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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 20:16

La lettre de Ségolène Royal, Présidente de la Région Poitou-Charentes

 

 

Courage, créativité, persévérance, que cette fantastique victoire du Charentais F. Gabart nous serve d'exemple. Bravo à un champion exceptionnel, ainsi qu'à la Macif, Mutuelle niortaise, fidèle aux valeurs de solidarité et d'aventure humain où l'on dépasse des limites inconnues.

 

Bravo à François Gabart pour cette très belle victoire qui vient couronner une course exceptionnelle, faite en tête depuis le 65ème jour de ce tour du monde en solitaire, sans escale, qui a conduit tous les concurrents à affronter trois océans et des mers aux conditions extrêmes.

Nous sommes nombreux à avoir vibré à cette aventure humaine qui constitue, pour les marins de haut niveau, une épreuve majeure de courage, d’endurance et d’intelligence.

 

« Everest des mers », « Graal des navigateurs au large »… les superlatifs ne manquent pas pour désigner la compétition que François Gabart a brillamment remportée et dont il dit n’avoir cessé de rêver depuis qu’il a décidé d’être skipper professionnel.

« J’en rêvais, j’y suis » a-t-il souvent répété pendant ce Vendée Globe, ajoutant qu’il n’est pas de plus grand bonheur que de vivre son rêve.

 

Ce rêve, il s’en est donné les moyens, méthodiquement, obstinément, gardant son cap durant les périodes de succès comme dans les moments de galère, passion intacte et détermination jamais entamée.

 

On salue le jeune prodige, benjamin de la course, celui qui, comme le dit Michel Desjoyeaux, l’aîné qui a mis son expérience au service du talent de François Gabart, « va vite sur l’eau mais aussi en besogne ».

Le fait est qu’il n’a pas perdu de temps en chemin mais le plus admirable, à mes yeux, est la constance de son engagementcar, bien que même pas trentenaire, François Gabart a abordé le Vendée Globe fort de déjà 20 ans d’un parcours d’excellence dans le sport de haut niveau.

 

Sa gestion de course a impressionné : elle est le fruit d’un travail acharné qui a commencé à l’enfance.

Ceux qui furent ses moniteurs et ses professeurs en Charente, sur la base nautique des St Yrieix, au collège de Chateauneuf puis au lycée de Barbezieux ont témoigné de cette motivation et de cette concentration précoces.

L’un d’eux raconte qu’élève de 1ère et skipper lors d’une compétition lycéenne organisée en 1999 à La Trinité, François Gabart, plutôt que de suivre ses co-équipiers qui sortaient le soir s’amuser, préférait étudier les cartes et calculer les positions pour aborder l’épreuve avec le maximum d’atouts.

« La mer, écrivait Victor Hugo, est un espace de rigueur et de liberté » : c’est ainsi que, très tôt, François Gabart l’a aimée.

 

De la bourlingue familiale au choix de la course au large

 

Le déclic initial, ce fut l’équipée familiale dans l’Atlantique quand François Gabart n’avait que 6 ans. Une année sabbatique à voguer sur les mers à la rencontre de terres et de cultures inconnues : « la normalité éclate, en a-t-il dit, et ça ne s’oublie pas ».

Naissance d’une passion et intéressante leçon éducative : un horizon dévoilé dans l’enfance peut illuminer une vie entière.

J’y vois une solide raison d’offrir à tous les enfants et tous les jeunes, sans que la barrière de l’argent y fasse obstacle, des expériences sportives et culturelles qui leur donnent le goût, dans quelque domaine que ce soit, de s’épanouir et de se dépasser.

 

A 10 ans, François Gabart s’aventure seul sur le petit Optimist que son père lui a construit dans la maison familiale de St Michel d’Entraygues, en Charente.

Licencié d’un petit club charentais, il amorce dès l’adolescence un parcours émaillé de victoires : champion de France sur Optimist à 14 ans, puis champion de France sur Moth (dériveur en solitaire), puis champion du monde sur Tornado (catamaran en duo) en 2003, vainqueur du Tour de France à la voile Etudiant deux ans plus tard (et à nouveau en 2007), Podium Bizuth à l’issue de la Course des Falaises en trimaran Figaro, 2ème de la Cup Istanbul et bien d’autres succès.

Jusqu’à ce tournant des années 2009 (2ème de la Transat Jacques Vabre avec Kito de Pavant) et 2010 (2ème de la course en solitaire du Figaro, champion de France de la course au large en solitaire, 1er de la Cup Istanbul et vainqueur de la sélection Skipper Macif qui le conduira jusqu’au Vendée Globe).

 

Une riche année 2011 confirme le fort potentiel du jeune navigateur qui fait ses premières armes sur le 60 pieds de la Macif : 2ème du trophée Clairefontaine, vainqueur de la Transat B to B, 2ème de l’Europa Warm’Up.

 

François Gabart a mené de front études et voile de haut niveau, grâce aux horaires aménagés qui permettent de conjuguer parcours scolaire et parcours sportif, au prix aussi d’une discipline personnelle qui a porté ses fruits.

Etudiant à l’INSA, Institut national des sciences appliquées de Lyon, où il a décroché son diplôme d’ingénieur en génie mécanique (spécialité fort utile pour maîtriser la haute technologie des bateaux de course d’aujourd’hui), il partait toutes les fins de semaine s’entraîner à Marseille.

 

C’est durant cette période qu’il décide de faire de la course au large son métier : « c’est un état d’esprit, dira-t-il, un choix de vie qui n’est pas toujours facile » mais, pour lui, « la passion et le plaisir sont intimement liés à la compétition » et aussi à ce respect mutuel qui se noue entre skippers, concurrents et solidaires, unis par leur passion de la mer.

 

« Naviguer, disait Eric Tabarly, c’est accepter des contraintes qu’on a choisies. C’est un privilège. La plupart des humains subissent les obligations que la vie leur a imposées ».

François Gabart, à l’évidence, partage ce point de vue, lui qui déclarait durant le Vendée Globe, en réponse à une question sur la dureté de cette épreuve : « il y a juste beaucoup de bonheur à sentir que l’on vit son rêve. Je trouverais déplacé de me plaindre ».

 

Les performances d’un athlète, le travail d’une équipe

 

François Gabart a souvent dit ce qu’il doit à ceux qui l’entourent et l’épaulent.

A Michel Desjoyeaux, « le marin ingénieur » passionné de construction navale et deux fois vainqueur du Vendée Globe.

Et à son équipe à terre, qui l’appelle affectueusement « le jeune » et a veillé à ce que les moindres détails du MACIF permettent d’en optimiser les performances.

 

Michel Desjoyeaux n’est pas seulement l’un des navigateurs en solitaire les plus titrés, le créateur d’une écurie de course au grand large, « Mer Agitée », ouverte aux jeunes talents et qu’a intégrée François Gabart, un féru de technologie et un innovateur qui s’investit dans la construction des bateaux et recommande aux compétiteurs de les connaître à fond pour en tirer le maximum.

C’est aussi un passeur, un transmetteur qui mérite bien son surnom : « le professeur ».

 

Il dit avoir repéré François Gabart lors des épreuves d’admission au Centre national d’entraînement de Port la Forêt : la majorité des candidats regardait ses pieds et ses mains, lui regardait la mer et le vent.

Pour ce Vendée Globe, il s’est investi à fond dans la préparation de François Gabart, partageant généreusement son savoir mais aussi à l’écoute de l’élève talentueux et déjà expérimenté, destiné à voler de ses propres ailes.

 

Michel Desjoyeaux l’avait prévenu : tu vas avoir un pépin par jour, il faut avoir le cuir épais, savoir encaisser et ne rien laisser filtrer.

Durant tout son périple, François Gabart a impressionné par sa maîtrise de lui, ce mélange de décontraction et de concentration, de bonne humeur enjouée et de rigueur constante.

Ceux qui travaillent avec lui disent qu’il positive toujours : aucun problème n’est à ses yeux insurmontable, toute difficulté imprévue est un défi à relever.

Ils disent aussi que sa capacité d’indépendance ne l’empêche pas, bien au contraire, de savoir s’entourer et de susciter l’adhésion.

 

En ce sens, et c’est là une belle leçon de vie, si la course en solitaire est un défi que les marins affrontent seuls face à l’océan, c’est aussi l’aboutissement d’un travail d’équipe et, quand la victoire est au rendez-vous, un succès personnel indissociable d’une réussite collective.

 

La Formule 1 des mers

 

Ce travail d’équipe est d’autant plus déterminant que les monocoques hautement technologiques des courses d’aujourd’hui, leurs matériaux et leurs formes, ne cessent d’évoluer. L’informatique embarquée doit être au top niveau, la gestion de l’énergie optimisée et la chasse au poids qui ralentit la vitesse faire l’objet d’équilibres mûrement pesés entre performance et sécurité.

 

Pour le Vendée Globe, la règle commune impose des bateaux de 18,29 mètres de longueur, la taille de la quille et du mât sont également plafonnés. Restent, à l’appréciation de chaque concurrent, le gréement (mât mobile ou pivotant, par exemple) et le choix des voiles : celles de François Gabart, légères (pour les manœuvres) et résistantes (pour les forts vents), ont été conçues avec Michel Desjoyeaux pour une performance maximale.

Matériaux composites, circuits électriques, accastillage innovant, hydraulique, etc. : tout compte en compétition pour que le talent du barreur donne sa pleine mesure.

François Gabart et Armel Le Cleac’h ont fait ce Vendée Globe sur des bateaux quasi-semblables, l’un et l’autre en tête de la course.

 

Restent les choix tactiques et stratégiques qui ont permis à François Gabart de creuser l’écart avec son concurrent et ami. Et de battre, chemin faisant, un beau paquet de records : celui de la distance parcourue en 24 heures à la voile, celui de la distance Sables d’Olonnes-Equateur et celui, pour finir, du trajet aller-retour du Vendée Globe.

 

François Gabart peut en être légitimement fier mais il a eu l’élégance d’une modestie lucide : « c’est vrai que nous allons vite cette année, mais dans quatre ans on ira encore plus vite et dans huit ans plus vite encore ».

 

Non, a-t-il dit également pendant sa remarquable traversée, « je n’ai pas l’impression de faire des choses exceptionnelles, j’ai juste l’impression de vivre des choses exceptionnelles ».

 

MACIF : un nom qui compte

dans une région berceau du mutualisme

 

Je me souviens du baptême du MACIF à La Rochelle, en septembre 2011, durant le Grand Pavois, salon nautique international qui s’y tient chaque année. Le bateau était amarré pour la circonstance dans le Bassin des Chalutiers, près du Musée maritime. Michel Desjoyeaux, son parrain, avait brisé la traditionnelle bouteille de champagne du premier coup, signe de bon augure.

 

François Gabart a dit à cette occasion combien il était heureux de ce baptême dans une ville où il se sent « comme à la maison », où il a fait ses premiers pas en dériveur puis en habitable, où son rêve de faire le Vendée Globe est devenu réalité.

 

Pour le Poitou-Charentes, berceau du mutualisme, MACIF est un nom emblématique de cette tradition de l’économie sociale et solidaire qui englobe aussi les nombreuses SCOP que compte notre territoire.

Niort, dans les Deux-Sèvres, où la Macif a son siège, est souvent appelée « la capitale des mutuelles » : beaucoup y sont nées et le secteur y emploie de très nombreux salariés.

 

Je connais bien la Macif, partenaire efficace de  la Région dans de nombreux projets. Et je sais combien son investissement dans ce Vendée Globe, loin d’être « un coup de pub » ponctuel, est l’aboutissement d’un engagement de longue date dans l’univers maritime.

Première mutuelle à assurer les plaisanciers dans les années 70, la Macif soutient activement la Société Nationale de Sauvetage en mer et forme dans son Centre de voile de La Rochelle à la sécurité et à la prévention des risques. Sa Fondation promeut la navigation éco-responsable, protectrice du littoral et des éco-systèmes maritimes. Son programme Skipper Macif, que François Gabart a intégré, accompagne les jeunes talents de haut niveau en lien avec la Fédération française de voile. Macif Egalis favorise l’accessibilité des activités nautiques aux personnes en situation de handicap, ce qui recoupe une priorité de la Région Poitou-Charentes.

Toutes ces actions qui ne datent pas d’aujourd’hui sont regroupées et coordonnées sous le label Macif Solidaité Mer et le programme Macif 60’, qui a permis à François Gabart de préparer et de gagner ce Vendée Globe, prolonge un engagement cohérent, porté par des valeurs que je partage : aventure humaine, esprit d’équipe, performance et solidarité.

 

Les responsables de la Macif disent apprécier chez François Gabart, outre le talent, le volontarisme et la discrétion, le goût de la compétition et la tenue personnelle. Je suis heureuse que ce Vendée Globe 2012-2013 permette aussi d’éclairer ce tiers secteur économique profondément attaché aux valeurs humaines et sociales.

Eric Tabarly avait bien raison d’écrire que « naviguer est une activité qui ne convient pas aux imposteurs ». Dans bien des professions, ajoutait-il, on peut faire illusion mais pas en mer qui impose lucidité et franchise.

 

Hommage au courage des 20 compétiteurs

qui ont pris le départ en novembre

 

Aux Sables d’Olonnes, leurs photos rendent hommage aux 20 qui ont pris le départ du Vendée Globe en novembre dernier. Amour de la mer, passion de la navigation, goût du dépassement, courage aussi : ils ont cela en commun.

Sans doute partagent-ils cette conviction qu’exprimait jadis Bernard Moitessier, navigateur et auteur d’un livre-culte, « Vagabond des mers du sud », qui déclencha bien des vocations : « le bateau, c’est la liberté, pas seulement le moyen d’atteindre un but ».

 

Certains, victimes d’avanies, ont dû abandonner.

D’autres ont percuté des obstacles inaperçus, qui un chalutier, qui une bouée métallique.

Bernard Stamm a été disqualifié pour avoir, par inadvertance, enfreint une règle en s’amarrant à un bateau russe pour sauver son navire que l’ancre ne retenait plus. Il a néanmoins décidé de continuer la course.

Jean-Pierre Dick a réalisé la prouesse de naviguer sans sa quille, perdue en chemin, réduisant sa voilure et comptant sur le ballast pour que son bateau ne se couche pas.

Belles leçons de persévérance !

 

Durant ce Vendée Globe, François Gabart a exprimé sa détermination sans forfanterie et sans jamais considérer le résultat final comme acquis du fait de son avance : « je suis, disait-il, et je serai à fond jusqu’au bout. La course est exigeante, elle demande beaucoup d’énergie, de concentration, et on donne tout ce qu’on a en nous ».

 

Il a aussi eu cette phrase qui m’a particulièrement frappée : « je me suis rendu compte que le potentiel qu’on a en soi est sous-exploité dans la vie de tous les jours ».

Voilà, me suis-je dit, une forte raison d’agir pour libérer les énergies ; pour permettre le plein épanouissement de ces possibles que chacun porte en soi et qui parfois s’éteignent faute d’avoir été reconnus et sollicités à temps ; pour donner les coups de pouce qui aident à relever des défis ; pour encourager, en particulier chez les jeunes, la confiance en soi et dans les autres qui permet de surmonter bien des obstacles et de tracer son propre chemin.

 

Une Région fraternelle et sportive

 

Les talents de haut niveau ont commencé à éclore dans de petits clubs locaux.

François Gabart a été longtemps licencié du club de voile d’Angoulême.

 

Source d’épanouissement ou première étape d’un parcours compétitif, le sport amateur doit être encouragé par la puissance publique et accessible à chacun.

La Région Poitou-Charentes s’y emploie en aidant les clubs locaux, en ayant créé et étendu le Ticket-Sport (près de 15.000 bénéficiaires en 2012 et plus encore en 2013) et le Pass Handi’Sports (qui prend en charge 25 euros sur le coût de la licence spécifique pour les personnes en situation de handicap).

Elle soutient des événements sportifs qui ont rassemblé l’an passé plus d’un million de spectateurs dans tout le territoire régional.

Cette année, nous mettons en place un CFA (Centre de Formation des Apprentis) des métiers du sport et de l’animation pour promouvoir davantage encore les pratiques sportives et car il y a dans ces domaines un gisement d’emplois pour les jeunes.

Nous accentuons également nos actions pour développer la pratique sportive des filles et des femmes.

 

Parmi les lycées dont la Région a la charge et qu’elle ne cesse de moderniser, le lycée Jean Dautet de La Rochellecomporte des sections sportives dédiées à la voile qui permettent, comme l’a fait François Gabart, d’allier la pratique d’un sport de haut niveau et une scolarité qui conduit à des études supérieures. Nos universités de Poitiers et de La Rochelle accueillent ainsi de jeunes athlètes, garçons et filles, passionnés de voile mais également désireux d’une formation universitaire solide.

Nous veillons aux conditions d’accueil en internat des jeunes sportifs et apportons une aide particulière à ceux dont les familles ont des revenus trop modestes pour financer seules leurs parcours d’excellence.

 

Nous soutenons également, bien sûr, le Centre régional d’entraînement (pour les séries Jeunes) et le Pôle France Voile(séries olympiques) de La Rochelle, dont l’actuel responsable a suivi François Gabart quand il était en équipe de France Espoirs.

 

Lycéens ou étudiants, les jeunes voileux et voileuses du Poitou-Charentes peuvent compter sur la Région pour les aider à aller le plus loin possible.

 

Bien des vocations juvéniles naissent d’un exemple qui enthousiasme : je suis sûre que la course exemplaire de François Gabart en fera naître dans les années à venir.

 

Pour que cette belle aventure, personnelle et collective, soit mieux connue de tous, la Région Poitou-Charentes va apporter les concours financiers qui lui manquent au réalisateur du documentaire qui relate la préparation et la course de François Gabart pour ce Vendée Globe, sous le titre « Le jeune homme et la mer ».

Je souhaite que ce film soit largement diffusé auprès de tous les jeunes car les rêves sont communicatifs et, pour les accomplir, cela vaut le coup de travailler d’arrache-pied.

 

Vivez vos rêves, nous dit François Gabart, et prenez-en les moyens.

Osez l’espoir et croyez en vous.

Ne baissez pas les bras devant les obstacles mais relevez-vous et gardez votre cap.

Le Poitou-Charentes mais aussi la France entière regorgent de talents qui sont notre première richesse.

Notre mission, à nous responsables politiques, c’est de valoriser et d’amplifier ce potentiel en donnant à chacune et à chacun les moyens de se réaliser pleinement.

 

Courage, créativité, persévérance : puisse le beau message de François Gabart inspirer notre pays.

 

 

 

 

 

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