Invitée au journal télévisé de France 2, Ségolène Royal confirme son opposition ferme au projet de taxe carbone avancé par le gouvernement :
"Les français n'ont aujourd'hui pas le choix entre un véhicule propre ou leur
véhicule. (...) Le réchauffement climatique est un problème majeur, il faut changer de civilisation pour protéger la planète. (...) Une fiscalité écologique peut être très
efficace".
Alors que, comme à la fin des années 1960, quand la SFIO se mourait de mort lente, les clubs fleurissent de tous côtés - avec en derniers nouveau-nés ceux de Manuel Valls, A gauche, besoin d'optimisme, et de François Hollande, Répondre à gauche-, Mme Royal réactive Désirs d'avenir et se ménage un espace au sein du Parti socialiste. "Le parti c'est ma famille", assure la nouvelle vice-présidente de l'Internationale socialiste. Elle a été choisie par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) pour faire entendre la voix, écologique, des régions à la conférence de Copenhague sur le réchauffement climatique, en décembre.
Mme Royal fait de sa discrétion une arme. En s'exprimant avec parcimonie, elle se dissocie du choeur des procureurs prompts à dresser l'acte de décès du PS au lendemain de sa débâcle aux élections européennes du 7 juin. Mais si elle abusait de sa parole, elle courrait le risque de s'identifier à un parti inaudible et malade.
L'ancienne candidate socialiste à l'Elysée est bien décidée à combattre les "légendes" et les "mythes" qui entretiennent son image. Hors du PS ? "Je suis dans le parti. On a une responsabilité collective. On est tous redevables au parti." Seule et abandonnée par ses amis du courant L'Espoir à gauche, formé au moment du congrès de Reims, en novembre 2008 ? "Je ne veux plus que mon nom soit instrumentalisé par un seul courant", réplique-t-elle en assurant qu'elle a décidé de ne plus inviter ses anciens lieutenants, Vincent Peillon et Manuel Valls - qui s'est de lui-même mis en congé -, à son conseil politique hebdomadaire. Obnubilée par des primaires ouvertes aux sympathisants du PS pour désigner le candidat à l'Elysée en 2012 ? Ségolène Royal approuve Martine Aubry, qui a reporté toute décision à 2010.
La présidente de la région Poitou-Charentes veut rester à distance des jeux d'appareil et juge "complètement décalée" et
même "immature" la précipitation d'annonces de candidature pour 2012 - de Manuel
Valls à Pierre Moscovici, déjà déclarés, en passant par François Hollande et Bertrand Delanoë -, qu'elle assimile à des pratiques de
"cours d'école", comme "au mauvais vieux temps".
Pour l'heure, Mme Royal n'envisage pas de se rendre au séminaire de Marseille organisé par
M.Peillon les 21 et 22 août, avec Robert Hue (PCF) et Marielle de Sarnez (MoDem).
Médiatiquement discrète, Mme Royal met en avant sa loyauté, depuis les européennes, vis-à-vis de la première secrétaire du PS. "Je suis plus loyale avec Martine que ceux (les fabiusiens et les strauss-kahniens) qui l'ont mise à la tête du parti", proteste-t-elle en se félicitant du dialogue direct noué avec la maire de Lille. Dans son entretien au Monde (daté 5-6 juillet), Mme Aubry a évoqué ses "rapports simples et naturels" avec son ancienne rivale. Et dans sa lettre aux militants du PS, le 19 juin, elle a insisté sur sa volonté de "rebâtir enfin le lien de confiance entre notre parti et les Français". "Je veux leur redonner la parole à chaque étape", a martelé Mme Aubry, avant d'annoncer, au séminaire de direction au centre d'entraînement de Marcoussis (Essonne), le 7juillet, un "tour de France" sur le projet socialiste. Mme Royal appuie cette démarche au parfum de "démocratie participative".
L'ancienne ministre a invité la maire de Lille à participer à ses universités populaires hebdomadaires au Théâtre Dejazet, à Paris, et lui a proposé de venir à celle qu'elle organise, du 30septembre au 3octobre à Poitiers, avec Edgar Morin, sur les "sept défis pour une politique de civilisation". Si elle a décliné l'invitation à se mêler à la mise en jambes idéologique de Marcoussis, Mme Royal veut apporter sa pierre, loyalement, à la reconstruction d'un PS dont elle juge "la situation très grave".
La "stratégie durable" de Mme Royal s'articule en trois étapes. D'abord, "travailler, travailler, travailler", avec sa garde rapprochée, la société civile et ses experts. Elle prépare pour la rentrée la publication d'un dictionnaire (amoureux ?) de la politique. Ensuite gagner la bataille des régionales pour être reconduite à la présidence de la région Poitou-Charentes, une réélection qui lui servirait de tremplin pour 2012. Enfin, la présidentielle. Mme Royal dessine un autoportrait du leader - "du charisme, du courage, un lien avec le peuple, du plaisir" - qui doit garder une dose d'imprévisibilité, histoire de conjuguer sa loyauté vis-à-vis du PS avec sa singularité. Sur les alliances, Mme Royal persiste et signe. Elle rêve toujours d'un arc-en-ciel allant de la gauche de la gauche au centre, en passant par le PS et les écologistes. Elle y travaille discrètement. A petits bruits.
Source : Le Monde.
En 1992, elle était ministre de l’Environnement du gouvernement Bérégovoy et représentait la France au Sommet de la Terre à Rio. En 1993, elle publiait « Pays, paysans, paysages » (éd. Robert Laffont), un intitulé que ne renierait pas José Bové, et ce 22 juin 2009, elle présente devant son conseil de Poitou-Charentes « L’agenda régional pour la croissance verte 2009-2012 ». Entre-temps, elle aura défendu, en tablier de fermière, son cher chabichou, vanté urbi et orbi pendant la présidentielle de 2007 les vertus des « fours solaires » pour les ménagères africaines et posé (malencontreusement) avec un agneau dans les bras. Autant dire que Ségolène Royal a l’écologie durable...
Et qu’elle n’a pas attendu le succès de Cohn-Bendit aux européennes pour promouvoir ce qu’elle appelle « l’excellence
environnementale ». En attendant d’autres batailles électorales, la présidente de Poitou-Charentes continue à faire de sa région un laboratoire vert. Il y a un mois, au lieu-dit La Ressière,
elle lançait le « premier site pilote de production d’écocarburant à partir de biogaz ». Une première mondiale, selon son chargé de mission à Poitiers, Olivier Palluault, que celle de la
récupération de gaz issu des déchets ménagers nourrissant les algues.
Bientôt, c’est une usine de recyclage des résidus textiles qui sera construite à Melle, fief de la présidente.
Le photovoltaïque est une autre de ses croisades, menée avec succès, avec un plan de 400 millions d’euros, fournis pour moitié par
la Banque européenne d’investissement.
L’écohabitat est aussi au programme picto-charentais, avec un plan « 1 000 maisons en bois » lancé en 2006 (453 ont été
subventionnées à fin 2008) et un concours pour des logements à basse consommation coûtant moins de 80 000 euros l’unité.
En pasionaria de la voiture électrique, Ségolène Royal présentait ses prototypes régionaux à bas coût au dernier Mondial de l’automobile, milite depuis pour la survie de l’un de leurs concepteurs, l’entreprise Heuliez, et incite ses administrés au covoiturage.
Edwy Plenel, le président-fondateur du site d'information Mediapart © IBO/SIPA
Dans une longue tribune, Edwy
Plenel, le président-fondateur du site d'information Mediapart, en appelle à la générosité publique pour couvrir les frais de justice du site engagé dans de nombreux procès contre les Caisses
d'Épargne.
Ce sont, au total, une dizaine de plaintes en diffamation dont Mediapart fait l'objet de la part de l'ancienne direction des
Caisses d'Épargne. L'audience aura lieu le 26 mai. S'en ajoute une autre, celle du nouveau patron, François Pérol, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, qui juge diffamatoire l'article dans
lequel Mediapart mettait en cause la légalité de sa nomination. Cette audience se tiendra le 12 mai devant le tribunal correctionnel de Paris.
"Inspiré par l'Élysée, ce rouleau compresseur judiciaire vise à affaiblir un journal indépendant et, à travers lui, à impressionner toute la profession", écrit Edwy Plenel, qui admet que ces
procès, "leurs incertitudes" et "leurs lenteurs" sont un risque financier pour Mediapart. Plusieurs dizaines de milliers d'euros "au bas mot" seront nécessaires pour faire face aux frais de
justice. Comme de juste, Mediapart a lancé une pétition et annonce 77 signatures dont celles de François Bayrou, Martine Aubry, Ségolène Royal, Olivier Besancenot, François Hollande, Daniel
Cohn-Bendit, Laurent Fabius, José Bové, Benoît Hamon, Éva Joly. Dominique de Villepin, pour sa part, a adressé un mot de soutien au site internet. L'ancien Premier ministre de Jacques Chirac
s'élève "contre toute procédure qui pourrait limiter ce devoir d'information, nécessaire à toute démocratie".
Jean-Pierre Mignard, l'avocat de Ségolène Royal, est aussi celui de Mediapart. Le site internet a été lancé le 16 mars 2008. Edwy Plenel y a investi personnellement 550.000 euros. Un premier
tour de table lui a permis de réunir un capital de 2,9 millions d'euros. Il compte parmi ses principaux soutiens financiers, Jean-Louis Bouchard de la société Ecofinance, Thierry Wilhelm, à
travers la société Doxa, ou encore Xavier Niel, le fondateur de Free.
Par Emmanuel Berretta
Source : Le Point.
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