Le Vatican vient de rétrécir, une fois de plus, son champ de vision sociale en décrétant que les dérèglements environnementaux et leurs conséquences négatives sur la fertilité masculine son dus à la pilule utilisée par les femmes en milieu occidental. Ce moyen de contraception est en effet accusé par Pedro José Maria Simon Castellvi, président de la Fédération internationale des associations de médecins catholiques, de provoquer en Occident une "pollution environnementale" responsable "de l’infertilité masculine (marquée par une baisse constante du nombre de spermatozoïdes chez l’homme)". D’après les théories exposées ce samedi 03 janvier dans le journal du Vatican, l’Observatoire Romano, la pilule contraceptive "en relâchant des tonnes d’hormones dans la nature" à travers les urines des femmes qui l’utilisent, est coupable "des effets dévastateurs sur l’environnement".

Au nom de l’Humanae Vitae
Opposé à tous moyens de contraception et hostile à toutes formes de vie sexuelle non dédiée à la procréation, le Vatican trouve dans un premier temps une manière politiquement correcte de s’attaquer au contraceptif le plus répandu, dans un communiqué plus dithyrambique en vertu pseudo-écologique qu’en éclaircissements scientifiques. "Nous sommes face à un effet anti-écologique clair qui exige davantage d’explications de la part des fabricants" indique P. Castellvi en se référant à l'encyclique Humanae Viatae de feu-Jean-Paul II, qualifiée de "prophétie scientifique". On rappellera que la pilule et le préservatif y sont bannis comme instrument éminemment criminogènes portant atteinte à la vie. Le quarantième anniversaire de l’encyclique Humanae Vitae en octobre 2008 a donné l’opportunité à Benoît XVI de condamner une nouvelle fois la contraception et ce que J.P II nommait la "culture de la mort". A cette occasion, l'ancien cardinal Ratzinger avait d’ailleurs sollicité les pharmaciens à refuser de vendre la pilule du lendemain et les gynécologues à ne pas pratiquer d’IVG, en adoptant le statut d’objecteur de conscience…

La pilule comme adversaire des droits humains Non seulement la pilule corrompt les esprits, pollue l’environnement et rend les hommes infertiles, mais elle porte atteinte aux droits fondamentaux d’après l’article de Castellvi. "En ce soixantième anniversaire de la Déclaration des Droits de l’Homme, elle viole au moins cinq droits de l’homme importants : le droit à la vie, le droit à la santé, le droit à l’éducation, le droit à l’information et le droit à l’égalité entre les sexes". D’autant plus meurtrière, la pilule progestative est associée au RU 486 qui "assassine" les fœtus ! "L’embryon, même dans ses premiers jours, est différent d’un ovule … et si rien ne l’en empêche, il finit, neuf mois plus tard par sortir du ventre maternel, prêt à dévorer des litres de lait" déclare Castellvi dans le même article.

En route pour une nouvelle croisade contre l’émancipation féminine, Benoît XVI et son équipe franchissent un stade supplémentaire en tentant de donner des fondements écologiques et scientifiques aux doctrines du Vatican, et d’étendre leur influence en empiétant à nouveau sur l’espace public, au-delà du seuil alloué à la foi.


Nathalie Szuchendler

Source :
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2009/01/08/2119-pour-le-vatican-la-pilule-est-une-catastrophe-ecologique