Et si Nicolas Sarkozy était danois ? Accroché à son maillot jaune, il domine, de la tête, des épaules, et des jambes, qui courent, toujours. Il est présent tous les jours, que ça monte, que ça roule, que ça houle. Le sport national numéro un, malgré une popularité qui ne semble pas bâcher, est de souhaiter qu'il soit pris de fringale, même si son truc à lui, c'est plutôt la migraine ? Enfin, c'était, car désormais, il est insubmersible.
Le cyclisme est le sport favori du chef de l'Etat. Et si Nicolas Sarkozy était un peu notre Michael Rasmussen, ce leader du Tour de France qui a largué tous ses adversaires avec maîtrise, dont personne ne souhaite qu'il gagne, mais qui semble imbattable. Qui répond présent tout le temps, même quand on ne l'attend pas. A multiplier les rendez-vous et les sujets à grands renforts d'effets d'annonce, comme l'autre enchaînent les accélérations à renfort de grands braquets, on ne peut s'empêcher de se demander : A quoi il tourne ?
La politique française, c'est un peu le Tour de France permanent. On nous promet la rupture, le changement, on va vous nettoyer tout ça, ne garder que le meilleur. Et finalement, on ne peut pas s'empêcher de penser que tout ça à un air de déjà vu. Si Nicolas Sarkozy était cycliste, il se pointerait au départ, et lancerait : " Le plateau de Beille est un faux plat, et je vais vous dire pourquoi. Rasmussen, c'est pareil. Un pur grimpeur peut faire 11e du contre-la-montre en accélérant à la fin du parcours, et je vais vous montrer pourquoi.
En fait, Nicolas Sarkozy n'est rien de tout ça. Il ne peut pas être Rasmussen, car jamais, au grand jamais, il n'oublierait de dire où il est, quand, avec qui, pourquoi, et ce qu'il a mangé. Non, Nicolas Sarkozy est plus fort que ça, mais il se dope forcément. Au café, aux légumes verts, à la Testos'Peron, ou à l'Etat de grâce Politique???
Car il est Américain, bien sûr. Notre président, c'est Lance Armstrong. Le patron. Celui qui décide, qui régente. Celui qui place ses hommes aux meilleures places, pour mieux préserver la sienne, prompt à mettre le coup de collier quand il faut. Comme le Texan avait réussi à faire main basse sur le peloton, Nicolas Sarkozy a fait main basse sur l'espace politique, quitte à créer des inimités, à paraître arrogant, omnipotent. Et tout ça passe comme une lettre à la US Postal. Dans le peloton, ce sont les lieutenants du boss qui font la loi.
On parle stratégie, on accélère le train ? C'est Guaino-Leipheimer qui intervient, ou ce roublard de Guéant-Hincapie, pendant que François Fillon, à la tête d'une meute ministérielle qui a franchement du mal à suivre le train élyséen, joue les Richard Virenque, se contentant de lâcher des phrases polémiques comme le Varois lâchait la bride dans les montées, et dont on se demande s'il ne les dit pas à l'insu de son plein gré pour qu'on le voit un peu ? Avec le résultat que l'on a su pour l'un, et que l'on entrevoit pour l'autre.
Depuis deux mois, Nicolas Sarkozy fait du Armstrong. Il gagne, arrive à ne montrer que le positif quand il va moins bien, pour mieux gagner le lendemain, et reste populaire. Comme le Texan a dominé pendant six ans, et sept Tours, lui est parti pour cinq ans au taquet, la tête dans le guidon. Au point q'on se demande parfois si c'est humain, dans les deux sens du terme. Rasmussen entretient le doute, mais Armstrong, c'est sûr, il prenait des trucs ! Alors, le seul qui manque au casting pour le moment, c'est le Franky Andreu de la droite. Celui qui nous dira à quoi il tourne???
Commentaire personnel : Maintenant que Rasmussen a quitté le tour, exclu par son équipe, on peut le dévoiler : il tournait à la sarkostérone, molécule indétectable mais obligeant à de fréquents déplacements pour un approvisionnement dans un lieu tenu secret; cette molécule est bien connue du président français.
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