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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 09:28

 

 

 

François Hollande termine son discours à Rennes - © Razak

François Hollande termine son discours à Rennes - © Razak

 

 

Cela semble peut être un peu solennel, à l’image des édito des grands journaux avant chaque premier tour et second tour d’une présidentielle. Il s’avère que des journalistes, des profs, et des personnages publics écrivent depuis 2 mois désormais sur cette plate forme. Sous pseudo car leur fonction les contraignent à un devoir de réserve. Mais dans cette petite palette de blogueurs engagés pour le progrès, toutes les sensibilités socialistes cohabitent.  Certains étaient engagés auprès de Ségolène Royal et le restent, malgré le mauvais résultat de la primaire. D’autres avaient choisi Martine Aubry ou Arnaud Montebourg. Il y a enfin ceux qui étaient “Hollandais” depuis le départ et le restent. Au fond, malgré les divergences, notre petite rédaction qui n’est pas vraiment un média mais plutôt un support politique engagé, notre petite rédaction souhaite voir la victoire de François Hollande, le 6 mai prochain.


Pas question pour nous d’appeler au vote utile. Car ce serait mépriser Jean-Luc Mélenchon qui n’est pas là par hasard, n’est pas l’idiot utile de la droite, encore moins un ersatz du Parti Socialiste dont il est issu. Dans sa course présidentielle, Mélenchon a relèvé un défi colossal : réveiller la gauche, “rallumer tous les soleils“, comme le disait Jaurès, introduire la dimension poétique sans laquelle la politique n’est qu’une activité de gestion technique, technocratique, désincarnée.


Mélenchon sera essentiel à la gauche et plus largement à ce pays dans les années qui viennent. Et s’il n’est pas en situation de gouverner, il est en situation d’influencer, de contraindre aussi une social-démocratie qui parfois hésite, se montre trop tiède, trop prudente.

En revanche, ne comptez pas sur nous pour opposer le courage de Mélenchon au non courage de François Hollande. Ce procès est insensé et dangereux, d’abord parce qu’il faut beaucoup de courage, ne serait-ce que physique pour mener une campagne, et le candidat socialiste est en campagne depuis plus d’un an.


Beaucoup de courage aussi pour rester maîtrisé, ne pas changer de cap, ne pas virer de bord au gré des coups de l’adversaire. Beaucoup de courage enfin pour travailler avec des gens qui a priori sont des adversaires et l’ont si mal traité depuis tant et tant d’années.  Inutile de donner les noms. Ils se reconnaîtront . Accuser Hollande de manquer de courage est vain car lorsqu’on n’est pas contraint par l’obligation de gouverner, l’on peut tout promettre. Ne promettre que ce que l’on pourra tenir, voilà le courage majeur de Hollande.


Nous voterons aussi François Hollande car nous voterons pour une équipe. On a beaucoup reproché au leader socialiste de manquer de charisme, de ne pas créer la ferveur. Il est vrai que cette ferveur a manqué, que son tempérament ne l’y pousse pas et qu’il a eu l’intelligence de ne pas se montrer tel qu’il n’était pas. Il n’y aura aucune surprise sur le Hollande qui sera élu le 6 mai prochain. Rationnel, cérébral, maîtrisé et prudent.

Mais il ne sera pas seul. En élisant Hollande, les Français voteront aussi pour une équipe. Au delà des personnalités très solides qui ont orchestré la campagne, Laurent Fabius, Pierre Moscovici, François Rebsamen, Stéphane Le Foll, Michel Sapin et Manuel Valls qui devraient trouver leur place dans le dispositif, François Hollande peut compter sur des talents hors normes. À commencer par les femmes, Ségolène Royal et Martine Aubry.

La première a dit son souhait d’accéder au perchoir. Dans l’équilibre politique qui se prépare et se construit depuis des mois, elle y a toute sa place même si nous regrettons qu’elle ne puisse pas et ne veuille pas agir à la tête d’un grand ministère de mutation écologique de l’économie, domaine dans lequel elle ferait des merveilles, tant les lobbys sont puissants et tant son véritable courage et son tempérament pourraient les bousculer et imposer des décisions pour le bonheur des citoyens. Mais ne discutons pas les équilibres. Royal l’indispensable a fait une campagne admirable de loyauté et d’engagement. Rennes est un triomphe, si l’on en croit les courbes sondagières de Hollande qui remontent en flèche. Elle sera là et bien là pour très longtemps.


Martine Aubry ensuite qui s’impose comme une évidence à Matignon. Certains regrettent son manque de visibilité dans la campagne. Mais pourtant elle a fait le job, sans barguigner.  Et elle aussi peut parfaitement prétendre à Matignon, de par son expérience et par son comportement. Le poste de no2 lui va bien. Elle l’a répété pendant des années ” je préfère servir ” . Au delà de l’antipathie chronique entre elle et le futur chef d’Etat, il n’aura guère le choix si Mélenchon fait un score au dessus de 13 %, son profil de gauche étant de nature à rassurer cet électorat. Et puis, on n’est pas obligé d’aimer son premier ministre. L’histoire avec Rocard, mais aussi Fillon a démontré que l’amitié n’a rien a voir dans l’affaire .

Arnaud Montebourg fera, on l’espère également une entrée remarquée dans le gouvernement. Montebourg et sa jeunesse qui peut régénérer  une équipe, imposer une vision plus novatrice, transgresser, impulser une nouvelle énergie. Tribun hors pair, littéraire dans sa manière de faire de la politique, il passe très bien auprès des ouvrièrs , des petites gens et de cette France de gauche et du non qui aime l’Europe autant qu’elle s’en méfie.


Et puis, il y a la jeune garde… Najat Vallaud-Belkacem, Delphine Batho, Guillaume Bachelay. Disons le tout net : nous avons regretté le peu d’espace laisse à ces jeunes sabras, qui auraient mérité d’être mis en lumière avec plus d’attention,  Belkacem pour sa fraîcheur et sa façon de dire les choses les plus dures avec le sourire, Batho pour sa rigueur et son argumentaire implacable, Bachelay pour sa finesse et sa capacité à remettre un argument politique dans la perspective de l’histoire. Souhaitons que ces 3 la ne soient pas oubliés dans la prochaine équipe gouvernementale. François Hollande est trop fin politique pour oublier de les mettre en avant .


Et puis nous voterons Hollande pour tout ce qu’il porte. D’abord le programme du Parti Socialiste, un programme de justice sociale base sur le réel. Chacun sait que nous devrons faire des efforts mais ils seront justement partagés.

Nous voterons Hollande parce que sa vision économique est solide, et pas caricaturale comme le laisse croire depuis des mois le candidat UMP. Oui, il est urgent de réarmer l’école et gouverner c’est choisir : Hollande a fait son choix : 60.000 postes dans l’éducation nationale. Il faudra serrer ailleurs. Et qu’importe. Rien ne peut se construire durablement sans l’éducation, encore l’éducation, toujours l’éducation comme le disait Ségolène Royal en 2007.

Nous voterons Hollande car il va mener la bataille contre le capitalisme financier. Et même si ça n’était pas sa pente naturelle, il s’y est converti et tiendra parole. Réforme bancaire il y aura et aide principale aux PME avec la banque qui leur sera dédiée.
Réforme fiscale aussi car même si le sujet est ardu , on connaît la politique d’un pays à sa fiscalité. Oui aux 75 % d’imposition sur les revenus au dessus d’ 1 millions d’euros. Nous sommes en crise, le monde décline et il n’est pas juste de ne pas demander aux plus riches de participer à l’effort national.

Nous voterons enfin Hollande pour la jeunesse. Il est dommage que cette jeunesse n’entendent pas encore vraiment les propositions du leader socialiste. À lui d’expliquer encore et encore que tout sera fait, de l’école à l’apprentissage et à l’université en passant par le logement, pour permettre à cette jeunesse de France de retrouver l’espoir et d’insuffler son énergie à ce pays  qui se sclérose et coupe les ailes de ses habitants les plus défavorisés.

 

Nous voterons Hollande pour lui car sa personnalité apaisante et rassembleuse convient à l’époque, pour son équipe avec quelques leaders qui vont briller de tout leur éclat et leur créativité. Pour la justice et l’égalité car non, la gauche et la droite, ça n’est pas pareil.

Le 22 avril, premier pas vers l’alternance. Sereinement et sans angoisse.

 

Par Ze Rédac

 

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Désirs d'Avenir 86 - Campagne F Hollande - dans Présidentielles 2012
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