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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 22:04
Par François Rebsamen, Maire de Dijon, Sénateur de la Côte-d'Or

Le Monde
Mercredi 6 mai 2009


L’économie mondiale est frappée de plein fouet par une crise sans précédent.
La France connaît, à son tour, le cortège grandissant des fermetures
d’entreprises et de licenciements dont les salariés sont les premières
victimes. Nous entendons le désarroi des salariés, l’inquiétude de toute une
population qui doute de son avenir, la menace de la pauvreté qui affecte un
nombre toujours plus grand de Français.

Au moment où les responsables politiques sont appelés à expliquer et à
donner du sens à la crise, je m’interroge sur le sens politique qu’un
affrontement traditionnel droite-gauche revêt pour nos concitoyens. Plan de
relance pour les uns, contre-plan de relance pour les autres : la population
assiste, impuissante, à un positionnement classique entre deux modèles
de* *politiques
économiques qui veulent limiter les effets de la crise du capitalisme.

Le premier, celui de Nicolas Sarkozy, symbolisé par la Loi TEPA, teinté de
néo-libéralisme à la sauce Thatcher pouvait, du point de vue d’économistes
conservateurs, se justifier en période de croissance et de tension sur le
marché du travail. Il est aujourd’hui dangereux pour les finances publiques,
économiquement inefficace et socialement injuste.

Nicolas Sarkozy qui se prétend pragmatique est, en réalité, arc bouté sur la
défense de mesures qui relèvent d’un dogmatisme idéologique avéré : bouclier
fiscal pour protéger les plus riches, défiscalisation des heures
supplémentaires qui détériorent un peu plus l’emploi, suppression des droits
de succession pour les plus aisés. Il est temps pour Nicolas Sarkozy
d’entendre la colère des salariés qui monte du plus profond de notre pays,
attisée par toutes ces dispositions qui creusent un peu plus les inégalités
et exacerbent le sentiment d’injustice. La situation économique de 2009
n’est pas celle de 2007. Le pragmatisme revendiqué par Nicolas Sarkozy,
exigerait de renoncer à ces dispositifs ou à minima de les reconsidérer
devant la situation d’urgence créée par la crise.

Face au dogmatisme du Président de la République quelle est la position des
socialistes ?  Force est de reconnaître que son offre économique relève plus
du classicisme que d’un pragmatisme novateur : Le contre-plan de relance en
est  le symbole.

En 2007, la France était dans une séquence de forte croissance de l’emploi
salarié, pourtant nous avons voulu continuer à appliquer les mêmes recettes
qu’en 1997 mais en 10 ans notre pays avait changé et nos propositions ne
correspondaient plus aux exigences de la situation donc aux attentes des
français**

Il est donc temps pour nous aussi d’abandonner les postures dogmatiques, de
faire preuve à l’échelon national du même pragmatisme que dans nos
collectivités locales.

C’est de cette façon seulement que nous pourrons d’abord nous opposer
légitimement et  efficacement à la politique de Nicolas Sarkozy. Et c’est de
cette façon aussi que nous pourrons proposer aux français  un  projet
alternatif crédible.

Tout un pan de notre industrie est aujourd’hui menacé de disparition. Les
raisons en sont multiples : insuffisance de recherche et de développement,
vieillissement de l’appareil productif, changement de comportement des
consommateurs, volonté de certains groupes d’actionnaires de profiter de la
crise pour supprimer des milliers d’emplois. En même temps, émerge un
nouveau champ industriel pour notre pays avec le développement de la
croissance verte : construction d’éoliennes, de panneaux solaires,
photovoltaïques, de voitures propres, de nouveaux matériaux pour le bâtiment
etc…etc… Nous devons donc d’abord imaginer des mesures qui concilient sortie
de crise et nouveau modèle de développement durable

Nous devons ensuite inventer  un nouveau contrat social  réconciliant le
salarié et l’outil de production et donnant à chacun, la possibilité de
construire sa vie dans la sécurité professionnelle. A chaque jeune qui
entrera dans la vie active, la société doit garantir un contrat de travail
sur toute la durée de sa vie, et à chaque individu déjà salarié, elle doit
apporter une sécurité réelle par des contrats de transition professionnelle
de plusieurs années si nécessaires, assortis de formations performantes et
efficaces*. *

Ce n’est qu’en sécurisant les jeunes et les salariés sur leur avenir que
nous rétablirons la confiance et que nous jetterons les bases d’une nouvelle
société où chaque individu, assuré de pouvoir vivre dignement de son travail
tout au long de sa vie pourra être un citoyen à part entière.
Utopie, dirons certains ! Etes-vous fiers du modèle social que vous voulez
protéger, pourrais-je répondre.

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Michèle FAZILLEAU - dans desirsdavenir86
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