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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 23:00

Ségolène Royal: «Jospin me garde une vieille rancune»

En campagne à La Rochelle, Ségolène Royal part à la conquête d’un siège de député pour devenir la première femme présidente de l’Assemblée nationale. Nous l’avons suivie pendant une journée.

 


Ségolène Royal en compagnie du 1er Ministre Ayrault début juin à La Rochelle

Ségolène Royal en compagnie du 1er Ministre Ayrault début juin à La Rochelle
Image: AFP

Après son échec en 2007 et la victoire de son ex-compagnon François Hollande, Ségolène Royal ne sera pas la première présidente de la République. En revanche, elle deviendra peut-être la première femme à se hisser au «perchoir» de l’Assemblée nationale et à diriger la plus importante des deux chambres du parlement français. Mais avant de briguer cette quatrième place dans la hiérarchie républicaine, il faut qu’elle soit élue députée de la circonscription de La Rochelle, en Charente-Maritime.


Même si les sondages la donnent gagnante, un gravier pointu s’est glissé dans ses escarpins. Son principal adversaire Olivier Falorni sort, comme elle, du Parti socialiste. C’est bien connu, les luttes fratricides sont les plus cruelles. Certes, Ségolène Royal reçu l’investiture officielle du PS et le nouveau premier ministre Jean-Marc Ayrault est venu dans la cité rochelaise pour lui apporter un soutien massif, avec la bénédiction de l’Elysée. Mais au sein du PS local, les plaies ne vont pas refermer de sitôt.


Pendant une journée, jeudi, nous l’avons accompagnée à La Rochelle de marché en fête de quartier en passant par une réunion de travail sur la réinsertion des chômeurs. Excellente leçon d’écoute. Ségolène Royal a ce don de persuader chacun de ses interlocuteurs que l’avis qu’il donne lui est essentiel. Avec une consœur du magazine VSD, elle nous a accordé un entretien dans un restaurant ouvrier, L’Aubreçay, situé à une demi-douzaine de kilomètres de la ville portuaire.


Vous affrontez une candidature dissidente à gauche et votre camarade de parti Jean Glavany semble briguer à son tour cette présidence de l’Assemblée nationale que vous convoitez. Que se passe-t-il?


J’ai joué un grand rôle dans le rassemblement qui s’est opéré durant la campagne présidentielle et d’être ainsi confrontée à une dissidence à La Rochelle, je trouve ça lamentable. Je suis victime d’une querelle d’appareil. Le maire de La Rochelle Maxime Bono ne se représentant pas à la députation, il m’a proposé de lui succéder à l’Assemblée nationale. Cela n’a pas plu au premier secrétaire fédéral du PS de Charente-Maritime Olivier Falorni. Depuis qu’il s’est lancé dans sa candidature dissidente, il n’occupe d’ailleurs plus aucune fonction au Parti socialiste. Quant à Jean Glavany, je remarque qu’il est très ami avec le président du comité de soutien du dissident. Que voulez-vous… J’ai dérangé tous leurs petits arrangements!


Vous suspectez l’ancien premier ministre socialiste Lionel Jospin de jouer un rôle dans les attaques que vous subissez dans votre propre camp…


Lionel Jospin – qui est aussi un proche de Jean Glavany - se sert de cette dissidence contre moi. Il assouvit ainsi une vieille rancune. Il n’a pas supporté que pour la présidentielle de 2007, le PS ne soit pas venu le chercher. Et il a encore moins supporté que je devienne la candidate officielle du parti. Cela dit, j’ai récemment parlé avec Lionel Jospin pour qu’il calme un peu le candidat dissident qui multipliait les attaques à mon endroit. L’entretien s’est d’ailleurs bien déroulé, sans heurt. Pour ma part, je n’ai aucune rancœur.


Si vous êtes élue au «perchoir» qu’allez-vous changer à l’Assemblée nationale?

Eh bien je vous répondrai après les élections législatives!


Certes, mais vous avez certainement des idées sur le fonctionnement du parlement…

 

Bien sûr, j’ai été tout de même députée du marais poitevin, tout près d’ici, pendant vingt ans! Dans le projet présidentiel figurent plusieurs réformes telles que développement des initiatives parlementaires et des moyens de contrôle de l’activité gouvernementale. Durant le quinquennat Sarkozy, l’Assemblée nationale n’était que la caisse de résonance de l’exécutif. Il faut qu’elle redevienne le lieu où se tient le débat politique. Les ministres devraient faire leurs annonces au parlement et non sur les plateaux de télévision. Pour moi, la majorité parlementaire est là pour faire réussir le gouvernement. Les ministres sont entourés de techniciens très compétents mais ce n’est pas suffisant. Les députés doivent aussi leur faire remonter les réactions du «terrain».


La nouvelle ministre Cécile Duflot, patronne des Verts français, a récemment rappelé sur les ondes que son parti restait partisan de la dépénalisation de l’usage du cannabis. Quelle est votre position à ce propos?


Je reste opposée à la dépénalisation du cannabis. Il faut que Cécile Duflot soit bien consciente qu’elle est désormais membre du gouvernement, plus que cheffe d’un parti. Elle peut faire valoir son point de vue en Conseil des ministres mais doit avant tout respecter la solidarité gouvernementale.


Entre la France et la Suisse, les relations restent tendues, surtout dans le domaine fiscal. Qu’attendez-vous de notre pays?


Il faut que la Suisse nous aide à réformer le système bancaire. C’est aussi l’intérêt des grandes places financières que de créer les outils nécessaires à la régulation financière.

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