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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 11:52

 


ENTRE NOS MAINS - Bande-annonce

Confrontés à la faillite de leur entreprise de lingerie Starissima, située près d’Orléans, des salariés — majoritairement des femmes — tentent de la sauver en la reprenant sous forme de Scop (société coopérative de production), un statut particulier dans lequel les salariés sont associés majoritaires dans le capital et vivent un projet commun en mutualisant équitablement les risques et les grandes décisions : une alternative démocratique peu connue en ces temps où le débat sur la répartition des profits entre travail et capital est exacerbé par la crise..

http://www.actuchomage.org/2010100312462/Mobilisations-luttes-et-solidarites/lentre-nos-mainsr-lhistoire-dune-scop-au-cinema.htm

DA 44

Merci

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 11:29
Mercredi 6 octobre 2010 3 06 /10 /2010 03:12

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Semorand 1

Ségolène Royal était l'invitée de Nicolas Demorand dans l'émission C Politique dimanche dernier à 17h40 sur France 5. Plusieurs thèmes ont été abordés ; vous trouverez ci-dessous le texte du cinquième et du sixième thème (pour celui des deux premiers cliquez  ici, les deux suivants ici) : la réforme fiscale autour de trois axes - une égale imposition du travail et des revenus du capital, la transparence, et une clarification (fusion en un seul impôt progressif) - d'une part, et des mesures pour les médias contre la « confusion des places, des genres et des intérêts » d'autre part.

F.M.

 

Nicolas Demorand : on dit de plus en plus, Ségolène Royal, que le bouclier fiscal pourrait disparaître, en même temps que l’impôt sur la fortune, dans le cadre d’une remise à plat généralisée de ce secteur-là très précis donc des plus hauts revenus. L’opposition va être entendue, ça y est alors ?

Ségolène Royal : écoutez, ils auraient peut-être pu commencer par là, au gouvernement. Je n’ai pas entendu, moi, que le bouclier fiscal allait être …

Nicolas Demorand : il est critiqué maintenant relativement ouvertement, y compris par Christine Lagarde. Ce n’est plus un tabou, hein.

Ségolène Royal : oui, mais entre … d’accord… c’est curieux parce que si Christine Lagarde critique le bouclier fiscal, elle a l’occasion, là, au cours du débat parlementaire, de le supprimer. Et d’ailleurs on voit bien que les niches fiscales sont rabotées, comme c’était dit d’ailleurs, rigueur, pas rigueur, c’est assez drôle, ces contorsions.

Nicolas Demorand : eh bien, quand on voit ce qui se passe en Espagne, au Portugal, dans d’autres pays d’Europe, en Grèce n’en parlons pas, ce n’est pas la rigueur en France, hein ?

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Ségolène Royal : "La principale niche fiscale, c’est quand même le bouclier fiscal, pourquoi celle-ci n’est pas remise en cause ? Qu’est-ce que c’est que cette obstination à maintenir cela ?"

Ségolène Royal : si, c’est quand même la rigueur. Le problème, le problème c’est que cette rigueur pèse sur qui ? [« Alors dites-nous. », interrompt Nicolas Demorand] C’est toujours la même chose. Elle pèse sur les particuliers, pas sur les entreprises. Elle pèse sur les plus modestes, et pas sur les plus riches. La principale niche fiscale, c’est quand même le bouclier fiscal, pourquoi celle-ci n’est pas remise en cause ? Qu’est-ce que c’est que cette obstination à maintenir cela ? Et les niches fiscales, qui sont en effet des recettes, ou des impôts lorsqu’on les supprime, elles ne sont que très peu remises en cause, puisqu’il y a 1% seulement de ces fameuses exonérations fiscales qui sont remises en cause, et certaines d’ailleurs de façon très contreproductives comme la remise en cause des avantages fiscaux sur l’énergie photovoltaïque. L’impôt c’est un outil pour orienter des productions économiques, par exemple, donc remettre en cause un avantage fiscal, dans le domaine de la croissance verte, qui est un des leviers les plus puissants pour créer des activités et des emplois, c’est incohérent, tandis que d’autres avantages ne sont pas touchés. Donc il y a à la fois une incohérence, une timidité, c’est un budget clairement pré-électoral, puisque si, au fond, le gouvernement fait si peu aujourd’hui, c’est parce qu’il a perdu aussi 3 ans au cours desquels les réformes de structure n’ont pas été faites.

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Ségolène Royal : "Donc il y a à la fois une incohérence [1], une timidité [2], c’est un budget clairement pré-électoral [et 3]"

Nicolas Demorand : mais pré-électoral en quoi ? En quoi est-il pré-électoral ?

Ségolène Royal : pré-électoral en quoi ? Parce que, premièrement, sur son électorat à qui il a promis le bouclier fiscal, ce n’est pas maintenant qu’il s’agit de reculer, juste avant une campagne présidentielle donc, alors même, vous l’avez dit, qu’au sein de l’UMP certains contestent quand même le bien-fondé – c’est presque une provocation – de le maintenir.

Nicolas Demorand : il a dit : on ne travaille pas plus de six mois. Le président de la République a dit : on ne travaille pas plus de 6 mois pour l’Etat, bon, voilà, c’est un principe comme un autre. Vous avez cité François Mitterrand [« Vous savez très bien que ça ne tient pas… », essaie d’interrompre Ségolène Royal] tout à l’heure. [« Vous savez très bien … », essaie d’interrompre Ségolène Royal] Vous avez cité François Mitterrand, donc symbole pour symbole, bon ben voilà, c’est un symbole aussi, l’une de ses promesses de campagne

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Ségolène Royal à Nicolas Demorand : "Vous savez très bien que ça ne tient pas, ce raisonnement-là."

Ségolène Royal : vous savez très bien que ça ne tient pas … vous savez très bien… vous savez très bien que ça ne tient pas, ce raisonnement-là. Ce n’est pas 6 mois, puisque regardez, pour prendre un exemple au hasard, l’imposition de Liliane Bettencourt, ce n’est que de 20% avec le bouclier fiscal. Donc c’est une propagande qui ne correspond pas à la réalité des choses. On a beaucoup entendu cet argument comme quoi il ne fallait pas confisquer plus de la moitié d’un revenu, mais c’est inexact. Justement avec l’ensemble des niches fiscales, des exonérations de toutes sortes, le maximum d’imposition n’atteint que 20%. Et donc quand on ne remet pas en cause les avantages fiscaux des plus fortunés dans un pays où la dette publique a doublé depuis 5 ans, et il est maintenant intolérable de faire peser sur les générations futures le train de vie actuel de la société, ça n’est pas durable.

Nicolas Demorand : vous pensez qu’en 2012 il faudra promettre la remise à plat de la fiscalité en France comme un certain nombre de socialistes semblent le dire aujourd’hui, François Hollande par exemple, il faudra réécrire tout de A à Z, enlever les niches, les boucliers, les uns, les autres, tout le bric-à-brac fiscal français pour essayer d’avoir des règles claires et réécrites ?

Ségolène Royal : oui, d’ailleurs nous l’avions dit dans la campagne présidentielle de 2007. Le système fiscal, comme l’on clarifié des pays comme la Suède, repose sur 3 idées simples, hein : d’abord à revenu égal, impôt égal, que ce soient les revenus du capital ou les revenus du travail, il faut que l’imposition soit la même. Or aujourd’hui le travail est bien plus taxé que le capital. Ensuite il faut que chaque Français sache exactement ce qu’il paye et à quel taux il est imposé. L’exemple que nous venons de voir prouve, sinon, qu’il y a des désinformation, et que les Français ont bien le sentiment, ils voient bien que quand il y a des revenus moyens ou modestes, ou même les cadres supérieurs, sont très durement touchés par l’impôt et que les grandes fortunes, parce qu’il y a des niches fiscales, y échappent. Donc que chaque Français sache à tout moment, comme c’est le cas dans les pays du Nord de l’Europe, ce qu’ils payent : impôt sur le revenu, CSG, etc.  Et enfin la fusion, dans un seul impôt progressif, en effet, ça c’est une proposition que les socialistes font depuis longtemps, avec un prélèvement à la source. Et donc on aurait là une clarification. Il faudra plusieurs années pour faire cela parce que du jour…

Nicolas Demorand : et la suppression de l’impôt sur la fortune vous semble être, dans le cadre de cette remise à plat, un tabou ultime, un legs des années Mitterrand qu’il faut absolument pas toucher, ou le dossier est ouvert, même pour des socialistes ?

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Nicolas Demorand : "Et la suppression de l’impôt sur la fortune, le dossier est ouvert ? Ségolène Royal : "Honnêtement, je ne pense pas que ce soit une priorité."

Ségolène Royal : honnêtement, je ne pense pas que ce soit une priorité. Quand nous aurons fait la réforme fiscale dont je viens de parler avec cette transparence, cette égalité des prélèvements à prélèvements constants, moi je ne suis pas favorable à une hausse d’impôt. Les impôts c’est fait pour payer un certain nombre de dépenses. Donc examinons d’abord l’opportunité des dépenses, faisons des économies sur un certain nombre de dépenses, un euro dépensé, un euro utile, et n’allons pas systématiquement vers une hausse d’impôt. Dans la région que je préside, je n’ai pas augmenté les impôts depuis 6 ans. Ça n’est pas faute d’avoir reçu des pressions de toutes sortes pour augmenter les impôts. Il y a une espèce de logique qui veut qu’il y ait une fuite en avant vers des dépenses nouvelles. Non ! Il n’y a pas de fuite en avant vers des dépenses nouvelles, il doit y avoir des redéploiements, des réexamens de dépenses. Alors c’est plus difficile parce qu’on fait des mécontents, mais en même temps c’est possible. La preuve, c’est que moi j’ai pu à la fois investir dans la croissance verte massivement, sans augmenter les impôts, en remettant en cause, c’est vrai, un certain nombre de dépenses, et en conditionnant surtout les subventions de la région, par exemple aux entreprises, à l’interdiction de délocaliser ou de licencier quand elles font des bénéfices.

Nicolas Demorand : autre question dans l’actualité, qui concerne le débat public au sens large, Le Parisien, le quotidien Le Parisien, qui est sans doute, très certainement à vendre, et qui déclenche pas mal d’intérêt, notamment celui de Serge Dassault, qui est député UMP, propriétaire du Figaro déjà et de Dassault Aviation, [« Voilà, c’est tout. », interjette Ségolène Royal] qui est très intéressé. [« Qui a reçu des commandes récemment, de l’Etat. », ajoute Ségolène Royal] Voilà, des commandes de Rafales, l’avion Rafale [« Eh bien oui. », remarque ironiquement Ségolène]. Quelle est votre lecture de ce dossier-là ?

Ségolène Royal : eh bien vous avez tout dit. Les Français sont intelligents, vous venez de tout dire, je n’ai pas de mot supplémentaire à ajouter dans cette confusion des places, des genres et des intérêts.

Nicolas Demorand : redites le, redites le dans vos termes.

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Nicolas Demorand : "Le Parisien, très certainement à vendre, et qui déclenche pas mal d’intérêt, notamment celui de Serge Dassault [...]" - Ségolène Royal : "Je ne le redirai sans doute pas mieux que vous."

Ségolène Royal : eh bien écoutez, je pense que vous l’avez très bien, je ne le redirai sans doute pas mieux que vous.

Nicolas Demorand : c’est quoi ?

Ségolène Royal : il y a un mélange des… chacun son métier, si vous voulez. Vous voyez, quand on est un groupe industriel qui dépend des commandes de l’Etat, prendre le contrôle en plus de plusieurs journaux, ça pose un problème. C’est vrai qu’il faut une loi anti-concentration.

Nicolas Demorand : il faut une loi ?

Ségolène Royal : bien sûr, ça fait longtemps que nous le disons. Il faut une loi anti-concentration, et puis il faut des règles sur la propriété du capital des outils de médias, bien sûr.

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Ségolène Royal et Arnaud Montebourg

Nicolas Demorand : alors sur le sujet médiatique il y a Arnaud Montebourg du Parti socialiste qui attaque avec une force mais vraiment brutale TF1 en ce moment, reprochant à cette chaîne d’être une chaîne délinquante qui est toujours en contradiction avec son cahier des charges. Est-ce que vous soutenez Arnaud Montebourg ? dans cette charge contre TF1 ?

Ségolène Royal : je n’utiliserais peut-être pas le même vocabulaire, et je ne sais pas quels éléments il a en sa possession pour dire cela, c’est…

Nicolas Demorand : vision du monde, types des programmes diffusés, violence d’un certain nombre de ces programmes, abaissement donc du niveau moral de ce qui est proposé à la télévision, voilà en gros ce que critique Arnaud Montebourg. Vous aussi, vous avez pu critiquer à un certain moment cette chaîne. Là, est-ce  que ç vous semble excessif ou pas ? Je vous sens très prudente tout à coup.

Ségolène Royal : ce qu’on peut dire, c’est qu’il y a des comités d’éthique, normalement, dans les chaînes, qui ne fonctionnent pas vraiment, dans lesquels les téléspectateurs ne sont pas représentés. Et c’est vrai que quand on voit une chaîne, dont le propriétaire est ami du pouvoir en place, qu’on voit le président de la République nommer le président de France 2, c’est quand même assez lourd à porter, je trouve, dans une démocratie. Qu’est-ce que ce seraient, les contrepouvoirs ? Ce ne serait pas que l’opposition remplace la majorité dans le contrôle des médias, même s’il pourrait y avoir un équilibre un peu plus clairvoyant.

Nicolas Demorand : si vous arrivez au pouvoir en 2012, vous reviendrez sur le mode de nomination dans l’audiovisuel public ?

Ségolène Royal : honnêtement, je trouve que ça pose un problème. Dans aucun autre pays européen vous ne voyez ça, le président d’une chaîne publique désigné par le président de la République. Donc je crois qu’il faut des garanties d’indépendance aux équipes de rédaction. [« Type BBC. », remarque Nicolas Demorand] Oui, type BBC, et surtout je pense que ce qu’on peut imaginer, c’est peut-être la parole donnée aux téléspectateurs. Justement dans d’autres pays européens, dans les comités d’éthique, dans les comités d’usagers, les téléspectateurs sont représentés. Donc toutes les questions relatives aux problèmes de violence, aux problèmes de qualité des programmes, à la question en effet du traitement de l’information, pourquoi est-ce que ça ne serait pas débattu ? Pourquoi est-ce qu’il y aurait un tabou ? Pourquoi est-ce qu’il y aurait un pouvoir journalistique d’un côté, un pouvoir politique de l’autre ? Avec les pressions de l’un sur les autres et puis d’un autre côté les téléspectateurs qui n’auraient le droit de rien dire ? Donc je pense que dans ce domaine il y a des…

Nicolas Demorand : ils peuvent zapper, hein.

Ségo Sarko FIN 2

Ségolène Royal : "Avec les pressions de l’un sur les autres et puis d’un autre côté les téléspectateurs qui n’auraient le droit de rien dire ? [...] Ils peuvent zapper, voilà. Ou aller sur Internet. (Rires)"

Ségolène Royal : ils peuvent zapper, voilà. Ou aller sur Internet. (Rires)

Nicolas Demorand : ce qui est radical, hein, pour le coup. Là ce n’est plus le comité d’éthique, c’est le Comité de salut public, hein.

Ségolène Royal : exactement.

Nicolas Demorand : c’est la guillotine, hein.

Ségolène Royal : honnêtement, je crois qu’il y a quelque chose de plus moderne à organiser, et de plus démocratique.

Nicolas Demorand : allez, il y aura bien un procès Jacques Chirac dans le cadre de l’affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris. Un procès donc, mais d’abord un accord, un accord amiable entre la mairie – socialiste – de Paris et l’UMP. C’est l’enquête de C Politique cette semaine, signée Agathe Lanté et Dominique Lemarchand.

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 18:39

 

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Ségolène Royal était l'invitée de Nicolas Demorand dans l'émission C Politique dimanche dernier à 17h40 sur France 5. Plusieurs thèmes ont été abordés ; vous trouverez ci-dessous le texte du troisième et du quatrième thème (pour celui des deux premiers cliquez  ici) : la « mauvaise réforme » des retarites de Nicolas Sarkozy et du gouvernement Fillon d'une part, et cette question : quel socialisme, quel programme de gauche pour Ségolène Royal en 2012? d'autre part.

F.M.

 

Nicolas Demorand : ça vous fait vibrer l’Internationale ou pas, Ségolène Royal ?

Ségolène Royal : surtout ça fait de la peine de voir tous ces jeunes dans la rue, alors qu’il y aurait tant de choses à faire pour canaliser leur énergie sur la préparation de leur avenir.

Nicolas Demorand : un mot sur les chiffres. La bataille des chiffres est constante au fil des mobilisations, et pour la prochaine ce sera très certainement la même chose, là on a des estimations qui, de la police aux syndicats, sont du simple au triple. Est-ce qu’il y a d’après vous manipulation des chiffres ? Si oui, à quelle fin, est-ce de part et d’autre, quel est votre sentiment sur ces batailles qui deviennent caricaturales maintenant ?

Ségolène Royal : oui, qui sont même dérisoires. Bien sûr qu’il y a eu manipulation de la part du pouvoir sur ces chiffres, ce qui est assez lamentable.

Nicolas Demorand : ils sous-évaluent ?

Ségolène Royal : écoutez, il y a énormément de monde dans les rues, et comme on vient de le dire, surtout beaucoup de jeunes. Si à partir de cela, le pouvoir ne comprend pas qu’il faut bouger, parce que pour la troisième fois consécutive, ce qui est quand même exceptionnel dans le cadre d’un mouvement social, énormément de monde dans les rues, plus tous ceux qui n’ont pas pu venir, plus, dans les enquêtes d’opinion, la condamnation sans appel de cette mauvaise réforme des retraites, parce qu’elle est injuste

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Ségolène Royal : "Il y a énormément de monde dans les rues, et comme on vient de le dire, surtout beaucoup de jeunes."


Nicolas Demorand : mais il y a blocage aujourd’hui, alors qu’est-ce qu’il faut faire ? Vous avez proposé le référendum, les syndicats n’en veulent pas, en disant, il y a de toute façon trop de questions à poser, et il faut continuer la lutte telle qu’elle a démarré quoi.

Ségolène Royal : tout mouvement social a besoin d’un débouché politique. Et dans une démocratie, c’est la moindre des choses de la part d’un pouvoir qui en plus n’a pas procédé aux consultations avant de mettre en place sa réforme, au moins d’écouter la rue, le peuple, les organisations syndicales, les responsables politiques après. Quel est le débouché politique ? Il y en a trois possibles. Le premier débouché politique, c’est qu’au Sénat, le gouvernement entende ce que les Français leur disent, ce que tous les jeunes viennent de dire, c’est-à-dire qu’il ne faut pas mettre en place une réforme qui va creuser et le chômage des jeunes et le chômage des seniors. Elle est absurde cette réforme, parce qu’en taxant le travail, c’est-à-dire en demandant alors qu’un sur trois est déjà au chômage après 55 ans, les jeunes ont bien compris que ça allait être eux les premières victimes de cette réforme.

Nicolas Demorand : mais vous, vous avez bien compris que le gouvernement ne bougera pas là-dessus ? Il l’a dit, redit, re-redit, manifestation après manifestation, il y aura peut-être des amendements à la marge effectivement lors du débat au Sénat, mais il n’y aura pas ce que vous êtes en train de décrire, là, à savoir revenir sur l’architecture de la réforme.

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Ségolène Royal : "Ou alors supprimons le Parlement, carrément !"

Ségolène Royal : et pourquoi pas ? S’il entend vraiment les Français, s’il prend conscience de ce qui se passe. C’est pour ça que la pression doit absolument continuer, ou alors supprimons le Parlement, carrément ! Si vous me dites que le Parlement ne sert à rien, même lorsque les Français ont massivement manifesté leur opposition à une réforme, non seulement ceux qui sont dans la rue, mais ceux qui n’ont pas pu venir, et que le gouvernement n’entend rien alors qu’il y a des arguments de bon sens qui sont avancés : la réforme n’est pas financée ; remettre en cause la retraite à 60 ans touche d’abord les ouvriers, les employés, ceux qui ont travaillé plus longtemps ; passer de 65 à 67 ans ça pénalise très douloureusement les femmes qui se sont arrêtées pour élever leurs enfants ; les revenus du capital ne sont pas mis à contribution ; il y a un contreprojet qui a été fait par les socialistes…

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Ségolène Royal : "Si vous me dites que le Parlement ne sert à rien, même lorsque les Français ont massivement manifesté leur opposition à une réforme."

Nicolas Demorand : …qui ne stimule pas d’enthousiasme délirant, hein, chez ceux qui critiquent la réforme du gouvernement. Il n’y a pas eu d’adhésion au projet socialiste.

Ségolène Royal : parce que chacun est dans son rôle. Les organisations syndicales sont dans leur rôle, la responsabilité des politiques, c’est de trouver un débouché politique. Donc le premier, [« Mais là c’est quoi, le débouché ? », interrompt Nicolas Demorand] le premier ça peut être le Sénat. Le deuxième, ça peut être d’exiger en effet le référendum. Et puisque le pouvoir conteste le nombre de manifestants, eh bien qu’il consulte les Français. Puisque j’entends encore le premier ministre, le ministre du Travail dire que les Français sont d’accord avec leur réforme, alors s’ils sont si sûrs d’eux, pourquoi ne consultent-ils pas les Français sur leur réforme : oui ou non êtes vous d’accord avec la réforme du gouvernement dans laquelle il y a tel et tel dispositif.

Nicolas Demorand : mais vous ne  l’aurez pas ce référendum, vous savez bien, vous pouvez le demander, vous ne l’aurez pas. Un gouvernement ne va pas faire un référendum maintenant, enfin !

Ségolène Royal : mais dans une démocratie, on n’attend pas de savoir si, en effet un pouvoir en place qui est sourd et aveugle aux aspirations du peuple français, et même aux propositions qui sont comprises de tous et attendues de tous, on demande et on essaye de faire un rapport de force politique. C’est la deuxième chose. Et la troisième chose c’est l’élection présidentielle. Si ce pouvoir ne veut rien entendre, et n’a pour seul objectif que de mener, d’organiser des affrontements dans notre pays, alors, je le disais tout à l’heure, qu’il y a tant à faire pour que toute cette énergie soit canalisée de façon positive sur le redressement du pays, et non pas pour dresser les Français les uns contre les autres, alors les Français auront à choisir au moment de l’élection présidentielle.

Nicolas Demorand : vous pensez que c’est une stratégie délibérée que d’entretenir la tension sociale en l’occurrence ?

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Ségolène Royal : c’est une stratégie délibérée. Pourquoi c’est une stratégie délibérée ? Ils l’ont d’ailleurs théorisée. Ils l’ont théorisée de la façon suivante, en disant : s’il y a tant de monde dans la rue qui protestent au sujet de la suppression d’une réforme symbolique de la gauche, et symbolique de François Mitterrand, l’accès à la retraite à 60 ans, ça prouve que nous sommes courageux et que nous faisons des choses. Ils ont théorisé, finalement, le camouflage de leur inertie, puisqu’il n’y a pas eu depuis 3 ans de réforme de structure de nature à sauver la Sécurité Sociale, et puisqu’ils organisent sciemment, la privatisation aujourd’hui de la branche vieillesse, puis que les gens qui sont inquiets vont fuir vers les assurances privées. Et cette promesse-là, elle a été faite aux amis financiers du pouvoir, les banques, les assurances privées qui sans vergogne aujourd’hui ont déjà commencé les programmes de publicité pour faire venir des cotisations privées dans les fonds de pension. On sait ce qu’il en est aussi, de l’écroulement des fonds de pension, là ou les Français n’auront aucune garantie de retrouver leur argent à l’issue de leur vie active. C’est la raison pour laquelle il faut absolument se mobiliser pour sauver la Sécurité Sociale, car demain, si ce pilier de la branche vieillesse tombe aujourd’hui, demain ils vont s’attaquer à la branche santé, et ça a déjà commencé.

Nicolas Demorand : donc ça se jouera en 2012, puisqu’on voit bien dans les trois hypothèses que vous avez formulées, que 2012 sera sans doute la plus crédible pour avoir ce débat-là. Quel socialisme, Ségolène Royal, par rapport à, je ne sais pas, celui de Dominique Strauss-Kahn, celui de Martine Aubry, celui de François Hollande, celui de Manuel Valls, dans toute la palette des candidats potentiels ou déjà déclarés à ces primaires, quel socialisme allez vous défendre dans cette compétition, comment on peut le décrire ? Ce n’est pas simplement des questions de personne, c’est quoi à vous votre idée de ces choses-là ? C’est quoi le socialisme de Ségolène Royal ?

Ségolène Royal : d’abord ce n’est pas par comparaison ou par définition avec ce que disent les autres socialistes, c’est par rapport à ce que je vois, à ce à quoi je crois et ce que j’observe de ce qui marche et de ce qui ne marche pas. Mon socialisme, c’est un socialisme qui marche, c’est trouver un autre chemin, appuyé sur une action opérationnelle de terrain. Alors vous allez me dire, mais c’est régional, c’est pas l’enjeu national. Si, on l’a vu tout à l’heure qu’il y avait un lien très étroit entre le local, le national, et le global, à partir de l’exemple du Brésil. Si, moi je crois qu’il y a un autre chemin possible, et notamment un autre modèle économique possible, je le disais tout à l’heure, avec un volontarisme politique qui permet par exemple d’entrer au capital …

Nicolas Demorand : vous nationalisez, éventuellement ?

Ségolène Royal : … de contrôler, c’est-à-dire de fixer des règles qui ne soient plus les règles du marché financier mais qui soient les règles de la décision politique. Aujourd’hui on a un pouvoir politique qui est assujetti au pouvoir financier, c’est évident, le pouvoir en place ne le nie même pas. La réforme des retraites, c’est la réforme du MEDEF. On l’a vu tout à l’heure, les perdants ce sont les salariés, les gagnants ce sont les banques et les assurances privées.

Ségo Main N Demorand je veux un pouvoir politique qui domi

Ségolène Royal : "Moi je veux un pouvoir politique qui domine le pouvoir financier et qui mette des règles de la répartition juste des richesses dans notre pays."

Moi je veux un pouvoir politique qui domine le pouvoir financier et qui mette des règles de la répartition juste des richesses dans notre pays. Faire comme faisait Lula, selon sa conviction, adapté bien évidemment à notre pays. [« Un Etat fort. », observe Nicolas Demorand] Un Etat fort, réhabiliter un Etat fort, faire un capitalisme d’Etat, c’est-à-dire un Etat qui entre au capital des banques auxquelles il apporte une rescousse financière, pour que ces banques puissent obéir aux règles qui consistent à faire en sorte que quand elles sont aidées, elles sont là aidées pour aider le développement de l’économie réelle, pour financer les PME et les PMI, et pour ne pas spéculer sur les marchés financiers. Ou, si elles prennent des risques, elles les prennent à leurs risques et périls, mais pas aux dépens du travail des Français.

Ensuite, c’est un système qui remet en place des filets de sécurité, on l’a vu avec la sauvegarde de la Sécurité Sociale. On le voit avec la mise en place – là aussi je l’ai expérimenté – de la Sécurité Sociale Professionnelle, de la sécurisation des parcours professionnels, pour que lorsque l’économie est en période de mutation, et notamment vers l’économie verte, vers la croissance verte, dans laquelle il y a énormément de travail à faire et de potentiel à faire, les salariés puissent garder leur rémunération et leur salaire en échange d’une formation professionnelle, 90% du salaire pendant 18 mois. C’est ce que nous faisons pour permettre la mutation écologique de l’économie. Et enfin il y a un pilier démocratique majeur.

Nicolas Demorand : c’est à dire dans la façon même de faire de la politique ?

Ségolène Royal : dans tous les domaines. On ne peut pas réformer un pays avec la complexité des sujets, sans associer les Français parce qu’il y aura des efforts à faire. La situation financière est très difficile. La dette a doublé en 5 ans. Donc il va falloir en effet faire des sacrifices. Les Français sont prêts à faire des sacrifices si ça garantit à eux-mêmes et à leurs enfants un meilleur avenir, mais à condition que ce sacrifice soit équitablement réparti.

Nicolas Demorand : c’est encore un programme de gauche, ça, Ségolène Royal ?

Ségolène Royal : bien sûr, c’est un programme de gauche.

Nicolas Demorand : ou c’est un programme, centriste et pragmatique, qui consiste à actionner le levier de l’Etat, parce qu’effectivement l’Etat est une puissance, et à essayer de faire de la justice sociale par ailleurs ?

Ségolène Royal : bien sûr que c’est un programme de gauche. Pourquoi c’est un programme de gauche ?

Nicolas Demorand : à part leeeeees semi-nationalisations que vous venez de décrire, en quoi est-ce véritablement un programme de gauche ?

Ségolène Royal : c’est un programme de gauche parce qu’il remet de l’ordre dans les différentes priorités.

Nicolas Demorand : l’ordre, c’est une notion de gauche ?

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Ségolène Royal : "La sécurité aussi je l’affirme, est une valeur de gauche, parce qu’aujourd’hui ceux qui souffrent le plus, ce sont les catégories sociales les plus précarisées, ou ceux qui habitent dans les quartiers les plus difficiles."

Ségolène Royal : oui, c’est une notion de gauche quand il est juste. Et quand on remet en avant des priorités, la formation, l’éducation des jeunes, et l’emploi des jeunes, on le disait tout à l’heure, au premier rang desquels donc la question éducative, c’est foncièrement une politique de gauche. Aujourd’hui d’ailleurs, la droite fait le contraire. La droite fait le contraire puisqu’elle supprime des moyens et dans l’éducation nationale, et des moyens dans le domaine de la sécurité. La sécurité aussi je l’affirme, est une valeur de gauche, parce qu’aujourd’hui ceux qui souffrent le plus, ce sont les catégories sociales les plus précarisées, ou ceux qui habitent dans les quartiers les plus difficiles. Donc rien ne doit être laissé au monopole de l’idéologie de la droite.

Nous devons revisiter l’ensemble des politiques à l’aune de plusieurs critères : le critère de la justice, c’est quand même les fondamentaux de ce qui motive l’engagement à gauche, les critères de l’efficacité, avoir le courage de reconnaître ce qui marche, ce qui ne marche pas, remettre en cause parfois un certain nombre de dogmes pour s’orienter vers des solutions neuves qui fonctionnent, et puis surtout, redonner une espérance.

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Ségolène Royal : "La droite joue sur les peurs pour pouvoir se maintenir au pouvoir, et la gauche doit incarner un espoir, et une volonté d’un avenir meilleur."

Et s’il fallait résumer d’un mot la différence entre la droite et la gauche, elle est tellement évidente aujourd’hui, c’est que la droite joue sur les peurs, dans tous les domaines, on y reviendra peut-être, la droite joue sur les peurs pour pouvoir se maintenir au pouvoir, et la gauche doit incarner un espoir, et une volonté d’un avenir meilleur.

Alors c’est plus difficile, c’est plus difficile. [« Vous avez pas le monopole du cœur, hein, comme dirait l’autre, hein. », coupe Nicolas Demorand] Ce n’est pas le monopole du cœur, c’est le monopole de la volonté politique de préparer un avenir, et de s’y mettre, et d’apporter des réponses complexes à des solutions complexes, et en refusant de jouer sur les leviers de la peur, du repli sur soi, des affrontements. Et c’est plus difficile de rassembler les Français, de faire une France unie, d’apprendre à chacun à vivre ensemble, à travailler ensemble, à répartir les efforts, que de dresser les gens les uns contre les autres parce que dans le repli de peur, il y a des réactions conservatrices, et chacun le sait. Bush avait parfaitement aussi théorisé ça, d’ailleurs dans ce qui se passe aujourd’hui en France, on voit ressurgir les grands thèmes, je ne sais plus quel chercheur avait très bien décripté ça, moi ça m’a vraiment frappée, les grands thèmes des campagnes politiques de George Bush.

Nicolas Demorand : allez, dans l’actualité donc cette semaine il y avait également les annonces sur le budget 2011, budget de crise pour le gouvernement, budget de rigueur voire d’austérité pour l’opposition, Elisa Coudray, David Lemarchand

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 22:50

 

 

 

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Toutes les photos de nos amis de Désirs d'Avenir Paris lors de la manifestation du 2 octobre :

 

cliquer ici

 

Photos de Christine Pichette

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Michèle Fazilleau - dans desirsdavenir86
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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 17:44

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Ségolène Royal  à C/Politique, ce dimanche 2 octobre 2010, nous confie qu'elle avait refusé en 2007 d'utiliser un "pamphlet" signé Besson, sur Sarkozy.

 

Ségolène Royal a assuré dimanche qu'elle avait refusé d'utiliser lors de sa campagne présidentielle en 2007 un "pamphlet très violent" fait par Eric Besson, alors dirigeant socialiste, contre le candidat Nicolas Sarkozy,

Pourquoi ?

"les Français méritaient autre chose".

 

Elle nous déclare

"nous avons la responsabilité de mettre des mots justes -pas excessifs- sur la gravité de la situation",

 

Ségolène a affirmé sur France 5:

 

"je me souviens très bien pendant la campagne présidentielle, et certains me l'ont reproché ensuite, lorsqu'Eric Besson avait sorti ce pamphlet très violent contre Nicolas Sarkozy".

"Souvenez vous, avec cette photo en une où on voyait le profil de Nicolas Sarkozy. C'était limite raciste", a-t-elle estimé, rappelant que l'actuel ministre de l'Immigration avait alors qualifié dans cet article le candidat UMP de "néo-conservateur américain à passeport français".

"On m'avait demandé en tant que candidate à l'élection présidentielle d'utiliser cet outil dans le cadre de ma campagne", a poursuivi Ségolène

"Je vous fais une révélation que je n'ai jamais racontée: j'ai refusé d'utiliser cela parce que j'estimais que les Français méritaient autre chose, méritaient un débat de fond sur l'avenir de la France et sur les valeurs",

 

"Peut être est-ce à la suite de cela qu'Eric Besson a changé de camp puisque son talent n'étant pas reconnu dans sa capacité de pamphlétaire, il est allé l'exercer contre moi dans le camp d'en face", a continué Mme Royal, rappelant qu'elle n'avait "pas été épargnée par les attaques en dessous de la ceinture du camp UMP et du candidat que j'avais en face de moi".

"Je ne regrette pas de ne pas avoir utilisé cela et, de mon fait, tiré le débat vers le bas", a-t-elle ajouté, mais il "faut être très sévère pour dénoncer les dégâts de la politique de Nicolas Sarkozy, sinon les Français ne comprendraient pas quand ils subissent tous les dégâts de cette politique".

 


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MSe placeronique Ayrault - dans desirsdavenir86
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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 08:52

Publié par
Philippe Allard

 

Même Fabius ... pour Ségolène Royal

 


  En déclarant, ce dimanche 3 octobre sur France 2, qu’il n’y a que deux socialistes qui aient la « carrure » pour l’élection présidentielle : Dominique Strauss Kahn et Martine Aubry, et peut être un troisième : lui-même, Laurent Fabius a pris le risque de relancer la guerre des chefs au Parti socialiste. En provoquant les autres socialistes qui se sont ou pourraient se déclarer, il risque d’ouvrir les hostilités. Un positionnement étonnant quand on sait les dégâts pour la gauche que provoque ce type de guerre interne.

Mais la guerre du PS n’aura pas lieu … dommage pour Nicolas Sarkozy !

Ségolène Royal, invitée de Nicolas Demorand dans l’émission C-politique, lui a en quelque sorte répondu. Appelant, comme elle a pu le faire avec Martine Aubry, tous les socialistes à l’unité, et au dialogue même "Fabius s’il le souhaite …", la socialiste a condamné toute nouvelle guerre des chefs qui serait fatale à la gauche en 2012. Renvoyant les socialistes, férus de ces petites guerres à leurs soldats de plomb, Ségolène Royal a surtout voulu redonner l’espoir aux Français dans la politique.

Car si « la droite joue sur les peurs, … la gauche doit incarner l’espoir ». Prenant de la hauteur, elle a souhaité montrer qu’une autre politique est possible, « un autre chemin » pour la France.

Prenant exemple sur les réussites du Président Lula au Brésil, alors que prend fin son deuxième mandat, la socialiste a insisté sur les trois grands axes à retenir de cette politique à gauche.

1- La politique sociale « est une condition de l’efficacité économique ». Lula a réussi à développer son pays tout en apportant plus de justice sociale. C’est tout le contraire de la politique actuelle qui plonge le peuple dans la rue avec l’injuste réforme des retraites sans efficacité économique.

2- Il faut réhabiliter le rôle de l’Etat, la socialiste veut un « Etat fort » pour fixer des règles permettant de soutenir l’économie réelle contre la finance. Sur la voiture électrique, la socialiste a regretté l’absence d’un volontarisme industriel qui aurait pu faire de la France le leader en ce domaine.

3 La démocratie pour associer le peuple dans la démocratie participative et ainsi permettre des réformes difficiles.

Refusant de déclarer sa candidature aux primaires socialistes, malgré l’insistance de Demorand, Ségolène Royal veut d’abord un Parti socialiste en ordre de marche pour 2012, des socialistes unis pour construire le projet d’alternance. C’est tout l’effort qu’elle partage avec Martine Aubry. Elle a su aussi redonner espoir à toutes celles et ceux qui la soutiennent dans son projet politique en ne fermant pas la porte à sa candidature « le moment venu ».

Pour suivre l'émission :
http://www.france5.fr/c-politique/IMG/asx/cpolitique_em1.asx


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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 22:15

 

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Plus de photos : voir l'album de José

 

 


Merci à José pour les photos, à Daniel et Régis pour les vidéos
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Michèle Fazilleau - dans desirsdavenir86
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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 21:54

Après le démantèlement des camps de Roms, Sarkozy s'attaque maintenant aux
nomades du cirque "en tombant sur la tête des Romanès" :


Le cirque Tzigane ROMANES à Paris, fait aujourd'hui partie du paysage
artistique européen.

«*Nous les Tziganes,on nous accuse de tout et notamment d'envoyer nos
enfants faire la mendicité et voler; il faudrait une bonne fois pour toute
savoir ce que l'on veut: je demande aux parlementaires français d'avoir la
gentillesse de ne pas jeter mes enfants dans la rue et de leur permettre
d'apprendre et d'exercer un métier merveilleux que nous nous transmettons
de père en fils depuis plusieurs siècles» *Alexandre ROMANES

Afin de permettre au Cirque ROMANES de continuer son activité, nous
demandons aux autorités françaises:

De réattribuer aux musiciens du Cirque ROMANES les autorisations de
travail qui leur ont été injustement retirées.

D'autoriser le Cirque ROMANES à employer les artistes roumains et bulgares
avec qui ils veulent travailler.

De demander au Procureur de la République d'abandonner les poursuites
infondées à l'encontre du cirque et de ses dirigeants.

 

Nom de la pétition : COMITE DE SOUTIEN au CIRQUE TZIGANE ROMANES

http://www.petitions24.net/cirqueromanes

 

*Site officiel: www.cirqueromanes.com*

 

pour ceux que ça interesse un reportage sur la télé libre

http://latelelibre.fr/index.php/2010/08/les-terribles-poetes-du-cirque-romanes/

 

et pour les parisiens

*Lundi 4 octobre 2010 à 19h30*

Soirée de soutien au Cirque Tzigane Romanès

L'existence du Cirque est menacée !

Nouveau spectacle de la famille Romanès à 19h30

*« LES TZIGANES TOMBENT DU CIEL »*

Entrée : participation libre

Ils veulent nous mettre dans l'avion . Notre existence est menacée !!!

Le Cirque Romanès a besoin de VOUS, SOUTENEZ-LE !

*Malgré le retrait des autorisations de travail de nos musiciens nous
commencerons quand même a donner des spectacles*

*à partir du 6 novembre 2010*

Lieu de l'événement :

Chapiteau Cirque Romanès

Au niveau de 42-44 Boulevard de Reims, Paris 17e ( à l'angle de la rue de
Courcelles ) Métro : Porte de Champerret

Tel : 01 40 09 24 20 / 06 88 09 22 67 /06 99 19 49 59.

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Michèle Fazilleau - dans desirsdavenir86
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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 21:10
Dimanche 3 octobre 2010 7 03 /10 /2010 14:54

 

 

 

Chères amies, chers amis,


 

L'événement politique majeur de ce dimanche, ce sont les élections présidentielles au Brésil, ce grand pays amené à jouer un rôle croissant sur la scène internationale et qui devrait constituer, pour le Nord autant que pour le Sud, une source d'inspiration féconde.


« L'espoir a vaincu la peur» déclarait Lula au soir de sa première élection à la Présidence de la République en 2002. Oui, l'espoir peut l'emporter sur la peur : c'est le cas, au Brésil, depuis huit ans. Cette belle leçon brésilienne est aujourd'hui plus que jamais d'actualité dans un monde où beaucoup s'emploient à attiser et à instrumenter les peurs car ils ne sont capables de porter aucun espoir partageable par tous.


Le Brésil n'est pas seulement le berceau de ces budgets participatifs qui, depuis une vingtaine d'années, essaiment peu à peu sur tous les continents. C'est aussi un pays qui administre la preuve que les performances économiques et les réussites sociales vont de pair à condition que l'Etat pilote, au service et à l'écoute de tous, des politiques publiques volontaristes et efficaces.


 

La presse internationale dresse aujourd'hui un bilan unanimement élogieux des deux mandats du Président Lula : des finances assainies ; une inflation durablement maîtrisée ; une puissance agricole et industrielle qui place le Brésil au 8ème rang mondial et lui permet de viser le 5ème rang pour bientôt ; une croissance soutenue et fortement créatrice d'emplois ; un impact très réduit de la crise financière de 2008 (du fait notamment de règles prudentielles qui encadrent la finance brésilienne et de politiques contra-cycliques judicieuses de soutien à la consommation populaire) ; un recul spectaculaire de la pauvreté et du chômage ; un essor constant de la classe moyenne (désormais majoritaire) ; un salaire minimum et des retraites fortement revalorisés qui ont tiré la demande et accru les débouchés des entreprises brésiliennes ; un effort massif d'investissements publics ; une démocratisation de l'accès à l'université ; une diplomatie de plus en plus active.


Avec, pour couronner le tout et en dépit des ombres qui subsistent (état de l'école publique, violences, inégalités), un chef de l'Etat qui bat, en fin de mandat, tous les records de popularité (plus de 80% ! de quoi faire pâlir d'envie son homologue français...), un peuple brésilien fier de son président et de l'oeuvre accomplie, confiant dans son avenir, affichant un optimisme fondé sur des résultats concrets et des améliorations tangibles de sa vie quotidienne.


Là-bas, en effet, l'ascenseur social n'est pas en panne. Et l'écrasante majorité des Brésiliens a le sentiment que ses enfants vivront mieux car le bilan des années Lula autorise tous les espoirs.


 

Le temps est révolu où, comme en 2002, la droite prédisait le chaos si Lula était élu et où l'affolement des marchés financiers conduisait au bord de la banqueroute un pays affligé d'une dette extérieure en perpétuelle augmentation et dont la machine économique était enrayée. Comme aujourd'hui, ces marchés financiers rêvaient d'un gouvernement capable de mettre la main à la poche... des plus pauvres.


Le redressement a été spectaculaire mais cet assainissement nécessaire s'est accompagné d'une politique industrielle de grande ampleur et d'un effort sans précédent de redistribution sociale. Le Président brésilien fit le choix de remettre de l'ordre dans les finances publiques et de restaurer la confiance des marchés, il le fallait, mais en même temps de stimuler la croissance et de combattre énergiquement la pauvreté. Lula l'a souvent répété : la justice sociale n'est jamais le résultat mécanique d'un accroissement de la richesse produite car une croissance mal pilotée peut être pauvre en emplois et accroître les inégalités. La justice sociale est un choix politique qui suppose un fort engagement de l'Etat. C'est aussi un facteur supplémentaire de croissance comme l'a prouvé le programme des Bolsas Familia (Bourses Famille) qui a bénéficié à 13 millions de foyers les plus pauvres.


 

Cette allocation, dont le versement est subordonné à des conditions de scolarisation et de suivi médical des enfants, a non seulement arraché à l'extrême dénuement un Brésilien sur quatre et permis aux familles qui en étaient exclues d'accéder à une consommation de première nécessité (ce qui a aussi été vécu par elles comme une entrée dans la citoyenneté). Elle a également dynamisé une nouvelle économie de proximité, favorisé la création d'emplois locaux et ouvert un nouveau marché solvable aux entreprises brésiliennes. C'est l'exemple même de ce cercle vertueux économique et social auquel le Brésil doit ses succès d'aujourd'hui.


Le Président Lula s'amuse parfois à rappeler l'avalanche de critiques « expertes » qui s'abattirent sur ce projet lors de son lancement : « assistanat », « dépense insupportable pour les finances publiques», « incitation à la paresse»...

La Bolsa Familia est aujourd'hui unanimement saluée comme une grande réussite sociale et économique. Au point que Jose Serra, principal concurrent de Dilma Rousseff dans l'actuelle élection présidentielle, en est réduit à promettre qu'il n'y touchera pas et même en augmentera le montant.


 

La justice sociale n'est pas l'ennemie de la performance économique mais l'une des conditions d'une croissance durable : c'est la première leçon qui nous vient du Brésil.


La seconde leçon, c'est la nécessité de restaurer et de renforcer le rôle anticipateur et moteur de l'Etat. Nombre de gouvernements européens et celui de la France en particulier seraient mieux avisés de s'en inspirer plutôt que de céder aux diktats des agences de notation et de s'acheminer ainsi vers un double échec : croissance insuffisante et inégalités en hausse.


Troisième leçon de nos amis brésiliens : la nécessité d'un dialogue permanent avec les citoyens, les mouvements sociaux et les syndicats. A l'opposé, en somme, de ce refus du dialogue social dont l'actuelle « réforme » sarkozyste des retraites porte la marque. Comme nous l'a expliqué Paulo Maldos, conseiller spécial du Président Lula, lors de l'université internationale organisée cette semaine à Poitiers avec Edgar Morin et l'Institut Politique de Civilisation dont la Région Poitou-Charentes est partie prenante, ce dialogue constant a directement influé sur les politiques publiques mises en place au Brésil et leur a permis d'obtenir de meilleurs résultats, à l'écoute des premiers concernés.


 

Ce 3 octobre, 90 millions d'électeurs brésiliens sont appelés à choisir leur chef de l'Etat mais aussi 531 députés fédéraux, les 2/3 des sénateurs ainsi que les gouverneurs et les députés des 27 Etats de la fédération. L'enjeu n'est donc pas seulement de désigner le successeur de Lula mais aussi d'assurer au Parti des Travailleurs une majorité « pour que le Brésil continue de changer », comme le dit un slogan de campagne de Dilma Rousseff.


http://www.quintacategoria.com.br/wp-content/uploads/2010/04/lula-e-dilma1.jpg

 

 

Dilma, activement soutenue par Lula, n'a cessé durant ces derniers mois de creuser l'écart avec son principal concurrent, Jose Serra, candidat du PSDB déjà battu en 2002 par l'actuel Président brésilien. Tout porte à penser qu'elle gagnera haut la main cette élection, que ce soit dès ce dimanche ou lors du second tour prévu le 31 octobre.


Je le souhaite de tout coeur car cette femme courageuse, compétente et déterminée saura, j'en suis sûre, poursuivre et approfondir la métamorphose du Brésil qu'a conduite avec audace et sagesse, volontarisme et pragmatisme, le Président Lula.


Je l'ai rencontrée à l'occasion de mes derniers voyages au Brésil, lors du forum social de Belem en 2009 puis à Brasilia en avril dernier. J'ai été à chaque fois impressionnée par la force qui se dégage de celle qui a fermement piloté le Programme d'Accélération de la Croissance, vaisseau-amiral des gigantesques investissements que réalise le Brésil pour développer et moderniser ses infrastructures économiques et sociales. Après avoir été Ministre de l'Energie, elle occupait auprès de Lula des fonctions équivalant à celles d'un Premier Ministre et coordonnait avec autorité l'action du gouvernement.


 

Sa vie est émaillée de combats qui témoignent de ses convictions et de sa force de caractère. Jeune étudiante, elle milite dans les rangs d'une organisation d'extrême-gauche contre la dictature issue du coup d'Etat militaire de 1964. Arrêtée en 1970, elle subit 22 jours de tortures et ne parle pas. Elle sera emprisonnée durant trois ans. « Nous étions, dira-t-elle plus tard, naïfs et généreux. Nous voulions changer le monde. J'ai appris depuis l'importance de la démocratie. Mais je suis fière de ne pas avoir changé de camp ».


Quand, en 2009, elle est atteinte d'un cancer du système lymphatique, elle fait le choix de la transparence, plaisante sur la perruque que les conséquences de sa chimiothérapie l'obligent alors à porter, se bat courageusement contre la maladie tout en sillonnant le pays avec Lula.


En discutant avec elle et en l'écoutant intervenir en public, j'ai mesuré pourquoi Lula voyait en elle la Présidente qu'il faut au Brésil. « Je connais ses qualités et je dois en convaincre le peuple brésilien » m'avait-il confié à Belem. Il s'y est employé de manière exemplaire.


Certains auraient aimé que Lula, assuré d'être réélu, brigue un troisième mandat. Mais cela supposait un changement de la Constitution qui interdit plus de deux mandats successifs et le Président brésilien s'y est refusé, à la différence d'autres dirigeants d'Amérique latine et d'ailleurs qui ont cédé à ce qu'on appelle là-bas « la tentation continuiste ».


« L'une des choses qu'un bon gouvernement doit savoir faire, expliquait-il en février dernier, c'est de conduire son successeur à la victoire».


 

Après le premier ouvrier élu Président de la République du Brésil, Dilma sera, je l'espère, la première femme à entrer au Planalto comme chef de l'Etat. Que ce soit le 3 ou le 31 octobre, sa victoire sera une bonne nouvelle pour le peuple brésilien et pour tous ceux qui veulent construire un ordre juste à l'échelle planétaire.



 

Ségolène Royal

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 13:31

Retraites : Nicolas Sarkozy fanfaronne, Ségolène Royal recadre dans une tribune

 

 

Ségolène Royal continue de mener le combat contre la réforme injuste des retraites. Avec les socialistes, avec la gauche, avec les syndicats.

Ainsi, aujourd'hui, elle signe une tribune publiée par Libération. Elle sera dimanche l'invitée de l'émission C Politique de Nicolas Demorand sur France 5. Juste au lendemain de la grande mobilisation de samedi contre la réforme Sarkozy.

La tribune de Ségolène Royal prend une forme très pédagogique de "10 réponses aux questions que les Français se posent."

Ces réponses battent en brêche la propagande et l'autosatistaction voire, comme le déclare Harlem Désir, les mensonges de Nicolas Sarkozy sur les retraites.


En effet, hier en visite dans l'Yonne, Nicolas Sarkozy s'est par avance félicité de sa réforme des retraites :
"Ça provoque du mécontentement, ça provoque des manifestations", a-t-il déclaré. "Ma satisfaction c'est de me dire, quand cette réforme sera passée, les Français se diront : 'on n'a pas de souci à se faire pour nos retraites'."

Ce qui est bien sûr totalement faux.
Ségolène Royal l'explique ainsi dans la réponse à la question numéro 4 "Cette réforme est-elle efficace ?" :
"Non. Elle est non seulement injuste, mais elle est inefficace. Comme l’a souligné à plusieurs reprises la présidente de la Caisse nationale d’assurance vieillesse, la question du financement n’est pas réglée : dès 2013-2014, il manquera 4 milliards d’euros pour équilibrer le système."

Et Ségolène Royal de dénoncer les comparaisons mensongères avec les autres pays européens comme la finalité de cette réforme dont vont profiter, l'explique-t-elle "les banques, les fonds de pension, les assurances, tous les financiers proches ou membres du premier cercle du pouvoir qui voient déjà le pactole que représentent les futurs retraités inquiets pour leur avenir et tentés de se tourner vers les complémentaires retraites privées."

La Présidente du conseil régional de Poitou-Charentes, candidate socialiste à l’élection présidentielle de 2007, appelle à nouveau et ce dès la première ligne à un référendum sur les retraites.
C'est d'ailleurs le titre de cette tribune "Retraites : il faut se battre pour un référendum" : "La retraite est le patrimoine commun de tous les Français. Ce serait un vrai progrès démocratique qu’ils puissent se prononcer sur un enjeu de société aussi important. La réforme des retraites ne doit pas se faire contre le peuple mais avec lui."

Elle a dit à plusieurs reprises depuis le printemps, et dernièrement avec Jean-Luc Mélenchon lors de la fête de la Fraternité, que le référendum est la seule manière d'obliger le gouvernement à faire maintenant un réforme juste, consensuelle.

Après avoir présenté le projet de réforme socialiste, Ségolène Royal conclut cette tribune par un appel à toutes les mobilisations, "la mobilisation sociale doit continuer et s’amplifier, et le combat parlementaire se poursuivre" en rappelant que la justice sociale n'est pas une utopie, un rêve hors de portée comme on voudrait nous le faire croire tous les jours :

"Ce temps de la contestation sociale est aussi le temps de la pédagogie. L’opposition qui est appelée à nouveau à gouverner doit donner un débouché politique à cette contestation en même temps qu’une espérance, et expliquer aux Français pourquoi nous rétablirons, en 2012, la liberté de partir à la retraite à 60 ans. Ce n’est pas une utopie. C’est cette alliance de la justice et du réalisme économique qui guidera notre action. Nous sommes déterminés."

Ségolène Royal, à la manifestation pour les retraites


RichardTrois

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