Par Richard Trois Activiste

 

Voilà un bien sombre 11 Novembre. Ce n’est pas tant que le ciel est bas, d’un gris sale. C’est plutôt que la lumière de vérité qui assombrie l’horizon.

En effet les choses sont maintenant claires pour bien des Français et des Européens.  

Ce sont les marchés, la sphère financière et plus exactement les grands actionnaires qui ont tout pouvoir sur nos vies. « Les fous ont pris le contrôle de l’asile » comme le déclare très justement l’économiste Pierre Larrouturou, dirigeant d’Europe Ecologie à MediaPart.

 

Ceux-là même qui traitaient politiques et militants de populistes et de complotistes expliquent aujourd’hui doctement à la radio comme dans les journaux papier la manière dont les marchés ont réussi là où la démocratie a échoué : évincer le milliardaire Silvio Berlusconi.

Et tous de s’étonner que la Banque Centrale Européenne est dirigée par Mario Draghi, ancien de Goldman Sachs, un ancien banquier venant du département même de cette toute puissante banque d’affaires qui a contribué à camoufler les comptes de la Grèce. Et de dire sa surprise de voir à Athènes le social-démocrate Papandréou remplacé par Lucas Papadémos ancien de la Banque Centrale de Grèce, technicien de l’argent.
Voilà que l’on apprend que Mario Monti, pressenti pour remplacer Berlusconi, l’ancien commissaire européen conseille Goldman Sachs depuis 6 ans…

 

Faut-il s’en étonner et est-ce donc si nouveau ? En France, le Président de la République est bien un avocat d’affaires qui a fêté son élection au Fouquet’s avec ces multimilliardaires qui nous gouvernent. Et il a nommé à l’Economie, Christine Lagarde, une ancienne avocate d’affaires qui travaillait à coup de millions de dollars à ces bons coups de la finance boursière. Et toujours en France, le Parti Socialiste était bien parti pour nous vendre la candidature du Directeur du FMI, si son obsession sexuelle ne l’avait pas empêché…

 

Quelles conséquences ?

 

Cette sphère financière a donc pris le pouvoir et ne s’en cache même plus. Elle se rémunère en spéculant sur la dette des Etats à coup de rumeurs, en prenant une marge conséquente sur la distribution de crédits qui pourraient être fournis à moindre coût directement par la BCE et en exigeant toujours plus de sacrifices aux peuples via des plans de rigueur qui ne servent à rien, sinon à plonger l’Europe dans la misère et la récession.

 

Mais tout va bien puisque la valeur de l’argent est stable, garantissant la prééminence du Capital sur le Travail. Sur 30 ans la part des salaires dans les pays occidentaux est passée de 67% du PIB à 57% indique Pierre Larrouturou. Un recul de 10% qui va directement aux actionnaires, aux possédants.

 

Vendredi 11 novembre, l’insolente santé des géants du luxe témoigne de dérive. Richemont, Hermès, PPR, LVMH, tous annoncent des hausses faramineuses de chiffres d’affaires et de bénéfices. Ainsi Richemont (Cartier, Montblanc, Jaeger-LeCoultre, Van Cleef & Arpels...) a annoncé ce vendredi 11 novembre une hausse de 29 % de son chiffre d'affaires semestriel, à 4,21 milliards d'euros. Alors qu’au même moment la France continue de s’enfoncer dans la pauvreté et la précarité pour le plus grand nombre.

 

On comprend que l’abstention batte des records toutes générations, tous milieux confondus. En effet, pourquoi voter puisqu’au final se sont les forces de l’argent qui dirigent le pays ? Pourquoi se déplacer, placer un espoir quand il est systématiquement déçu ou que les discours loin de donner de l’espoir annoncent du sang et des larmes, pour une situation dont personne ne se sent directement responsable.

 

Il y a matière à s’inquiéter. La République, la citoyenneté ne protège plus les Français et les Européens.

 

La violence est là. La violence que le capitalisme inflige à la société française et européenne est contenue, presque invisible. Elle affleure ça et là. Les suicides en entreprise. L’explosion des banlieues. Elle affleure à l’école même chez les enfants les plus jeunes. Mais reste essentiellement enfouie. On détourne tous le regard en l’apercevant. Elle est parfois utilisée par la droite pour faire peur, diviser et se maintenir. Mais enfouie, Elle ne le restera pas toujours.

 

N’attendons pas que cette violence explose à la face des puissants, au détriment de tous pour changer. N’attendons que des têtes finissent sur des piques pour changer radicalement une société défaillante.