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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 00:23
A lire dans NOUVELOBS.COM
 
Il considérait la profession de journaliste comme un combat pour la vérité et pour l'indépendance et reste une référence pour le journalisme.

 


Edwy Plenel (fondateur et directeur de la publication de Mediapart)
"Du journaliste je retiens une phrase : "élever ce pays en élevant son langage" (éditorial de Combat du 31 août 1944, ndlr). Cette citation donne, selon moi, la vision subversive du journalisme". "L'autre élément que je retiens c'est que le Camus journaliste de Combat est exigeant en termes d'indépendance, de distance, voire de rupture avec les puissances d'argent. Il veut séparer le journalisme, la production d'information indépendante du mélange des genres, des ambiguïtés, des corruptions liées à la logique capitaliste. On retrouve, ici, la radicalité de Camus pour un journaliste".
"Au-delà des étiquettes politiques, quand il écrit ces mots, Camus nous dit que nous devons être dans l'opposition radicale à un pouvoir, qui aujourd'hui dit "casse toi pov'con" dans une fonction officielle et qui loin d'élever un pays en élevant son langage, abaisse un pays en abaissant son langage. Il nous dit que nous avons une révolution démocratique à mener chez les journalistes, en faisant en sorte que les liens incestueux entre notre profession et des puissances d'argent, qui n'on rien à voir avec l'information, qui ont d'autres intérêts que l'information, soient coupés".
"Le journaliste qu'était Camus nous invite dans un passé plein d'un présent à une radicalité dans notre exigence professionnelle".
"La seule vision juste de notre profession, hier comme aujourd'hui, est une vision idéaliste. Le journalisme n'existe que parce qu'il une légitimité démocratique. Notre rôle c'est de permettre aux citoyens d'être informés pour décider, pour choisir, pour agir. Et donc, c'est un idéal démocratique. Toute vision cynique, pragmatique, opportuniste du journalisme trahit le métier lui-même, parce qu'il a d'abord une source démocratique qui nous dépasse, qui nous réclame. Le droit à l'information n'est pas un privilège des journalistes, c'est un droit des citoyens".
"Bien faire ce métier c'est se donner les moyens collectifs d'une information qui tire le débat public vers le haut. Tirer vers le haut, c'est être capable de dire ce que les pouvoirs ne disent pas, ce que les pouvoirs ne veulent pas qu'on dise et ce que parfois le public lui-même n'a pas envi de lire. Parce que le journalisme indépendant c'est aussi un journalisme qui bouscule son public en lui apportant des nouvelles qui vont le faire évoluer et le faire bouger. C'est notre responsabilité de journaliste. Et c'est l'exigence de Camus".

Le journalisme est un combat

Si tout le monde connait Albert Camus l'Ecrivain et Albert Camus le Philosophe, ses talents de Journaliste sont moins connus. Pourtant il aura marqué la profession, par ses écrits, ses prises de position et par sa conception du métier.
Albert Camus a commencé sa carrière de journaliste en 1938 lorsqu'il est entrée à la rédaction d'Alger Républicain, "journal pas comme les autres" fondé par Pascal Pia. Le quotidien, concurrent de l'Echo d'Alger, soutient le programme du Front populaire. Albert Camus y publiera notamment une série de onze articles intitulés "Misère de la Kabylie". Cette enquête qui indispose le Gouvernement Général d'Algérie, lui vaudra l'interdiction du journal.

En 1940, encore une fois grâce à Pascal Pia, il entre à la rédaction de Paris Soir. Mais son expérience sera brève puisqu'il sera licencié la même année.
Il travaillera ensuite pour le journal clandestin de la Résistance : Combat. Le premier numéro diffusé librement paraît le 24 août 1944 et Albert Camus y livrera de grands éditos. On citera le célèbre éditorial du 8 août 1945 où il dénonce l'usage de la bombe atomique. "La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques", écrit-il.
En 1955, Albert Camus entre à la rédaction de l'Express où il écrit des chroniques sur la crise algérienne. Il démissionne en 1956 en raison de désaccords avec le directeur Jean-Jacques Servan-Schreiber sur cette question.
Albert Camus aimait cette profession qu'il considérait comme un combat pour la vérité et un combat pour l'indépendance. Il dénonça souvent les travers de la presse. Notamment dans son éditorial du 31 août 1944 dans Combat. Condamnant "l'appétit de l'argent et l'indifférence de la grandeur", Albert Camus y notait qu'"on cherche à plaire plutôt qu'à éclairer".

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Michèle Fazilleau - dans desirsdavenir86
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