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DESIRS D'AVENIR 86
et comité local de Buxerolles
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Ségolène Royal
avec le journal Le Monde
lundi 3 décembre au Théâtre du Rond-Point à Paris.
Sortie prévue le 3 décembre 2007

Présentation de l'éditeur :
Des rires et des larmes. Avec humour et émotion, Ségolène Royal dit tout sur les épreuves et les bonheurs de la campagne présidentielle. Avec le courage et la force qu'on lui connaît, elle en
tire les leçons pour continuer, aujourd'hui, et demain, à écrire avec vous l'histoire de France.
Ecoutez l'interview de Ségolène Royal
Sur Nicolas Sarkozy et le climat social
«Il nous avait promis un choc de croissance, aujourd'hui nous avons un choc de défiance. Nicolas Sarkozy a dégradé le climat social. Un piège est tendu aux organisations syndicales
et aux salariés: il va prendre les Français à témoin en disant "vous voyez je vais aller jusqu'au bout, je vais faire la confrontation dans l'intérêt du pays». C'est lui qui a dégradé le climat
social parce que les premières décisions qu'il a prises sont celles qui ont avantagé les hauts revenus.»
«Il y a arrogance, il y a archaïsme et il y a volonté de ne pas régler les problèmes au fond».
Sur la réforme des retraites
«Bien sûr qu'il faut réformer le système de retraites globalement, mais ce qu'il ne faut pas faire et ce que fait malheureusement ce gouvernement, c'est faire de la provocation ou aller à
l'affrontement pour l'affrontement.»
Sur l'automonie des Universités
Ségolène Royal soutient «une réforme qui permet aux universités d'avoir davantage d'autonomie», mais, il faut que «le gouvernement dise clairement» que la réforme des universités «sera
accompagnée par une augmentation des moyens».
«Lorsque vous donnez de l'autonomie sans donner de moyens, vous mettez en place la loi du plus fort», c'est-à-dire que «les universités les plus prestigieuses vont devenir encore plus
prestigieuses et les universités les plus défavorisées vont avoir des difficultés supplémentaires.» Elle estime également que «les étudiants ont raison de protester pour que la réforme soit
réajustée» mais «il ne faut pas de jusqu'au boutisme, il faut de la discussion, y compris de la part des étudiants».
Sur le PS
Elle souhaiterait la création «à partir du PS, (d')un mouvement politique de masse» à gauche, «des altermondialistes jusqu'au centre-gauche». Une telle transformation pourrait attirer «des
électeurs, des citoyens qui ne se reconnaissent pas aujourd'hui dans le PS mais qui sont prêts à revenir vers un mouvement politique qui prend en compte un certain nombre de problèmes qui leur
tiennent à coeur».
Nicolas Demorand recevra Ségolène Royal sur France Inter lundi matin à partir de 8h20.
Ségolène Royal confirme à Libération
que sa détermination reste intacte pour mener la rénovation du PS. Depuis Rome où elle a rencontré Walter Veltroni, le nouveau leader du Parti démocrate italien, elle ajoute qu’elle jouera
son rôle de première opposante à la politique de Nicolas Sarkozy.
Où en êtes-vous de votre réflexion? Serez-vous candidate au premier secrétariat?
Je n’ai pas pris ma décision. Cela viendra le moment venu. A partir du moment où je ne quitte pas la politique, on ne peut pas faire de la politique sans parti. J’observe ce qui se passe, mais je ne veux pas me placer dans des logiques de conflits internes.
Cette indécision n’a-t-elle pas désorienté vos proches?
C’est vrai que c’est un peu déstabilisant pour mon entourage, qui se demande pourquoi je ne repars pas sabre au clair. Certains se sont inquiétés, ont demandé des consignes. Je leur explique que la politique est faite d’étapes. Et qu’il ne faut pas que je me laisse happer par le système. Le jour où je leur dirai: «On y va», nous irons vraiment.
Combien de temps durera votre réflexion?
Rassurez-vous, je ne suis pas en hibernation. Je travaille avec d’autres, j’accepte les invitations à l’international et je me bats pour ma région. C’est essentiel. Et je mettrai ce travail au service du collectif.
Comment allez-vous désormais participer à la vie du parti?
J’ai rassemblé 17 millions de voix, après avoir été désignée par 60% des adhérents du parti. J’ai des responsabilités à l’égard de tous et toutes. Je ne peux donc pas me laisser attirer dans je ne sais quel piège de tactique interne. Rassembler, expliquer, fédérer, voilà le seul rôle que je me donne. Et mettre au service de la gauche et des Français le potentiel de l’élection présidentielle.
La rentrée politique a été marquée par une profusion de livres très sévères à votre égard. Vous ont-ils affecté?
Oui. Ça laisse toujours des traces, on est toujours touché. D’ailleurs, c’est bien l’objectif. Mais c’est passé. L’important est que les gens se disent et me disent que je me suis bien battue.
Irez-vous au conseil national de samedi?
Je serai probablement en Argentine pour l’élection de Cristina Kirchner, puis au Chili. Sinon, j’y serais allée.
Vous venez de rencontrer Walter Veltroni. L’exemple de la primaire italienne est-il envisageable en France?
Tous les dirigeants italiens ont accepté l’émergence parmi eux d’un leader, avec trois millions et demi d’électeurs qui ont payé un euro pour participer. Au PS, les militants à 20 euros ont été parfois contestés. Mais la réflexion doit se poursuivre. Je sais que ce n’est pas facile, car nous héritons d’un système sécurisant pour les courants, avec ce que cela signifie de contrôle des fédérations et de positions verrouillées. Mais au PS, nous avons tous compris, certes à des degrés divers, que ce système devait changer. L’exemple italien doit nous faire réfléchir.
Comment faire évoluer le PS?
Il faut rendre la parole aux militants. Mais aussi faire voter des gens qui ne sont pas adhérents du parti, comme en Italie. La préoccupation de l’organisation ne doit pas être l’organisation elle-même.
(...)Avez-vous poursuivi vos contacts avec François Bayrou?
Non. Je ne suis pas encore dans cette phase. Je la poursuivrai quand j’aurai achevé la précédente, celle de la réflexion et de la reconstruction. Mais nous sommes à un tournant. L’électorat a évolué, avec de nouvelles générations qui n’ont pas connu l’histoire du PS et du PC, et qui ont d’autres comportements électoraux. Et parmi les centristes, il y a des démocrates qui peuvent se reconnaître dans un projet politique qui ne sacrifierait pas pour autant l’identité de la gauche. On m’a critiquée pour ma démarche d’entre les deux tours, mais soyons réalistes: dans de nombreuses villes, aux municipales, cette convergence devra s’opérer.
Est-il réaliste d’envisager un tel rapprochement en France?
On doit se poser la question d’un rassemblement du camp de la gauche et de tous ceux qui ont une conception exigeante de la démocratie, destiné à passer la barre des 30% au premier tour d’une élection nationale et qui aurait vocation à être leader au niveau de la gauche européenne – laquelle, reconnaissons-le, tangue un peu. Depuis Tony Blair, même si certains aspects de son leadership étaient discutables, la gauche n’a plus de leader capable d’entraîner les mouvements progressistes en Europe.
Quelle est votre position sur le mini-traité?
A partir du moment où le peuple a refusé le précédent, il serait logique de le consulter à nouveau. Mais je crois que ce traité, même imparfait, peut remettre l’Europe en marche. J’aurais préféré un texte avec moins de dérogations. Mais mieux vaut un compromis que rien. L’intégration de la Charte européenne des droits fondamentaux est une avancée très importante. C’est pourquoi nous devons faire bloc avec les socialistes portugais, espagnols, allemands et les autres, et adopter ce texte le plus vite possible pour passer à l’étape suivante : la préparation du traité social. La question de la procédure d’adoption, référendaire ou parlementaire, n’est plus une question de principe. Nous n’avons pas de temps à perdre à nous diviser.
(...)Quel regard portez-vous sur la pratique sarkozyste du pouvoir?
Ce qui me frappe, c’est le contraste entre le discours, le changement de style et, au fond, un grand archaïsme dans la façon de procéder. Le pouvoir actuel est très proche des puissances d’argent, du Medef. On ne parle ni d’éducation, ni d’innovation, ni de PME, ni de modernisation économique. Sur les mesures fiscales, on a un pays endetté qui se prive de marges de manœuvres au profit des plus privilégiés, suivant en cela les réflexes les plus éculés de la droite traditionaliste et rentière.
Que dit selon vous le mouvement social de la semaine dernière?
Nicolas Sarkozy, pendant la campagne, avait expliqué que tout était prêt… Or, on est dans l’improvisation totale. On aurait pu penser qu’on allait échapper à l’affrontement social, à la grève des transports. Mais à l’arrivée, on a un pouvoir qui ressemble piteusement à tout ce qu’il y a de plus archaïque. Les oppositions sociales se cristallisent, même si elles sont partiellement occultées par une opération d’ouverture médiatiquement réussie. Mais conduire un pays moderne à la grève est la marque d’un pays mal gouverné.
Quel regard portez-vous sur le divorce de Cécilia et Nicolas Sarkozy?
Les grands événements de ces derniers jours, c’est malheureusement la journée de la misère et les mouvements d’inquiétude justifiée sur le front social.
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