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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 12:48

 

Martine Aubry constitue son équipe sans le camp Royal

Ségolène Royal entourée par son équipe © AFP


Martine Aubry soumettra au vote du Conseil national du PS sa nouvelle direction. D'ores et déjà, Vincent Peillon, lieutenant de Ségolène Royal, l'annonce : "Les conditions d'un rassemblement ne sont pas là." Bilan, son camp s'abstiendra de voter. "La responsabilité en incombe à Martine Aubry", juge-t-il vendredi soir. Aucun membre de l'équipe Royal ne devrait donc participer au secrétariat national, l'exécutif du parti, des propositions faites individuellement à certains membres de son équipe ayant été rejetées.

Pourtant, en apparence, la maire de Lille, nouvelle première secrétaire du PS, a tout fait cette semaine pour donner des signes d'ouverture. C'est ainsi qu'elle lançait mardi matin à l'Assemblée nationale aux députés PS que le parti devait redevenir "la maison commune" ! C'est qu'après des mois de divisions, de grandes manoeuvres tacticiennes et de violente guerre des chefs en interne, la patronne devait faire passer le message : il est temps de se mettre au travail, "d'engager le combat contre la droite". L'ennemi, c'est Sarkozy ! Très bien. En pratique, rien n'était si simple. La rengaine fredonnée dans les froids couloirs de la rue de Solférino depuis la campagne présidentielle - Tout sauf Ségolène Royal... - est restée plus que jamais à la mode cette semaine, alors que les tractations pour la future direction du parti battaient leur plein. "Nous avons échafaudé un plan qui rassemble les équipes d'Aubry, de Delanoë et d'Hamon pour construire la majorité", expliquait lundi au point.fr un bras droit de Martine Aubry. Tout sauf Ségolène, vous-dit-on... "Le plan", donc, c'est notamment ce texte d'orientation générale de dix pages rédigé par les lieutenants de la maire de Lille, du maire de Paris et du député européen.

"Aucune innovation idéologique"

Un texte qu'ils n'ont donc livré aux ségolénistes que... vendredi matin, laissant ces derniers dans l'impossibilité de l'amender, "dans l'incapacité de réunir nos amis et d'en parler", dixit Peillon. Ce qui n'était de toute façon pas au programme. "C'est pas l'auberge espagnole, le PS ! Si Ségolène arrive en remettant sur la table la question de la consultation militante sur les alliances au centre par exemple, où je ne sais quel élément de son projet, l'accord ne se fera pas", prévenait un aubryiste en début de semaine. Ou l'art de tendre la main en souhaitant qu'elle ne soit pas prise. À ce jeu, les ségolénistes n'ont jamais été dupes. "Interloqué" par la stratégie de "rassemblement" façon Martine Aubry, le premier lieutenant de Ségolène Royal, Vincent Peillon, confie d'ailleurs au point.fr "ne pas comprendre pourquoi [ils n'ont] pas été associés à la rédaction de ce texte". "Ce texte ne peut constituer une feuille de route pour un rassemblement", constate-t-il aujourd'hui, y voyant "un mélange et résumé des motions (...) sans aucune innovation idéologique" et lui reprochant de faire d'une éventuelle alliance avec le MoDem "une question centrale".

Il en est chez les ségolénistes qui peuvent se réjouir de ce dénouement. Ceux qui ont toujours été hostiles à une entrée dans la direction, à une participation, en fait, à une majorité "allant de Gérard Filoche (gauche du parti) à Michel Rocard (droite du parti), vouée à l'échec". Pascal Terrasse, député de l'Ardèche proche de Vincent Peillon, est de ceux-là : "Ce n'est pas un problème d'être dans la minorité. Ségolène Royal est une personnalité qui compte, dont les propos ont un écho. Nous pourrons ainsi soutenir la direction lorsque nous sommes d'accord avec elle et tenter de la convaincre quand nous sommes en désaccord." Un autre, sous couvert d'anonymat, va plus loin : "Nous étions voués aux gémonies à Reims et on nous tend les bras aujourd'hui ! Où est la cohérence politique si nous faisons partie de la majorité avec des gens qui ne sont finalement que de petits calculateurs et qui n'ont pas compris que Royal était la seule capable de rénover le PS ?", s'agace-t-il, allusion à peine voilée au tandem formé par le fabiusien Claude Bartolone et le strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis, artisan de l'hétéroclite coalition qui a mené la maire de Lille au sommet.

Par Charlotte Chaffanjon

Lire aussi :  Réaction au texte d'orientations politiques de Martine Aubry

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Michèle Fazilleau DA86 - dans desirsdavenir86
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