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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 18:42

L'Insee anticipe un recul de 0,2 % du PIB au quatrième trimestre 2011, puis de 0,1 % au premier trimestre 2012. Suivrait ensuite une quasi-stabilisation de l'activité. Ce scénario accentue les difficultés pour tenir les objectifs de réduction de déficit. La perte du triple A est jugée inéluctable.

Ecrit par
Frederic SCHAEFFER...Les Echos

 

Jamais une campagne présidentielle n'aura débuté dans un tel contexte de dégradation de l'activité économique. Pour l'Insee, cela ne faire guère de doute : la France est retombée en récession. Publiant ce jeudi 15 décembre, à 22 heures, ses nouvelles prévisions, l'Institut statistique anticipe deux trimestres consécutifs de contraction de l'activité. Le PIB reculerait de 0,2 % au quatrième trimestre, en cours, puis de 0,1 % au premier trimestre. Suivrait ensuite une très modeste croissance au printemps (+ 0,1 %).

 

Il y a deux mois à peine, l'Insee tablait encore sur une croissance nulle en cette fin d'année. Sauf que, entre-temps, la crise des dettes souveraines s'est aggravée et s'est propagée au secteur financier. « Le choc s'est transmis à l'économie réelle : la dégradation depuis l'été des enquêtes de conjoncture européennes le montre sans ambiguïté », explique Sandrine Duchêne, chef du département de la conjoncture. La France n'est pas un cas isolé. Comme elle, « la zone euro traverserait cet hiver un court épisode récessif », avant de connaître au printemps une « petite bouffée d'oxygène venant de l'extérieur ». La récession serait plus longue et plus marquée en Italie et en Espagne, tandis que l'Allemagne verrait son PIB reculer uniquement lors du trimestre en cours.

6 milliards d'euros de crédits mis en réserve

Ce scénario tombe au plus mal pour le gouvernement. Au-delà de 2011 (l'Insee table sur une croissance de 1,6 %, Bercy sur + 1,75 %), il rend totalement caduque la prévision de 1 % figurant dans le budget 2012. Car, si l'Insee ne se trompait pas jusqu'à fin juin (l'acquis de croissance serait nul), il faudrait alors une croissance de 1,3 % au troisième puis au quatrième trimestre... N'y croyant plus lui-même, l'exécutif insiste sur les 6 milliards d'euros de crédits mis en réserve et censés permettre de tenir l'objectif de réduction de déficit avec une croissance limitée à 0,5 %. Sauf que, selon la plupart des économistes, cela sera loin de suffire.

 

Pour que la France atteigne péniblement ce demi-point de croissance l'an prochain, l'Insee calcule qu'il faudrait 0,6 % de croissance au troisième trimestre et au quatrième. De quoi renforcer la probabilité d'un troisième plan de rigueur dès le lendemain de la présidentielle. Sans doute plus dur que les précédents.

 

Au-delà, c'est la perspective d'une perte du triple A de la France qui se renforce. En mettant la note sous surveillance négative, Standard & Poor's a clairement pointé le fait que la trajectoire d'assainissement des finances publiques de Paris reposait sur des hypothèses de croissance trop optimistes pour 2012 et les années suivantes. Preuve que la perte du triple A paraît inéluctable, l'exécutif cherche désormais à en minimiser la portée (« Une difficulté de plus mais pas insurmontable » selon Nicolas Sarkozy). Pour François Hollande, la dégradation serait « un échec très grave pour Nicolas Sarkozy ».

« Il va falloir du temps avant de voir redémarrer la machine économique »

Même courte et peu prononcée, selon le scénario de l'Insee, la récession va peser sur le bilan du chef de l'Etat et fortement contraindre les promesses de tous les candidats. Une situation inédite. Avant l'élection de 2002, l'économie avait ralenti, avec même un quatrième trimestre 2001 négatif (- 0,5 %). Mais ce recul n'avait pas été pronostiqué par l'Insee à ce stade de l'année et il avait été suivi d'un rebond (+ 0,6 % au premier trimestre 2002).

 

« Compte tenu de la nature du ralentissement, il va falloir du temps avant de [voir] redémarrer la machine économique », prévient Sandrine Duchêne. Le scénario de l'Insee a été bouclé avant l'accord européen mais a « une forte inertie ».

 

Car la crise touche désormais « le financement de l'économie »,

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Monique Ayrault - dans médias
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