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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 11:35

 

 
 
Jacques Barbier et Antoine Piccirrilli devant le fermenteur qui transforme la cellulose en glucose et le glucose en éthanol. Jacques Barbier et Antoine Piccirrilli devant le fermenteur qui transforme la cellulose en glucose et le glucose en éthanol.

 

Valagro est une machine à déposer des brevets “ verts ”. L’un d’eux permet de produire de l’éthanol essence. Un procédé unique.


Soixante à soixante dix centimes le litre ! C'est le prix de l'éthanol essence à la sortie de l'unité pilote construite à Melle (Deux-Sèvres). C'est surtout le fruit de nombreux mois de recherche de la SAME (Société anonyme d'économie mixte) Valagro, implantée sur le campus à Poitiers.


 " Une tonne de paille permet d'obtenir 350 litres d'éthanol "

Le procédé, unique, présente des débouchés importants dès lors que cette énergie propre servira du carburant aux véhicules mais également pourra être utilisé dans d'autres secteurs de l'industrie, des produits bio plastiques (détergents) par exemple.
La plateforme poitevine a développé une technologie de fabrication de carburant originale « à partir de déchets bois et paille », explique Jacques Barbier, directeur général de Valagro. « C'est une usine à sucre », résume Antoine Piccirrilli, le directeur de recherche.

 

Les chimistes ont réussi à extraire de ces déchets la lignocellulose, qui contient du glucose. Celui-ci, une fois traité, peut-être converti en éthanol par fermentation. Simple et à la fois complexe, ce qui a nécessité de protéger l'invention. Car si Valagro a trouvé la formule magique, cinquante autres procédés dans le monde sont à l'étude. Mais la SAEM poitevine s'est fixé un objectif, contrairement aux autres études : « Faire un éthanol éthique qui ne soit pas en concurrence avec les usages alimentaires », précise Antoine Piccirrilli. Les résultats obtenus montrent que le rendement possible est intéressant : une tonne de paille permet d'obtenir 350 litres d'éthanol.


L'éthanol essence devient-il le nouveau carburant de demain ? : « La vocation de cette invention, répond Antoine Piccirrilli, est d'utiliser le produit en coupage avec l'essence traditionnelle. »


Reste, aujourd'hui, aux chimistes poitevins à trouver l'investisseur qui injectera 50 M€ pour monter l'usine. « Nous avons des investisseurs importants qui nous ont contactés », assure le directeur général de Jacques Barbier.

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Le carburant à l'huile végétale


Voilà six ans, la Région a demandé à Valagro de mettre au point un combustible où une partie du fuel serait remplacée par de l'huile végétale. Pour un baril à 120 dollars, le prix de la graine était fixé, à l'époque, à 200 € la tonne et l'huile à 500 €. Aujourd'hui, cet ingrédient a largement doublé.

 

Les chimistes de Valagro ont alors trouvé une « formulation » entre le fuel et l'huile qui permettait de s'adapter sur toutes les chaudières à fuel existantes. Une campagne d'essai sur plusieurs parcs de chaudières (particuliers, collectivités) a validé l'invention.


Depuis 2010, le procédé est au point. Un brevet a été déposé et validé, l'été dernier, par l'institut national de la propriété industrielle.


Sauf qu'aujourd'hui la « formulation n'est plus rentable, explique le président de Valagro, elle ne répond plus à la demande de l'époque mais le procédé pourrait être recyclé avec des huiles alimentaires usagers (huile de friture) ». Une association nationale « Roule ma frite », implantée à l'Île d'Oléron utilise ce carburant pour le train de Saint-Trojan. A Dolus, existe une installation d'une unité de purification des huiles alimentaires recyclées. Mais le nouveau combustible n'est pas disponible.

 

Didier Monteil

 

Source : La Nouvelle République 

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