Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 18:27

Pour Ségolène Royal, ni la reprise ni la transition écologique ne doivent passer par l’impôt :

Il ne faudrait pas augmenter les impôts car nous connaissons un début de reprise - fragile - de la croissance. Ce serait un signal très négatif venant décourager l’esprit d’entreprise ou les perspectives de salariés désireux d’obtenir des augmentations de salaire. Une hausse des prélèvements aurait un effet mécanique sur le pouvoir d’achat mais aussi des effets psychologiques néfastes. Je peux me permettre d’affirmer cela car, à la tête de ma région, je n’ai pas augmenté les impôts depuis neuf ans et chaque dépense nouvelle est financée par une économie.

L’écologie, c’est d’abord de l’innovation : comment produire sans détruire. Et elle ne doit pas être traitée sous l’angle punitif par des impôts. Je trouve étrange cette annonce sans la présentation d’un dispositif précis. On a tous les inconvénients ! Si c’est une baisse d’impôts pour encourager les comportements et la consommation de produits non polluants, là oui.

Exemple : nous pourrions baisser la TVA sur les voitures électriques. Pour réussir la transition énergétique, il faut offrir la liberté de choix au consommateur. Bien sûr qu’il faut appliquer le principe du pollueur-payeur. Mais si c’est sur des particuliers qui n’ont pas de liberté de choix, c’est contre-productif. On ne peut pas pénaliser les classes moyennes et populaires qui n’auraient par exemple pas les moyens d’isoler leur logement. Les politiques publiques doivent suivre et mettre en place les moyens de consommer autrement avant de punir par l’impôt.

Mais ce ne sont pas les socialistes qui demandent une taxe. C’est Europe Ecologie-les Verts. Je le vois dans ma région. Ce sont eux qui à chaque débat budgétaire ont demandé l’augmentation des impôts que j’ai refusée. Sur ce point, ils ont tendance à rester sur des positions trop dogmatiques, me semble-t-il.

L’allongement de la durée de cotisation me paraît préférable à un prélèvement supplémentaire. Travaillons aussi à réduire les inégalités femmes-hommes dans le montant des pensions et prenons des mesures pour les métiers les plus pénibles. Toute la gauche a intérêt à préserver notre système par répartition. C’est un vrai clivage droite-gauche. Si on ne fait pas d’effort, on laissera notre service public se déliter au profit des assurances privées.

Ces dissensions et polémiques servent exclusivement la droite et l’extrême droite. Cela jette un doute sur la crédibilité de la gauche en matière de sécurité et de justice. C’est très dangereux. J’ai connu ça lors de ma campagne présidentielle, en 2007, quand j’ai défendu l’«ordre juste». Notre camp n’était pas homogène et nous avons prêté le flanc aux critiques. La Justice et l’Intérieur sont les deux faces d’une même action pour la sécurité. Plus largement, le gouvernement doit être dans une action collective. Les ministres se doivent de respecter le temps du débat, des arbitrages puis de la décision, qui doit être précise et claire. La prise de parole publique ne doit pas être anxiogène et la parole publique doit apporter des solutions, pas des dissensions.

J’en vois quatre.

Appuyer d’abord le retour de la confiance.

Faire monter en puissance ce frémissement de croissance pour créer de nouveaux emplois. Dans cet objectif, la BPI a déjà aidé 50 000 entreprises et va accélérer.

Il nous faut aussi développer vite et fort la social-écologie et faire travailler en synergie les différents niveaux de collectivités.

La gauche n’a jamais eu autant de moyens d’action, il faut déclencher un mouvement très puissant de mise en commun. Démultiplier nos efforts car il y a encore malheureusement trop de déperdition d’énergie.

Voir les commentaires

Partager cet article

Repost 0
Désirs d'Avenir 86
commenter cet article

commentaires

Recherche

Pages