Je sais, c'est un peu familier, ou du moins ça le laisse imaginer. La symbolique qui assimile le courage à la virilité a pourtant le mérite d'être simple et plus encore d'être universelle. Appliquée aux femmes, elle ne manque pas en plus d'un brin de militantisme féministe qui n'est jamais à dédaigner.

"Jamais subir, jamais faiblir", Ségolène partage ces deux éminentes qualités avec un certain nombre de femmes politiques. Elle vient de le montrer à Montpellier. "Seuls, vous sentez-vous seuls ?" a-t-elle demandé aux 3000 militants qui étaient venus l'écouter. La réponse ne s'est pas faite attendre et elle dit en écho "moi non plus !"

La rénovation se fera-t-elle sans elle ? Non, au contraire, elle reprend la main et se situe à l'avant du mouvement.

Le site, il est raté ? Elle le reconnaît, il a été fait trop vite. On passe à autre chose. Au demeurant, ça ne mérite pas davantage.

Je n'étais pas à Montpellier, mais les échos qu'en donnent tous les médias sont plutôt roboratifs. Qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, Ségolène a un caractère solide et du courage. Est-ce si répandu en politique, où la fragilité et l'art de contourner ou d'éviter les situations difficiles sont menu quotidien.

Décidément, ça ne fait pas de doute, les femmes en ont !


Sur le journal Le Monde

A Montpellier, Ségolène Royal plaide pour le « dépassement du PS »


« A nous d'agir et de donner envie d'agir autour de nous. » Délaissée par nombre de ses soutiens, critiquée jusque dans les rangs socialistes, Ségolène Royal a donné le coup d'envoi de sa contre-offensive, samedi 19 septembre à Montpellier, lors de sa « Fête de la fraternité ».


Premier objectif de l'événement, organisé avec moins de pompe que la première édition, l'année dernière au Zénith de Paris : remobiliser ses partisans et donner un cap à ses troupes. Ce cap, l'ancienne candidate à la présidentielle l'a fixé en appelant à la formation d'un « mouvement puissant et accueillant que le pays attend ».


« Oui, tous ensemble, nous accompagnerons le dépassement du Parti socialiste. Nous créerons ce mouvement puissant et accueillant que le pays attend », a lancé Mme Royal aux quelque 3 000 personnes – selon la maire de Montpellier, Hélène Mandroux – venues l'écouter. La présidente de la région Poitou-Charentes a invoqué le rassemblement des « salariés, jeunes de toutes origines et de tous horizons, syndicalistes, habitants des campagnes et des villes, intellectuels, acteurs engagés dans les associations ».


« LEURS CODES, LEURS COMPROMISSIONS »

Revenant sur ses difficultés au sein de l'appareil socialiste et les critiques dont elle fait l'objet, Ségolène Royal a raillé le « microcosme parisien » qui ne supporte pas sa « liberté de ton » et son refus de s'assujettir « à leurs codes, à leurs compromissions ». « Comme si quelques notables de la politique, en attente de jours meilleurs et allant faire leur marché ailleurs, comptaient davantage que vous tous », a-t-elle lancé.


Accueillie aux cris de « Ségolène présidente », la responsable socialiste a montré qu'elle entendait bien rester en course pour la présidentielle de 2012 et comptait sur le soutien de la base militante et de l'opinion. « Je ne me sens pas seule (...) Je crois à la force citoyenne et ce qui compte, c'est la constance et le chemin dans lequel nous avançons », a-t-elle affirmé. « Vous, ici, vous êtes heureux, vous êtes la France qu'on aime ».


Fustigeant la « connivence » dans les milieux bancaires et saluant la « France métissée », Ségolène Royal a décoché quelques flèches à
Nicolas Sarkozy
, assurant qu'on ne peut pas « ouvrir à gauche et gouverner à droite ». Elle a appelé le chef de l'Etat à « accorder un peu ses belles déclarations d'intention à des décisions politiques réelles », notamment au prochain G20 de Pittsburgh, dont « l'agenda est si mince ».