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9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 00:43
Elise Lucet : Merci d'être avec nous, Ségolène Royal. Premier enseignement de ce scrutin, est-ce que vous avez le sentiment, d'après les premières estimations, même s'il n'y en a pas encore énormément, qu'il s'agit d'un vote sanction ?

Ségolène Royal: Oui, c'est évident. Il y a deux choses, il y a d'abord un vote sanction, vous savez, moi, j'ai beaucoup parcouru la France, et j'ai vu monter très fortement la désillusion et même la colère. Regardez encore récemment les manifestations des retraités qui se sentent méprisés, donc qui paient aujourd'hui un impôt sur la santé avec les franchises médicales, qui voient leur niveau de vie dramatiquement baisser, puisque les prix de l'alimentation ont augmenté parfois de 30 à 40%, et les retraites n'ont été augmentées que de 1,1%. Donc c'est toute cette colère aujourd'hui qui s'est manifestée. Et il faut que ce vote sanction s'amplifie dimanche prochain, sinon, rien ne changera par rapport à ce que la France subit aujourd'hui. Mais je vois aussi beaucoup de maires socialistes, de maire de gauche élus dès le premier tour, en ballottage très favorable, et ça veut dire aussi que les électeurs veulent choisir des bons maires, des maires sérieux qui ne soient pas dans l'improvisation, des maires qui rendent des comptes, des maires qui respectent les citoyens, des maires qui obtiennent des résultats, qui ne soient pas dans l'improvisation comme dans la désinvolture, comme on le voit aujourd'hui à la tête de l'Etat. Et donc ce vote est très encourageant. La participation aussi est très encourageante, rien n'est fait bien sûr, il faut maintenant transformer ce premier tour en victoire définitive dès dimanche prochain, parce que, il faut aussi que ce soit un vote, bien sûr, de sanction, on l'a vu, de sanction sévère, pour que la France continue à avancer et refuse le déclin, mais aussi un vote d'espérance, un vote d'espoir, parce que c'est dans les communes, petites et grandes, je pense aussi aux communes rurales, pas seulement aux communes urbaines, dont on parle beaucoup, dans les départements aussi, appuyés sur des régions socialistes, que l'on invente de nouvelles façons d'agir, de nouvelles façons de vivre ensemble, d'espérer pour que chacun ait sa chance, et pour que l'on cesse, comme c'est le cas aujourd'hui au niveau national, de donner surtout à ceux qui ont le plus. Je crois que les Français souffrent aujourd'hui…

David Pujadas: Alors justement, est-ce que vous souhaitez, Ségolène Royal, que les municipalités, les mairies, les villes deviennent des contre-pouvoirs après le deuxième tour si cette poussée se confirme ?

Ségolène Royal: Ce sont davantage que des contre-pouvoirs, ce sont des territoires qui, s'ils tirent tous dans la même direction, peuvent redonner à la France les valeurs dont elle a besoin, puisque nous rentrons, là, dans une zone à risque, puisque la France est mal présidée, mal gouvernée, que le monde aussi est un monde à risque ; et donc nous avons besoin de valeurs, de repères. Quel sont ces repères, c'est l'efficacité, c'est l'argent public bien dépensé, et notamment de façon juste, c'est-à-dire tout le contraire de ce qui a été fait avec le paquet fiscal de quinze milliards, qui a été surtout donné aux plus privilégiés, c'est la laïcité, et c'est le respect des citoyens, et la politesse élémentaire qui consiste à leur rendre des comptes et respecter la parole donnée. 

Source : Désirs d'Avenir

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Michèle Fazilleau DA86 - dans médias
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