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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 22:00
 
 

 

 
       6 mars 2009        
 

 

 

 

 

   

Le Président de la République annoncera prochainement la réintégration de la France dans l'ensemble des structures de l'OTAN. Cette décision sera lourde de conséquences politiques, diplomatiques et sécuritaires. La Présidence française de l'Union européenne n'a pas su assurer l'émergence d'un pilier européen au sein de l'OTAN, qui aurait posé les bases de cette réintégration. Il faut tirer les conclusions de cet échec et renoncer à cette décision.

  

 

lire la note :

 

Le retour dans l'OTAN est un renoncement 

 

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Résumé :

 

 

Le 4 avril prochain – à moins que le Parlement français ne s’y oppose - Nicolas Sarkozy annoncera la réintégration de la France dans l’ensemble des structures de l’OTAN lors du Sommet du 60eme anniversaire de la création de l’Alliance qui se déroulera fort symboliquement à Strasbourg et à Kehl. Cette décision est effectivement une petite mesure du point de vue technique. Elle peut être présentée comme marquant l’achèvement logique d’un processus engagé au lendemain de la guerre froide, permettant de signifier symboliquement notre attachement à nos alliés, en particulier américains, pour nous placer en position d’interlocuteur privilégié et nous donner un poids à la hauteur de nos engagements actuels.

 

Le Gouvernement se garde bien pourtant de procéder à un bilan coût-avantage d’un choix qui est en fait aussi lourd que probablement irréversible. Les gains politiques et sécuritaires restent largement à démontrer tandis que le coût symbolique et diplomatique est considérable. Le retour dans l’OTAN sera perçu comme la marque d’une banalisation de notre pays dans le camp occidental, d’un affaiblissement de notre autonomie et d’un renoncement à nos ambitions pour l’Europe.

 

La Présidence française de l’Union européenne (PFUE) avait placé le développement de l’Europe de la défense au premier rang de ses priorités pour montrer que nous ne tournions pas le dos à nos objectifs en ce domaine. Notre nouvelle attitude à l’égard de l’OTAN devait même permettre de débloquer certains dossiers. Malheureusement, le bilan de la PFUE est maigre, au plan stratégique ou en matière de capacités, et il ne saurait donc justifier la politique engagée. Seule l’émergence d’un pilier européen dans l’OTAN pourrait justifier le retour de la France dans la structure de commandement intégré. La décision prématurée du Président de la République risque au contraire de signer la mort définitive de ce projet en entérinant une forme de division du travail entre l’Alliance et une Union européenne définitivement incapable de prendre en charge sa propre sécurité.

 

Réintégrer l’OTAN sans conditions aujourd’hui, c’est aussi cautionner une structure qui élargit ses missions et son champ d’action largement sous l’influence des décisions américaine, et ne propose aucune vision claire des objectifs politiques que nous devrons pourtant assumer par la suite.


Enfin, cette réintégration n’est pas sans effet financiers et humains pour notre outil de défense dont les moyens très contraints seront donc orientés prioritairement vers l’OTAN et non vers l’UE.

 

Les conditions d’une réintégration utile ne sont donc pas réunies aujourd’hui et il est souhaitable d’y renoncer, quitte à rater le « coup de pub » du sommet de Strasbourg-Kehl que le Président de la République voudrait imposer au pays.

 


 

 

 Pour plus d'informations, vous pouvez nous contacter par email à secretariat@tnova.fr, par téléphone au 01 58 36 15 20 et consulter notre site internet www.tnova.fr.

 

  

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Michèle Fazilleau - dans desirsdavenir86
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