Par Jean-Michel Clément député de la Vienne

 

Samedi prochain 4 septembre  à l'appel d'un grand nombre d'organisations, se tiendra une manifestation à Poitiers sur le thème de la citoyenneté et du refus de la haine. Elle aura lieu devant le Palais de Justice à 14 heures mais d'autres se tiendront à Paris et dans toute la France.


Dans une société française en crise économique, le gouvernement, incapable de faire face à une crise de régime sans précédent, avec son lot de Ministres démissionnaires ou de Ministre-des-Finances trésorier-de-l'UMP, dont la femme est conseillère auprès d'une généreuse-donatrice-de-l'UMP-première-fortune-de-France..., Nicolas Sarkozy a prononcé cet été un discours aux multiples dérapages à Grenoble. Pour lui emboiter le pas et nourrir le feu de la haine ses lieutenants ont ajouté propositions fracassantes sur annonces provocatrices.

Au delà des Roms, des gens du voyage ou des binationaux coupables désignés de tous les maux de notre société, ce sont naturellement les fondements de notre Etat de droit et de la démocratie qui vacillent. Pointer du doigt et stigmatiser ainsi des groupes sociaux est normalement l'apanage de l'extrême droite. Jamais, sous la Vè République, un Président de la République en exercice ou des ministres n'avaient été aussi loin dans l'amalgame et la démagogie populistes.


 Ces surenchères ne masquent pourtant  pas l'incurie particulière de la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy depuis 2002. Cet été le ministre de l'intérieur M. Hortefeux - condamné pour propos racistes - a du remettre en place la Police de proximité, concept inventé par la gauche, puis banni par Nicolas Sarkozy lui-même.


Même Poitiers, ville pourtant d'une grande quiétude a connu ces derniers mois des évènements violents jamais enregistrés jusqu'alors ; évènements toujours pas élucidés, mais dont les coupables présumés, la jeunesse a du payer le prix.


Condamnés unanimement par les instances internationales et européennes, ces propos et projets, racistes et xénophobes, ne trouvent heureusement pas l'écho escompté dans la population. L’Eglise a justement  dénoncé cette haine par la voie même du Pape Benoit XVI, reprise en écho localement par Monseigneur ROUET, archevêque de Poitiers. Même une partie de l'actuelle majorité décroche de ces discours aux relents immondes. Cette manifestation doit être l'occasion de dire stop aujourd'hui, pour que demain, ces groupes et peut-être d'autres- pauvres, malades, minorités religieuses... - ne soient ainsi jetés en pâture à la haine d'Etat.

 


Lire aussi la position du Parti Socialiste Européen :

 

La question des Roms ou le populisme abject du gouvernement français


Le président du PSE considère qu'avec la lettre qu'il a adressée à la Commission européenne, le gouvernement français tente de légitimer son populisme. « La politique anti-rom du gouvernement français est un affront aux normes fondamentales européennes et une forme abjecte de populisme », a déclaré le président du Parti socialiste européen (PSE), Poul Nyrup Rasmussen. « Le président Sarkozy apporte non seulement son soutien aux politiques inacceptables de son gouvernement, mais par ailleurs, il nous assure qu'il ne se laissera pas dissuader par les opposants à cette politique, qui, selon lui, ne cherchent qu'à susciter la controverse. C'est là du cynisme politique de la pire espèce ».


Le Premier ministre français, François Fillon, a adressé une lettre à la Commission européenne afin de lui demander instamment d'«améliorer la coordination avec les autorités roumaines et bulgares» sur la question des Roms, ce que le président du PSE n'a pas hésité à qualifier de «tentative flagrante de la part du gouvernement Sarkozy de conférer une légitimité européenne injustifiée à cette véritable politique d'intimidation nationale menée par le gouvernement français». La lettre fait suite à la décision du gouvernement français d'organiser une conférence de haut niveau sur l'immigration. Cet événement, qui doit se tenir le 6 septembre prochain, a déjà été qualifié de «sommet anti-Roms» par la presse.


M. Rasmussen a déclaré que: «Au lieu de mettre la pression sur la Commission européenne et d'organiser des réunions au sommet réactionnaires, le gouvernement français devrait se centrer sur ses responsabilités, qui incluent notamment de défendre les droits fondamentaux de tous les citoyens européens. La voie à suivre sur cette question consiste à prendre un engagement en faveur de l'inclusion sociale, en particulier moyennant une intégration sur le marché de l'emploi, et non la stigmatisation et l'expulsion.»


Le PSE a également appelé les partis au gouvernement en Roumanie et en Bulgarie, tous deux membres du Parti populaire européen (PPE), auquel appartient également le parti du président français, à se distancier des actions du gouvernement de Nicolas Sarkozy.


http://www.pes.org/fr/news/la-question-des-roms-ou-le-populisme-abject-du-gouvernement-francais

 


Par Michèle Fazilleau - Ecrire un commentaire
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