Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 10:12

 


> La lettre électronique de Jean-Michel Clément

■ Octobre 2011 - N° 50

Dernier budget de la législature : les classes moyennes abonnées à la rigueur

 

Depuis cet été, le Gouvernement Fillon concocte le dernier budget de la XIIIe législature.

 

Pourtant dès juin prochain, le futur locataire de Bercy devra régler ce double axiome : faire cohabiter le budget actuel et celui permettant la mise en place du programme du futur président de la République et de sa nouvelle majorité. Quel que soit le camp politique l'enjeu budgétaire est considérable. Les temps de crise de l'Euro et des marchés financiers aggravent encore la perception que quelque chose de particulièrement important se trame. Pour toutes ces raisons, ce millésime budgétaire devrait rester dans les mémoires. D'autant que l'affichage est plus important que tout, plus important encore que la sincérité des comptes de la nation.

 

L'élément stratégique du budget, c'est le chiffre de la croissance ou PIB, le Gouvernement a calculé hypocritement tout son budget sur une croissance de 1,75%. Elle vient d'être révisée à 1%, alors que les spécialistes s'accordent sur le chiffre de 0,6 %. Il faut avoir en tête que chaque point de croissance représente une rentrée ou un manque à gagner de 20 milliards d'Euros... chaque dixième de point est égal 2 milliards d'Euros. 

 

Avec ce chiffre initial de 1,75%, mirobolant mais faux, le bouclier fiscal des plus riches a été maintenu contre vents et marées financières, mais la TVA qui ponctionne d'abord les plus pauvres sera mise à contribution pour garder les avantages mirobolant du Club Bettencourt...

Le premier volet budgétaire concerne le PLFSS - Projet de loi de financement de la Sécurité sociale. La résistance dans les rangs même de la majorité et y compris du rapporteur Yves Bur (UMP), a semblé payer. Le gouvernement a reculé en abandonnant la CSG sur le congé parental, mais c'est la revalorisation des prestations de la CAF qui devra attendre 3 mois pour permettre « d'économiser » 140 millions d'Euros. Les indemnités d'arrêt de travail devaient être réduites de 6% et c'est face à un tollé général qu'un quatrième jour de carence lors d'un arrêt maladie a été proposé par le rapporteur. Quelle avancée sociale ! Même Louis Giscard d'Estaing a du abandonner sa proposition d'allégement de charges pour les emplois familiaux en les limitant à 1,5 au lieu de 1,6 fois le Smic. Pourtant cette mesure aurait rapporté à elle seule plus de 2 milliards d'Euros jusqu'alors et toujours accordée à ceux qui peuvent avoir recours à ces emplois à domicile subventionnés. 

 

Comment ne pas arriver au constat que cette période budgétaire en temps de crise est comme un -- dernier -- pied de nez aux français les plus fragiles et aux classes moyennes en passe de le devenir. Les mesures Fillon annoncées dans l'intervalle vont invariablement dans le même sens. Avec cette méthode identique depuis la crise de 2008 consistant à culpabiliser les plus démunis et leur faire serrer toujours un peu plus la ceinture tandis que les cadeaux vont aux plus riches qui doivent eux déboucler leur ceinture sous peine d'étouffer. Jusqu'à la caricature puisque certains d'entre eux "militent" maintenant pour une plus grande justice fiscale. Au bout du compte, c'est une croissance à minima que cette politique va finir par faire disparaître.

 

Une fois la machine économique grippée, le pire n'est pas certain, mais il est possible de prévoir que l'unique chiffre à la hausse sera celui du chômage.



Partager cet article

Repost 0

commentaires

Recherche

Pages