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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 10:44

Par Patrick Mignard

Nous avons vu – voir Le Pouvoir et la Rue - que Pouvoir et Rue, tout en étant complémentaires, s’excluaient. Cette situation paradoxale n’est pas sans poser un grave problème pour définir le caractère démocratique d’un système politique.

Dans la Rue il y a une multitude de personnes qui doivent vivre collectivement. Elles ont une dimension individuelle, mais aussi une dimension collective – « l’Homme est un animal social ». Le choix est fait, pour faire fonctionner cette collectivité, de procéder à la mise en place d’un Pouvoir représentatif. En soi la démarche est logique et en rien choquante. La méthode, afin de procéder à cette représentation, consiste à demander à tout un chacun de désigner celle ou celui qu’il/elle souhaiterait avoir comme représentant, c’est l’élection. Ainsi le Pouvoir fonde sa légitimité sur la Rue, qui, de ce fait, perd la sienne. Le principe est simple et a l’air parfait… Pourtant la réalité est tout autre.

Qui peut affirmer aujourd’hui que le Pouvoir représente les intérêts des gens de la Rue ? Vu la situation actuelle, et passée, on peut en douter. Pourtant disent les démocrates convaincus, les représentants du peuple au Pouvoir, ont été nommés par les gens de la Rue ! Formellement c’est exact, mais la réalité du choix laisse à désirer. Le choix est limité, orienté, manipulé. Le choix est orienté, manipulé et finalement limité par de véritables machines à truster le Pouvoir : les partis politiques qui, en soi, n’ont aucune légitimité. C’est pourtant eux qui confisquent cette légitimité en filtrant, désignant celles et ceux qui doivent passer par eux pour accéder au Pouvoir. Aucun citoyen Lambda n’a les moyens financiers et médiatiques d’accéder, seul, au Pouvoir.

Ainsi le glissement de la légitimité de la Rue à la légitimité du Pouvoir est complètement faussé. S’est ainsi constituée peu à peu une véritable classe politique dont l’objectif principal est le Pouvoir. Cette classe bénéficie de privilèges et des moyens de se reproduire par les liens qu’elle tisse avec les milieux d’affaires et les médias. La pensée politique de la Rue est façonnée par elle, c’est elle qui impose de fait les choix… qui n’en sont pas véritablement. La Rue n’a plus d’opinion, l’opinion publique n’est que le reflet de l’expression des partis politiques – via les médias.

Le discours sur la légitimité démocratique du Pouvoir sauve les apparences en invoquant les élections qui ne sont qu’une manière habile de confisquer au profit d’un petit nombre la légitimité de la Rue.

Patrick Mignard
18 avril 2013

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