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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 11:18

Par Patrick Guilloton

Hollande : les écueils d'un favori

Après le délicat exercice du Bourget parfaitement négocié, il reste encore du pain sur la planche du candidat. En externe mais aussi en interne.

M. Hollande a proposé hier « une notation sociale des entreprises », « bonne information pour les actionnaires ».

M. Hollande a proposé hier « une notation sociale des entreprises »,

 
 

Il suffisait de voir les mines réjouies, d'entendre les commentaires enthousiastes des militants socialistes ayant pris part au premier « grand » meeting de campagne du candidat Hollande, dimanche au Bourget, pour constater que celui-ci avait tapé juste.

 

Touché au cœur.

Non seulement il a montré qu'il possédait la carrure présidentielle, mais il a également convaincu son auditoire que la crise engendrée par le monde de la finance, bien que lourde et envahissante, ne devait en aucun cas gommer l'espoir, mieux, « le rêve ».

Pilonné à droite

 

Ce long discours construit avec méticulosité n'a pas fini d'alimenter les conversations. Hier, dans le Landerneau politique, on ne parlait que de cela. La droite ne s'attendait probablement pas à une telle performance.

 

Si bien que l'abondance de ses réactions n'a pas caché une vraie inquiétude et l'absence d'arguments de poids. La principale critique reprise en chœur par Bruno Le Maire, Jean-François Copé, Brice Hortefeux et Henri Guaino (pour ne citer qu'eux) tient au fait que les propos de François Hollande constituaient « un discours du monde d'hier », tenu par « un candidat des années 70-80 ».

 

« Avec de telles attaques, l'UMP tend des bâtons pour se faire battre », glissait hier un proche du candidat PS, expliquant qu'il allait être aisé de répondre que depuis cinq ans, « la politique de Nicolas Sarkozy a eu pour effet un retour au capitalisme du XIXe siècle, beaucoup subissant l'enfer de l'extrême pauvreté dépeint tant par Dickens que par Zola ».

 

Ce qui est certain, c'est que Le Bourget aura certainement fait comprendre, dans le camp du président sortant, qu'il commence à y avoir le feu à la maison. Les choses très sérieuses débutent. La preuve, Nadine Morano n'a pas été autorisée à s'exprimer…

Chiffrer le programme

 

La prochaine étape de montagne du candidat Hollande est programmée pour jeudi, avec la présentation de son programme.

En réalité, le véritable intérêt de l'exercice va tenir au chiffrage dudit programme ; pour ce qui est de son contenu, il a été largement dévoilé depuis des semaines, et tout particulièrement dimanche.

 

On sait les priorités déclinées à partir des « piliers » que sont la jeunesse, la justice et l'égalité. On connaît les grands axes de la politique européenne, comprenant une renégociation du traité de Lisbonne (celui qui avait permis aux perdants du référendum de 2005 de rentrer par la fenêtre après avoir été sèchement mis à la porte), et proposant « une nouvelle relation de vérité-égalité aux Allemands ».

 

Autres points importants de ce programme déjà connus, la fiscalité (en particulier une nouvelle tranche d'impôt pour les revenus supérieurs à 150 000 euros taxés à 45 %), un effort d'envergure sur le logement (un million d'unités neuves et anciennes isolées pour économiser l'énergie, mise à disposition par l'État de terrains disponibles aux collectivités locales pour de nouvelles constructions), un départ en retraite possible à partir de 60 ans pour ceux qui auront cotisé 41 ans, le doublement du plafond du livret A porté à 30 600 euros.

 

On pourrait ainsi poursuivre cette liste en faisant allusion à la guerre « aux petits caïds », aux mesures liées à la santé, à l'égalité hommes-femmes.

En clair, avec l'UMP, la bataille des chiffres est prévue pour jeudi. On entend déjà les socialistes rétorquer que depuis cinq ans, les cadeaux aux plus riches ont coûté 100 milliards par an aux caisses du pays.

 

Ségolène Royal oubliée

 

Enfin, en interne, François Hollande va devoir aborder un problème très personnel. Il a trait à Ségolène Royal, laquelle a mal vécu (et l'a fait savoir) le fait de ne pas avoir été citée lors du discours du Bourget. Un meeting où elle est apparue isolée par rapport aux autres grandes figures socialistes.

 

Il est évident que la présidente de Poitou-Charentes vit actuellement une période délicate après son dur échec de la primaire et la volonté - qui n'est pas subliminale - du PS de gommer l'épisode de la défaite de 2007. Sans oublier la course d'obstacles qui l'attend à La Rochelle.

 

Reste qu'il ne faudrait pas que ces difficultés finissent par faire tache sur la campagne de 2012.

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