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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 20:58
Le 22 février, François Hollande rencontre l'association AClefeu qui occupe l'hôtel de Châlon-Luxembourg, à Paris, rebaptisé ministère de la crise des banlieues.
Le 22 février, François Hollande rencontre l'association AClefeu qui occupe l'hôtel de Châlon-Luxembourg, à Paris, rebaptisé ministère de la crise des banlieues. (Photo Sébastien Calvet)
Par LAURE BRETTON

 

Chacun son déplacement surprise.

 

A Nicolas Sarkozy les entrepôts de Rungis mardi à l'aube,

 

et à François Hollande un rendez-vous avec le collectif AClefeu. L'association squatte un hôtel particulier du Marais, dans le centre de Paris, rebaptisé «ministère de la crise des banlieues», où il a invité tous les candidats à l'Elysée à passer pour «remettre les banlieues dans la campagne présidentielle».

 

L'équipe du socialiste s'est bien gardée de communiquer sur ce déplacement. A son arrivée, quelques journalistes attendent tout de même Hollande devant l'entrée du magnifique hôtel de Châlon-Luxembourg, inoccupé depuis plusieurs années.

 

«Aujourd'hui, c'est le temps du dialogue et j'espère, demain, de l'action», déclare le député de Corrèze, qui était lundi en campagne en banlieue, dans le Val-de-Marne, pour parler de logement social.

 

Cette fois, on est loin du rodéo médiatique entre les barres HLM. Sur une petite table nappée de violet, le dialogue s'installe et il est plutôt sec. Le président du collectif, Mohamed Mechmache, et sa secrétaire nationale, Fatima Hani, bombardent le candidat de questions ultraprécises sur les copropriétés, les charges des entreprises installées dans les quartiers qui «finissent par baisser les bras», la péréquation financière entre les territoires, l'école, le logement. Hollande fait le lien entre son plan de construction de logements sociaux et la lutte contre le chômage: «Je cite souvent ce chiffre: un logement créé c'est trois emplois» dans ces quartiers.

 

Car c'est surtout d'emploi dont il est question. Celui des jeunes mais pas seulement. Fatima Hani demande des précisions à Hollande sur ses solutions. Le candidat déroule les «contrats d'avenir», réservés aux jeunes dans les milieux associatifs, et défend son «contrat de génération», qui doit permettre l'embauche d'un jeune et le maintien d'un senior pour le former. La secrétaire nationale de l'association ne lâche rien:

 

«Il faut aussi des dispositifs qui favorisent plus les femmes.»

 

Un seul des 60 engagements de campagne de François Hollande concerne précisément la banlieue, le numéro 27. Sa «nouvelle génération d'opération de renouvellement urbain» comprend un volet services publics, école, police et associations. Mais, se défend le candidat, tout dans sa campagne est tourné vers les quartiers populaires: la priorité pour la jeunesse, la création de postes dans l'Education etc...

 

«Mon premier principe, c'est l'égalité des territoires», insiste-t-il.

 

De son côté, AClefeu fait douze propositions aux candidats présidentiels, dont la revalorisation du smic à 1300 euros net, l'application effective de la loi de réquisition ou une attestation de contrôle d'identité – une proposition portée par le PS mais que le candidat Hollande n'a pas retenue. Mais ce dernier a donné rendez-vous au collectif à son QG pour passer de «l'écoute à la traduction» des propositions dans la campagne. Une autre revendication fuse pendant le débat: un «gouvernement comme la France, multicolore, pas formé de types qui sortent tous de l'ENA». Assis en face, le diplômé de la promotion Voltaire enregistre.

«Attention, si vous nous oubliez, nous vous oublierons»

A moins de deux mois du premier tour, Mohamed Mechmache tire la sonnette d'alarme: dans les cités, l'abstention risque d'exploser si les politiques ne se préoccupent pas de leurs habitants.

 

«J'entends ce que vous me dites. Vous nous dites: attention, si vous nous oubliez, nous vous oublierons», note Hollande.

Dominique Bertinotti, la maire du IVe arrondissement où est situé l'hôtel particulier, opine du chef.

 

«On a créé un grand espoir grâce à Ségolène Royal en 2007 parce qu'on portait enfin un regard différent sur la banlieue, pas misérabiliste. Là, les habitants font une opération très citoyenne: ils nous disent qu'ils s'intéressent toujours à la politique alors il ne faudrait pas que la politique se désintéresse d'eux», prévient-elle.

 

Le candidat à l'Elysée assure avoir entendu le message. «Cette campagne, je la mène avec le souci d'associer tous les citoyens, sans opposer personne ou stigmatiser personne, pour dire que nos quartiers sont une chance pour la République à condition que la République elle-même tienne ses promesses», dit-il aux caméras. «Il y a eu tellement de promesses, tellement de plans Marshall sans réalité, tellement de déception.

 

Je ne veux pas qu'il y ait de rupture entre les citoyens de ces quartiers et la France», insiste-t-il. Et si ce n'était pas encore assez clair, il en rajoute une couche contre la politique de Nicolas Sarkozy en glissant:

 

«Quand on voit ce que sont devenus et le plan Espoir Banlieue et Fadela Amara...»

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