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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 08:44

 
Par DESIRS D'AVENIR HERAULT

Étudiants étrangers : critiqué de partout, Guéant va revoir sa copie

| Par Carine Fouteau

Grandes écoles, universités, patronat, DRH et maintenant société civile. La mobilisation contre la circulaire de Claude Guéant, réduisant les possibilités pour les étudiants étrangers diplômés de travailler en France, s'accroît, y compris dans les rangs du gouvernement. Jusqu'à contraindre le ministre de l'Intérieur de revoir ses instructions. Il a annoncé vendredi 23 décembre qu'il allait adresser début 2012 aux préfectures une nouvelle circulaire.


Sur Europe 1, jeudi 22 décembre dans la soirée, alors qu'il s'y refuse depuis des semaines, il s'était déjà dit «résolu» à «avoir une concertation approfondie avec les parties prenantes» et à «faire une circulaire spécifique sur le travail des étudiants étrangers afin que les cas de figure soient examinés et que les choses soient plus claires dans l'application». «Clairement, je note qu'il y a des malentendus, des interrogations», a-t-il ajouté, lucide.


Sentant le vent tourner, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, avait indiqué quelques heures auparavant qu'il y avait «un problème» avec ce texte daté du 31 mai 2011, qui enjoint aux services administratifs de ne plus accorder «aucune facilité particulière dans l’examen de la procédure de délivrance d’une autorisation de travail» aux étudiants étrangers. «Je n'ai pas de conseils à donner au ministre de l'Intérieur, qui est par ailleurs un homme tout à fait compétent dans ce domaine. Ça ne me regarde pas», a-t-il toutefois ajouté, prudent, signe que le dossier est sensible.


 

Sur le site de la pétition Notre matière grise est de toutes les couleurs.  
Sur le site de la pétition Notre matière grise est de toutes les couleurs.

«Je ne veux pas que l'université française ferme ses portes aux étudiants étrangers, je trouve ça absurde», a de son côté déclaré Laurent Wauquiez, le ministre de l'Enseignement supérieur, qui est l'un des premiers membres du gouvernement a avoir pris ses distances à l'égard de la circulaire. «On s'est plantés, et il faut le dire clairement, sur une circulaire qui a donné ce sentiment, qui a donné cette image à l'extérieur (...). Il y a des moments où on fait des erreurs et le but c'est d'essayer de corriger, parce que notre université française (est) la troisième au monde à accueillir le plus d'étudiants étrangers et il ne faut pas que ça change parce que c'est une chance pour tout le monde», a-t-il insisté sur France 2.

Dans un courrier adressé fin novembre aux présidents d'universités et de grandes écoles françaises, le Premier ministre François Fillon n'avait pas désavoué Claude Guéant, mais il avait souligné l'apport des étudiants étrangers.


Comme une lame de fond, une centaine de chercheurs et de personnalités d'horizons divers montent également au créneau. Dans une pétition signée par plus de 14.000 personnes, ils demandent le retrait d'une circulaire qu'ils jugent «moralement méprisable, économiquement suicidaire». Parmi eux, le prix Nobel de physique Albert Fert, le professeur au Collège de France Pierre Rosanvallon, les professeurs d'économie Philippe Aghion et Thomas Piketty, les sociologues Christian Baudelot, Stéphane Beaud et Edgar Morin, ou encore l'ex-présidente d'Areva Anne Lauvergeon.


 

Derrière le Collectif du 31 mai, constitué d'étudiants étrangers confrontés à des refus, ils déclarent s'engager à les «parrainer en les aidant concrètement dans leurs démarches dans les préfectures» et à les «protéger» pour qu'ils puissent rester en France car «la matière grise est de toutes les couleurs».

À l'égard de la politique migratoire menée sous la direction de Nicolas Sarkozy, le ton est virulent. Selon eux, le «message» du gouvernement est proche, voire identique aux slogans frontistes : «Étranger, ne viens pas étudier chez nous, et n'espère pas trouver un emploi au terme de tes études. Employeur français, tu n'embaucheras pas d'étranger. Peuple de France, tes dirigeants veillent sur tes emplois! Préférence nationale! La France aux Français!»


«L'idée véhiculée est aussi mensongère que dangereuse, s'insurgent-ils, car «dire que l'embauche d'un étranger prend l'emploi d'un citoyen français, c'est faux! C'est un mensonge éhonté. Un diplômé étranger travaillant en France, c'est quelqu'un qui paye ses impôts en France, qui consomme en France, qui achète en France, qui soutient l'emploi et la consommation en France. S'il devient chef d'entreprise, c'est quelqu'un qui embauche en France. S'il retourne dans son pays, c'est quelqu'un qui sait que la France est ouverte sur le monde et développe avec la France les échanges, le commerce. La France gagne à recevoir des étudiants étrangers. Les étudiants étrangers ne sont pas une menace pour la France, ils sont une chance.»


Après la région Ile-de-France, celle de Rhône-Alpes vient elle aussi de réclamer l'abrogation du texte.


Sans aller jusqu'à retirer sa circulaire, le ministre de l'Intérieur s'est donc engagé à revoir sa copie. Vu l'ampleur du mouvement de contestation, ses interlocuteurs en colère ne manqueront pas de lui indiquer si ses corrections vont dans la bonne direction, et sont suffisantes, ou pas.

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Monique Ayrault - dans blogs
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