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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 18:36

 

 

 

Ségolène ROYAL, elle, est l’invitée de « La Matinale ». La présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes n’est pas assurée de sa victoire en Charente-Maritime, mais elle a déjà les faveurs et le soutien du Premier ministre pour la présidence de l’Assemblée nationale. François HOLLANDE, lui, avance selon son calendrier et a donné sa première interview de président. C’était hier soir. Ségolène ROYAL, soyez la bienvenue.

 

Ségolène ROYAL

Bonjour !

 

Maïtena BIRABEN

Bonjour.

 

Caroline ROUX

Bonjour.

 

Ségolène ROYAL

Bonjour.

 

Caroline ROUX

Effectivement hier soir, François HOLLANDE était sur FRANCE 2, et à propos du dossier syrien, il a estimé qu’il ne fallait pas exclure une intervention armée. Est-ce que vous êtes aussi sur cette ligne ?

 

Ségolène ROYAL

Oui, parce qu’il est absolument indispensable que la Communauté internationale montre sa détermination, et le fait de ne pas écarter une intervention armée, c’est le signe le plus fort de cette détermination, si le Conseil de sécurité, bien sûr, en décide ; et bien évidemment, s’il y a une autre solution, celle-ci est préférable, d’abord parce qu’elle sera plus rapide, c’est-à-dire que si tous les membres, au fond, c’est assez simple, si tous les membres du Conseil de sécurité disent à Bachar EL-ASSAD de quitter le pouvoir, y compris la Russie et la Chine, je ne vois pas comment il pourrait se maintenir. Donc ça veut dire que l’action diplomatique doit s’accentuer aussi.

 

Caroline ROUX

François HOLLANDE, justement, a rendez-vous avec Vladimir POUTINE vendredi. Qu’est-ce que vous attendez de cette rencontre ? C’est là que ça va se jouer ?

Ségolène ROYAL

Oui, je crois que c’est un rendez-vous très important parce que si la Russie bouge sur cette question-là, c’est-à-dire intervient pour obtenir le départ du dictateur syrien, ça sera un mouvement très important de la Communauté internationale.

 

Caroline ROUX

Il y a un petit sujet à propos de l’intervention armée, c’est qu’au même moment, la Maison-Blanche faisait un communiqué pour dire qu’« une intervention armée n’est pas appropriée ». On est un peu seuls sur cette ligne !

 

Ségolène ROYAL

Oui, mais vous savez, la détermination, il faut bien que certains chefs d’Etat soient déterminés ! François HOLLANDE l’est, par sa prise de position. Donc ça veut dire qu’il peut y avoir un mouvement des prises de position. C’est ça aussi, la diplomatie, plus la dissuasion. C’est comme la dissuasion nucléaire ! C’est aussi la menace de l’intervention nucléaire qui fait que l’intervention nucléaire n’intervient pas parce que cette crainte fait bouger, avant même l’intervention. C’est pareil ! Il faut montrer une détermination dans l’intervention armée, que celle-ci soit possible pour que, précisément, elle n’intervienne pas parce que les grands dirigeants de ce monde interviendront avant pour protéger les populations massacrées.

 

Maïtena BIRABEN

On va quitter l’international pour revenir en France.

 

Caroline ROUX

Oui, en France, le gouvernement avance comme prévu sur son calendrier social, donc il y a une rencontre avec les syndicats pour préparer celle du 14 juillet. Et on a entendu une phrase de François FILLON dire : « Les syndicats seront les premiers cocus de la Gauche parce la Gauche ne pourra pas tenir ses promesses ». Est-ce que vous pensez que les syndicats seront cocus ?

 

Ségolène ROYAL

François FILLON est bien vulgaire, je trouve, bien méprisants, mais c’est dans la ligne de ce qui s’est passé pendant ces cinq années où les représentants des salariés et les organisations syndicales ont été plus que méprisées. Moi, je me réjouis de voir qu’enfin, le dialogue social reprend, parce qu’il ne peut pas y avoir de reprise économique sans confiance. Et la confiance des partenaires sociaux est absolument cruciale pour relancer l’activité économique des entreprises.

 

Caroline ROUX

Mais ce que dit François FILLON, c’est qu’il y a une attente de la part des partenaires sociaux. Certains syndicats se sont vraiment engagés d’ailleurs, politiquement, dans cette campagne. Par exemple, le SMIC, il y a une vraie attente de la part des syndicats sur le SMIC ! On se souvient qu’en 1981, le SMIC avait été augmenté de 10 % ! Là, François HOLLANDE dit : « Attention, il ne faut pas que ça déstabilise les entreprises ». Est-ce que ce n’est pas ça, le risque de déception pour les syndicats ?

 

Ségolène ROYAL

Mais les syndicats sont des responsables ! Connaissent la situation économique difficile de notre pays ! Que nous a laissée d’ailleurs François FILLON, qui est bien mal placé aujourd’hui pour critiquer la reprise d’un dialogue social qu’il n’a jamais pratiqué. Les organisations syndicales savent parce que les salariés sont dans les entreprises et voient bien les difficultés des entreprises ! Il y a des entreprises qui peuvent passer tout de suite à l’augmentation du SMIC. Il y en a d’autres pour lesquelles c’est plus difficile ! Et donc c’est la qualité de ce dialogue social qui va aussi déterminer l’intelligence des décisions que nous aurons à prendre.

 

Maïtena BIRABEN

On passe aux législatives…

 

Caroline ROUX

On passe aux législatives, effectivement. Il y a les tout premiers sondages sur les législatives. « Il n’y aura pas de vague rose », nous disent les sondeurs. Ca vous surprend que la Droite bouge encore, d’une certaine manière ?

 

Ségolène ROYAL

Qu’il y ait une opposition, ce n’est pas mauvais, dans une démocratie. Et en même temps, bon, méfions-nous des sondages, la campagne n’est pas totalement terminée non plus. Les gens sont en train de réfléchir. Si aujourd’hui, les sondages sont ce qu’ils sont, c’est parce qu’ils prévoient un fort taux d’abstention, une fois de plus. Je voudrais ici dire un message très clair. Le nouveau président de la République et le gouvernement de Jean-Marc AYRAULT ont besoin d’une majorité large, on vient de le voir d’ailleurs avec l’exemple des décisions sociales, économiques que nous devons prendre ; une majorité très large. Pourquoi ? Parce qu’il faut que le changement qui est sorti de l’élection présidentielle se traduise en action concrète. Et l’action concrète, c’est quand le Parlement peut légiférer pour donner un contenu aux décisions du pouvoir exécutif. Il y a beaucoup de gens, vous savez…

 

Caroline ROUX

« Majorité large », ça veut dire…

 

Ségolène ROYAL

… Il y a beaucoup de gens qui ne comprennent pas pourquoi ils viennent revoter. C’est très… Bon, c’est un peu compliqué, l’organisation des pouvoirs publics.

 

Caroline ROUX

Mais est-ce qu’une « majorité large », ça veut dire majorité absolue pour le Parti socialiste ? Est-ce que ce serait plus facile qu’une majorité qu’il faudrait composée avec les Verts, par exemple, ou avec le Front de gauche ?

 

Ségolène ROYAL

C’est évident ! Si les Français donnent une majorité large au Parti socialiste…

 

Maïtena BIRABEN

C’est mieux.

 

Ségolène ROYAL

… Ca sera plus facile d’agir, dans le cadre du respect de nos partenaires ! Puisque nous avons le respect de nos partenaires, en effet, pourquoi se priver d’une majorité large ?

 

Caroline ROUX

Vous, vous avez une situation un peu particulière, parce que vous n’êtes pas encore élue aux législatives, et pourtant, déjà, vous avez le soutien du Premier ministre pour votre « job » dans quelques mois, puisque ce serait le « perchoir », et vous avez Jean-Marc AYRAULT dans L’EXPRESS, cette semaine, qui estime que vous avez « toutes les qualités pour devenir présidente de l’Assemblée nationale et que la présence inédite d’une femme à ce poste, cela serait un beau symbole ». Est-ce que vous prenez ça pour un soutien, une assurance, quelque part, de votre élection au « perchoir » ?

 

Ségolène ROYAL

Oui, encore faut-il que je sois élue sur cette magnifique circonscription de La Rochelle, les 10 juin et 17 juin prochains. Et ensuite, c’est un… oui, c’est un bel hommage ! Mais ça va au-delà ! Parce que ce que dit aussi Jean-Marc AYRAULT dans cet entretien, c’est que, enfin, le Parlement ne sera plus méprisé et que les lois seront des lois utiles et non pas des lois de circonstance ou des lois politiciennes qui répondent à des faits divers ! Donc il y a derrière cet engagement aussi, toute une vision du bon fonctionnement de la démocratie parlementaire pour que les Français voient rapidement les changements qu’ils ont voulus, intervenir.

 

Caroline ROUX

On va mettre les pieds dans le plat, Ségolène ROYAL. Il paraît…

Ségolène ROYAL

Vous avez tort de faire de la publicité ! A un journal !

 

Caroline ROUX

Vous avez… Non mais vous avez fait part de votre colère, à la lecture du dernier ELLE, journal ELLE…

Ségolène ROYAL

Colère, non, non.

 

Caroline ROUX

Votre agacement ?

 

Ségolène ROYAL

Non, non. Le…

 

Caroline ROUX

Votre quoi, alors ?

 

Ségolène ROYAL

Non, c’est…

 

Caroline ROUX

On va dire de quoi il s’agit. C’est un article « Première dame contre première femme », qui raconte, donc, qui rentre dans la coulisse et qui explique une vraie rivalité entre vous. Qu’est-ce que vous avez pensé quand vous avez lu cet article-là ?

 

Ségolène ROYAL

Je pense que vendre du papier à n’importe quelle condition, surtout de la part d’un journal féminin, si vous voulez, en ravalant, en organisant je ne sais quelle pièce de boulevard, ce n’est pas… ce n’est pas très digne ! Voilà ! Moi, je suis femme politique, engagée en plus dans une campagne électorale. Aucun homme n’est comparé à un autre homme, etc. ! Enfin je veux dire, ce sont des mises en scène qui… qui sont commerciales et c’est dommage que vous fassiez une publicité, en plus il n’y a rien du tout ! Il y a…

Caroline ROUX

Vous allez…

 

Ségolène ROYAL

… Une espèce de psy à 2 euros qui fait des commentaires sur les dimensions psychologiques de…

 

Caroline ROUX

Est-ce que vous avez peur de traîner cette histoire-là pendant toute la durée du…

Ségolène ROYAL

Pas du tout !

 

Caroline ROUX

Du quinquennat ? Ou est-ce qu’il y a un moment, il va falloir dire les choses clairement, qu’il n’y a pas de rivalité entre vous, que tout va bien et que ce n’est pas un sujet ?

 

Ségolène ROYAL

Mais le fait même, voyez, de répondre aux questions que vous posez, contribue à alimenter ce sujet, voilà. Moi, je suis…

 

Caroline ROUX

Ca n’est pas un sujet ?

Ségolène ROYAL

Ecoutez…

 

Caroline ROUX

Eh bien peut-être dire une fois pour toutes que ça n’est pas un sujet !

 

Ségolène ROYAL

Non. Ce n’est pas un sujet. La situation d’une responsable politique…

 

Maïtena BIRABEN

La situation reste néanmoins inédite.

 

Ségolène ROYAL

… Et j’entends, en tant que femme responsable politique, me faire respecter et à ce que les sujets qui me sont posés, soient posés au bon niveau, c’est-à-dire au niveau de la préoccupation politique et au niveau de mon engagement de vingt-cinq ans de vie politique.

 

Caroline ROUX

C’est clair.

 

Maïtena BIRABEN

Ca n’est pas inutile de vous l’entendre dire.

 

Ségolène ROYAL

(Rire)

 

Maïtena BIRABEN

Ca a au moins ce mérite-là, déjà. On va passer au « j’aime – j’aime pas », vous allez nous dire si vous aimez ou si vous n’aimez pas la diplomate syrienne déclarée « persona non grata » sur le territoire français ?

 

Ségolène ROYAL

Oui. J’aime ça, oui. Ca fait partie…

Maïtena BIRABEN

Et le fait que ça ait déclenché d’autres décisions, d’autres capitales, de fermer, d’exclure les ambassadeurs syriens ?

 

Ségolène ROYAL

Ca prouve que la décision était fondée. Et urgente.

 

Caroline ROUX

« J’aime – j’aime pas », Laurence FERRARI qui quitte le « 20 heures » de TF1 ?

 

Ségolène ROYAL

C’est son choix ! Je trouve ça bien, de décider de changer de vie… enfin de vie, tout en restant dans la vie professionnelle. Ce n’est pas évident de quitter un « 20 heures » ! Donc c’est un choix de femme libre.

 

Maïtena BIRABEN

« Vous aimez – vous n’aimez pas » François HOLLANDE, le président de la République, qui décide de garder la résidence du Premier ministre, La Lanterne, pour « sa pomme » ?

 

Ségolène ROYAL

Ah je… Je n’étais pas au courant.

 

Maïtena BIRABEN

Eh bien nous vous informons.

 

Ségolène ROYAL

(Rire) Vous aimez ou vous n’aimez pas ?

 

Ségolène ROYAL

Je ne sais pas, je n’ai pas… je n’ai pas envie de commenter ça. (Rire)

 

Maïtena BIRABEN

Ah bah, c’est important ! C’est aussi nous qui payons ! C’est réservé normalement au Premier ministre, et ça fait deux fois que le Premier ministre se le fait « piquer », la première c’est Nicolas SARKOZY qui l’a piquée à FILLON, et maintenant, c’est HOLLANDE qui le pique à AYRAULT.

 

Ségolène ROYAL

Ils peuvent peut-être partager, non ? Ils ne sont pas…

 

Maïtena BIRABEN

Ca va être sympa, les week-ends ! OK, merci beaucoup, Ségolène ROYAL.

Caroline ROUX

Merci.

Maïtena BIRABEN
Merci d’avoir été avec nous ; on vous souhaite de passer une belle journée.

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