Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 09:58

 

Libération. 5 juillet 2012. Catherine Mallaval

ecole en danger


Usé après cinq ans de sarkozysme, le monde de l'éducation cherche des pistes pour sa refondation, engagée hier par le gouvernement. Examen de conscience pour une école 


Le constat est là : depuis une dizaine d’années, et de façon plus aiguë depuis le dernier quinquennat, les candidats à l’enseignement ne se bousculent plus. Un problème de reconnaissance ? De salaires ?


François Jarraud, fondateur du Café pédagogique, premier site d’information à destination des enseignants :

«Je crois que les profs s’intoxiquent eux-mêmes, quand ils se sentent déconsidérés. Ils ne sont pas plus décriés que les autres professions. Les sondages le montrent. En général, les parents sont satisfaits des enseignants de leurs enfants. En revanche, il y a une vraie crise des vocations. Et, du coup, des problèmes de recrutement. Cette crise, on l’a organisée en exigeant, depuis 2009, un master. Et ce pour un salaire d’employé, dans des conditions de travail dégradées et avec de moins en moins de liberté. Les instructions venues d’en haut s’intensifient. Au collège, ils doivent remplir des livrets de compétences avec 120 cases à cocher pour chaque élève ! Si on veut assez de profs, et remplacer les 35 000 départs en retraite chaque année, il faut les traiter à la hauteur de leur diplôme, c’est-à-dire comme des cadres!


«Concernant ceux qui ont déjà choisi ce métier, il est grand temps que l’Education nationale mette en œuvre une vraie politique de ressources humaines. Il n’y a quasiment plus de formation continue. Or, du fait de la démocratisation, tout le monde va au collège, deux élèves sur trois au lycée. Or, qui sont les profs ? En général d’anciens très "bons élèves". Donc mal placés pour comprendre les "mauvais". Ils n’ont pas été préparés à cela.


«Il y a aussi un grand besoin d’encouragements. Depuis cinq ans, nous organisons un Forum des enseignants innovants. Lors de la première édition, le prof lauréat a pleuré en recevant son prix, le second aussi, le troisième également et, finalement, toute la salle. Comme si, pour la première fois, ils avaient l’impression que leur travail était reconnu. Je crois qu’il est urgent de leur redonner le moral.»

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Recherche

Pages