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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 07:40
Une v

La lettre de mise en demeure attend depuis deux semaines sur le bureau de notre ministre de l’Agriculture. Stéphane Le Foll est prié de trouver dare-dare les bons arguments pour calmer Bruxelles. Sans quoi la France risque de nouveau de se faire traîner devant la Cour de Justice de l’Union Européenne. À cause d’une histoire de truies…

Il y a douze ans, Bruxelles, s’étant mis en tête d’améliorer le quotidien des truies dans les porcheries industrielles, avertit les éleveurs que de nouvelles normes sur le « bien-être animal » entreront en vigueur le 1er janvier 2013. Un laps de temps suffisant pour leur permettre de s’adapter. Mais, à l’heure dite, la Commission découvre que seuls 33 % des élevages français de truies (on en compte 7 900) sont dans les clous. Parmi les 27 États membres, c’est même la France qui coiffe le bonnet d’âne, juste derrière la Belgique.

Pourtant le « bien-être animal » à la mode bruxelloise, ce n’est pas encore le paradis du cochon. N’allez pas imaginer des truies s’ébattant sur la paille fraîche, avec à disposition un petit enclos en plein air pour se dégourdir les pattes, fouiller le sol du groin et prendre de bons bains de boue. Non, l’animal reste sur du caillebottis, ces dalles de béton qui font mal aux pattes et provoquent de l’arthrose avant l’heure. Et juste en dessous se trouve la fosse à purin qui parfume l’air d’ammoniaque, de quoi ravir les bronches…

Certes, sur le papier, les truies ne doivent plus être encagées dans ces mitards individuels où jusqu’ici elles tuaient le temps en léchant et mordillant les barreaux, faisant au passage le plein de métaux lourds. Désormais, elles partagent des box à plusieurs – entre 5 et 40 par cage, selon les élevages. Et surtout, la surface octroyée à chacune a doublé, comptez un minimum de 2 m² par animal. Royal ! La nouveauté, c’est donc que les truies peuvent se retourner. Et se voir attribuer des zones différentes pour la gamelle, le repos et les excréments.

Mais les propriétaires de porcheries considèrent que, tout ça, c’est encore trop beau pour leurs pensionnaires. Et de réclamer des délais supplémentaires, en agitant cette menace : 10 % des élevages de truies risquent de mettre la clé sous la porte si on les oblige à doubler la surface consacrée à leurs cochonnes !

Mais Bruxelles est bien décidé à ne pas se laisser marcher sur le groin. Cochon qui s’en dédit ?!

Le Canard Enchaîné N° 4821 du 20 mars 2013

 

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Désirs d'Avenir 86 - dans médias
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