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20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 12:15
A La Rochelle et depuis le PS, notre parti donne de lui une image désastreuse, son discours est inaudible et ceux qui se prétendent ses dirigeants continuent à s’agiter, comme sur un champ de bataille en rivalités cacophoniques. A l’arrière-plan, les éléphants pointent encore leurs trompes, même s’ils sont en hibernation à Washington, Rouen, voire à l’ïle de Ré. Quant aux éléphanteaux et sous-éléphanteaux, ils s'occupent en tractations de moins en moins discrètes, en déclarations et fuites de presse de plus en plus contradictoires …

Une presse qui suit leurs aventures avec délice en feuilletons au quotidien sur l’évolution chaotique de ces confrontations et marchandages en vue d’hypothétiques alliances : un jour elles pourraient se nouer entre tels et tels, puis il nous revient le lendemain qu’elles se seraient aussitôt dénouées, au rythme de rapprochements et d’éloignements successifs, un véritable vaudeville riche en intrigues et en rebondissements …

Quel spectacle désolant face aux milliers de militants désireux de voir le congrès de Reims redonner à leur parti sa cohésion, sa force représentative et sa modernité ! Il est rude de s’exprimer en ces termes, je le reconnais, mais plutôt que de céder à l’hypocrisie, mieux vaut dire les choses telles qu’on les voit, telles que les Français les voient et surtout telles que les militants socialistes les voient. Après les critiques assassines qui ont jalonné la campagne interne au PS en 2006 et qui lui ont fait tant de mal, voilà que ça a repris de plus belle aujourd’hui ! Un spectacle des plus destructeurs !

Le parti fraternel d’Epinay est pris en mains par ses « notables »

Des centaines de pages de « contributions » ont inondé nos boites à lettres que la grande majorité des militants n’ont sûrement pas pris la peine de lire … Ces contributions émanaient d’éléphanteaux et sous-éléphanteaux, les mêmes qui jouent depuis leur vaudeville, considérant sans doute que les militants ne sont que le « vulgum pecus » qui n’a d’autre rôle à jouer que de les approuver et de les suivre …

Le cycle d’Epinay, si novateur en ses débuts, s’est progressivement délité. Il est à bout de souffle, miné par les rivalités, la hargne et même la haine  … Le parti fraternel que nous avions construit est devenu la propriété de ses notables et le champ clos de leurs rivalités … Nous avons connu en 2002 un premier signe annonciateur de la fin du cycle d’Epinay avec l’effondrement de Jospin derrière Le Pen et l’appel à voter Chirac au 2éme tour ! Un deuxième a marqué notre incapacité à défendre ensemble en 2005 le choix démocratique que nous avions fait sur la constitution européenne. Oui, le cycle d’Epinay s’achève en crise de projet et de fonctionnement.

N’y aurait-t-il pas de notre part une collective hypocrisie à refuser de voir cette réalité en face ? A refuser de voir que ce vaudeville fait éclater au grand jour, à travers ces tractations-chamailleries, le conservatisme de ceux qui ne veulent rien toucher à leurs habitudes, juste se limiter à un ravalement de façade qui ne les bouscule pas…

Alors, pourrait-on encore prendre les mêmes et recommencer ? Pourrait-on garder les mêmes tendances, les mêmes clans, les mêmes éléphants, quitte à recommencer à la première occasion le même vaudeville ? Pourrait-on accepter que ce soit par la coalition de leurs ambitions divergentes que l’on réalise un congrès novateur ? Pourrait-on bâtir un programme qui résulterait d’un mauvais compromis entre les clans, les égos, et leurs rivalités idéologiques antagonistes ?

Priorité au leadership pour vaincre le clanisme

Nous avons depuis 18 mois une gauche émiettée , tandis que s’accentue la présidentialisation du régime. Face à Sarkozy, il n’y a que cacophonie ! Le PS est à la fois en mal de leadership et réticent à l’idée de leadership. Et si la priorité à accorder au leadership était la seule façon de rompre avec le clanisme qui nous asphyxie ? Et si notre parti avait besoin d’un leader qui se place au dessus des clans et dispose ainsi d'une réelle autorité pour reconstruire et pour répondre aux défis d’une société en pleine mutation ?

Restée à l’écart du vaudeville de La Rochelle, Ségolène apparaît comme la seule à avoir le courage de voir les réalités en face, la seule à accepter de remettre en question nos habitudes de facilité, la seule à prendre ses distances avec les pratiques du passé, la seule qui ait la volonté de rénover notre vieille maison !

Encore faudrait-il que nous, militants socialistes, sonnions la fin de l’hégémonie claniste et prenions sur nous d’assainir notre parti, et osons le dire, d’y « faire le ménage ». Puisse le vaudeville auquel nous assistons avoir convaincu le plus grand nombre qu’il s’agit maintenant d’un devoir militant !

Gérard Denecker, un ancien d'Epinay

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Michèle Fazilleau DA86 - dans desirsdavenir86
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