car il n'y avait plus de place. La salle est déjà remplie à craquer et pourtant il n'est pas encore 15
heures:
aux 600 chaises prévues ont été ajoutées une cinquantaine, et la foule continue d'arriver. Des rangées de
gens
debout sur trois, quatre épaisseurs se forment contre les murs, dans une atmosphère bon enfant.
Un carré de chaises a été formé, avec au centre une petite estrade et un pupitre avec micro. Au mur, un grand
écran
sur lequel on projette une vidéo sur notre région: fiers de nos paysages, fiers de notre histoire, fiers de
nos
actions. Après une succession de photos présentant notre fleuve, nos églises romanes, nos villes,
vallées et littoral, après le rappel des personnages qui ont marqué l'histoire de France - de Bernard
Palissy
à François Mitterrand en passantp par Alfred de Vigny - nous entrons dans un résumé des actions
entreprises
par la Région depuis 6 ans. Et franchement, comment imaginer une autre région qui puisse mettre
autant
de réalisations à son actif, dans autant de domaines? Valise d'outils pour les lycéens professionnels et
les
apprentis (idée qui a depuis été reprise dans de nombreuses régions), plan photovoltaïque, lycée
Kyoto,
maisons de santé, aide à l'implantation des jeunes médecins en zone rurale, plan pour la filière lait,
aide
aux pêcheurs et leurs familles, 1e région de France pour les SCOP (les coopératives ouvrières de
production),
1e région de France dans tant de domaines que je ne peux ici les énumérer!
Après un hommage aux élus et aux représentants de la "société civile", Ségolène Royal a entamé son
discours
dont voici les points saillants:
- Demain commence la semaine du congrès des maires mais aussi la semaine de la Fronde des élus
locaux:
quelle que soit leur sensibilité politique, ils s'adressent au gouvernement qui ferait bien de les entendre
car
ils représentent l'intelligence des territoires. Ils ne sont pas contre la réforme des collectivités
territoriales
pour le plaisir d'être contre, la société se transforme et il est normal de réformer pour prendre en
compte
ces transformations. Mais une bonne réforme est une réforme qui améliore la situation.
Abîmer les collectivités locales comme le propose cette réforme mal pensée, abîmer les collectivités locales
donc,
c'est abîmer la France. Affaibilir nos territoires, c'est affaiblir l'identité nationale. Appauvrir les
collectivités
c'est appauvrir les familles et les citoyens - eux qui devront payer à la place d'entreprises non
délocalisables
comme les hypermarchés eux aussi exemptés de taxe professionnelle, c'est appauvrir les services
publics
de proximité, et ça c'est tout bonnement, une mauvaise action. Quand une réforme est mauvaise, il faut
la
revoir.
- A propos des tickets santé/contraception dans les lycées, c'est un projet responsable, voté par
l'ensemble
des représentants du conseil régional, oui, y compris l'UMP. Seul le Front National a refusé de voter ce
projet.
Et voici un ministre de l'Education Nationale qui se solidarise du Front NAtional!
- Voyez notre programme de 2004: nous avons tenu parole, réalisé ce que nous avons promis, et même
AU-DELA! Nous sommes allés au-delà car gouverner c'est s'adapter quand le monde change, savoir
répondre
aux défis que nous n'avions pas prévus, c'est aussi toujours garder un temps d'avance.
- Rompu un tabou par la prise de participation dans une entreprise privée: Heuliez. Mais aussi soutien
aux
labos de recherche, 1e région à déposer des brevets: lorsqu'ils donneront lieu à des applications, ce sera
un
retour d'argent vers le contribuable tout en aidant le dynamisme économique.
- la filière d'économie solidaire: les SCOPS, qui se base sur la tradition de la région (mutuelles ont été
inventées
ici).
Les régions sont un lieu de résistance: nous luttons contre les regression impulsées par le pouvoir
central,
et nous lançons du mouvement, de l'action, pour aller de l'avant.
Résister mais aussi agir, résister mais aussi inventer, résister et créer, résister et surmonter les
obstacles.
Imaginons et résistons!
Nous entrons dans une grande campagne: la politique permet de traduire dans les actes ce en quoi nous
croyons,
de prêter attention au quotidien et aider ceux qui nous font tous avancer.
Certes on ne peut pas résoudre la crise à l'échelle régionale, mais nous pouvons lutter, et prouver qu'il est
possible
de créer de nouveaux équilibres contre les injustices. Nous montrons ce que peut la politique quand le pouvoir
est
utilisé correctement.
Par exemple, 20% des exploitations agricoles perçoivent 80% des subventions: on le sait, on le dit depuis 30
ans,
rien n'est fait.
Eh bien, JE METS AU DEFI le pouvoir central: qu'il confie ne serait-ce que 30% des aides aux exploitations
agricoles
aux régions, et qu'on voie ensuite si elles n'ont pas été plus efficaces et plus justes dans leur
attribution.
Les élections régionales sont un moment démocratique fort; je veux de la qualité, des échanges, qu'il y ait dans
chaque
canton des espaces de parole. Nous sommes FIERS de notre région, mais nous sommes aussi MODESTES: quelles
actions
à corriger? quelles actions sur lesquelles les citoyens sont en phase et veulent qu'elles gagnent en étendue?
quelles actions
n'a-t-on pas encore mises en place?
Ces espaces de parole sont ouverts à TOUS, quelle que soit la sensibilité politique, car tous font partie de la
Région et
tous comptent pour l'avenir du Poitou-Charentes.
Après le discours de Ségolène Royal, nous avons entendu:
-Catherine Quéré , qui a parlé de son émotion à travailler dans la 1e région de France "sans OGM", avec charte
signée à Florence
avec d'autres régions européennes; également, le projet mis au point pour les jeunes agriculteurs, qui est donné
en exemple aux
autres régions dans la plaquette de la SAFER; le permis de conduire pour les jeunes ayant obtenu leur CAP, mis
en place pour la
1e fois à l'EREA de Saintes - l'EREA est un établissement réservé aux élèves très difficiles (taux
d'encadrement: 1 adulte pour 5 jeunes...!
"difficiles" est un euphémisme) et leur fierté à avoir obtenu ce précieux sésame.
- Delphine Batho (79) nous a prévenus: en pleine campagne des régionales, toutes les familels (même les plus
fortunées!!) recevront un
chèque du gouvernement! Soit-disant pour rembourser la taxe carbone... sauf que pour une famille de 4 personnes
ayant 2 voitures,
il restera 168 euros non couverts (environ 1000 francs à débourser a précisé D.Batho à destination des plus
anciens), une somme
qui compte peu si on paye l'ISF mais qui va impacter de façon disproportionnée les familles modestes ou moyennes
de la région.
(Sans compter que le subterfuge est assez grossier!!!) Elle a aussi rappelé qu'avant 2004 et la mise en place
d'un fond spécial, il
n'existait quasiment aucune aide pour les petites communes -- inconsciemment, les élus des zones rurales ont
tous hoché la tête
de concert.
- Maxime Bono (17) nous a dit que la valeur essentielle en politique est la confiance. (Or on sait depuis
l'étude de l'économiste Yann Algan
que c'est la valeur dont manque profondément la France - cf. _la société de défiance_) "Pour avoir la
confiance des autres, il faut tenir
ses promesses et avoir du courage". Il a rappelé cet épisode, lorsque les pêcheurs avaient des feuilles de paie
négatives à cause du coût
du fuel. Les pêcheurs, qui ne votent pas vraiment à gauche, avaient fait confiance à Ségolène Royal (j'ajoute,
car je me souviens de
cet épisode: alors même qu'ils demandaient un fax signé sur papier à en-tête à Michel Barnier, dont la simple
parole était si discréditée
qu'elle ne suffisait plus, même s'il parlait officiellement.)
-Michel Boutant (16) a rappelé la mémoire de François Mitterrand parlant de la loi de décentralisation de 1982
"grâce à cette loi, je remets
le pouvoir au plus près du peuple", et c'est pour le retirer au peuple que Nicolas Sarkozy veut recentraliser,
non pas en passant du canton
au département ou du département à la Région, mais en redonnant tous les pouvoirs à Paris, et ce au moment-même
où l'Etat abandonne
les territoires.
Nous avons aussi entendu M.Linarès, très ému, chef de la PME qui va mettre sur le marché la 1e voiture
électrique: "Madame Royal a eu une vision
d'avenir et elle nous a accompagnés dans cette aventure technique, économique, et humaine. Voilà ce que c'est,
un vrai homme ou une vraie femme politique."
Le délégué CFDT d'Heuliez a rappelé "nous sommes passés très près de la mort d'une entreprise. Madame Royal nous
a aidés de plusieurs façons:
en mettant un coup de projecteur sur nous, ça a permis d'enclencher le processus; lors du 1er plan social on
avait demandé une sécurité sociale
professionnelle, on nous prenait pour des rêveurs voire des idiots, eh bien, la 2e fois, avec la Région, ils
nous ont soutenus dans cette idée. Bien sûr on voulait sauver
TOUS les salariés et ceux qui ont perdu leur emploi restent une blessure, mais on a poussé pour que plus de
salariés soient repris que n'en demandait
la charge de travail, et avec le parcours de formation professionnelle le chômage partiel est rémunéré à 100%,
il n'y a pas de sacrifice financier
et en plus une formation. C'est grâce à l'impulsion de la région qu'on a pu faire signer tous les partenaires,
avant ça impossible!"
Le délégué CGT de Fabris: "ex-salarié, ex-délégué, car notre usine a fermé le 31 juillet dernier suite à un
combat très long, ça avait commencé en novembre.
Mais les 366 salariés licenciés n'oublieront pas, non on n'oubliera jamais, le rôle actif de Madame Royal. Je
dis actif parce que des passifs il y en a eu
beaucoup, par exemple notre député pourtant UMP. Eh bien Madame Royal est venue dans l'usine, alors qu'il
faisait très chaud, elle était sur place,
pour soutenir les salariés. La table ronde, bon elle n'a pas eu les résultats qu'on voulait, mais c'est elle qui
a réussi à la réunir alors qu'on la demandait
depuis des semaines et que même M.Abelin n'avait rien pu faire. Avec tous ses collègues du conseil régional,
Madame Royal nous a vraiment soutenus,
et ça je ne l'oublierai JAMAIS! Notre avenir est sombre, mais je suis convaincu qu'il le sera moins si on le
fait avec Madame Royal."
(très ému, il se rassoit sous des salves d'applaudissements qui durent aussi longtemps que pour Ségolène
Royal.)
Jean-François Macaire: "sou après sou, elle a réussi à déplacer l'argent public vers ceux qui en ont le plus
besoin... et sans augmenter les impôts!"
"Ségolène c'est la capacité à dépasser et à inventer."
La représentante du PRG a pris la parole. Plutôt que se tourner vers la salle, elle s'est tournée vers Ségolène
Royal pour lui exprimer sa confiance.
Le représentant du MRC a expliqué que la gauche a un "devoir de s'unir" et que le Poitou-Charentes est un modèle
pour les autres régions, "Bravo!"
Le représentant des Verts était très très embarassé. Il a expliqué que les verts n'avaient qu'un adversaire,
Dominique Bussereau, mais qu'ils partaient
de façon autonome afin de défendre une des conquêtes démocratiques, le scrutin proportionnel, pour s'obliger à
être meilleurs tout en obligeant le PS
à aller aussi loin que possible, par exemple dans les politiques locales qui sont loin des politiques régionales
notamment sur l'eau.
Ses propos ont suscité quelques remous dans la salle et n'ont guère convaincus (si le problème est local et non
régional, pourquoi partir en liste autonome
aux régionales???) et une conclusion a été donnée par Denis Leroy "Peut-être que sur cette question la
région Poitou_Charentes aurait mérité
d'être l'exception qui confirme la règle nationale?"
Mot de la fin à Ségolène Royal: "Mettez-vous en mouvement pour faire connaitre le potentiel et les espérances du
Poitou-Charentes!"
Merci à notre adhérente de Désirs d'Avenir pour son compte-rendu.
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