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24 août 2008 7 24 /08 /août /2008 23:59

Par Jean-Louis Bianco, député PS des Alpes de Haute-Provence :

En 2001, il s’agissait  pour la France de combattre le régime des talibans et d’aider à la reconstruction du pays.

Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait pris l’engagement de retirer nos troupes d’Afghanistan.

En avril dernier, il décide d’accroître la présence militaire française. Surtout, la mission change de nature : il ne s’agit plus seulement d’aider à la formation de l’armée afghane, mais de participer au maintien de l’ordre.

Y a t’il une issue ?

Lorsque j’avais au printemps dernier dénoncé le risque de l’enlisement et d’un nouveau Vietnam, certains avaient trouvé que j’exagérais. Pourtant, il n’y a guère d’exemples de victoire militaire contre une guerre de guérilla. De semaine en semaine, la situation s’aggrave, les attentats se multiplient.

Alors que faire ?

J’entends bien les arguments de ceux qui pensent qu’il faut se retirer. Mais je ne partage pas cet avis : en Afghanistan, à la différence de l’Irak, il s’agit bien de combattre Al Qaïda. Mais le simple maintien, voire l’accroissement du nombre de soldats de l’OTAN (70.000 aujourd’hui) est sans issue.

1) Il faut d’abord exercer une forte pression sur le nouveau gouvernement pakistanais pour que le Pakistan ne serve plus de base arrière à Ben Laden, ce que les Américains n’ont pas suffisamment fait dans le passé.

2) Il faut aussi que la population afghane bénéficie vraiment de l’importante aide internationale, ce qui n’est pas vraiment le cas aujourd’hui, malgré le magnifique travail des ONG. Lorsque j’étais allé en Afghanistan voici quelques années, les Afghans ne voyaient pas assez de résultats en termes de routes, d’écoles, d’hôpitaux. D’après les informations dont je dispose, la situation ne s’est pas suffisamment améliorée.

3) Il faut probablement, comme le suggère Olivier Roy, rechercher la négociation avec une fraction "modérée" des talibans.

4) Il faut définir, ce qui est difficile, une stratégie militaire adaptée à la nature du terrain.

5) Enfin, comme dans toute démocratie normalement constituée, le Parlement devrait être réuni pour débattre de la situation, des mesures à prendre, et autoriser (ou pas) le maintien d’une présence militaire de la France.

 


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Michèle Fazilleau DA86 - dans desirsdavenir86
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