Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 13:27

Najat Vallaud-Belkacem – Future idole

Reprenant les bonnes recettes de Nicolas Sarkozy en évitant ses erreurs, François Hollande projette en haut de l’affiche une icône de la diversité, cette fois-ci légitime.
 

Najat Vallaud-Belkacem 

 

Tout pour plaire. Télégénie, diplômes sans maquillage, adoubement local, empathie naturelle… Les ingrédients de l’arme fatale politique sont réunis. Sa nomination précoce comme porte-parole de François Hollande n’est pas seulement le fruit d’une stratégie de ralliement des royalistes. Reprenant les bonnes recettes de Nicolas Sarkozy en évitant ses erreurs, le candidat socialiste projette en haut de l’affiche une icône de la diversité, cette fois-ci légitime.


La vérité si je mens. Le nouvel adage opposant les sarkozystes aux hollandais aura bien des difficultés à ébranler le piédestal que Najat Vallaud-Belkacem se construit pas à pas. Star sans fard, elle incarne à première vue le naturel, la chaleur immédiate, la fraîcheur enthousiaste matinée d’un “je ne sais quoi” de maturité politique. Elle n’emporte pas par ses convictions. Elle ne saupoudre aucun sectarisme. Elle ne goûte pas aux intrigues hasardeuses.


Formée par Gérard Collomb, parrainée par Jean-Jack Queyranne, l’ancienne porte-parole de Ségolène Royal fait de la politique comme on milite dans une association. Avec elle, il n’est pas ou peu question de partis, de personnalités ou de radicalité. A l’entendre, seul compte le pragmatisme : selon elle, la politique est le moyen d’aider les gens à vivre mieux. Voilà tout. L’arrière-cour des cuisines partisanes semble l’indifférer. Nouvelle vision pour une génération renouvelée ?


“Je suis plus attachée à la qualité de vie et au bonheur familial qu’à la notion de carrière.” A coup sûr, Najat fait de la politique autrement. Mais le rideau de velours cache un fond à tiroirs. La demoiselle est plus maline qu’elle ne voudrait le laisser croire. Elle connaît les pièges à éviter. Elle sait se distinguer des stars politiques d’un jour, lâchées par leur famille partisane, déchues par les médias. L’imposture, très peu pour elle. Alors, elle distille savamment un discours, une histoire et des ambitions mixés à coups de story- telling feutré. Rôdée à la communication médiatique, elle livre un marketing distinctif de ses consoeurs issues de la diversité. Résultat : toujours les mêmes mots, quel que soit le journaliste.


Selon certains de ses détracteurs, sa pugnacité frise l’individualisme, Madame se prendrait un brin au sérieux… Pour les faire taire, Najat déroule un langage aux accents collectivistes. Travailler pour les autres, avec les autres. La politique n’en finit pas d’enfanter les lièvres connaissant les raccourcis du pouvoir. Mais Najat a quelques tours de plus dans son escarcelle, l’imposant, aujourd’hui, comme l’étoile montante de l’avenue de Ségur. Dans l’attente d’une adresse plus prestigieuse demain ?

 

La relève


Sa manière de raconter son histoire en dit long sur elle. Dignité, distance froide parcourue d’éclats de rire, hauteur des points de vue. Pas d’atermoiements. Elle pourrait commencer par dire que son père était ouvrier, qu’elle est née dans une région pauvre du Rif marocain. Elle pourrait d’abord parler de ses premières années de vie, passées sans figure paternelle, celui-ci ayant émigré seul en France, pour des raisons financières. Elle pourrait raconter son arrivée dans les quartiers défavorisés d’Amiens, à l’âge de 4 ans…

Circulez, il n’y a rien à voir.

 

Son flashback sur l’enfance déborde d’humour et de mots clefs, volontairement destinés ou non à surprendre son interlocuteur. Elle ne racontera pas la difficulté, se contentant des moments désopilants ou déterminants de sa construction personnelle. Exemples : pourquoi ses parents ne se sont pas arrêtés sous le soleil marseillais plutôt que d’aller rejoindre leurs voisins du Rif à Amiens ?

Elle ironise sur son expérience personnelle du regroupement familial. Elle parle de l’Eldorado que représentait la France pour son entourage, comme si elle n’avait rien à faire dans l’histoire. Il faut la passer à la question pour découvrir les embûches. Les fins de mois serrées, l’étouffement social du quartier, l’immigration subie par la France comme par les familles. Bonne élève, Najat suit le chemin de sa sœur aînée, qui servira d’ailleurs de modèle aux cinq autres enfants. A l’université d’Amiens, elle obtient une licence de droit avec mention bien. Décidée à se démarquer de sa sœur, qui projette de devenir avocate, elle entre à l’IEP de Paris, découvert au hasard d’un centre d’information et d’orientation. Bol d’air.

Elle finance ses études comme assistante parlementaire de la député PS de l’Oise, Béatrice Marre, passe trois années dans un cabinet d’avocats au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, rate par deux fois l’ENA. A Sciences-Po, elle rencontre les deux personnes qui vont contribuer à écrire sa vie : le père de ses jumeaux, Boris, désormais directeur général des services départementaux du conseil général de Saône-et-Loire, et la femme de Gérard Collomb, qui lui permettra d’entrer au cabinet du maire de Lyon, fraîchement élu, en 2003.

 

A moi le pouvoir

 

“La politique ne m’est pas venue naturellement. Ce monde me paraissait très éloigné de ma vie, de ma famille, de mon quartier.” Tu m’étonnes. En l’écoutant, tout cela semble pourtant bien loin. Chez elle, l’acquis a enterré l’inné. Construite jusqu’au bout des ongles, dans son expression, dans ses arguments, dans son parcours, Najat ne porte pas les stigmates de la revanche sociale. Les diplômes ont, en partie, résolu son complexe d’imposture.

Les succès professionnels ont rasséréné l’estime d’elle-même. Sa carrière n’est pas celle d’une étoile filante, brutalement projetée dans l’arène. Pas à pas, elle a gravi les échelons de la politique, troquant au passage les habits de conseiller contre ceux d’élue locale. Son adhésion au Parti socialiste est une réaction au 21 avril 2002. Bref renvoi à l’univers familial, où seules les apparitions télévisées de Jean-Marie Le Pen pouvaient déclencher des discussions politiques. Résolument, elle n’est pas militante dans l’âme. Plus proche des milieux associatifs et caritatifs, fréquentés dans sa jeunesse amienoise, que des apparatchiks partisans.

En arrivant à Lyon en 2003, elle va découvrir l’envers du décor. Chargée des questions de démocratie et de proximité au cabinet du maire, elle est approchée par Jean-Jack Queyranne pour diversifier sa liste aux régionales. Figurant en bas de la liste, elle fait campagne en ayant la conviction de ne pas être élue, prenant donc l’occasion comme un galop d’essai. Raté. En 2004, la gauche remporte l’essentiel des régions et Najat, contre toute attente, est élue conseillère régionale en Rhône-Alpes, à la faveur d’un malentendu.

Atteinte par le virus de la politique, elle ne décrochera plus de sa nouvelle drogue, prendra la présidence de la commission culture au sein du conseil régional, se présentera au casse-pipe de la 4e circonscription du Rhône en 2006 (celle de Raymond Barre, dans laquelle elle est de nouveau candidate en juin prochain), lançant sa campagne dans une boîte de nuit en faisant chanter à la foule les paroles d’un texte écrit par elle… Sa défaite aux législatives ne sera pas la dernière.

 

Et si c’était elle ?


Dès leur première rencontre, il y eut un coup de foudre réciproque. C’était à Lyon, lors d’une visite de la candidate Ségolène Royal, déjà investie par le Parti. Peu de temps après, elles se sont croisées au hasard d’un vol Porto-Paris, ont discuté dans l’avion. Quelques jours plus tard, Ségolène Royal lui proposait de devenir sa porte-parole pour la campagne présidentielle de 2007. Najat se lance alors dans le grand bain sans savoir nager. Quittant Lyon pour Paris, elle découvre la communication politique, les journalistes, les éditorialistes, les plateaux de télévision et de radio, apprend sur le tas.

“J’ai soutenu Ségolène Royal notamment parce que cela aurait fait du bien à la France d’avoir une femme présidente. Les femmes ne font pas de la politique comme les hommes. Elles manifestent davantage d’empathie à l’égard des gens.” Trop d’affectivité, trop d’espérances, rendront l’échec encore plus rude. “Le Parti socialiste n’est pas totalement étranger à la défaite de Ségolène Royal en 2007.” C’est les larmes aux yeux que Najat apparaît de nouveau sur les plateaux télévisés, au lendemain du premier tour des primaires citoyennes de septembre 2011. Une défaite de plus, dont l’effet est accru par l’isolement volontaire des équipes royalistes… Najat ne restera pas longtemps sur le bord de la grève.

 

Lire la suite :

http://www.lenouveleconomiste.fr/najat-vallaud-belkacem-future-idole-13802/

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Recherche

Pages