionales en Poitou-Charentes : "Ce matin, dans la cour du conseil des ministres, Dominique Bussereau s’est livré une nouvelle fois à des invectives sur Ségolène Royal, l’accusant notamment d’avoir annulé un débat télévisé sur FR3 Poitou-Charentes sans prévenir la direction de la chaîne", rappelle le service de presse de la présidente socialiste de la région.

"Ségolène Royal n’a jamais annulé ce débat pour la bonne et simple raison qu’aucun accord formel n’avait été donné pour ce face-à-face, comme l’a confirmé la direction de FR3 Poitou-Charentes"
, rappelle le communiqué. "Le Ministre des Transports et ses soutiens locaux, comme Monsieur Raffarin, ont choisi de mener une campagne d’invectives, d’attaques personnelles frisant parfois l’injure. Qu’ils se calment un peu dans cette dernière ligne droite", poursuit le texte.

 
Source : Le JDD

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 23:59
Les chiffres comparés de 2004 et 2008 selon le ministère de l'intérieur, repris par Le Monde, en témoignent : quasiment un électeur sur deux de l'UMP ne s'est pas déplacé au premier tour, ce qui ne signifie en rien que ce sera le cas au second tour.
La mobilisation est donc essentielle dimanche !

http://dechiffrages.blog.lemonde.fr/files/2010/03/mobilisation-des-electeurs-inscrit-au-1er-tour-des-regionales.1268701262.png 
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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 21:32


Témoignage de Jean Baubérot, historien et sociologue. Il fut aussi conseiller de Ségolène Royal, ministre déléguée à l'Enseignement scolaire :


  Jean-Bauberot.jpg

propos recueillis par Jean-Luc MOUTON


Dans quelles conditions avez-vous été amené à faire partie du cabinet de Ségolène Royal?
J’ai publié, en 1997, un ouvrage sur la morale laïque que l’éditeur a envoyé à diverses personnalités, dont Ségolène Royal. Elle était alors ministre déléguée à l’Enseignement scolaire. C’est elle qui a pris contact avec moi, ce qui est bien dans sa manière, simple et directe. Lors de ce rendez-vous, j’ai été séduit par sa spontanéité et sa disponibilité. Elle m’a proposé de m’occuper des «initiatives citoyennes» qu’elle venait de lancer. Il fallait impulser une formation à la citoyenneté et soutenir les expériences intéressantes déjà faites par certains professeurs.
J’ai accepté de tenter l’aventure pour six mois. J’y suis resté treize mois et je suis parti quand j’ai été élu président de l’Ecole pratique des hautes études.

 Quels souvenirs gardez-vous de son comportement avec ses collaborateurs? Certains ouvrages récemment parus la décrivent comme cassante, dure, autoritaire…
Elle est avant tout très exigeante. Elle s’estime chef d’orchestre et a des objectifs précis. Il faut que ses divers collaborateurs fonctionnement à partir du tempo qu’elle donne. Au début, je me suis fait un peu «remonter les bretelles» car j’avais l’habitude de commander et donc je prenais des initiatives sans lui en référer. Mais je peux témoigner qu’elle l’a toujours fait en me respectant, en m’expliquant ce qui n’allait pas, jamais devant d’autres personnes du cabinet... et avec un charmant sourire ! Je ne l’ai jamais trouvé cassante. Et j’ai vite compris comment il fallait fonctionner. Par contre, une fois l’erreur venait d’elle, elle l’a assumée sans essayer de me faire porter le chapeau. C’est assez rare pour être noté.
Je pense qu’une femme qui fait une carrière politique est forcément un peu autoritaire.

Certains hommes n’acceptent pas facilement d’être commandés par une femme.
Ses détracteurs la disent encore obsédée par les questions d’image et de présence dans les médias depuis de longues années…
Elle est soucieuse de son image, cela au service de ses convictions. Elle a de vraies convictions.

Elle ne ménageait pas ses efforts pour rétablir une bonne image des profs, à l’encontre de son ministre, Claude Allègre, qui ne les épargnait pas.
Son ambition à de très hautes fonctions était-elle déjà sensible ?
Sur le moment, je ne l’ai pas senti. Avec le recul, certaines attitudes me font penser qu’elle estimait ne pas avoir dit son dernier mot en étant ministre. Je pense que, jeune conseillère de Mitterrand, elle a beaucoup observé et appris. Nous avons parfois parlé de lui et de sa manière terrienne de faire de la politique, comme si elle voulait s’en inspirer dans une carrière qu’elle imaginait plus longue et plus ambitieuse.
Quelles sont, d’après vous, ses convictions propres et la source de son engagement ?
Elle est de famille catholique et semble avoir été marquée par cette éducation. Elle m’a pourtant confié qu’elle s’était éloignée de l’Eglise catholique en raison de son antiféminisme. Certaines valeurs chrétiennes l’intéressent, le dépassement d’une raison instrumentale par exemple. François Hollande et Ségolène Royal ont cheminé dans « l’écurie de Jacques Delors », et sans doute là l’imprégnation d’un humanisme chrétien a continué, mais sans référence explicite, dans une attitude d’attirance et de dissensus.
Sur le plan politique, elle n’est ni marxiste ni d’un socialisme doctrinaire. Elle a un sentiment aigu de l’injustice, des injustices commises à l’égard de personnes en position de faiblesse. Ses combats contre le bizutage, contre la pédophile partaient de là. Certains, y compris au cabinet, considéraient que cela relevait d’une vision plutôt traditionnelle de la sexualité. Mais souvenez-vous qu’elle a aussi introduit dans les lycées la « pilule du lendemain ». D’où cet aspect inclassable. Elle est de gauche, mais pas toujours à la manière de la gauche…
Est-elle assez compétente? Quand je l’ai vue à l’œuvre, elle a montré une grande capacité à synthétiser les dossiers et à prendre de bonnes décisions.
Elle est la première femme candidate crédible à la présidence. Elle doit donc forcer un tabou, celui que l’on opposait aux premières femmes pasteurs, avocates ou médecins. Pour moi, c’est plutôt le maintien de certains archaïsmes du socialisme français qui m’interrogent et surtout les pesanteurs culturelles de la France d’aujourd’hui.

 

Interview parue dans le N° 3210 du magazine Réforme

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Michèle Fazilleau - dans médias
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 23:29

segolene effrontee« Mais où est donc passée Ségolène ? Avez-vous des nouvelles ? » Sourire en coin et œil moqueur, le microcosme socialiste interpelle volontiers ainsi le journaliste de passage. C'est le petit jeu du moment. Faire mine de s'inquiéter de la brusque discrétion médiatique dont fait preuve depuis quelques semaines l'ex-candidate à la présidentielle de 2007. Pour un peu, ils prétendraient qu'elle leur manque, leur chère Ségolène, dont le dernier fait d'armes remonte au 5 décembre 2009. Ce jour-là, la présidente de Poitou-Charentes avait entamé sa campagne régionale tambour battant. Quelques coups de téléphone proposant cinq places éligibles aux centristes picto-charentais avaient suffi pour provoquer une sacrée perturbation dans les rangs des congressistes du MoDem, réunis à Arras. François Bayrou, sourire crispé, bouillait intérieurement. Encore un joli coup, signé Ségolène Royal. Depuis, la dame a comme disparu des écrans radars.


Et, en vérité, cela inquiète un peu les hiérarques du PS. Avec cette spécialiste émérite du vol en piqué, ils ne savent jamais à quoi s'attendre. Ses interpellations publiques composent autant de morceaux de bravoure qui émaillent une réputation déjà solidement établie de grande perturbatrice de la vie politique. Mi-novembre, c'est sur Dijon qu'était tombée la foudre ségolienne. Telle Jeanne d'Arc exigeant la reddition d'une citadelle occupée par les Anglois, elle se rendit presque seule devant le palais des congrès de la capitale de Bourgogne pour exiger l'ouverture du pont-levis. Ce qui fut fait. « Si elle avait été un homme, nous en serions venus aux mains », avait lâché Vincent Peillon. Son ancien compagnon d'armes, qui avait omis d'inviter l'Athéna du Poitou-Charentes à participer à une réunion associant socialistes, écologistes et centristes, se dit aujourd'hui encore tout ébaubi par le « narcissisme » et l'ampleur du « surmoi » d'une femme qu'il dit « habitée par l'idée d'avoir un destin ». Il rend pourtant hommage « au courage hors pair » de cette personnalité « à la singularité absolue ».


Ségolène Royal, elle, ne demande jamais à ses interlocuteurs des nouvelles des dirigeants socialistes. Ce matin-là, la présidente de région prend à la gare Montparnasse le premier TGV pour Angoulême. Installée dans un wagon de 1ère classe, où des cadres lisant Le Figaro l'observent du coin de l'œil, elle jette un regard sur le programme de la journée qui doit l'emmener en Charente, dans le sud du département. Sa campagne régionale paraît s'annoncer sous les meilleurs auspices. Les sondages lui sont favorables et permettent d'envisager une réélection dans un fauteuil. Partir favorite – ce ne fut le cas ni lors de la présidentielle de 2007 ni lors du congrès socialiste de Reims, un an plus tard – voilà qui la change. Pas de relâchement, pour autant, à attendre de sa part. « Mon mandat, c'est un temps plein », insiste-t-elle.


TOUTE POUR SA RÉGION

Ce scrutin des 14 et 21 mars déterminera la suite de sa trajectoire politique. Non seulement, la victoire est indispensable, mais le résultat final sera examiné à la loupe. Comme en 2004, elle compte sur sa performance en Poitou-Charentes pour faire décoller sa popularité et se placer en orbite pour les primaires socialistes de 2011 qui désigneront le candidat à la présidentielle de 2012 et qui, contrairement aux précédentes, seront « ouvertes ». Cela signifie que voteront non seulement les adhérents du PS mais tous les citoyens qui en feront la demande, comme aux États-Unis ou en Italie. Alors que la plupart des autres présidents socialistes sortants souffrent d'un cruel manque de notoriété, la star des régionales – elle n'a rien contre ce titre – assume sa décision de se replier sur ses terres. « Dès lors que j'ai, volontairement, décidé de ne pas avoir de visibilité nationale, je ne vois pas pourquoi je me préoccuperais du bruit de fond que certains entretiennent », fait-elle valoir.


Reste que ce « bruit de fond » risque de devenir assourdissant. Ses coups d'éclat, outre qu'ils irritent les ténors socialistes – mais cela, Ségolène Royal aurait plutôt tendance à le considérer comme un bon signe – ne paraissent guère porter leurs fruits. La Madone des sondages est devenue la mater dolorosa des études d'opinion qui, semaine après semaine, la placent – loin – derrière Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn dans la course à l'Élysée. Gaël Sliman, directeur du pôle opinion de BVA, enfonce le clou. « Cette stratégie basée sur le ressort provocation-victimation est très efficace sur le plan de la médiatisation. Elle lui offre une visibilité exceptionnelle par rapport aux autres socialistes, mais elle lui coûte très cher en termes de popularité et apparaît en définitive résolument contre-productive. » Fermez le ban.


« MA STRATÉGIE EST HORS NORMES »

Ségolène Royal serait-elle devenue une cause désespérée ? Les apparences ne jouent certes pas en sa faveur mais l'ex-candidate conserve un réel impact dans l'opinion et – cela n'est plus à démontrer – une capacité de nuisance inégalée. Voilà pourquoi les dirigeants socialistes, même s'ils se gaussent, restent sur leurs gardes. Curieusement, pas un ne se hasarde à parler d'elle au passé. Tous conservent en mémoire l'énergie avec laquelle elle a remonté la pente – pour échouer d'extrême justesse, et dans des conditions restées troubles – dans sa tentative de conquérir le parti, fin 2008, face à Martine Aubry. Leur grande peur ? Que Ségolène se présente en 2012 quoi qu'il arrive.


Des conjectures concernant sa situation dans l'opinion et des supputations sur ses capacités de rebond, Ségolène dit se moquer… royalement. « Ma stratégie est hors normes, mais elle correspond à l'évolution de la politique », affirme-t-elle. Qu'on se le dise : elle préside le Poitou-Charentes. Cela suffit – pour l'heure – à son bonheur. A sa descente du train, elle s'est engouffrée dans la Renault Laguna qui l'attendait. A l'avant, le garde du corps qui la suit dans tous ses déplacements s'est installé à côté du chauffeur. Direction Barbezieux-Saint-Hilaire, non loin de Jarnac, la ville natale de François Mitterrand, où elle doit rencontrer les maires du canton, majoritairement de droite. Autour de la grande table dressée dans la salle des fêtes, une ancienne ferme viticole, Ségolène Royal écoute. La patronne du conseil régional sait aussi faire de la politique au ras des pâquerettes.


PIROUETTE MITTERRANDIENNE

On cause financement de l'apprentissage, « emplois-tremplin » pour lancer des commerces en zone rurale ou attribution d'aides pour l'installation d'une chaudière à bois ou de capteurs photovoltaïques, grande cause ségoléniste s'il en est. Le ton est patelin, loin des brusques inflexions qui, parfois, traversent sa voix. Un peu plus tôt, devant les imposants alambics charentais en briques et en cuivre datant du début du siècle dernier, elle avait évoqué François Mitterrand, « qui faisait souvent le parallèle entre les rythmes de la politique et le cognac, qui exige une double distillation ». « Voyez, je me bonifie en passant une deuxième fois dans l'alambic », avait-elle glissé. Inutile de vouloir croire que l'allusion concernait non pas les élections régionales mais la prochaine présidentielle. La dame, qui connaît ses classiques, s'en était tirée avec une bonne vieille pirouette mitterrandienne : « Il faut laisser le temps au temps. »


A l'heure de l'apéritif – soda-cognac ou jus de fruit-cognac pour tout le monde – on parle de la campagne régionale. La présidente n'est pas mécontente des derniers tours qu'elle a joués « à tous ces conformistes » qui se sont moqués d'elle lorsqu'elle a provoqué François Bayrou au milieu de son congrès. Quelques jours auparavant, les militants du MoDem de Charente-Maritime n'ont-ils pas majoritairement accepté la proposition qui leur était faite ? Rue de Solférino, on a préféré jouer profil bas en assurant qu'il s'agit d'une « démarche individuelle ». « Le PS devrait me suspendre ! », lance avec une pointe de jubilation l'ancienne candidate à la magistrature suprême, persuadée de posséder « un temps d'avance ». « Au fond d'eux-mêmes, les dirigeants du parti savent que j'ai raison et que ma façon de faire correspond à ce que les électeurs attendent. D'ailleurs, la prochaine fois, ils feront comme moi. » Alors que dans la plupart des autres régions, les listes socialistes sont monocolores, Ségolène Royal a également enrôlé des élus écologistes sortants et deux dirigeants syndicaux, qui se sont illustrés dans les conflits sociaux durs qu'a connus la région à Chatellerault (New Fabris) et Cerizay (Heuliez). Parmi les communistes, la présidente de région compte aussi des supporteurs. Paul Fromonteil, figure régionale du PCF, et qui fut longtemps le secrétaire particulier de Georges Marchais, se dit désolé que « les camarades n'aient pas fait alliance au premier tour avec Ségolène ».


L'ouverture à la mode Royal incommode cependant un certain nombre de socialistes du cru. Ils font remarquer que l'hospitalité dont fait preuve la présidente en court-circuitant les instances du PS dénature les listes telles qu'elles ont été adoptées par les adhérents. Publiée fin janvier, une lettre ouverte collective lui reproche de « brouiller un peu plus les repères de chaque militant de gauche ». Les signataires objectent que le « débauchage » d'écologistes voire de communistes rendra plus difficile l'union au second tour et que le flirt avec le MoDem, faiblement implanté dans la région, n'est pas nécessaire pour l'emporter. Ce modus operandi, protestent-ils, permet de faire du Poitou-Charentes un lieu d'expérimentation au seul bénéfice de la stratégie personnelle de la présidente dans la perspective des échéances de 2012.


« Le problème va bien au-delà du parti. En vérité, Ségolène Royal entretient un rapport parfaitement allergique avec toute organisation collective structurée, considère Pouria Amirshahi, proche de l'aile gauche du PS, patron de la fédération de Charente et membre de la direction nationale socialiste. Je suis toujours surpris par le fait qu'elle prend généralement ses décisions au dernier moment et respecte rarement son agenda. Il y a chez elle un curieux mélange de dame patronnesse dans ses manières d'être et d'anticonformisme, voire de tête brûlée, dans ses façons de faire. » En vérité, la présidente de Poitou-Charentes n'est guère contestée dans son fief. « L'ouverture au MoDem fait un peu tousser, mais Ségolène n'a pris personne en traître ; elle avait clairement annoncé la couleur. Moi, pour rien au monde je ne changerais de présidente de région », assure Michel Gourinchas, maire de Cognac et membre de l'aile gauche du PS, tout comme Pouria Amirshahi. Venu accompagner Ségolène Royal à Barbezieu, il se dit impressionné par « son énorme popularité ». Les nouveaux alliés de la présidente, de leur côté, semblent conquis. « A cause de son meeting du Zénith sur la fraternité, en septembre 2009 à Paris, et de l'accrochage de Dijon, je n'avais pas forcément d'elle une très bonne image, avoue Alexis Blanc, chef de file des centristes du MoDem ralliés aux listes Royal. Or j'ai découvert une personnalité très différente. Elle bosse beaucoup, c'est une très bonne tacticienne et elle sait exactement ce qu'elle veut pour la région. »


LA PASIONARIA D'HEULIEZ

Sauvé de la disparition avec l'aide du conseil régional, le poulet de race Barbezieux ne fait pas partie des grands symboles du bilan du premier mandat de Ségolène Royal en Poitou-Charentes. La présidente, visitant la ferme d'un éleveur qui a participé au renouveau de ce poulet d'élite « noir à crête rouge, fier de sa terre, fier de sa chair », aurait été bien capable d'en faire la mascotte de sa campagne. Elle a préféré mettre en avant d'autres « marqueurs » propres à être captés par l'opinion. Avec un rare savoir-faire, elle a su mettre en avant quelques repères symboliques afin de populariser son credo de la « croissance verte » et de la défense de l'emploi. Ainsi, elle est surtout devenue la Pasionaria d'Heuliez, ce qui lui permet de plaider simultanément ces deux causes. Cette entreprise lâchée par les grands constructeurs automobiles s'est lancée dans la production de véhicules électriques avec l'aide de la région, qui est devenue actionnaire. Lors d'une visite officielle, on a vu Ségolène Royal littéralement harceler Luc Chatel, alors ministre de l'industrie afin que, devant les photographes, il prenne place à son côté à bord de l'un des modèles pour lequel Heuliez réclamait une aide publique.


Elle a aussi mis en route un dispositif de microcrédits pour les personnes à faibles revenus (la région cautionne des prêts et prend à sa charge les intérêts). Sans oublier le « pass contraception » destiné aux lycéennes, contesté par le gouvernement mais que le Parti socialiste a décidé d'intégrer dans son programme national. A droite, on dénonce « une gestion solitaire et une majorité totalement silencieuse ». Faute d'avoir trouvé un bon angle de tir, on s'en prend surtout au talent manœuvrier de la présidente, quitte à déraper. Le secrétaire d'État aux transports Dominique Bussereau, chef de file de l'UMP en Poitou-Charentes, a dû s'excuser après avoir traité de « harkis » les responsables locaux du MoDem ralliés à la gauche.


FRANC FOU RIRE

On s'en doute, l'activisme de Ségolène n'indispose pas seulement à droite. Michèle Sabban, vice-présidente (PS) de la région Île-de-France et présidente de l'Assemblée des régions d'Europe se remémore, mi-amusée mi-agacée, le « spectacle saisissant, à la limite de la caricature, offert par Mme Royal lors du sommet de Copenhague, lorsque Arnold Schwarzenegger et Albert de Monaco venaient d'entrer dans l'ascenseur bondé du centre de congrès : j'ai alors vu Ségolène bousculer tout le monde pour monter elle aussi. C'est là que le « bip » de surcharge a retenti. Elle n'a pas bougé. Il a fallu que quelqu'un descende pour que les portes se ferment… Une autre fois, elle n'était pas contente parce que Jean-Paul Huchon, président de la région Île-de-France, était filmé à côté d'elle par les télévisions. Ça l'a mise en boule. »


Ces derniers mois, les manières volontiers flamboyantes mais parfois cassantes de Ségolène Royal ont provoqué le départ d'une partie de l'équipe avec laquelle elle avait mené, et failli remporter, la bataille du congrès de Reims. Car chez Ségolène Royal, les coups de grisou ne sont pas seulement médiatiques. Certains de ses anciens fidèles racontent qu'un jour de colère, elle se mit à jeter tout ce qui traînait sur les tables de son quartier général du boulevard Raspail. La feuille d'impôts d'une collaboratrice partie déjeuner et un flacon de parfum qui se trouvaient là finirent à la poubelle. Quant à Pierre Bergé, avec lequel elle eut maille à partir – la faute à une facture de 41 000 euros présentée par la société d'André Hadjez, le compagnon de Ségolène Royal, au titre d'une très controversée refonte du site Internet de Désirs d'avenir – il a choisi le camp de Vincent Peillon. L'ancien pdg d'Yves Saint Laurent prendra à sa charge les 8 000 euros mensuels du local « royaliste » du boulevard Raspail… jusqu'au printemps 2011. Les dépenses au titre de la présidentielle de 2012, en effet, sont comptabilisées à partir d'un an avant la date de l'élection. Il choisira alors quel candidat de gauche bénéficiera de ses largesses. De toute évidence, ce ne sera très probablement pas le même qu'en 2007.


« Au Parti socialiste, je peux compter sur beaucoup plus de gens qui me sont fidèles que vous ne le croyez. Jean-Louis Bianco, qui fut secrétaire général de l'Elysée sous François Mitterrand, ou de jeunes élus comme Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres, ou Guillaume Garot, le député-maire de Laval. Je ne suis pas sûre que Martine Aubry en ait autant », objecte Ségolène Royal dans la voiture qui la ramène vers Poitiers. Tout en contemplant la campagne charentaise à travers la vitre, elle éreinte d'une voix égale, presque neutre, ces hiérarques du PS auxquels elle dit « ne rien devoir, moins que rien ». « Des gens dont certains ne savent même plus pourquoi ils sont socialistes. » L'instant suivant, elle part dans un franc fou rire en assurant que, oui, ses adversaires ont raison de penser qu'elle est « capable de tout ». On se hasarde à poser la question qui, précisément, les taraude. Pourrait-elle concourir en 2012 contre le ou la candidat(e) investi(e) par le PS ? « Je ne me laisserai pas marcher dessus, prévient-elle après un instant de réflexion. Si les primaires ne sont pas correctes, s'il y a de la triche, je reprendrai ma liberté. Il pourrait y avoir des recompositions… » D'ici là, comment compte-t-elle rebondir après les régionales ? Ségolène Royal sait botter en touche. « On verra bien. Les choses finiront par se cristalliser. » Et puis, elle lance, regardant de nouveau dans le lointain : « Il n'y a pas de politique sans événements fracassants. » Tremblez, ténors socialistes !


Jean-Michel Normand
Source : Le Monde Magazine

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 22:54

 

Journaliste politique, chroniqueur sur France Inter, Thomas Legrand démonte le système Sarkozy dans son livre « Ce n'est rien qu'un président qui nous fait perdre du temps. » Interview.


Sarkozy, ce n'est rien selon vous. Vraiment rien ?

Ce n'est rien, ni rupture ni dictature. Il n'est pas inactif, mais toutes les spécificités sarkoziennes annoncées au départ ne sont pas au rendez-vous, hormis les traits de surface et de style.

Contrairement à ce qu'il dit, il n'a rien révolutionné, il n'a même pas modernisé la gouvernance : il a gardé tous les attributs de la monarchie républicaine, il reste dans un monologue sécurisé. Surtout, il n'y a aucune rupture par rapport à un gouvernement de droite classique.

Comment vous est venue l'idée de ce titre, tiré d'une chanson d'Etienne Roda-Gil ?

C'est mon éditeur Jean-Marc Roberts, un ami de Roda-Gil, qui en a eu l'idée. On tournait autour de la notion de vacuité. Contre l'idée que Sarkozy va trop vite et fait trop de choses, je voulais dire : il ne fait rien. Non, il ne va pas trop vite ; il dit trop vite, il parle trop vite.

Exemples : « Les paradis fiscaux, c'est fini », « J'ai vendu des Rafale », la taxe carbone, la politique de civilisation, Hadopi, les régimes de retraite, les heures supplémentaires, le service minimum qui n'en est pas un, le Grand Paris qui n'est qu'une ligne de métro… La liste des annonces non suivies d'effets pourrait s'allonger.

Le mouvement perpétuel en guise d'action et l'action continue en guise de résultat, c'est sa marque de fabrique ?

Thomas Legrand (Les Inrocks)C'est sa marque de fabrique pour exister politiquement, pas pour réformer. La rapidité dans l'action politique, c'est la rapidité de l'annonce. Mais la fabrication de la loi se fait au rythme lent du Parlement. On s'aperçoit que les réformes n'en sont pas, sa stratégie ne marche plus depuis la crise. Sarkozy ne peut plus imposer les thèmes qui l'arrangent. Cela devient indécent comme l'illustre le débat sur l'identité nationale. La machine est grippée.

Faut-il écrire sarkozysme avec un « Y » ou avec un « I » ?

Avec un « Y ». Parce qu'un « I » suggérerait un corpus d'idées ; or, ce n'est qu'une méthode politique pour accéder au pouvoir, pas pour l'exercer. De ce point de vue, les antisarkozystes sont hypocondriaques : ils exagèrent les effets du sarkozysme. Je comprends qu'ils soient effrayés par le discours du président, mais il est simplement de droite, pas antirépublicain.

Le sarkozysme a-t-il un avenir ?

Oui, s'il modernise la gouvernance, s'il comprend que l'on ne peut plus gouverner dans un monologue sécurisé. On ne voit jamais Sarkozy dans des situations de vrais dialogues, et quand il s'exprime en monologue, il donne l'impression de répondre à une interpellation : « On me dit que, on voudrait que… » Mais qui est ce « on » ? Personne ne lui demande jamais rien : ni les parlementaires ni les journalistes parce qu'il n'y a pas de conférence de presse.

Les déclarations du directeur de France Inter, Philippe Val, inquiètent pour l'indépendance de la radio publique. Sentez-vous votre liberté menacée ?

Pas du tout, personne n'a jamais tenu mon stylo. Je m'applique la maxime sarkozyste : l'énergie que tu mets à durer, tu ne la mets pas à faire. Dans la presse aujourd'hui, l'énergie mise à faire aide à durer.

Là encore, la liberté de la presse n'est pas menacée : Sarkozy peut vouloir contrôler les médias, mais ça n'est pas possible. L'influence qu'il a sur TF1 ou Paris Match n'est rien : pour ce que ces médias avaient comme liberté avant, cela ne change pas grand-chose. Par essence, ils ne sont pas subversifs. Quant à Philippe Val et Jean-Luc Hees, ils me laissent tranquille, cela se voit non ?


« Ce n'est rien qu'un président qui nous fait perdre du temps » - Editions Stock, 158 pages, 12 €.

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 21:26

Bussereau : "Nous n'avons pas besoin de traîtres qui nous rejoignent, qui quittent leur famille politique".

Ces propos sont rapportés notamment sur le site Le Post.fr avec ce commentaire :
« Cette déclaration de Dominique Bussereau est savoureuse, Eric Besson, Bernard Kouchner, Fadela Amara, Martin Hirsh, Jean Marie Bockel toutes ces personnalités de gauche qui ont rejoint le gouvernement de droite sont officiellement reconnus par le ministre des transports comme des traîtres, ils apprécieront. » 

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