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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 08:09
Il est temps que l’UMP condamne sans ambiguïté le climat de violences attisé par le noyau radicalisé de manifestants hostiles au mariage pour tous.

Jean-Francois Copé et Patrick Ollier à la "Manif pour tous", le 12 janvier 2013. (WITT/SIPA)

Jean-Francois Copé et Patrick Ollier à la "Manif pour tous", le 12 janvier 2013. (WITT/SIPA)

Où est passée la droite républicaine ? Pas un de ses responsables n’a pris, pour l’heure, ses distances, avec la dangereuse radicalisation dans laquelle s’est engagé un noyau de manifestant hostiles au "mariage pour tous". Pas un de ses dirigeants n’a condamné les incidents qui ont émaillé le week-end, depuis le quartier Latin vendredi soir jusqu’à Nantes samedi 13 avril où une centaine d’excités sont venus perturber l’un des débats des Journées de Nantes de l’Obs auquel participait Caroline Fourestallant jusqu’à traquer l’essayiste jusqu’à la gare Montparnasse. Ou quand la lâcheté se marie avec le fanatisme…

La liberté de manifestation est garantie par la Constitution dès lors qu’elle ne remet pas en cause les libertés d’expression et de circulation. Les multiples incidents de ces derniers jours, souvent initiés par le "Printemps français", cette nébuleuse d’extrême droite qui mêle catholiques intégristes et jeunes ultra-radicaux, ne relèvent plus de l’exercice d’un tel droit mais bel et bien d’une somme d’agressions caractérisées. Et que dit l’UMP? Rien. Déjà, le 24 mars, pas un de ses élus n’avait condamné les tentatives de quelques extrémistes de forcer les barrages de police place de l’Arc de triomphe pour marcher sur l’Elysée. Depuis, face à cette radicalisation qui se poursuit, le silence du principal parti d’opposition demeure assourdissant. Pire, Jean-François Copé semble les cautionner allègrement. Il ne cesse de mettre de l’huile sur le feu, sommant "solennellement" François Hollande de retirer le texte. On savait depuis novembre dernier et la tricherie organisée lors de l’élection interne à l’UMP que son président auto-proclamé ne faisait parfois pas grand cas du respect des conventions démocratiques... Sa bienveillance envers ce noyau d’extrémistes qui revendique aujourd’hui cette tactique de harcèlement et d’"occupation de la rue" finirait par nous faire croire qu’il aurait quelques velléités séditieuses….

Des airs de déjà vu

Ce phénomène de radicalisation a des airs de déjà vu : à chaque fois que la gauche accède au pouvoir, il est une frange de la droite qui ne reconnaît pas la légitimité du nouveau pouvoir et rêve que la rue ne corrige le verdict des urnes. Le Cartel des gauches s’est heurté à cette réaction dès 1924. Et dix ans plus tard, à la veille du 6 février 1934, déjà, une partie de la droite parlementaire avait soufflé sur les braises pour attiser la colère des Ligues d’extrême droite qui aspiraient à renverser la République. On ne saurait imaginer que l’UMP participe aujourd’hui d’un tel état d’esprit.

Il convient donc rappeler à Jean-François Copé et à toute la direction de l’UMP que le projet de loi sur le "mariage pour tous" a déjà été voté en première lecture à l’Assemblée nationale comme au Sénat. Et qu’après six mois de débats et d’affrontements, le fait d’avancer son examen en seconde lecture à l’Assemblée nationale à la semaine prochaine n’est pas un "coup de force" comme s’étrangle la droite, mais une mesure de salubrité publique au vu du lourd climat d’homophobie qui se développe dans le pays. Les agressions, verbales, mais aussi physiques, envers les homosexuels se sont multipliées ces derniers jours dans le pays. L’immense cortège de la première "Manif pour tous", mi-janvier, était pacifique et bon enfant. Trois mois plus tard, nous n’en sommes plus là. Sauf à s’engager dans une périlleuse stratégie du pire, la droite ne doit pas persister dans cette attitude mi-Ponce Pilate, mi pousse-au-crime à l’égard du climat de violences actuel. Il est temps que l’UMP condamne tous les débordements si elle entend être digne d’un parti de gouvernement crédible. Et républicain.

Renaud Dély

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 07:40
Une v

La lettre de mise en demeure attend depuis deux semaines sur le bureau de notre ministre de l’Agriculture. Stéphane Le Foll est prié de trouver dare-dare les bons arguments pour calmer Bruxelles. Sans quoi la France risque de nouveau de se faire traîner devant la Cour de Justice de l’Union Européenne. À cause d’une histoire de truies…

Il y a douze ans, Bruxelles, s’étant mis en tête d’améliorer le quotidien des truies dans les porcheries industrielles, avertit les éleveurs que de nouvelles normes sur le « bien-être animal » entreront en vigueur le 1er janvier 2013. Un laps de temps suffisant pour leur permettre de s’adapter. Mais, à l’heure dite, la Commission découvre que seuls 33 % des élevages français de truies (on en compte 7 900) sont dans les clous. Parmi les 27 États membres, c’est même la France qui coiffe le bonnet d’âne, juste derrière la Belgique.

Pourtant le « bien-être animal » à la mode bruxelloise, ce n’est pas encore le paradis du cochon. N’allez pas imaginer des truies s’ébattant sur la paille fraîche, avec à disposition un petit enclos en plein air pour se dégourdir les pattes, fouiller le sol du groin et prendre de bons bains de boue. Non, l’animal reste sur du caillebottis, ces dalles de béton qui font mal aux pattes et provoquent de l’arthrose avant l’heure. Et juste en dessous se trouve la fosse à purin qui parfume l’air d’ammoniaque, de quoi ravir les bronches…

Certes, sur le papier, les truies ne doivent plus être encagées dans ces mitards individuels où jusqu’ici elles tuaient le temps en léchant et mordillant les barreaux, faisant au passage le plein de métaux lourds. Désormais, elles partagent des box à plusieurs – entre 5 et 40 par cage, selon les élevages. Et surtout, la surface octroyée à chacune a doublé, comptez un minimum de 2 m² par animal. Royal ! La nouveauté, c’est donc que les truies peuvent se retourner. Et se voir attribuer des zones différentes pour la gamelle, le repos et les excréments.

Mais les propriétaires de porcheries considèrent que, tout ça, c’est encore trop beau pour leurs pensionnaires. Et de réclamer des délais supplémentaires, en agitant cette menace : 10 % des élevages de truies risquent de mettre la clé sous la porte si on les oblige à doubler la surface consacrée à leurs cochonnes !

Mais Bruxelles est bien décidé à ne pas se laisser marcher sur le groin. Cochon qui s’en dédit ?!

Le Canard Enchaîné N° 4821 du 20 mars 2013

 
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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 22:55

Marianne/Edito de M. Szafran : "Merci Madame Royal. Parler argent " 

Voilà que Ségolène Royal, elle n'hésite pas : elle brise le tabou des tabous, en articulant à haute et intelligible voix la nécessité d'inventer un autre modèle économique. Oh le crime théorique et l'affront idéologique ! Reprendre à son compte ce que les peuples d'Europe ressentent confusément et, plus grave encore, le déclamer benoîtement en marge d'une réunion de l'Internationale Socialiste, au désespoir de tous ces sociaux-démocrates rongés et mités de l'intérieur par le crédo néolibéral. Mme Royal ne vasouille pas, ne godille pas sur l'essentiel : le courage et la lucidité en économie, formulant qu'il est désormais vital d'en passer aussi par une refondation théorique et que, par exemple, la bible ânonnée de l'austérité conduit au désespoir et au malheur, mais surtout à l’inefficacité chronique. Le président de la République et le ministre des Finances seraient bien inspirés de prendre exemple sur Mme Royal. Ce n'est certes pas la 1ère fois que Mme Royal détonne et que nous l'approuvons...

Lire la suite sur Segorama : http://www.segorama.fr/actualite/revue-de-presse/3904-segolene-royal-actualite-du-09-02-2013

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Michèle Fazilleau - dans médias
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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 10:14

La lettre de Ségolène Royal, Présidente de la Région Poitou-Charentes

 

 A lire la passionnante étude publiée hier par Le Monde sur la montée des peurs et les nouvelles fratures. 87% des Français sont d’accord avec l’idée selon laquelle « il faut remettre de l'ordre » et 86 avec l’idée selon laquelle « l’autorité est une valeur qui est souvent trop critiquée aujourd’hui ».

 

Le Monde a demandé à Ségolène Royal qui a fait bouger le PS en profondeur sur la question de l'autorité, de la sécurité et des valeur de donner son avis.

 

«  La demande d'autorité est plus que jamais une demande de ce que j'ai appelé l'ordre juste. 

Cette exigence politique, que je défends depuis 2007 était à ce moment âprement raillé par les "bobos" dont on voit confirmation du grand décalage dans votre enquête. 

Cela veut dire que les désordres que l'on constate dans tous les domaines économique, social, écologique, territorial, scolaire, urbain, financier...- sont vécus comme autant d'injustices insupportables et destructrices. Ces désordres sont autant d'insécurités, de menaces, dont les Français ne veulent plus. Ils interrogent l'efficacité de la politique. 

Cet ordre juste est la condition d'un changement accepté car débattu et piloté avec le souci d'un bénéfice mutuel et d'une répartition équitable des efforts. Il suppose de nouvelles règles du jeu qui s'appliquent à tous, sans exception. 

Des règles qui permettent à la société d'évoluer par le dialogue au lieu de dresser les catégories les unes contre les autres. Ces nouvelles règles du jeu supposent une démocratie participative réelle et la recherche constante d'un équilibre entre les droits et les devoirs. C'est un contrat donnant-donnant, sans tricheurs, ni prédateurs. L'ordre juste, c'est une autorité qui garantit qu'il n'y a pas de perdant au sens où un pays doit valoriser tout son potentiel humain ».

 Article paru dans Le Monde daté du vendredi 25 janvier 2013.

Vous aussi donnez votre avis. Voir ICI l'étude complète.

 

 

Site : www.presidente.poitou-charentes.fr

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Monique Ayrault - dans médias
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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 11:46

Le 27 novembre, Lepage, Voynet , Jouanno, Royal et Koziusko-Morizet soutiendront publiquement l'auteur de l'étude sur la toxicité du maïs OGM.

 

Ségolène Royal et Corine Lepage, le 14 septembre 2012. (MOUSSE-POOL/SIPA)

Ségolène Royal et Corine Lepage, le 14 septembre 2012. (MOUSSE-POOL/SIPA)

 

Mardi 27 Novembre, à 17h30, au Marché des Enfants-Rouge, dans le Marais à Paris, cinq anciennes ministres de l’Ecologie Corinne Lepage, Dominique Voynet , Chantal Jouanno, Ségolène Royal et Nathalie Koziusko-Morizet viendront soutenir la démarche du chercheur en biologie moléculaire Gilles-Eric Seralini et exiger une refonte de l’évaluation des plantes agricoles génétiquement modifiées.


Il y a un mois, Ségolène Royal, Dominique Voynet et Corinne Lepage sont déjà montées au créneau pour réclamer, dans une tribune parue dans le journal "20 minutes", une révision des autorisations de mise sur le marché du maïs Monsanto K603 et du Round Up. Cette mobilisation des anciennes ministres fait suite à la polémique née de l'étude du professeur Séralini.   


Dans ce texte, elles déclaraient se réjouir "de la volonté exprimée par le gouvernement (...) de remettre à plat les systèmes d'évaluation des OGM et des pesticides" après la polémique née de l'étude du professeur Gilles-Eric Séralini. "

 

En attendant que soient réalisées les nouvelles études et afin de s'assurer de la protection de la santé humaine, en l'absence de mesure de suspension du NK603 et du Round Up, nous demandons que soient revues, comme le permettent les textes communautaires et nationaux, les études qui ont permis (leur) autorisation de mise sur le marché", écrivaient-elles.

 

Guillaume Malaurie

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Monique Ayrault - dans médias
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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 21:28

 

 


 

Le président de la République a tenu sa première grande conférence de presse à l'Elysée mardi 13 novembre. François Hollande a défendu dans son discours liminaire l'action du gouvernement pour la réduction du chômage et les réformes à venir.

6 mois de gouvernement: des engagements tenus

En premier lieu, le président a rappelé les engagements tenus avant les élections législatives: la réduction de 30% des rémunérations des membres du gouvernement et du président, le plafonnement des salaires des dirigeants des entreprises publiques, la création de postes dans l'Education nationale, l'augmentation de 25% de l'allocation de rentrée scolaire, l'augmentation du Smic, le rétablissement de la retraite à 60 ans.

Puis l'adoption de textes importants par le Parlement, en particulier le projet de loi de financement de l'année 2012, le projet de loi de finances de 2013, la lutte contre la vie chère dans les outremers, le renforcement des moyens de lutte contre le terrorisme, la création des emplois d'avenir et l'adoption du traité européen.

5 ans pour changer la France

Face aux attaques de la droite et interrogé sur les doutes de l'opinion publique, François Hollande a répondu:

La seule question qui vaille, ce n'est pas l'état de l'opinion aujourd'hui mais l'état de la France dans 5 ans.

Le président a rappelé alors que "si l'alternance change le pouvoir, elle ne change pas la réalité", et de décrire l'état de la France: une dette publique qui représente plus de 90% du PIB, un chômage croissant, une croissance à l'arrêt et un décrochage productif, soulignant que la France se place aujourd'hui dix-septième industrie de la zone Euro. Et donc de réaffirmer ses objectifs: réorienter l'Europe, désendetter la France et rendre l'économie compétitive.

Réorienter l'Europe et désendetter la France

S'agissant de la réorientation européenne, François Hollande a notamment évoqué le Pacte de croissance, la mise en place d'une supervision bancaire et celle de la taxe sur les transactions financières. Concernant le désendettement, le président a rappelé que le rétablissement des comptes publics par les économies engagées a permis que les taux d’intérêt consentis sur la dette parmi les plus bas de notre histoire passant depuis le 6 mai de 2,86 à 2,10%.

Et d'insister sur les principes qui ont régi les économies réalisées par augmentation d'impôts:

La justice, en demandant une contribution aux plus favorisés et en limitant les prélèvements sur les plus modestes; l’emploi, en préservant les PME de toute contribution supplémentaire.

Rendre la France compétitive

Enfin le président de la République a détaillé les mesures du Pacte national Croissance, Compétitivité et Emploi et insisté en particulier sur son financement par la refonte des taux de TVA. François Hollande s'est défendu de rétablir la TVA Sarkozy:

L’augmentation du taux normal de TVA sera 4 fois inférieure à celle qui était prévue : 0.4 point au lieu d’1.6. Elle sera accompagnée d’une baisse de 0.5 point du taux réduit (de 5,5 à 5) sur les produits de première nécessité. Enfin, elle mettra un terme au débat sur la TVA sur la restauration en stabilisant son taux à 10% sur la durée du quinquennat

François Hollande a également annoncé la remise au printemps prochain dans le cadre du débat sur la transition énergétique des premières propositions pour jeter les bases d’une fiscalité écologique.

Le chômage, priorité du quinquennat

Puis le président a réaffirmé sa priorité de la réduction du chômage:

Ma priorité, la seule, c’est l’emploi.

François Hollande a notamment évoqué la création des emplois d'avenir, les contrats de génération et les négociations sur la sécurisation de l'emploi:

Il s’agit de donner aux salariés et aux entreprises, plus de souplesse et plus de protection face aux aléas de la conjoncture, de prévenir les plans sociaux et donc les licenciements, de former les salariés et de lutter contre la précarité du travail.

Rassembler les Français et moderniser la vie démocratique nationale

Enfin le président de la République a appelé les Français à se rassembler:

La France a besoin de tous. Des chefs d’entreprises plongés dans la mondialisation jusqu’aux jeunes de nos cités qui ne demandent qu’à réussir. La France n’avance que si elle est mue par un projet collectif. Le déclin n’est pas son destin.

Et d'évoquer pour conclure les éléments de modernisation de la vie démocratique nationale en saluant le travail de la commission menée par Lionel Jospin:

Je fais largement miennes ses conclusions : le non cumul de mandat, l’introduction d’une part de proportionnelle pour l’élection des députés, la fin de l’immunité du chef de l’Etat tant en matière pénale que civile, la création d’une Haute Autorité de déontologie pour prévenir les conflits d’intérêt.

>> Revivre la conférence de presse

>> En savoir plus sur le Pacte national Croissance, Compétitivité et Emploi

>> En savoir plus sur l'action du gouvernement

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Michèle Fazilleau - dans médias
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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 18:53

Gaz de schiste, assez de lobbyisme !

 
 

Il serait temps que le débat devienne sérieux lorsque l'on aborde l'aspect économique et financier du gaz de schiste. Les tombereaux d'injures que déverse le géochimiste Claude Allègre ne font que caricaturer une argumentation absurde : l'exploitation du gaz de schiste relancerait la croissance française.

Le lobby pétrolier et gazier inonde les médias de ce nouveau mythe : si on exploitait le gaz de schiste comme les Américains, la croissance reviendrait. C'est trois fois absurde. Pour une question de chronologie d'abord. Dans le meilleur des cas, pour le lobby, une exploitation pourrait voir le jour vers 2020, ce qui n'aura aucun effet sur l'atonie de l'économie française en 2012 et 2013.

 

 

Deuxièmement, la France n'est pas les Etats-Unis. Autrement dit, les conditions physiques d'exploitation, les conditions juridiques font que les contraintes sont très différentes et, par voie de conséquence, le prix du baril ou du British Termal Unit (BTU unité d'énergie anglo-saxonne) serait sans commune mesure, peut être sans aucun intérêt au regard du prix auquel nous payons notre gaz.

 

Rappelons que le patron d'Exxon reconnaissait lui-même en juin manger sa chemise au prix auquel est vendu le BTU, soit 2 dollars (1,57 euro), alors que le prix de revient actuel aux Etats-Unis est de l'ordre de 7 dollars. C'est dans des difficultés financières immenses que se débattent aux Etats-Unis de très grandes sociétés exploitantes. Qu'en sera-t-il demain lorsque l'obligation de récupérer le méthane va s'imposer ?

 

Enfin, dans le meilleur des cas, l'exploitation du gaz de schiste pèserait pour 4 à 5 milliards d'euros, soit moins de 10 % de notre facture énergétique ou du déficit commercial. C'est important, mais pas de nature à changer la donne.

Alors pourquoi ces chiffres déraisonnables qui circulent sur des réserves que l'on ne connaît pas et des emplois virtuels, dont ceux qui lancent des chiffres savent qu'ils sont sans fondement. Pourquoi, au niveau européen, cette pression démente des lobbys pour interdire au Parlement européen de légiférer et mettre en place une législation qui impose l'étude d'impact par ailleurs déjà imposée par le droit communautaire ?

 

D'abord, parce que l'âge d'or du gaz de schiste aux Etats-Unis touche à sa fin ; outre le changement de législation, le caractère dramatique des dommages causés aux milieux et aux hommes apparaît. Les efforts pour cacher la nature des produits utilisés, les conséquences dans l'air et dans l'eau sont en échec. Et surtout le risque de faillite menace les entreprises exploitantes, qui vendent à un prix trop bas leur huile en raison de l'ouverture massive de puits, grâce au droit américain rendant le propriétaire du sol propriétaire du sous-sol.

Dès lors, le marché européen, à la condition qu'il soit sans règles, peut être intéressant au moins le temps que les citoyens européens se rendent compte des dommages en grandeur réelle, d'où la très forte pression des sociétés américaines.

 

Ensuite, parce que la valeur est celle de la matière première. Dès lors, tout en sachant que l'exploitation n'est pas pour demain, le but est de préempter notre sous-sol pour valoriser dans les bilans les réserves. En effet, comme le titulaire du permis d'exploration est le futur titulaire du permis d'exploitation, sans qu'il soit possible de lancer un nouvel appel à concurrence, l'objectif est d'obtenir le plus vite possible les permis d'exploration. En réalité, c'est une expropriation larvée de notre bien collectif.

 

En admettant qu'une autre technologie que la fracturation hydraulique soit possible, que cette technologie fasse l'économie de l'eau et ne pollue pas, l'intérêt de la France est évidemment d'attendre, dans la mesure où, si nous avons du gaz, il sera encore là plus tard, et avec une valeur croissante.

 

Soit une technologie propre est trouvée, et dans ce cas il ne faut surtout pas accorder des droits qui n'auront que plus de valeur ultérieurement. Soit elle ne l'est pas, et dans ce cas il est irrationnel et déraisonnable de sacrifier nos milieux et notre richesse agricole et paysagère, de mettre en péril la santé des personnes vivant au voisinage des puits, de créer une irréversibilité pour une exploitation temporaire d'huile de schiste dont les inconvénients et les coûts économiques l'emporteront sur les avantages.

 

Dès lors, arrêtez la désinformation et reconnaissez quelles sont vos motivations réelles qui n'ont rien à voir avec le bien-être et l'intérêt économique des Français. Et, si le gaz de schiste présente un enjeu stratégique pour la France, alors, la recherche et le recensement public des réserves ne peuvent se faire que par l'Etat.

 

Corinne Lepage, eurodéputée, Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, présidente de CAP21

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Monique Ayrault - dans médias
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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 11:52

Environnement

Vienne - Civaux - Énergie

Le réchauffement climatique menace la centrale de Civaux


Une étude publiée dans Nature Climate Change prend le site de la Vienne comme exemple pour illustrer la vulnérabilité au changement climatique.


Les chercheurs ont en partie basé leur étude sur le cas de Civaux, une centrale nucléaire construite à proximité d'une rivière au débit faible.
Les chercheurs ont en partie basé leur étude sur le cas de Civaux, une centrale nucléaire construite à proximité d'une rivière au débit faible.

La centrale nucléaire de Civaux a les honneurs de la célèbre revue Nature Climate Change, cette semaine. Une équipe de chercheurs américains et européens a publié une étude qui démontre que le réchauffement climatique pourrait perturber le fonctionnement des centrales électriques - nucléaires et au charbon - dans les années à venir. L'augmentation de la température de l'eau et la réduction du débit des fleuves qui permettent de refroidir ces installations les rendraient en effet vulnérables en été.


Les auteurs ont basé une partie de leurs travaux sur le cas de la centrale de Civaux, l'une des plus sensibles en raison de son implantation sur la Vienne, une rivière au débit particulièrement faible par rapport à celui de grands fleuves comme la Loire ou le Rhône. Ils estiment que la capacité de production des centrales de ce type pourrait baisser de 6 à 19 % en Europe, entre 2031 et 2060, à cause du manque d'eau pour assurer le refroidissement des réacteurs.


Production en baisse de 6 % dans les années 2040


À Civaux, dans les années 2040, la production pourrait selon eux diminuer de 6 % en moyenne l'été par rapport à la période de référence de 1971 à 2000. Derrière cette moyenne se cacheraient des périodes d'arrêt forcé des réacteurs qui représenteraient tout de même une baisse de puissance de près de 300 mégawatts.
L'été dernier, déjà, la direction de la centrale EDF de la Vienne aurait probablement dû prendre des mesures si le réacteur n°1 n'avait pas été opportunément à l'arrêt pour cause de visite décennale, le débit seuil d'alerte étant fixé à 13 m3 par seconde à Lussac-les-Châteaux. « L'arrêt d'une tranche pour ralentir la production ferait gagner 1 m 3/s, l'équivalent de ce qui s'échappe d'une des deux tours », faisait alors savoir le responsable de l'environnement. Les préfets de la Vienne et de la Haute-Vienne sont chargés d'arbitrer les mesures à prendre, de la baisse de régime jusqu'à l'arrêt total de l'activité de la centrale. L'étude publiée par Nature Climate Change précise que plusieurs centrales ont dû réduire leur production en raison d'une ressource limitée en eau durant les sécheresses des étés 2003, 2006, 2009.

 

Risques pour la faune et la flore


« Cette étude suggère que le recours au refroidissement thermique est quelque chose que nous allons devoir revoir », explique Dennis Lettenmaier, professeur à l'université de Washington à Seattle, cité par l'agence Reuters. En Europe, les centrales thermoélectriques produisent les trois quarts de l'électricité et représentent la moitié de la consommation d'eau douce.
L'étude fait également état des risques pour la faune et la flore des rivières d'un réchauffement de l'eau accentué par la production d'énergie. Les stratégies d'adaptation envisagées recommandent d'implanter les nouvelles centrales sur la côte ou de privilégier les installations au gaz. Si ces dernières utilisent moins d'eau que les centrales nucléaires, elles contribuent toutefois au réchauffement climatique en émettant des gaz à effet de serre.

Baptiste Biz
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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 09:59

Des vis défaillantes au coeur du réacteur

 

L’Autorité de sûreté nucléaire demande à EDF de contrôler les pompes primaires des deux réacteurs de Civaux (Vienne) après un incident observé à Chooz (Ardennes).

 

Le redémarrage du réacteur n° 2 qui était imminent pourrait être repoussé.
Le redémarrage du réacteur n° 2 qui était imminent pourrait être repoussé.

La découverte d'un petit corps métallique étranger dans la cuve d'un réacteur de la centrale nucléaire de Chooz (Ardennes) au cours d'une opération de maintenance pourrait retarder la remise en service du réacteur n° 2 de Civaux dont la visite décennale engagée le 18 février était sur le point de s'achever. Identifié comme étant la tête d'une des douze vis de fixation du guide d'eau d'une pompe primaire, ce « corps migrant » a permis de révéler des dégradations sur plusieurs autres vis de cet équipement.


S'il ne pose pas de problème de sûreté immédiat, le problème est sensible puisque la circulation de l'eau permettant d'assurer le refroidissement du cœur du réacteur est assurée par quatre de ces pompes. Or, les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Civaux étant identiques à ceux de Chooz, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé à EDF de déterminer l'origine des dommages mais aussi de « proposer rapidement un plan de contrôle de l'ensemble des pompes du même type ».


« Nous allons proposer ce plan de contrôle de nos matériels d'ici la fin de la semaine », précise Emmanuel Pedrono, le responsable de la communication d'EDF à Civaux. « Nous étudions toutes les possibilités mais pour l'heure nous n'avons pas de visibilité. En toute hypothèse, nous n'avons aucune raison de penser qu'il y a un problème de sûreté. »


Redémarrer ou pas ?


Les pompes étant situées au cœur du réacteur, leur contrôle nécessite non seulement son arrêt mais aussi son déchargement, donc plusieurs semaines de travaux. Pour la direction, la question du redémarrage du réacteur n° 2 se pose dès à présent : « Rien n'est décidé ; nous échangeons avec l'ASN », confirme Emmanuel Pedrono. La probable alternative étant d'attendre le prochain arrêt pour rechargement de combustible prévu dans un an.


« Cela ne sera pas sans poser des problèmes d'organisation si ces contrôles interviennent dès cet été ; d'autant que d'autres réacteurs seront déjà à l'arrêt pour des opérations de maintenance », s'inquiète Christophe Laloup, le représentant de la CGT qui dit avoir été informé du problème vendredi. Alors que seule l'ASN a rendu l'incident public sur son site Internet, le syndicaliste s'interroge par ailleurs sur les engagements de transparence pris par la nouvelle direction.

Baptiste Bize
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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 00:39
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