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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 11:52

Congrès PS: la social-démocratie se prend à rêver d'Europe

 

Toulouse, de notre envoyé spécial

 

Les socialistes ont connu un début de congrès bien tiède à Toulouse. Sous un ciel gris et pluvieux, le parc des expositions de la ville occitane a accueilli les délégués sans ferveur ni cacophonie. « Unité et responsabilité » : voilà les deux mots-slogans énoncés par Guillaume Bachelay, nouveau n°2 du parti, pour définir un rassemblement socialiste dépourvu de tout enjeu de personnes ou d’orientations politiques. Avant de lancer son débat de politique générale qui se tient jusqu’à samedi soir, et se limitera à une succession d’interventions à la tribune, les congressistes ont vu leur vendredi se transformer en sommet de la social-démocratie européenne. Et les mots « fierté » et « responsabilité » ont été soudain utilisés à l’envi.


Tour à tour, se sont ainsi succédé Sigmar Gabriel et Pierluigi Bersani, leaders du SPD allemand et du Parti démocrate italien. Puis a été lu un message du chef du PS portugais, Antonio Jose Seguros. À chaque fois un même constat, résumé par le socialiste portugais : « L’austérité à n’importe quel prix est une faute. » « Les conservateurs disent avoir bien géré la crise, mais le chômage explose partout. L’économie européenne s’écroule à cause des marchés financiers, et ce sont les travailleurs qui paient », a lancé de son côté l'Allemand Sigmar Gabriel, demandant que «les marchés financiers soient domptés, pour que la crise ne se répète pas ». Après s’être félicité de l’action du gouvernement de Mario Monti, Pierluigi Bersani a pour sa part expliqué que « surmonter le dogme de l’austérité » serait «un long chemin à parcourir».


 

 Pour tous, la victoire de François Hollande est avant tout un signal de la reconquête du pouvoir en Europe par les sociaux-démocrates. Une Europe qui est le seul échelon capable, estiment-ils, d’endiguer une situation à laquelle leurs prédécesseurs de la fin des années 1990 ont pourtant amplement contribué, puisque la social-démocratie était alors au pouvoir dans 13 pays sur 15. « À la fin du XIXe siècle, la solidarité internationale des socialistes s’est opposée aux capitalismes nationaux, dit Gabriel. Aujourd’hui, le capitalisme est soudé internationalement, et la social-démocratie est trop souvent nationale. »

 

Se référant à Jacques Delors, mais sans citer la période Jospin, Bersani, a appelé à remettre au goût du jour « les idéaux européistes », citant pêle-mêle « égalité, droits sociaux, respect des libertés et participation démocratique ».


Après avoir salué « les représentants du mouvement ouvrier international » (sic), venus assister au congrès de Toulouse comme observateurs, Jean-Christophe Cambadélis a tout de suite évoqué dans la foulée « l’élaboration d’un programme commun du progressisme mondial ». Puis, celui qui est devenu le nouveau vice-président du parti socialiste européen (PSE) a détaillé « l’amorce du renouveau socialiste en Europe », rappelant les victoires aux Pays-Bas comme au Danemark, ainsi que les succès – aux élections locales seulement – des partis sociaux-démocrates en Hongrie ou en Allemagne.

 

Seule Ségolène Royal est venue déranger l’ordre établi d’un début de congrès un brin apathique, où les applaudissements sont aussi rares que les envolées lyriques, dans une salle aux deux tiers pleine (au meilleur moment, à moitié vide le plus souvent).

 

Pour la nouvelle vice-présidente de l’internationale socialiste, « l’appel est lancé (avec l’élection de François Hollande) aux gouvernants de l’Europe d’aujourd’hui pour qu’ils soient conscients qu’un sursaut est impérieux ». Comparant la situation à celle que trouva François Mitterrand en arrivant au pouvoir en 1981, face à « une Europe quasi paralysée »,

 

elle prévient : « Il connaissait la dimension tragique de l’histoire et savait qu’en période de crise, les occasions gâchées débouchent vite sur les implosions dangereuses voire sur des confrontations violentes (…) Regardons, comme Mitterrand, les choses en face : le temps presse. »

 

Mais le « sursaut » qu’elle espère passe aussi par le rappel de certaines promesses de campagne : « Rendre public le nom des banques et des fonds de pension qui ont spéculé sur la dette grecque. Interdire les ventes à terme de titres que les banques ne possèdent pas. Faisons-le ! Passons à l’action ! » Pas sûr que cette première journée de congrès en donne l’envie aux militants.

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