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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 23:06

Stéphane Hessel et Edgar Morin lancent l’appel de l’espérance

 

| Par Edwy Plenel et Hugo Vitrani

Compagnons d'indignation et de résistance, Stéphane Hessel et Edgar Morin ont choisi Mediapart pour s'adresser aux candidats à l'élection présidentielle. Intitulé « Pour que la France retrouve le chemin de l'espérance », leur appel s'adresse à ceux qui briguent la présidence de la République, et plus particulièrement les candidats de gauche, au nom des attentes qu'expriment aussi bien les révolutions démocratiques arabes que le mouvement mondial des Indignés. Voici la vidéo où ils lisent, à deux voix, cet appel dont le texte, reproduit sous l'onglet « Prolonger » de cet article, peut être téléchargé ici en format PDF.

 

 

Cet appel résume en douze commandements le propos que Stéphane Hessel et Edgar Morin développent dans un livre-manifeste qui vient de paraître, Le Chemin de l'espérance (Fayard, 5 euros). Ce texte est l'aboutissement d'un compagnonnage affirmé et approfondi dans la foulée du succès immense de Indignez-vous !, Stéphane Hessel ayant d'emblée renvoyé à l'œuvre d'Edgar Morin pour l'invention des réponses nécessaires, et notamment à La Voie, paru chez Fayard début 2011.

Stéphane Hessel l'expliquait dans ses vœux de nouvel an, diffusés par Mediapart (les voir ou les revoir ici), tandis qu'Edgar Morin précisait ensuite cette complicité en s'expliquant sur son dernier livre (lire ici notre entretien). Enfin, ils furent tous deux côte à côte pour saluer les révolutions démocratiques arabes naissantes, lors de la réunion publique organisée le 7 février 2011 à Paris par Mediapart (voir ici la vidéo de la soirée).

L'Appel de l'espérance lancé aujourd'hui par nos deux compères, l'un diplomate de carrière, l'autre socio-anthropologue de métier, est une façon de fêter un anniversaire. C'est il y a à peu près un an en effet qu'était publié par une petite maison d'édition de Montpellier, Indigène Editions, Indignez-vous !, court texte de Stéphane Hessel élaboré à partir d'un discours tenu sur le plateau des Glières, haut lieu de la résistance au nazisme.

Depuis cette date, le succès, d'abord français – plus de deux millions d'exemplaires –, puis planétaire – le livre est déjà traduit en trente-trois langues –, est phénoménal au point que ce verbe (s'indigner) devenu substantif (les indignés) est désormais le sésame d'une révolte embryonnaire en Europe et aux Etats-Unis, qui fait écho à l'événement aussi heureux qu'inattendu des révolutions arabes. Aussi avons-nous demandé à Stéphane Hessel et à Edgar Morin leur analyse de l'impact de ce mot devenu injonction. Voici leur réponse :

 

 

Un appel issu d'un livre, «Le Chemin de l'espérance»

 

Le Chemin de l'espérance, ce livre que signent ensemble Stéphane Hessel et Edgar Morin, est en quelque sorte le discours de la méthode de l'appel qu'ils lancent sur Mediapart. Résumée dès les premières lignes, son ambition n'est pas mince : « Chers concitoyens, notre propos est de dénoncer le cours pervers d'une politique aveugle qui nous conduit aux désastres. Il est d'énoncer une voie politique du salut public. Il est d'annoncer une nouvelle espérance. »

 

Plutôt qu'une pensée abstraite et loin d'un discours d'autorité, leur réflexion et leur exigence partent de la société, de ses souffrances, de ses inquiétudes et de ses attentes. Hessel et Morin veulent secouer la chape de plomb de fatalité et de résignation qui pèse sur notre pays à mesure que la mondialisation est synonyme de crise, pour les peuples, et d'impuissance, pour les politiques. « Autre pensée », « autre politique », « régénération de notre société », sont les refrains de ce vade-mecum d'une espérance nouvelle, certes fondée en raison mais, surtout, portée par les citoyens.

« Nous ne proposons pas de pacte aux partis existants, expliquent-ils à la fin du Chemin de l'espérance. Nous souhaitons contribuer à la formation d'un puissant mouvement citoyen, d'une insurrection des consciences qui puisse engendrer une politique à la hauteur de ces exigences. » Après une première partie sur la relation de la France au monde, le livre énonce, sous le titre « Une politique pour la France », diverses propositions dont les auteurs précisent qu'elles ne sont pas exhaustives et qu'elles sont « formulées pour être critiquées, complétées, remaniées ».

Presque tous les grands thèmes du débat public y sont abordés, de l'éducation aux inégalités, de la jeunesse à l'éthique, de l'emploi à la solidarité, de la revitalisation de la démocratie à une politique de la consommation, etc. L'ambition de Hessel et Morin est rien de moins que d'initier « une régénération française » qui bouscule les appareils et les partis, leurs conformismes ou leurs immobilismes.

S'adressant plus particulièrement à la gauche dans son ensemble, ils invitent ses partis à « se décomposer pour une recomposition » qui puiserait aux « quatre sources » qui doivent, selon eux, alimenter et régénérer la gauche : « La source libertaire, qui se concentre sur la liberté des individus ; la source socialiste, qui se concentre sur l'amélioration de la société ; la source communiste, qui se concentre sur la fraternité communautaire (et) la source écologique, qui nous restitue notre lien et notre interdépendance avec la nature. »

Ne rien céder aux replis nationalistes et identitaires

 

Si Le Chemin de l'espérance commence par évoquer la relation de la France au monde, c'est parce que Stéphane Hessel et Edgar Morin n'entendent rien céder aux replis nationalistes ou identitaires. Combattant la résignation française et renouant avec l'universalisme tricolore, ils rêvent d'une France qui redevienne exemplaire et dont l'inventivité politique fasse école, s'européise et se répande « sur la planète entière, fécondant ainsi une politique de l'humanité ».

 

Revenant sur le débat popularisé par Arnaud Montebourg autour de la démondialisation, ils constatent « l'impuissance du système planétaire à traiter les problèmes vitaux qu'il génère » et estiment qu'elle « le condamne à la désintégration ou à la régression, à moins qu'il ne réussisse à créer les conditions de sa propre métamorphose, celle qui le rendrait capable à la fois de survivre et de se transformer ».

Constituant « à la fois le meilleur et le pire de ce qui a pu advenir à l'humanité », la mondialisation appelle, dans leur esprit, une réponse française qui ferait levier universel. « Il nous faut à la fois mondialiser et démondialiser », résument-ils. D'un côté, « poursuivre la mondialisation qui nous donne une communauté de destin d'êtres humains de toutes origines, menacés par des dangers mortels ». Mais, de l'autre, « démondialiser pour donner toute sa place à l'économie sociale et solidaire » et pour « restituer au local, au régional, au national des autonomies vitales ».

En ce sens, l'engagement qui anime ces deux nonagénaires, comme une ultime jeunesse, renoue avec les origines révolutionnaires de la République française : cette particularité d'une nation qui, en pensant sa liberté, s'est alors entêtée à vouloir dire celle du monde et de l'humanité. Notre premier devoir, expliquent ainsi Hessel et Morin dans Le Chemin de l'espérance, « est un devoir de Français participant au destin planétaire des Terriens et qui portons dans notre héritage national les principes universels qu'expriment si bien les onzième et douzième couplets, toujours méconnus aujourd'hui, de La Marseillaise ».

Reproduits dans les premières pages de leur ouvrage, ces deux derniers couplets du chant révolutionnaire sont ceux qui évoquent une France indissolublement liée au sort du monde et de ses peuples. Stéphane Hessel et Edgar Morin ont accepté de les chanter pour les lecteurs de Mediapart, en forme d'invite non seulement à s'indigner, mais aussi à inventer tous ensemble une espérance à la fois démocratique, sociale et écologique. La vidéo montre que nos deux indignés y ont pris plaisir :

 

 

 

 

Source : Mediapart

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Michèle Fazilleau - dans desirsdavenir86
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commentaires

cholois 25/10/2011 13:12



Pour moi, le choix fait par l'appareil du PS de porter aux présidentielles coute que coute la droite du PS, F Hollande, celui avec ses amis qui a permis en 2007 que la France souffre
pendant 5 ans,  me désespère vraiment.


Je vois en ce moment même à la télé Luc Chatel présenter la lutte contre le harcelement à l'école que vient de lancer le gouvernement ! Que n'a-t-on moqué Ségolène il y a qq semaines qui
affirmait vouloir des enfants heureux à l'école !!Toutes ses idées, nos idées, ont été pillées à des fins électoraliste et sant avenir à long terme. C'est intolérable, humiliant, révoltant !!


Pour moi, le choix faut au cours des primaires par Mme Royal de soutenir F Hollande, de ne pas poursuivre notre espoir d'une vraie gauche, qui mettrait en oeuvre une vraie politique de
gauche, solidaire et juste, m'a conduit au désenchantement et au doute concernant sa sincérité au cours des années où je l'ai soutenue inconditionnellement.


L'espoir de voir le PS défendre les plus humbles est ainsi mort aux primaires.


Le PS est devenu un parti de centre, non pas de centre du PS, mais bien de centre de l'échiquier politique français, et sa future politique, si il accède au 2° tour des présidentielles, sera
peut-être un peu moins brutale dans la forme, mais sera la même que celle du gouvernement actuel. 


Mme Royal a assuré son avenir politique et financier, très bien, mais que l'on ne vienne plus parler espérance, espoir, indignation au peuple de gauche qui ne restera au PS que pour sortir N
Sarkozy en 2012.


Je précise que j'ai 62 ans, militante toute ma vie. Mme Royal m'avait redonné le gout du combat en 2006 mais le PS et S Royal, viennent de désenchanter mon engagement social et politique et
je trouve cela très, très triste.


Chantal Denocq


 


 



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