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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 23:26

 

 

Fukushima un an après : « La crise est loin d'être réglée »

 

Quels sont aujourd’hui les principaux risques sur le site nucléaire ?


J’en citerai deux. D’une part, on ne peut toujours pas exclure un scénario de re-criticité avec redémarrage de la réaction nucléaire au sein du combustible d’un des réacteurs (voir à ce sujet notre article ici). Un tel phénomène provoquerait un dégagement de chaleur et d’énergie, et une émission de neutrons très dangereuse pour les travailleurs de la centrale. Plusieurs physiciens affirment que l’hypothèse d’un phénomène de re-criticité reste d’actualité, même si elle est controversée. Il existe un autre risque très sérieux : c’est qu’un bâtiment s’effondre. En particulier, le bâtiment réacteur n°4, qui a été fragilisé par des explosions et dont la piscine contient une grande quantité de combustible irradié. Il faut savoir que la piscine se trouve entre les quatrième et cinquième étages. Si le bâtiment s’écroulait, ce serait un véritable cauchemar, car la dose reçue à un mètre de distance du combustible serait létale en moins d’une minute, interdisant tout accès. Tepco a renforcé la structure de la piscine de la tranche 4, mais cela paraît très insuffisant pour garantir qu’il n’y aura pas de problème. La situation ne sera vraiment stabilisée que lorsqu’on aura sorti le combustible irradié de l’installation. Le début des opérations n’est pas prévu avant 2013 sur la tranche 4 et plus tard pour les autres. De nombreux équipements ne fonctionnent plus, en particulier les ponts de levage au-dessus des piscines. Un château de transport de combustible irradié pèse 100 tonnes. Il va falloir reconstruire un aménagement à côté de chaque tranche…

« Depuis un an, on n'a guère progressé vers une situation stable et sûre »

En somme, on n’est pas près de régler la situation...


Non, d’autant qu’une autre difficulté vient s’ajouter : si le séisme principal s’est produit il y a un an, il y a eu depuis des centaines de secousses. Jusqu’au début du mois de février 2012, le gouvernement japonais a recensé 588 tremblements de niveau 5 sur l’échelle de Richter, 96 de niveau 6 et six de niveau 7. On imagine les conséquences pour l’intégrité des bâtiments. En outre, au début de l’année, on a observé au moins vingt-huit ruptures de tuyaux en quelques jours à cause de gels. Ce genre d’incident complique la tâche de l’exploitant, qui continue d’injecter de l’eau en permanence, entre dix et vingt mètres cubes par heure au total, pour refroidir les cœurs des réacteurs via des tuyauteries improvisées. Il y a toujours environ 100 000 mètres cubes d’eau contaminée dans la partie basse des bâtiments. On n’arrive pas à diminuer sensiblement cette quantité d’eau. La décontamination produit des boues hautement radioactives, dont il faut gérer le stockage.

 Globalement, ce que vous décrivez donne une impression d’à-peu-près, de bricolage…

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